Faut-il nationaliser les grandes entreprises ?

Mardi 17 mars, suite à l’effondrement en Bourse de nombreuses grandes entreprises françaises, dont Air France, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, a déclaré qu’il était disposé à utiliser « tous les instruments à sa disposition », y compris « des recapitalisations, des prises de participation ou même des nationalisations si nécessaire ».

Il s’agit là d’un revirement de la part d’un gouvernement qui s’était lancé dans de nombreuses privatisations récemment, notamment celles d’Aéroports de Paris (ADP) et de la Française des jeux (FDJ), fortement contestées, y compris par de nombreux économistes.

La question des nationalisations pose un problème d’abord économique : celui de la régulation des monopoles, ou des entreprises ayant une forte influence sur l’économie. Mais, plus fondamentalement, s’il faut, dans certains cas, nationaliser, c’est afin de mieux partager le pouvoir dans et sur l’économie.

Privatiser Roissy et Orly : pourquoi ?

Le 5 juillet 2019, Bruno Le Maire confiait qu’il « croyait profondément » que la privatisation d’ADP pouvait faire de l’aéroport de Roissy « l’un des plus performants de la planète ». Pour lui, l’Etat avait apporté toutes les « garanties », notamment concernant les tarifs, le contrôle des frontières et « le maintien des activités de puissance publique ».

Pourtant, il s’est trouvé bien peu d’économistes pour soutenir ce projet. Pour David Cayla, maître de conférences à l’université d’Angers et membre des Economistes atterrés, cette privatisation est une « aberration économique ». En effet, si céder ses parts d’ADP représentera un gain à court terme pour l’Etat, cela signifiera surtout ensuite une perte, puisque le groupe verse plus de 100 millions d’euros de dividendes à l’Etat chaque année.

De plus, l’échéance de la concession au repreneur privé, de… 70 ans, privera l’Etat de tout moyen d’action pendant une très longue période, si jamais les choses tournaient mal. Elle est, de plus, assortie d’une « indemnisation à échéance » que l’Etat devra verser à l’heureux investisseur à un moment où, ADP étant en forte croissance, l’entreprise vaudra beaucoup plus cher que maintenant.

Dans le monde, les aéroports sont publics

Or ADP est une frontière majeure du territoire national. Ainsi, aux Etats-Unis, l’immense majorité des 3 300 aéroports sont publics, étant la propriété des Etats, des collectivités locales ou des villes, à l’image de celui d’Atlanta, le plus fréquenté du monde, qui appartient à la municipalité. D’ailleurs, dans le monde, 86 % des aéroports sont encore publics, un résultat remarquable après trois décennies de privatisation qui ont emporté avec elles, dans la plupart des pays riches, les télécommunications, l’énergie, l’enseignement supérieur, etc.

Certes, là comme ailleurs, la privatisation progresse, les collectivités locales, principales propriétaires, ayant de plus en plus de mal à financer les énormes investissements que requière le développement sans fin de l’activité aéroportuaire. Ainsi, parmi les 100 plus gros aéroports mondiaux, 46 sont désormais aux mains de sociétés privées ou de partenariat public-privés. Gatwick, à Londres, a été racheté par le géant du BTP français Eiffage, pour 3 milliards d’euros.

Du monopole à la prédation

Si la plupart des aéroports sont publics, c’est pour une raison simple : ils constituent, là où ils sont, des infrastructures uniques, par leur taille ou leur localisation. Ainsi, Roissy n’est pas concurrencé par la Gare du Nord pour les trajets en provenance des Etats-Unis, ni même par l’aéroport de Beauvais pour l’essentiel des vols.

Or, en situation monopolistique, une entreprise peut demander des tarifs plus élevés, en l’occurrence les redevances payées par les compagnies aériennes, qui seront répercutées dans le prix du billet. C’est ce qui risque de se produire si ADP est privatisée. C’est ce que les économistes qualifient de « pouvoir de marché » – c’est-à-dire la capacité pour une entreprise, ici l’aéroport, de fixer un prix supérieur au prix concurrentiel – qui justifie la propriété publique, ou, a minima, un fort contrôle public de l’opérateur privé.

Car les comportements prédateurs sont possibles. Ainsi, l’aéroport de Toulouse-Blagnac a été privatisé en 2015, le groupe chinois Casil déboursant 308 millions d’euros afin d’acquérir 49,9 % des parts. Mais cela s’est très mal passé. En 2019, Toulouse Métropole, la région, le département, et la Chambre de commerce et d’industrie ont saisi le tribunal de commerce, afin d’obtenir la mise sous séquestre des titres de l’actionnaire chinois.

Ces acteurs publics dénonçaient la « gestion strictement mercantile et à court terme » de Casil, au détriment des investissements locaux. L’Etat français, pourtant à l’origine de la privatisation, avait d’ailleurs conservé une part minoritaire, d’environ 10 %, sur laquelle la société chinoise détenait pourtant une option, afin de tenter de garder la main.

Mécontent de ces réactions, Casil a jeté l’éponge, et revendu ses parts à Eiffage, pour le montant de 500 millions d’euros. Soit une plus-value de près de 40 %, environ 200 millions d’euros, réalisée en seulement quatre ans. Comparé au rendement de votre livret A… voilà qui laisse rêveur !

Qui peut agir ?

Poser la question des nationalisations revient à se demander : qui doit avoir le pouvoir ? Lorsque l’Etat privatise un bien public essentiel, il se prive du pouvoir d’agir. On ne voit pas, par exemple, comment les Etats dans le monde vont mener la transition écologique, alors qu’ils ont privatisé la majeure partie des entreprises de gaz et l’électricité, sans parler des compagnies pétrolières… Comment dicter leur conduite à de pareils mastodontes ?

En mars 1944, le Conseil national de la Résistance avait, dans son programme pour la Libération, vu la nécessité d’organiser le « retour à la nation » des « grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ».

A la fin de la guerre seront ainsi nationalisées EDF, GDF, Charbonnages de France, Renault et la SNCF, mais aussi l’essentiel des banques et assurances (Banque de France, Société Générale, Crédit Lyonnais, la future BNP, Assurances générales de France, Union des assurances de Paris…). Puis, ainsi que nous le rappelle la frise historique proposée par Le Monde Diplomatique, il y aura en 1981 : Pechiney-Ugine-Kuhlmann, Rhône-Poulenc, Thomson-Brandt, Saint-Gobain, Usinor, Sacilor, Suez, Paribas, la totalité du capital de la BNP, du Crédit Lyonnais et de la Société Générale…

A l’époque, le président de la République est socialiste, il s’appelle François Mitterrand. Son Premier ministre est un homme de gauche, Pierre Mauroy, et il y a plusieurs ministres communistes au gouvernement.

Nationaliser les banques

L’économiste François Morin était conseiller ministériel en 1981-1982, en charge notamment des nationalisations. Dans un livre paru très récemment (Quand la gauche essayait encore, Lux, 2020), il revient sur ce qu’il considère comme un « échec », le gouvernement socialiste voyant ses nationalisations annulées par la vague de privatisations enclenchée en 1986 par Jacques Chirac, Premier ministre alors fasciné par Margaret Thatcher et Ronald Reagan.

Pour François Morin, la priorité aujourd’hui est de redonner aux citoyens la possibilité de contrôler cet acte fondamental qu’est la création de monnaie, « privilège exorbitant » des banques. En effet, c’est, selon lui, le seul moyen de s’assurer que la distribution du crédit « réponde à des impératifs d’intérêt général ». Plus généralement, à ses yeux, il convient de s’opposer à l’emprise des marchés financiers, « globalement incapables de financer des projets nouveaux ».

En outre, nationaliser les banques mettrait fin à leur pouvoir politique, qui leur permet de s’opposer avec succès aux tentatives de régulation bancaire, pourtant timides. Tout comme cela permettrait de les empêcher d’alimenter le crime organisé par leurs nombreux placements dans les « paradis fiscaux », qui sont en réalité des enfers sociaux et démocratiques, puisque, en privant les Etats des moyens de financer les services publics, ils déstabilisent, in fine, les démocraties.

Comme le dit François Morin : « Le temps long des activités humaines, et le temps encore plus long de la planète, ne sont pas compatibles avec le modèle de croissance financière qui régit encore notre économie. Il faut donc en changer. C’est une urgence citoyenne et démocratique devenue absolue. »

Ne pas faire « comme avant »

Espérons alors que, si les banques venaient à nouveau à être dans la tourmente, elles ne seraient pas une nouvelle fois sauvées sans contrepartie. On ne mesure pas assez dans l’Hexagone à quel point le sauvetage des banques au Royaume-Uni, en Espagne et aux Etats-Unis – qui a nécessité des sommes d’argent public bien plus importantes qu’en France, sans que les responsables ne soient punis, ni même sanctionnés – a alimenté le rejet de la démocratie représentative et été un carburant essentiel au succès électoral de Donald Trump et au Brexit.

Concernant Air France, ses difficultés actuelles pourraient être l’occasion de ralentir une activité économique mortifère. En France, l’immense majorité des lignes intérieures devraient être fermées, pour des raisons écologiques évidentes. La même chose est vraie d’ailleurs de la majorité des liaisons aériennes en Europe. Enfin, soyons sérieux : est-il possible de vivre, et de continuer à respirer, dans un monde où la Chine à elle seule prévoit de construire plus de 200 aéroports dans les vingt prochaines années ? Où une folle course au gigantisme a lieu entre les aéroports de Heathrow, Istanbul, Doha et Dubaï ?

Produire en France

Par ailleurs, l’échec du gouvernement français actuel sur le matériel médical nécessaire pour faire face à la pandémie – masques, respirateurs, gel hydroalcoolique, gants, blouses, etc. – montre que la première préoccupation doit être la production sur le sol national.

Le ministre de la Santé Olivier Véran l’a concédé de façon désarmante à l’Assemblée nationale il y a quelques jours : « Il avait été décidé, suite aux crises sanitaires précédentes, qu’il n’y avait plus lieu de conserver des stocks massifs dans le territoire, considérant que les usines de production étaient capables d’être actives très rapidement, notamment en Chine. Seulement voilà, la crise sanitaire a commencé par toucher la Chine »1.

Mais le problème n’est pas seulement que le virus ait frappé d’abord la Chine. Comment a-t-on pu un instant délocaliser la production de produits vitaux à un pays non démocratique, situé à 8 000 km de la France, et dont les produits, par bateau, mettent des semaines à nous parvenir ? Il faudra bien que nous revenions à la réalité matérielle de la vie : des masques vitaux produits… à l’autre bout de la planète, est-ce bien raisonnable ?

De la même façon, il est délirant de ne pas produire les médicaments en France, ainsi que l’a montré la pénurie ces derniers mois. Parmi tant d’autres exemples, France Bleunous apprend que, près du Havre, la fille d’un patient atteint d’un cancer de la vessie va porter plainte contre le ministère de la Santé et le laboratoire Medac, car son père n’a pas accès à son traitement, en rupture de stock.

On le voit : pour les produits vitaux, il faut produire en France – et, de ce point de vue, peu importe que l’entreprise soit privée ou publique, puisque, dans le premier cas, elle pourra facilement être réquisitionnée, comme le demandent d’ailleurs aujourd’hui les cliniques privées en France.

La démocratie économique comme garde-fous

Il est bien évident que les Etats ne sont pas infaillibles – même s’ils ont l’avantage par rapport aux entreprises privées (même de manière très imparfaite) d’être redevables devant les citoyens. Ainsi, c’est bien une banque publique, le Crédit Lyonnais, surnommé Crazy Lyonnais par les anglo-saxons, qui est à l’origine de la plus grave crise bancaire française des dernières décennies. Et que penser du « tout nucléaire » et du « tout TGV » imposé par nos chers ingénieurs polytechniciens à la nation, sans lui demander son avis, dont nous voyons les très importantes limites aujourd’hui ?

Face à cela, François Morin, s’appuyant notamment sur les travaux d’Olivier Favereau, préconise une démocratisation des entreprises, publiques comme privées. Il faudrait, selon l’économiste « mettre sur un pied d’égalité » les salariés et les apporteurs de capitaux, en partageant le pouvoir à égalité, à la fois dans les organes délibératifs de l’entreprise (conseil de surveillance, conseil d’administration) et dans ses organes décisionnaires (directoire, comité exécutif).

Quel pouvoir pour qui ?

En 1981, François Morin avait écrit un article dans le journal Le Monde intitulé « Nationaliser ? ». C’est cet article qui lui avait valu d’être appelé par le pouvoir socialiste. François Morin y voyait le danger de « l’étatisation », à laquelle il préférait la « socialisation » des grands moyens de production. Son article se terminait en ces termes, qui nous semblent toujours valables près de quarante ans après : « Pour éviter le risque étatique, il suffirait que soient déterminées les missions du nouveau secteur public de production (…), et, surtout, les conditions dans lesquelles le secteur public pourrait ouvrir à une socialisation effective : quel pouvoir pour les travailleurs, pour les usagers, et pour l’Etat ?

GILLES RAVEAUD25/03/2020 https://www.alternatives-economiques.fr/faut-nationaliser-grandes-entreprises/00092267

Liens vidéo cours EA

Les marchés financiers

https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/marches-financiers/fonctionnement-du-marche/marches-financiers/les-differents-marches-financiers/

  • Le marché des changes

http://education.francetv.fr/videos/le-marche-des-changes-et-le-dollar-v107378

  • Le marché des actions
  • Le marché des matières premières

https://www.ig.com/fr/glossaire-trading/matiere-premiere-definition

  • Le marché des taux d’intérêt

        Le marché monétaire interbancaire

                               Le marché des bons du trésor

https://videos.lesechos.fr/lesechos/sujet-actus/pourquoi-lirlande-accumule-des-milliards-de-bons-du-tresor-americain/rfl8vl

                               Le marché des billets de trésorerie

Paradis fiscaux

http://www.canal-u.tv/video/dessine_moi_l_eco/qu_est_ce_qu_un_paradis_fiscal.13300

Produits dérivés

Titrisation

https://www.youtube.com/watch?v=5e7Rc0gZF9o

Fiche cours Economie approfondie Chapitre 1

Stratégies d’entreprises et politiques de concurrence dans une économie globalisée

 Chapitre 1 : Dans quelles circonstances les entreprises peuvent-elles exercer un pouvoir de marché ?

Notions : Barrière à l’entrée, coût marginal, coût moyen, faiseur de prix, monopole discriminant, oligopole, pouvoir de marché, preneur de prix, recette marginale, recette moyenne

 Plan

Introduction

  1. Les différentes structures de marché

La concurrence pure et parfaite ; Le monopole ; L’oligopole

  1. Les stratégies des entreprises

Coopération ; Concurrence ; Différenciation ; Fusions / acquisition ; Barrières à l’entrée

  1. Le monopole discriminant

Conclusion

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En complément

Vidéos

https://www.youtube.com/watch?v=KZGRhVIII5Q

https://www.youtube.com/watch?v=9ZUoe84foBY

Documents

http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20130326.OBS6013/guerre-des-lunettes-low-cost-saison-2.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/12/09/la-cooperation-entre-entreprises-francaises-et-allemandes-un-atout-pour-l-europe_3528042_3232.html

https://www.challenges.fr/automobile/actu-auto/psa-lache-fiat-et-mise-sur-opel-et-toyota-dans-les-utilitaires_29440

Résumé du chapitre

La concurrence pure et parfaite, demeure la règle de fonctionnement des marchés qui permet aux consommateurs d’obtenir une satisfaction optimale. Mais il existe différents types de marché, en fonction des biens et services vendus, en fonction de la présence de l’Etat ou de sa régulation et ces marchés sont rarement en situation de concurrence pure et parfaite. Les marchés oligopolistiques et monopolistiques sont plus fréquents.

Les entreprises qui sont preneuses de prix par définition, cherchent à devenir faiseuses de prix et donc à exercer un pouvoir de marché.

Il existe différentes formes de stratégies :

– La coopération (elle suppose une certaine confiance entre les entreprises,

– les fusions / acquisitions sont des stratégies de développement des entreprises, elles permettent de mieux contrôler un marché (inputs ou outputs) en achetant ses fournisseurs, ses distributeurs ou ses concurrents. Cette stratégie n’est envisageable que lorsque les entreprises atteignent une certaine taille.

– Les barrières à l’entrée : elles peuvent provenir de l’Etat qui protège des activités stratégiques, sinon elles sont condamnées par l’Europe.

Les entreprises cherchent aussi la diversification qui peut amener à la concurrence monopolistique, laquelle permet de déterminer plus librement son prix.

Deux obstacles au pouvoir de marché : l’Etat et sa politique de régulation (pour éviter les abus) ; la demande et l’élasticité (si les prix ne correspondent pas à une satisfaction optimale, les consommateurs partent à la concurrence).

Sujets de BAC

Comment un monopole discriminant peut-il exercer son pouvoir de marché ?

Concurrence : la délimitation du marché en cause

La délimitation du marché en cause occupe une place centrale en droit de la concurrence. Elle permet de définir les marchés sur lesquels pourront être mesurés les risques qu’une opération de concentration, une transaction de quelque nature qu’elle soit (aides des Etats comprises) ou le comportement d’une ou plusieurs entreprises font peser sur la concurrence. Sont ainsi déterminés les opérateurs dont la puissance économique leur permet de se soustraire des conséquences d’une concurrence effective et font obstacle à son maintien en adoptant des comportements indépendants.

Dans une affaire relative à l’acquisition parThe Coca-Cola Company de la totalité du capital souscrit de l’entrepriseAmalgamated Beverages Great Britain, le marché des produits en cause fut défini comme étant celui de la « vente des boissons gazeuses au cola non alcoolisées  » et non celui des boissons rafraîchissantes. Cette délimitation se révéla essentielle pour permettre aux autorités de concurrence de conclure à l’existence d’une position dominante. Le Conseil de la concurrence français avait procédé à la même délimitation du marché dans sa décision du 29 octobre 1996, dans l’affaire qui avait opposé la société Orangina à la société Coca-Cola Beverages et qui avait vu la condamnation de cette dernière, pour exploitation abusive de sa position dominante, à une amende de 10 millions de francs.

Consécration des moyens traditionnels. La détermination de la position économique d’une entreprise est opérée en fonction des caractéristiques du produit en cause et par référence à une zone géographique dans laquelle ce produit est commercialisé.

A) Le marché des produits comprend tous les produits et/ou services que le consommateur considère comme interchangeables ou substituables en raison de leurs caractéristiques, de leur prix et de l’usage auquel ils sont destinés. Pour ce faire sont analysés les conditions de concurrence, les prix, l’élasticité croisée de la demande, les préférences des consommateurs, les barrières et coûts associés à un transfert de la demande vers des produits similaires.

Il existe tout un faisceau d’éléments permettant d’apprécier jusqu’à quels niveaux la substitution pourrait s’opérer. Il s’agit du degré de similitude physique entre les produits et/ou services en question, des différences dans l’usage final des produits, des écarts de prix entre plusieurs produits, du coût occasionné par le passage d’un produit à un autre s’il s’agit de deux produits potentiellement concurrents. En définitive, la concurrence soumet les entreprises à deux sources de contraintes principales qui servent à délimiter le marché : la substituabilité au niveau de la demande et celle relative à l’offre.

La substituabilité au niveau de la demande consiste à identifier l’éventail des produits considérés comme substituables par les clients des entreprises en cause. Ce moyen prime. Il constitue le facteur de délimitation le plus immédiat et le plus efficace. La substituabilité au niveau de l’offre consiste, quant à elle, à définir les capacités des fournisseurs à réorienter leur production vers certains types de produits et les commercialiser à court terme. L’industrie papetière est révélatrice en la matière. Elle fabrique des qualités très différentes de papier. Concernant la demande, la substituabilité est très faible dans la mesure où, pour les éditions artistiques, seuls les papiers de qualité supérieure peuvent être utilisés, alors que, pour être rentable, le grand tirage demande une qualité de papier inférieure. Or, les coûts d’adaptation pour passer d’une fabrication de telle qualité de papier à telle autre sont très faibles. Les entreprises papetières peuvent donc se faire concurrence pour les diverses qualités de papier qui font partie du même marché alors même qu’elles sont destinées à des usages différents.

B) Le marché géographique en cause correspond au territoire qui présente des conditions de concurrence suffisamment homogènes pour être considéré globalement, afin que soit appréciée la position économique des entreprises en présence. Doit ainsi être déterminée la possibilité qu’auraient les clients, en cas de variation de prix, de transférer leurs commandes vers des entreprises implantées ailleurs à court terme et à un coût raisonnable. Il s’agit en fait de l’interpénétration des marchés au niveau mondial, européen, national, voire régional du fait de l’existence de barrières à leur entrée ou des préférences marquées des consommateurs. Les coûts de transport sont également importants : que l’on pense à des produits tels le carton ou le ciment. Ils peuvent toutefois être compensés par un coût de main-d’oeuvre ou de matières premières moindre ou un accès facilité aux réseaux de distribution. La répartition des lieux de production peut également être telle qu’il existe d’importants chevauchements entre les périmètres autour de ces usines. Un effet de substitutions en chaîne peut alors influer sur les prix pratiqués pour les produits concernés, étendant d’autant plus le marché géographique pertinent.

Formalisation d’un moyen de délimitation. Une méthode d’analyse mise en place par les autorités américaines a connu, à un niveau mondial, un succès immédiat du fait de son approche objective. Cette méthode se fonde sur l’influence, à court terme, de la structure des prix de certains produits sur la stratégie d’une entreprise. Afin de procéder à cette détermination, la Commission indique procéder à un test de « situation en prix relatifs » (« SSNIP Test »), fondé sur la substituabilité de la demande en cas de variation durable de 5 % à 10 % des prix relatifs. Si, sur cette base, il est constaté que le report sur d’autres produits (et/ou vers des fournisseurs situés sur d’autres territoires) suffit, en raison du recul des ventes, à contrebalancer les intérêts de l’augmentation des prix, les produits de substitution (et/ou territoires supplémentaires) sont à inclure dans le marché en cause. Ce processus doit être opéré « jusqu’à ce que l’ensemble de produits et la zone géographique retenus soient tels qu’il devienne rentable de procéder à des hausses légères mais permanentes des prix relatifs « .

L’existence d’un marché des colas distinct des autres arômes de boissons gazéifiées peut être déterminée au vu de la situation concurrentielle, si les colas subissaient une hausse des prix permanente de 5 % à 10 %. Si le nombre des consommateurs de cola reportant leur demande vers les boissons gazeuses aux extraits d’orange ou de citron est trop faible pour que l’augmentation du prix des colas ne soit pas rentable, le marché des colas constitue bien un marché distinct.

Ce test axé sur les prix est justifié par des considérations relatives à l’effectivité ainsi qu’à l’opérabilité de l’analyse fondée sur la substitution du côté de la demande. Une analyse équivalente s’applique aux opérations relatives à la concentration de la puissance d’achat, le test permettant alors de déterminer, au niveau de l’offre, les circuits de distribution ou points de vente alternatifs permettant d’écouler les produits.

Il serait toutefois imprudent de limiter à ce test l’intérêt de la communication. En effet, de par ses limites, ce test est loin d’être une panacée. Les prix relatifs peuvent varier en fonction des conditions de fonctionnement déduites de la structure du marché concerné ou des marchés qui y sont connexes. Le prix qui prévaut sur un marché de référence où le degré de concentration est très fort peut déjà avoir subi une augmentation substantielle par l’entreprise qui y est en position dominante et qui en a tiré le maximum de profits. Les premiers moyens développés affirment ainsi leur assise et conservent tout leur sens.

MÉLANIE THILL-TAYARA ET CYRILLE COUADOU, Avocats, Salans Hertzfeld & Heilbronn. (1) « Joce », C 372/5 du 9 décembre 1997.
https://www.lesechos.fr/10/02/1998/LesEchos/17582-119-ECH_concurrence—la-delimitation-du-marche-en-cause.htm

 

Pourquoi est-ce si difficile de traquer l’obsolescence programmée ?

C’est une première en France. L’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP) a déposé lundi une plainte conter les fabricants d’imprimante HP, Canon, Brother et Epson, qu’elle accuse de limiter volontairement la durée de vie de ses produits. Il aura donc fallu deux ans, depuis que la loi de transition énergétique de 2015 a défini l’obsolescence programmée comme un délit, pour voir la première action en justice. Un délai qui s’explique par la difficulté à définir, repérer et prouver qu’une entreprise a sciemment réduit la durée de vie de ses produits.

Depuis la loi de transition énergétique de 2015, l’obsolescence programmée dispose d’une définition juridique. En l’occurrence, il s’agit de « l’ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise, notamment par la conception du produit, à raccourcir délibérément la durée de vie ou d’utilisation potentielle de ce produit afin d’en augmenter le taux de remplacement ». Une définition juridiquement associée à un délit. Admise par tout le monde, elle n’en reste pas moins vaste et ouverte à l’interprétation.

Adrien Tchang-Minh, chargé de mission environnement au sein de l’association de consommateurs CLCV, distingue trois types d’obsolescence programmée : marketing, « typiquement les smartphones, chaque modèle rendant automatiquement le précédent obsolète, pas techniquement, mais aux yeux des consommateurs » ; logicielle, « qui touche les produits électroniques principalement, mais pas que, par le biais de mises à jour qui finissent par ne plus être supportées par le produit » ; et matérielle, « ce sont les produits fabriqués avec des pièces trop fragiles qui ne résistent pas à l’épreuve du temps ». Aujourd’hui, seule la troisième catégorie est prise en compte par la loi.

L’obsolescence peut prendre plusieurs formes. Par exemple, un logiciel intégré dans une imprimante qui arrête artificiellement le produit au bout de X milliers de copies, alors que l’imprimante marche encore. Cela peut aussi être des pièces fragiles utilisées pour un frigo et qui vont le faire casser trop vite. Autre exemple symbolique : les collants. Autrefois, ils étaient très résistants. Mais, pour diverses raisons justifiées par les fabricants, ils ont retiré une molécule qui protégeait le nylon des UV.  Résultat, les collants s’usent beaucoup plus vite au soleil et filent au bout de quelques utilisations.

« C’est très compliqué de repérer un cas d’obsolescence programmée et de prouver que c’est volontaire de la part du fabricant« , avance Adrien Tchang-Minh. En effet, qui dit arrêt suspect ou prématuré d’un produit, ne dit pas forcément volonté du fabricant. Il peut s’agir d’un simple dysfonctionnement isolé. Pour parler d’obsolescence, il faut repérer un élément commun à tous les produits, notamment en termes de durée de fonctionnement. « Le problème, c’est que souvent, les écarts d’obsolescence observés sont trop importants. Un même produit peut casser au bout de trois mois comme au bout de six ans », explique le spécialiste de CLCV.

Tout l’enjeu est donc d’arriver à prouver la volonté du fabricant de restreindre la durée de vie d’un produit. « Les logiciels sont la technique la plus facilement identifiable lors des tests. Il suffit de réinitialiser le produit avec un autre logiciel pour voir si, oui ou non, il y a de l’obsolescence programmée », décrit Adrien Tchang-Minh. C’est comme ça qu’a commencé l’enquête qui a abouti à la plainte contre les fabricants d’imprimante.

Repérer l’obsolescence programmée est d’autant plus complexe que cela va souvent plus loin que le produit lui-même. « L’un des enjeux, c’est l’accessibilité à la réparation du matériel, au-delà de la garantie. Il faut pouvoir être sûr que les pièces détachées seront disponibles après la date indiquée sur le produit », précise Adrien Tchang-Minh. La loi Hamon de 2014 oblige les fabricants à indiquer la durée de disponibilité des pièces de rechange. Mais, dans les faits, ce n’est pas toujours respecté. Une enquête de 60 millions de consommateurs a pointé du doigt le fait qu’une telle information était introuvable dans 60% des magasins, en 2016.

Si l’obsolescence programmée existe, c’est aussi en partie de la faute… des consommateurs. « Il y a un problème de mentalité, nous avons pris de mauvaises habitudes de consommation », regrette Adrien Tchang-Minh. « Quand un produit tombe en panne, on ne se demande plus pourquoi. Parfois nos grands-parents nous parlent de leur frigo qui, à l’époque, durait 25 ans. Mais ce n’était pas parce qu’il était plus robuste qu’aujourd’hui, c’est simplement parce qu’ils le réparaient. Maintenant, quand un produit s’arrête, le premier réflexe, c’est de le remplacer ».

Autrement dit, on ne sait plus – ou on ne veut plus – entretenir nos produits nous-mêmes. Vider le filtre d’un lave-vaisselle, détartrer un lave-linge, changer la RAM d’un ordinateur : autant de gestes en voie de disparition. Selon une étude de l’Ademe, moins d’un Français sur cinq (18%) a le réflexe de réparer un appareil électroménager ou high-tech plutôt que de le jeter.

Par ailleurs, nous n’avons pas l’habitude de signaler la panne, même quand elle paraît étrange. « Il faut prendre l’habitude de faire remonter l’information aux fabricants et aux associations. C’est en recevant des centaines de signalement sur un même produit que nous, associations, pouvons lancer des tests et des actions. Il faut des démarches personnelles », appelle Adrien Tchang-Minh. « Le consommateur peut agir à son niveau en faisant remonter l’information. S’il ne fait rien, cela ouvre une faille dans laquelle s’engouffrent les entreprises. »

Le Parlement européen a récemment demandé à la Commission de réfléchir à une législation commune sur l’obsolescence programmée. « C’est une très bonne chose que l’UE se penche dessus. Mais le problème est le même : comment prouver que c’est une volonté de l’entreprise ? Comment on le démontre ? », s’interroge Adrien Tchang-Minh. L’UE réfléchit à deux obligations : la robustesse accrue des produits et la « réparabilité obligatoire ». Exemple : aujourd’hui, les fabricants choisissent d’utiliser des clips à la place des vis dans les meubles. Or, les clips, ça casse et le meuble est bon à jeter. Alors qu’une vis ça se remplace », précise le spécialiste de CLCV. Dans une autre logique, le Parlement envisage d’insérer des capteurs qui préviennent de l’usure, par exemple un signal dès qu’il faut détartrer sa machine à laver.

 

19 septembre 2017, DAMIEN MEYER / AFP

http://www.europe1.fr/economie/pourquoi-est-ce-si-difficile-de-traquer-lobsolescence-programmee-3440606

Donald Trump prône une immigration choisie

Lors de son premier discours de politique générale, Donald Trump a de nouveau évoqué mardi 28 février 2017 devant le Congrès américain sa volonté de réformer le système du système d’immigration aux Etats-Unis.

Abandonner le système actuel d’une immigration peu qualifiée et adopter à la place un système basé sur le mérite () feront économiser énormément d’argent, permettront d’augmenter les salaires et d’aider les familles en difficulté.

« Je pense qu’une réelle réforme positive de l’immigration est possible, pour autant que nous nous concentrons sur les objectifs suivants : améliorer l’emploi et les salaires des Américains, renforcer la sécurité de notre pays et restaurer le respect de nos lois », a déclaré le président républicain, partisan d’un renforcement des frontières.

« Ceux qui veulent entrer dans un pays doivent être capables de subvenir financièrement à leurs besoins par eux-mêmes », a-t-il martelé en prenant l’exemple du Canada et de l’Australie, où l’immigration est souvent conditionnée à des qualifications et professions particulières.

Bataille de chiffres

Ce nouveau système « permettra d’économiser des sommes incalculables », a assuré le républicain, affirmant que « le système actuel coûte aux contribuables américains de nombreux milliards de dollars par an (), selon l’Académie nationale des sciences ». La presse américaine a cependant relevé que ce calcul ne prend pas en compte le coût du renvoi des quelque 11 millions d’immigrants illégaux vivant aux Etats-Unis. Selon USA Today, « certaines études montrent que s’ils quittaient leur emploi, cela coûterait quelque 5 milliards de dollars sur une décennie à l’économie américaine, même si cela pourrait conduire à des salaires plus élevés pour les travailleurs américains. »

Donald Trump a estimé qu’une « réforme positive » sur l’immigration est possible avec l’opposition démocrate, en dépit de leurs divergences sur le sort des millions de clandestins présents sur le sol américain depuis parfois plusieurs décennies. « Si nous sommes guidés par le bien-être des citoyens américains, alors je crois que républicains et démocrates peuvent travailler ensemble pour obtenir le résultat qui échappe à ce pays depuis des décennies », a-t-il dit.

Le Monde.fr avec AFP et Reuters |

 

L’Insee bouscule les idées reçues sur l’immigration

C’est une photographie de la France et de ses flux migratoires qui va à l’encontre des fantasmes d’invasion rebattus par la droite nationaliste et identitaire. Mardi 13 octobre, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié deux études qui rendent compte d’un pays où les mobilités sont de plus en plus importantes mais ne concernent que partiellement les immigrés. La part de la population immigrée augmente par ailleurs, mais de façon modérée.

La part de la population immigrée parmi les résidents en France augmente de façon modérée.
  • Une mobilité de plus en plus importante

L’Insee révèle tout d’abord que le solde migratoire de la France est en forte baisse. Il s’établit à + 33 000 personnes en 2013, contre + 112 000 en 2006. « Bien qu’il paraisse faible, ce solde migratoire recouvre des flux beaucoup plus importants », souligne Marie Reynaud, responsable des études démographiques et sociales à l’Insee. En outre, il renvoie aux déplacements de deux catégories de personnes : celles qui sont nées en France et celles qui sont immigrées (minime, le solde des personnes nées françaises à l’étranger s’établit à + 13 000 en 2013).

Concernant les personnes immigrées, leur solde migratoire s’élève à + 140 000 en 2013. Il est largement positif même ce chiffre accuse un léger recul puisqu’il était de + 164 000 en 2006. C’est-à-dire que « le nombre d’entrées d’immigrés a progressé, mais à un rythme plus faible que leurs sorties du territoire », souligne l’Insee. Un fait qui mérite d’être mis en exergue, d’après Marie Reynaud : « L’augmentation des sorties des personnes immigrées est nouvelle. Elle passe de 29 000 personnes en 2006 à 95 000 personnes en 2013. On relie ça à de la mobilité professionnelle de courte durée. »

  • Davantage de Français partent à l’étranger

A côté de ces personnes immigrées, les déplacements des personnes nées en France connaissent une évolution similaire puisque leurs « départs vers l’étranger (…) se sont amplifiés depuis 2006, alors que leurs retours, moins nombreux, ont peu varié sur la période », analyse l’Insee. Si l’on regarde dans le détail, on note qu’« en 2013, près de 197 000 personnes nées en France ont quitté le territoire, soit 59 000 de plus qu’au cours de l’année 2006. Parallèlement, les retours des personnes nées en France sont stables, autour de 78 000 personnes. »

A l’arrivée, le solde migratoire de cette catégorie est négatif, estimé à – 120 000 personnes en 2013 contre – 60 000 en 2006. Un constat qui ne saurait traduire une fuite massive des cerveaux à l’étranger, autre chiffon rouge régulièrement agité par les déclinistes : « Davantage de Français partent à l’étranger mais ce n’est pas très massif, rapporté aux 58,2 millions de personnes nées en France et vivant en France », relativise Marie Reynaud. Si l’on s’attarde sur le profil de ces personnes, on constate que, pour l’année 2013, « 80 % des départs à l’étranger de personnes nées en France surviennent entre 18 et 29 ans, âges d’études ou de début d’activité », précise l’Insee. Fin 2013, la présence française à l’étranger était estimée à un peu moins de 3 millions et demi de personnes.

Cette « augmentation des flux migratoires n’est pas spécifique à la France », souligne enfin l’Insee, qui rappelle que le solde migratoire de l’ensemble de l’Union européenne s’élève en 2013 à 575 000 personnes (3,4 millions d’entrées et 2,8 millions de sorties), soit 594 000 de moins qu’en 2006. « La situation diffère selon les pays : par exemple, le solde migratoire de l’Allemagne augmente fortement ; à l’inverse, celui de l’Espagne devient négatif. »

  • Une augmentation modérée de la population immigrée

En dehors de l’analyse de ces déplacements, qui donne à voir une mobilité accrue des personnes, l’Insee dessine un portrait à grands traits de la population française. Et nous apprend que la France comptait, au 1er janvier 2014, 65,8 millions d’habitants hors Mayotte, soit 2,6 millions de personnes de plus par rapport à 2006, c’est-à-dire « un accroissement de 0,5 % par an en moyenne ».

Parmi ces résidents, la France compte 8,9 % de population immigrée, soit 0,8 point de plus qu’en 2006. Ce qui renvoie à une augmentation « modérée », jauge Marie Reynaud, équivalant à « 700 000 personnes en plus » en l’espace de huit ans. En détaillant ce chiffre, l’Insee nous apprend qu’« 1,6 million d’immigrés sont arrivés en France, 500 000 en sont repartis et 400 000 sont décédés en France ».

L’institut entend par immigrée toute « personne née de nationalité étrangère à l’étranger et résidant en France ». Sachant que « certains immigrés ont pu devenir français par acquisition, les autres restant étrangers ».

  • 6,4 % de la population résidant en France est de nationalité étrangère

Si l’on s’en tient aux étrangers (personnes qui résident en France et ne possèdent pas la nationalité française), la France compte 500 000 étrangers en plus entre 2006 et 2014. Au passage, l’Insee relève que le nombre d’acquisitions de nationalité française s’est réduit sur la période, « passant de 147 000 en 2006 à 97 000 en 2013 ». Au total, au sein de la population résidant en France, 61,6 millions de personnes ont la nationalité française et 4,2 millions ont une nationalité étrangère, soit 6,4 % de la population. Parmi ces dernières, 0,6 million sont nées en France et 3,6 millions sont nées à l’étranger.

Contrairement à certaines idées reçues, la progression de la population résidant en France est donc « essentiellement portée par le solde naturel », nous renseigne l’Insee. Ce solde s’élève à + 2,2 millions de personnes sur les huit dernières années, c’est-à-dire qu’il y a eu 6,5 millions de naissances pour 4,3 millions de décès. Le solde migratoire est moindre, qui s’établit à + 400 000 personnes sur huit ans. Il ne contribue qu’à hauteur de 16 % de l’augmentation de la population. Si l’on regarde dans le détail, on observe qu’entre début 2006 et début 2014, pour 2,5 millions d’entrées sur le territoire (qui peuvent être des retours), il y a eu 2,1 millions de sorties du territoire.

LE MONDE |
Julia Pascual

Les effets désastreux de la privatisation du rail britannique épinglés dans un rapport commandé par les syndicats

Tout d’abord, rappelons que la privatisation du rail avait été préparée dans les années 1980, sous Thatcher, avec l’éclatement de l’unicité du British Rail en entités autonomes par secteurs géographiques (Network SouthEast) ou secteur d’activité (fret).
En application de la directive européenne 91/440, la Grande-Bretagne divise en 1993 gestion du réseau confiée à RailTrack, et exploitants mis en concurrence, à l’origine une vingtaine d’entités publiques sectorisées.
En 1996, avant les élections législatives, le Parti conservateur privatise l’ensemble des opérateurs, gestionnaires du réseau, fret comme exploitants voyageurs.
Vingt ans après, le bilan de la libéralisation-privatisation du rail est édifiant, un véritable « pillage » des usagers et des fonds publics, siphonnés par une poignée de monopoles privés. Reprenons l’argumentaire des privatiseurs, point par point :

 

  1. Les tarifs les plus élevés au monde : l’argument de la « baisse des tarifs » ne tient pas en Grande-Bretagne. Les tarifs du rail sont désormais, en moyenne, deux fois plus élevés qu’en France, dans le secteur nationalisé. Depuis 1996, l’augmentation des tarifs du train a été trois fois supérieure à celle de l’augmentation moyenne des salaires. La Grande-Bretagne dispose des tarifs les plus élevés du monde : une conséquence de la privatisation ;
  2. Des trains qui arrivent de moins en moins à l’heure : les trains qui n’arrivent pas à l’heure, c’est aussi cela l’efficacité du privé. Un train sur six circule avec plus de 10 minutes en Grande-Bretagne (15%), contre un train sur dix en France (10%). La faute est rejetée sur « Network Rail », le gestionnaire du réseau, condamné ainsi à une amende de 90 millions d’euros la semaine dernière ;
  3. Un matériel roulant de plus en plus vieux: la modernisation conséquence de la privatisation, rien n’est plus faux. Depuis la privatisation, l’âge moyen du matériel roulant a augmenté, il était de 16 ans en 1996, il est de 18 ans aujourd’hui. L’investissement dans le renouvellement du matériel roulant a chuté de moitié entre 1993 et 2013 ;
  4. Un système excessivement coûteux: comme pour la Santé ou l’Education, contrairement aux idées reçues, le rail public coûte excessivement moins cher que le rail privé. Déjà le rapport McNulty publié en 2011 rappelait que les coûts du système fragmenté britannique étaient 40% supérieurs à ceux du système nationalisé français ;
  5. L’ouverture à la concurrence … c’est la domination des monopoles étrangers !: dans un secteur où un seul réseau existe, la « libre concurrence » est encore plus qu’ailleurs un leurre. De fait, le système privatisé britannique a conduit rapidement à l’émergence de monopoles nationaux, comme le britannique FirstGroup qui contrôle 7 des 23 « opérateurs privés » et surtout à la main basse des grands monopoles européens : l’Allemand Deutsche Bahn, l’Hollandais NS et enfin la SNCF (via Keolis) ont pris possession de 11 des 23 opérateurs du chemin de fer britannique. Quatre entreprises contrôlent donc 80% du rail britannique !
  6. Des investissements publics et une dette publique !: la privatisation n’a pas conduit à la baisse des investissements publics mais au contraire à leur augmentation : 6 milliards d’euros de subventions par an pour financer les projets d’infrastructures, c’est deux fois plus qu’avant la privatisation. Ces projets d’infrastructures plombent les comptes du « Network Rail », le gestionnaire public accumule désormais une dette de 40 milliards d’euros ;
  7. Mais des profits privés !: la seule Deutsche Bahn a réalisé 1 milliard d’euros de profit sur le réseau anglais. Les opérateurs privés bénéficient des investissements publics dans le réseau puisque 90% des profits sont ensuite directement reversés aux actionnaires. En outre, le gestionnaire public du réseau, malgré son endettement, continue à pratiquer des tarifs préférentiels pour l’usage du réseau : les droits de péage ont baissé de moitié depuis dix ans ;

 

Un désastre qui a coûté la vie à plusieurs centaines d’usagers et de travailleurs britanniques, il suffit de se rappeler de la catastrophe de Landgrove-Broke qui a coûté la vie à 31 usagers et blessé 500 autres : les opérateurs privés ne voulaient pas à l’époque investir dans des dispositifs de sécurité.

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

A la lecture de cet article, on se demande, hormis la volonté farouche de libéraliser tous les services, a quoi peut servir cette mise en concurrence.
Nous sommes dans l’idéologie pure : la concurrence est bénéfique pour tous (entreprises, consommateurs, états) quels que soient les résultats obtenus, il est préférable de développer la concurrence.
Ces expériences montrent que les services publics qui subissent une forte dérégulation se détériorent fortement. Le chemin de fer britannique n’était probablement pas très performant, mais désormais, nous pouvons être certain qu’il va disparaître, ou devenir le moyen de locomotion pour les plus pauvres qui n’auront pas d’alternative.

Souhaite-t-on réellement que le rail français devienne aussi « performant » que son homologue britannique ?

Shukuru

Vidéos cours sur la globalisation

  • Le marché des changes

https://www.youtube.com/watch?v=LDSmjW4K-nI

http://education.francetv.fr/videos/le-marche-des-changes-et-le-dollar-v107378

  • Le marché des actions

https://www.youtube.com/watch?v=H5kAebrc2Lw

  • Le marché des matières premières

http://www.thinkovery.com/comment-fonctionne-le-marche-des-matieres-premieres

  • Le marché des taux d’intérêt

Le marché monétaire interbancaire

https://www.youtube.com/watch?v=sIJtOrM7MBc

https://www.youtube.com/watch?v=hNdIONNcFY0

Le marché des bons du trésor

https://www.youtube.com/watch?v=RtleL9CuUlg

Le marché des billets de trésorerie

https://www.youtube.com/watch?v=ai3eUHWY8E8

 

Paradis fiscaux

http://www.canal-u.tv/video/dessine_moi_l_eco/qu_est_ce_qu_un_paradis_fiscal.13300

https://www.youtube.com/watch?v=aDZkj1ClWtI

Produits dérivés

https://www.youtube.com/watch?v=zxK22V3cj0M

Titrisation

https://www.youtube.com/watch?v=5e7Rc0gZF9o