Le protectionnisme de Trump s’appuie sur une vision dépassée de l’économie

L’affaire n’a pas traîné. A peine investi, Donald Trump a mis en œuvre ses promesses et décidé de placer le protectionnisme au cœur de sa politique économique. Menace de taxer les industriels qui délocalisent leur production, retrait du traité transpacifique (TPP) que Barack Obama avait signé, demande de renégociation de l’accord de libre-échange avec le Mexique et le Canada (Alena) ratifié en 1993 par Bill Clinton.
Le président de « l’Amérique d’abord » espère changer les règles du jeu mondial pour défendre les travailleurs des anciens Etats industriels (la Rust Belt, « ceinture de rouille ») et réduire son déficit extérieur abyssal, qui atteint 475 milliards de dollars – quand, dans le même temps, l’Allemagne engrange un excédent de 300 milliards et la Chine de 265.
La philosophie commerciale de Trump, approuvée par les syndicats de l’industrie traditionnelle, remonte aux années 1980, lorsque l’Amérique était envahie par les produits japonais, au détriment du travailleur américain. Trente ans plus tard, le président américain entend déclencher la riposte. Mais son approche se fonde sur une vision dépassée de l’économie.
A l’époque, il fallait réduire ses importations et maximiser ses exportations pour s’enrichir. La mondialisation des entreprises a rendu cette analyse caduque. Les économistes raisonnent désormais en chaîne de valeur : chaque pays doit apporter le maximum de valeur ajoutée dans la création d’un produit complexe. Ainsi, il n’est pas grave d’importer des iPhone « assemblés en Chine », s’ils sont « conçus en Californie », comme s’en vante Apple pour la plus grande fortune de la Silicon Valley.

En outre, la dénonciation du TPP est stratégiquement absurde. Cette alliance était faite pour organiser la domination commerciale des Etats-Unis autour du Pacifique contre la Chine. Comme l’a déploré le sénateur républicain John McCain, ce retrait « est une erreur grave. Cela va offrir une ouverture à la Chine pour réécrire les règles économiques au détriment du travailleur américain ».
Trump n’en a cure. Il pousse ses pions, et la question est de savoir jusqu’où il ira. D’aucuns se rassurent, estimant que Trump pratique depuis son bureau Ovale la politique-réalité comme il fit naguère de la télé-réalité, du catch commercial plutôt que de la vraie boxe : en tuant le TPP, Trump n’aurait fait que tuer un zombie. Le traité était mort-né, Barack Obama ne l’ayant pas présenté au Congrès faute de majorité pour le ratifier.
Quant à la renégociation de l’Alena, elle pourrait prendre des années. En attendant, le président ne peut pas augmenter les droits de douane : c’est contraire aux règles de l’OMC et de la Constitution américaine, qui réserve cette prérogative au Congrès. Le président de la Chambre des représentants, le républicain Paul Ryan, a déjà prévenu : « Nous n’allons pas augmenter les droits de douane. »
Las, ce moindre mal n’est pas certain, tant la dynamique de repli du président américain est forte. Trump a d’autres armes que les barrières douanières à sa disposition, comme la réduction drastique de la taxation des entreprises américaines qui fait flamber Wall Street. Il peut aussi tordre le droit, imposer ses vues à coups d’intimidations face à des partenaires affaiblis, comme le Royaume-Uni post-Brexit de Theresa May. Aujourd’hui, nul ne sait où s’arrêtera le national-économisme de Trump.

lemonde.fr  27 janvier 2017

Robert Mundell et la zone monétaire optimale

La récente victoire travailliste au Royaume-Uni a été attribuée à la bonne santé économique du pays. Pour certains observateurs, cette santé vient notamment du refus de l’euro. Et d’aucuns de s’interroger sur la pertinence de l’Union économique et monétaire (UEM). Ce questionnement prend parfois un tour paradoxal. En effet, les critiques les plus virulentes de l’UEM se réfèrent en général à la notion de zone monétaire optimale. Or son inventeur, Robert Mundell, est un défenseur résolu de l’UEM.

Il naît le 24 octobre 1932 à Kingston, au Canada. Après des études à Vancouver, il rejoint le Massachusetts Institute of Technology (MIT) à Boston, où il obtient son doctorat d’économie (PhD) en 1956. Il commence alors une double carrière d’enseignant et de chercheur. De 1961 à 1966, il travaille au Fonds monétaire international (FMI) avant d’être nommé professeur à Chicago de 1966 à 1971, puis à l’université Columbia à New York de 1974 à sa retraite. C’est pendant son passage au FMI qu’il formule plusieurs théories devenues des références. Son nom est attaché à quatre éléments théoriques majeurs.

Le premier est le modèle Mundell-Fleming, John Fleming étant un enseignant qui mène, parallèlement à Robert Mundell, des recherches sur la politique économique. Au début des années 1960, la théorie dominante est le keynésianisme, qui fait de la gestion de la demande par la dépense publique et le déficit budgétaire, l’outil au service du plein-emploi. Ce keynésianisme trouve son expression courante dans le modèle IS/LM, qui présente deux fragilités. Il repose sur une hypothèse de rigidité absolue des prix et n’est valable que pour une économie fermée. Conservant l’idée de prix stables, le modèle Mundell-Fleming adapte IS/LM au cas d’une économie ouverte. Il conclut que l’efficacité de la politique budgétaire dépend du système de changes. En cas de changes fixes comme dans le système de Bretton Woods, la politique budgétaire est efficace. En revanche, dans un système de changes flottants, comme celui dans lequel nous vivons depuis 1973, ce n’est plus le cas. En effet, en empruntant pour financer son déficit, l’Etat fait monter les taux d’intérêt, ce qui attire les capitaux étrangers. Résultat : la monnaie nationale est de plus en plus demandée et sa parité s’apprécie. Cette appréciation se traduit par une perte de compétitivité et une baisse des exportations. Il se produit ce que les économistes appellent un effet d’éviction : plus de demande publique conduit à moins de demande extérieure et, en fin de compte, à une stagnation de la demande globale.

Mundell complète ce modèle par l’analyse de la politique monétaire dans un cadre de libre circulation des capitaux : si la banque centrale souhaite que sa devise garde une parité fixe par rapport au dollar, par exemple, elle doit avoir les mêmes taux d’intérêt que ceux de la banque centrale américaine. Elle perd sa capacité de fixer ses taux d’intérêt, donc l’autonomie de sa politique monétaire interne. Si elle veut la conserver, elle doit renoncer au change fixe et laisser flotter sa devise pour s’isoler des autres banques centrales grâce à l’écran du marché des changes. En économie ouverte, il y a incompatibilité entre libre gestion de la politique monétaire et maintien d’un système de changes fixes. C’est le théorème des incompatibilités de Mundell. M. Mundell agrège les deux résultats précédents en expliquant qu’en cas de changes fixes, l’acteur économique important est l’Etat au travers de sa politique budgétaire, tandis qu’en cas de changes flottants, c’est à la banque centrale d’assurer la régulation conjoncturelle.

En 1961, Robert Mundell formule une troisième théorie, celle de la zone monétaire optimale. Puisque des pays en changes fixes ont nécessairement la même politique monétaire, pourquoi n’auraient-ils pas une seule et même banque centrale ? Favorable aux changes fixes comme élément de stabilité, M. Mundell défend le principe d’une monnaie mondiale unique, rappelant à ceux qui doutent de sa faisabilité que cette situation a déjà existé, entre 1871 et 1914, quand l’or était la monnaie de tous. Si l’or n’a pas survécu, c’est en raison de sa rareté relative, mais aussi parce qu’une zone monétaire n’est optimale, c’est-à-dire durable, qu’à trois conditions : d’abord que les économies de la zone ne connaissent pas de chocs asymétriques, c’est-à-dire une rupture de leurs conditions de production, comme en cas de guerre ; que les facteurs de production (le capital et le travail) circulent sans entrave dans la zone ; que la zone ignore l’inflation.

Le dernier apport de Mundell concerne l’inflation. Bien que sensible aux thèses des monétaristes, il a une approche de l’inflation moins négative qu’eux. Néfaste à long terme, l’inflation peut avoir un effet de court terme positif. En effet, en cas d’inflation, les firmes accumulent les stocks, et donc produisent, car elles savent que le prix de ces stocks va monter. Cette influence de l’inflation sur les gestions de trésorerie s’appelle l’effet Mundell-Tobin.

Plutôt en retrait depuis le milieu des années 1970, Robert Mundell a obtenu le prix Nobel d’économie en 1999.


Jean-Marc Daniel, professeur à l’ESCP-EAP.

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Compétitivité : le décrochage français est-il irréversible ?

Il l’a réaffirmé avec conviction, comme tant d’autres avant lui. « La désindustrialisation n’est pas une fatalité », a martelé Manuel Valls, jeudi 10 novembre, lors d’une visite à Corbeil-Essonnes, sur le site du fabricant de semi-conducteurs X-Fab. La concurrence mondiale « ne fait aucun cadeau (…). Mais nous avons des atouts à faire valoir, et en particulier nos capacités d’innovation », a souligné le premier ministre.
Vraiment ? Depuis des années, la perte de compétitivité de la France, cette difficulté de notre économie à rester dans la course mondiale, donne des sueurs froides aux économistes comme aux politiques. Aux craintes que l’Hexagone ne soit relégué au second rang, s’ajoutent celles d’un déclassement d’une partie de sa population, terreau du vote contestataire et populiste. Si l’Allemagne a retrouvé dès 2011 son niveau de production de 2008, la France, comme l’Espagne ou l’Italie, porte toujours les stigmates de la crise.
Une étude publiée jeudi 10 novembre par l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), traditionnellement classé à gauche, sur « L’Etat du tissu productif français », relance le débat. « Oui, il y a une vraie menace de décrochage de l’appareil productif français », assène Lionel Nesta, principal auteur de l’étude, professeur à l’université de Nice-Sophia Antipolis et directeur du département innovation et concurrence à l’OFCE. Une situation intimement liée aux difficultés de l’industrie tricolore, qui joue « un rôle central dans la croissance économique » rappelle M. Nesta.
Et pour cause. Si elle ne représente plus que 11 % du PIB en 2013 (contre 22,6 % en Allemagne), l’industrie est fortement consommatrice de services marchands et concentre l’essentiel des exportations et des efforts de recherche et développement (R&D) privée. Elle regroupe aussi des emplois en moyenne plus sophistiqués, donc mieux payés, et des possibilités de gain de productivité plus importants.
Mais dans le secteur, tous les voyants sont au rouge. En septembre, la production industrielle s’est repliée de 1,1 %, a indiqué l’Insee jeudi 10 novembre. Les destructions d’emplois y ont été massives depuis la crise financière (500 000 entre 2008 et 2013). Quant au déficit commercial, qui se résorbait depuis quatre ans, il a totalisé 48,7 milliards d’euros entre septembre 2015 et septembre 2016, contre 45,4 milliards un an plus tôt.

Emmanuel Jessua, directeur des études chez Coe-Rexecode, institut de conjoncture proche du patronat, indique ainsi :

« On assiste à une dégradation continue de la compétitivité française depuis 2000, sur fond de passage aux 35 heures, de perte d’attractivité de la France et d’érosion de sa base industrielle. Nos exportations de biens et services représentaient alors 17 % de celles de la zone euro, contre 13,4 % en 2015. »

Dès lors, que faire ? Pour certains, la partie est déjà perdue. D’un côté, « faire disparaître l’écart de coût de production entre la France et l’Espagne nécessiterait une baisse improbable des salaires », de l’autre, « on ne voit pas de signe de hausse du niveau de gamme de l’industrie française », tranchait Patrick Artus, économiste chez Natixis, dans une note de septembre intitulée « France : l’impossible réindustrialisation ».
L’étude de l’OFCE a le mérite de ne pas réduire le sujet à la question du coût du travail, « usual suspect » en matière de perte de compétitivité, qui incite les entreprises françaises à réclamer toujours plus de baisses de charges. Selon M. Nesta, si l’économie tricolore décroche, c’est qu’elle est « prise en sandwich entre une concurrence en prix croissante [de la part de l’Espagne notamment, qui a drastiquement réduit son coût du travail] et une anémie persistante de son effort de recherche et de ses investissements productifs ».
« Si l’on veut réindustrialiser le pays, il va falloir monter en gamme », souligne M. Nesta. Pour l’heure, les entreprises hexagonales ont beau investir, elles le font davantage dans la construction et l’immobilier que pour s’équiper en machines et robots. Et en matière d’innovation, la France fait des efforts « significatifs mais plus faibles que les pays les plus innovants », comme l’Allemagne. Ce ne va pas sans poser des questions sur la pertinence du crédit d’impôt recherche (CIR), ce dispositif fiscal à 6 milliards d’euros par an.
Ce constat mérite d’être nuancé : il ne prend pas en compte le fort rebond des investissements productifs français généré par la mesure de suramortissement fiscal en place depuis avril 2015. En revanche, « il faut que les politiques fiscales mises en place dernièrement [CICE] se traduisent par des gains réels de compétitivité », insiste M. Nesta. C’est-à-dire soit par une baisse de prix des entreprises à même de dynamiser les ventes, soit par des investissements pour se moderniser. Problème : les effets du CICE sont encore très discutés, même si son impact sur la reconstitution des marges des entreprises est salué.
« La prise de conscience par le gouvernement de la nécessité de réorienter la politique économique vers une baisse des charges est positive. Mais ce processus prendra du temps », abonde M. Jessua. La période qui s’ouvre semble décisive pour la France. En particulier, la hausse de l’investissement productif depuis un an peut expliquer la hausse des importations (surcroît d’achat de biens d’équipements à l’étranger), et donc la dégradation du solde commercial. « On peut espérer un cercle vertueux, qui permettrait à terme de réenclencher une montée en gamme. Mais à ce stade, cela reste de l’ordre de la conjecture », conclut M. Jessua.

Audrey Tonnelier   Journaliste au Monde  11 novembre 2016

 

Le commerce extérieur de la France

– Nos 10 premiers partenaires, qui représentent les deux-tiers de nos échanges, restent majoritairement européens et développés mais comprennent désormais également 2 grands émergents, la Chine et la Russie.
– Cette structure géographique de nos échanges est liée à plusieurs facteurs classiques de développement du commerce international, parmi lesquels la proximité géographique et la taillede ces économies – mais aussi à l’union douanière européenne.
Au cours des 10 dernières années, ce classement a assez peu évolué, avec toutefois une forte progression de la Chine, passée du 8ème au 4ème rang et qui a vu son poids dans nos échanges presque doubler.
Le commerce franco-allemand distance largement les 9 autres flux bilatéraux, avec près de17% du commerce extérieur français, soit un poids plus de 2 fois supérieur à celui des pays qui la suivent dans le classement.
– En termes de solde, la France n’enregistre plus aujourd’hui d’excédent qu’avec 2 de ces 10 Etats, le Royaume-Uni et la Suisse.
– Nos échanges de biens sont constitués majoritairement de produits industriels, en particulier avec la Chine, l’Allemagne et les Etats-Unis, mais les produits agricoles et agroalimentaires occupent un poids significatif dans le commerce avec nos autres voisins européens (de 14% avec l’Italie à 24% avec les Pays-Bas). La Russie se distingue, la moitié de nos échanges avec elle correspondant à des importations d’énergie.

1/ Nos 10 premiers partenaires, qui représentent les deux-tiers de nos échanges, restent majoritairement européens et développés mais comprennent désormais également 2 grands émergents, la Chine et la Russie :

8 économies développées, dont 7 européennes, parmi nos 10 premiers partenaires

7 des 10 principaux partenaires commerciaux de la France sont européens (cf. figure 1 ci-dessous), reflétant le poids encore dominant de cette région dans nos échanges extérieurs, dont elle représente près des deux tiers. 6 de ces pays appartiennent à l’Union européenne, 5 à la zone euro et tous sont les voisins immédiats de la France.
Les États-Unis occupent le 6ème rang. Au total, 8 de nos 10 premiers partenaires sont ainsi des économies avancées.

Cette situation s’explique par différents facteurs. L’un d’entre eux est le lien observé empiriquement dans le commerce international entre intensité des échanges d’une part et proximité géographique et taille des économies d’autre part (phénomène dit de « gravité »). S’y ajoutent, pour l’UE et les membres de l’Accord européen de libre-échange (AELE) comme la Suisse, l’existence d’une union douanière et, s’agissant de la zone euro, d’une union monétaire, de nature à favoriser le développement des échanges.

Au total, ces dix pays représentent près des deux tiers de nos échanges (65%).

Les partenaires commerciaux de la France en 2013 et leur poids dans le total de nos échanges (biens), en %

 

Source : Douanes, traitements DG Trésor. Exportations + importations. Sont nommés sur la carte les Etats représentant plus de 1% de nos échanges.

Figure 3 : Les pays fournisseurs de la France en 2013 et leur poids dans nos importations de biens, en % Figure 4 : Les pays clients de la France en 2013 et leur poids dans nos exportations de biens, en %

Une relative permanence de cette liste depuis 10 ans, avec toutefois une forte montée en puissance de la Chine et une légère érosion du poids des Européens

Ce classement reste proche de celui observé en 2003 (cf. figures 4 et 5 ci-dessous) :
–  sa composition n’est modifiée que par lasortie depuis 2007 du Japon de la liste de nos 10 premiers partenaires, remplacé par la Russie à la 10ème place, qu’elle occupe depuis cette date ;
–  l’Allemagne conserve à la fois sa première position, son poids dans nos échanges, qui n’a que très peu diminué (passage de 17,3% à 16,9%) et son écart avec nos autres partenaires, qui s’est même accentué ;
–  l’évolution la plus marquante est la forte progression de la Chine, dont le poids dans le commerce mondial augmente fortement depuis son entrée à l’OMC en décembre 2001, et qui passe du 8ème au 4ème rang et fait plus que doubler sa part dans nos échanges, de 2,8% en 2003 à 6% en 2013, soit presque autant que l’Espagne ou les Etats-Unis ;
– les Etats européens ayant traversé des difficultés au cours des dernières années, l’Espagne et l’Italie, voient leur poids s’éroder ; celui du Royaume-Uni baisse également fortement, passant de 8,1 % à 5,4 %.

Figures 5 et 6 : Les 10 premiers partenaires commerciaux de la France : comparaison 2003-2013 (échanges de biens)

Source  : Douanes, calculs DG Trésor

   

2/ Un poids de l’Allemagne nettement supérieur à celui des autres partenaires, des déficits avec l’ensemble de ces 10 Etats sauf le Royaume-Uni et la Suisse

Les relations commerciales bilatérales avec ces dix pays diffèrent par :

–  le poids de chaque pays :
–  le commerce franco-allemand distance largement les 9 autres flux bilatéraux, avec près de 17% de nos échanges, soit un poids plus de 2 fois supérieur à celui des pays qui suivent l’Allemagne dans le classement ;
–  le  commerce avec la Belgique et l’Italie reste important, compris entre 7% et 8% – niveau près de 4 fois plus élevé que celui du 10ème partenaire ;
–  Chine, Espagne, Etats-Unis et Royaume-Uni ont un poids relativement proche, entre 5,5 % et 6,5 %.

le sens du solde bilatéral :

Au sein de ces 10 pays, la France ne compte plus que 2 excédents en 2013, qui sont des pays européens hors zone euro : le Royaume-Uni, premier excédent commercial français, et laSuisse, avec laquelle l’excédent a toutefois été divisé par trois par rapport à 2012.

Les 8 autres soldes sont des déficits, reflétant le déficit d’ensemble du commerce extérieur français :

– la Chine : premier déficit commercial, qui a triplé en l’espace de dix ans et atteint près de 22 Md€ ;
– l’Allemagne : deuxième déficit français, toutefois en recul depuis le sommet historique de près de 20 Md€ en 2008, atteignant aujourd’hui 16,5 Md€ ;
– la Belgique : déficit apparu en 2004, en forte croissance depuis cette date, et désormais le 3ème déficit français (6,7 Md€) malgré une réduction en 2013 ;
– les Etats-Unis : le déficit est apparu en 2007 et a quasiment quadruplé depuis, notamment sous l’effet de l’appréciation de l’euro (5,8 Md€) ; il s’agit du 5ème déficit de la France.
– vis-à-vis de l’Italie, des Pays-Bas et de la Russie : les déficits ont perduré sur l’ensemble de la période, s’aggravant plus ou moins selon les pays. Aujourd’hui, l’Italie est notre 4ème déficit (5,9 Md€), accru par le fort repli de nos exportations vers ce pays. Les Pays-Bas constituent notre 6ème déficit (4,4 Md€), avec là encore un repli de nos exportations.
avant 2011, la France dégageait un excédent avec l’Espagne, son 5ème grand partenaire de la zone euro. Le déficit (1,9 Md€) est lié notamment à la forte hausse de nos importations (+8% depuis 2010), alors que nos exportations stagnaient.

Figure 7 : Les 10 premiers excédents et déficits bilatéraux de la France en 2013 en (Md€)

Figure 8 : Les principaux excédents et déficits bilatéraux de la France en 2013 en (Md€)

 –  la nature des échanges :

– Avec 9 des 10 pays considérés, la grande majorité de nos échanges de biens portent sur les produits industriels (équipements mécaniques, produits électriques et électroniques, matériel de transports, autres produits industriels). Cela est surtout vrai pour la Chine (95 % des échanges bilatéraux), l’Allemagne (86 %) et les Etats-Unis (81 %).
– Avec nos  voisins européens, le secteur agricole et agroalimentaire occupe également un poids important, s’agissant notamment des Pays-Bas (24 %), de l’Espagne (19 %), de la Belgique (17 %), du Royaume-Uni (16 %) et de l’Italie (14 %).
– Enfin, l’essentiel des échanges franco-russes (50 % des échanges bilatéraux) est constitué de produits énergétiques importés de Russie (qui contribue en particulier à hauteur de 15% à l’approvisionnement français en gaz). Ce poste est également important vis-à-vis de la Belgique (22,5%)[1].

 3/ Des particularités propres à chaque relation bilatérale :

La relation avec l’Europe reste dominante et dégradée, avec un déficit multiplié par 10 en 10 ans vis-à-vis de la zone euro, malgré une amélioration sur la période récente

Les 6 pays de l’Union européenne parmi nos 10 principaux partenaires représentent à eux seuls près de la moitié des échanges français (48%).

L’Union européenne dans son ensemble reste notre principal partenaire commercial, représentant près de 60% de nos échanges, malgré une baisse tendancielle de ce poids depuis le début des années 2000.
Ce fort positionnement du commerce extérieur français sur une zone à faible dynamisme au cours de la période récente et, pour une grande part de la zone euro, en crise aigüe jusqu’il y a quelques mois, a pesé sur la demande adressée à la France, d’autant plus que notre commerce extérieur est peu tourné vers les économies émergentes de l’est de l’UE, à plus forte croissance de long terme. En particulier, la France affiche aujourd’hui un déficit élevé vis-à-vis des autres pays de la zone Euro (41 Md€ en 2013), qui a presque décuplé en 10 ans. Il ne commence à refluer, légèrement, que depuis 2012 (passage de 43,5 Md€ à 41,2 Md€).

Au total, la zone euro et l’UE sont les 2 seules grandes zones vers lesquelles les exportations françaises n’ont pas encore retrouvé leur niveau d’avant-crise.

Le déficit vis-à-vis des Etats-Unis se réduit en 2013

Depuis 2007, la France enregistre un déficit vis-à-vis des Etats-Unis, qui s’est cependant réduit en 2013, pour atteindre 5,8 Md€, principalement porté par la réduction des déficits en produits pharmaceutiques (2,2 Md€ après 2,6 Md€ en 2012) et en matériels de transport (1,3 Md€ après 1,6 Md€ en 2012).

Le déficit commercial avec la Chine reste important, lié en particulier à de fortes importations de produits informatiques, électroniques, électriques et textiles

Malgré une stabilisation de nos exportations vers la Chine, toujours portées par l’aéronautique (qui en représente 30%) et la bonne tenue de certains secteurs (vins et spiritueux notamment), la place de ce pays dans les chaînes de production industrielles mondiales et son fort positionnement sur les produits informatiques, électroniques, électriques et mécaniques (50% de nos importations en provenance de Chine), ainsi que sur le textile habillement (23%), produits fortement recherchés par les consommateurs français,portent notre déficit bilatéral.

A 26,1 Md€ en 2013, il est toutefois en réduction, après -27,7 Md€ en 2011 et -26,4 Md€ en 2012.

[1] Le gaz comptabilisé par les Douanes comme importé de Belgique est toutefois principalement en provenance de Norvège.

Source : Direction générale du Trésor public

La guerre sur le marché du pétrole ne fait que commencer

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), réunie à Vienne vendredi 5 juin, a confirmé sa politique, fixée fin novembre 2014 : le maintien de son quota officiel de production de 30 millions de barils par jour, malgré une surproduction mondiale de plus de deux millions de barils et la déprime des prix de l’or noir sur le marché, tombés à 62 dollars pour un baril de brent (contre 115 dollars en juin 2014).
Chaque pays joue sa partie. La production américaine de brut, notamment grâce aux schistes (shale oil), résiste à ces prix bas. La Russie refuse de réduire sa production et de grands producteurs affichent leurs ambitions (Iran, Irak, Brésil…). La bataille mondiale sur le marché pétrolier « ne fait que commencer », prévient l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Ce sont encore les Saoudiens qui donneront le « la », vendredi, à Vienne. « L’éventualité d’un changement de politique est faible, voire inexistante, prévient Bhushan Bahree, expert au sein du cabinet américain IHS Energy. L’Arabie saoudite et ses alliés du Golfe semblent résolus à poursuivre la politique décidée en novembre. De potentiels dissidents se rendent compte qu’un changement n’est pas jouable alors que les quatre Etats du Golfe qui défendent leurs parts de marché pèsent plus de la moitié de la production de l’OPEP. »
De plus, ajoute-t-il, on ne voit « aucun signe de la volonté de l’Arabie saoudite, de l’Irak et de l’Iran d’essayer de trouver un terrain d’entente pour partager le gâteau, condition nécessaire, mais pas suffisante à une relance du système des quotas de production ».

Pourtant, Riyad n’a pas gagné la guerre du pétrole de schiste. De nombreux puits ont fermé aux Etats-Unis, mais la production de shale oil a été encore peu affectée, les plates-formes de forage en exploitation ayant de meilleurs rendements.
Avec 9,5 millions de barils de brut (dont la moitié d’huiles non conventionnelles), jamais la production américaine n’a été aussi dynamique, et elle progressera jusqu’à près de 11 millions en 2020 avant de se stabiliser, selon un scénario gouvernemental.
L’OPEP commence à en prendre acte. « Le pétrole de schiste est un phénomène qui ne va pas disparaître et nous devons vivre ensemble et trouver un équilibre », a reconnu Abdallah Al-Badri, secrétaire général du cartel. Une analyse partagée par le ministre du pétrole des Emirats arabes unis, Suhail Mohamed Al-Mazroui, qui a appelé tous les pays producteurs, OPEP et non OPEP, à « partager la responsabilité de rééquilibrer le marché ».
Désormais, le quota de 30 millions de barils par jour – un tiers de la production mondiale – fixé par l’OPEP fin 2011 est dépassé. En avril et mai, la production a dépassé 31 millions de barils. La production saoudienne n’a jamais été aussi importante, et Riyad a suggéré que les douze membres du cartel ne se réunissent plus qu’une fois par an (au lieu de deux). Une proposition interprétée comme la confirmation de la volonté de la monarchie wahhabite de faire jouer les forces du marché et d’en finir avec son rôle historique de producteur d’appoint en cas de forte baisse (ou hausse) des prix.
L’Arabie saoudite et ses alliés du golfe Arabo-Persique (Koweït, Emirats arabes unis et Qatar) restent sourds aux appels d’autres membres en faveur de mesures de redressement. Ces pays commencent à en souffrir, et même les plus riches réclament désormais un prix « raisonnable » qu’ils situent à 75-80 dollars pour équilibrer leurs finances publiques. D’autres, comme le Venezuela au bord de la cessation de paiement, essayent de s’entendre avec de grands pays producteurs non OPEP (Russie, Mexique…) pour faire remonter les prix. Sans succès jusqu’à présent.

Le monde de l’or noir s’est « décartellisé ». Dans ce grand jeu du chacun pour soi, tout le monde produit au maximum, à commencer par les trois pays qui font un tiers de la production mondiale : les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et la Russie. L’Irak veut, à moyen terme, doubler sa production de quelque 4 millions de barils. Quant à l’Iran, il affiche déjà de grandes ambitions alors qu’un accord avec les Occidentaux fin juin sur son programme nucléaire – et donc une levée des sanctions – est loin d’être acquis.
Plus personne, au sein de l’OPEP, ne croit à une remontée du baril à 100-110 dollars. Et son évolution, dans les mois à venir, reste incertaine. Les cours devraient rester autour de 60-65 dollars quelques mois, la demande étant tirée par la driving season aux Etats-Unis, où les Américains se déplacent beaucoup. Mais, pour Hasan Qabazard, responsable des études de l’OPEP entre 2006 et 2013, ils pourraient tomber entre 40 et 50 dollars au quatrième trimestre en raison d’une forte baisse de la demande.
Créée en 1960, à Bagdad, pour défendre les intérêts des pays producteurs face aux grandes compagnies, l’OPEP n’a plus le poids d’antan. Dans les années 2000, elle a renoncé à fixer un objectif ou une fourchette de prix. En 2011, elle a abandonné le système de quotas pays par pays, chaque membre pompant ce que ses infrastructures et sa situation géopolitique lui permettent de produire. Et, fin 2014, Riyad et les pétromonarchies du Golfe ont décidé de ne plus « faire » les prix à leur détriment, mais de laisser jouer le marché, quitte à produire plus que le quota officiel. « Nous ne pouvons plus continuer à protéger un certain niveau des prix », constatait M. Mazroui, à la veille de la réunion de l’OPEP.
Est-ce la mort de l’OPEP ? « Elle compte encore, nuance Jamie Webster, un autre expert d’IHS Energy. Elle est aujourd’hui en hibernation et son rôle a changé, mais elle reste une puissante force si elle décide d’agir, même si nous ne l’envisageons pas pour le moment. » Il estime que le transfert de l’Arabie saoudite aux Etats-Unis du rôle de producteur d’appoint n’est pas un mouvement très net et qu’il peut évoluer, les données géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, restant importantes pour le marché du pétrole.

LE MONDE ECONOMIE | 05.06.2015 à 06h39 • Mis à jour le 05.06.2015 à 16h22 | Par Jean-Michel Bezat

Le recul de l’euro, bouffée d’oxygène pour les exportations françaises

En avril, le déficit commercial de la France a atteint 3 milliards d’euros, soit 1,4 milliard de moins qu’en mars, selon les chiffres publiés vendredi 5 juin par les Douanes. Les exportations poursuivent leur progression (+ 1,4 % après + 0,8 % en mars) et les importations diminuent fortement (– 2,1 %). Conséquence : le déficit cumulé des douze derniers mois se limite à 50 milliards d’euros, alors qu’il était encore de 54,2 milliards en 2014.
Cette bonne performance doit beaucoup à la baisse des achats en hydrocarbures et à une hausse des ventes aéronautiques (livraisons d’Airbus). Mais le recul de l’euro y est pour beaucoup. En dépit de son rebond de cette semaine, la monnaie unique accuse une baisse de près de 20 % par rapport au dollar en un an, à 1,12 dollar, et de quelque 10 % par rapport à l’ensemble des devises internationales. Un reflux accéléré depuis l’automne 2014 et l’annonce du méga-plan d’achat de dettes souveraines par la Banque centrale européenne (BCE), qui augmente la quantité d’euros en circulation. La perspective d’une remontée des taux directeurs américains dans le courant de l’année, qui pousse le dollar à la hausse, affecte aussi mécaniquement la monnaie européenne.
« C’est une véritable bouffée d’oxygène pour les entreprises exportatrices françaises », se réjouit Mathieu Plane, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). D’autant que « ce recul de l’euro intervient après une longue phase de hausse, quasiment depuis 2002. L’euro était arrivé à un niveau pénalisant…

LE MONDE ECONOMIE | 05.06.2015 à 11h40 | Par Audrey Tonnelier

Synthèse 2.3 Economie

Quelle est la place de l’Union Européenne dans l’économie globale ?

L’Union Européenne est l’espace le plus intégré du monde. Parallèlement à la mondialisation, les européens ont construit un marché intérieur en limitant le plus possible les entraves au libre échange.

La construction européenne s’est réalisée par des élargissement successifs. De 6 pays à l’origine (Belgique, Pays Bas, Luxembourg, France, Allemagne, Italie) pour un marché unique du charbon et de l’acier, l’UE est aujourd’hui composée de 27 pays et d’un champ d’intervention beaucoup vaste.

Cette construction s’est accompagnée de l’adoption de la monnaie unique en 1999 (pour 17 pays à ce jour). L’Europe est actuellement à la dernière phase de l’intégration (typologie de Bella Balassa), l’Union économique et monétaire. La convergence des économies (Traité de Maastricht  renforcé par le Traité d’Amsterdam) concerne le niveau de la dette, les déficit budgétaires et l’inflation.

L’euro est devenue la deuxième monnaie internationale dans les échanges, derrière le dollar, malgré un taux de change plutôt élevé qui défavorise les exportations. La Banque centrale européenne, indépendante des états, et garante de la lutte contre l’inflation est une institution qui a permis à l’euro de prendre toute sa place comme monnaie internationale.

L’UEM renforce donc les interdépendances enter les états et privent donc ceux-ci d’une liberté totale dans leurs politiques macro économiques.

La politique budgétaire est contrainte par le pacte de stabilité et de croissance. C’est la raison pour laquelle, la France pratique aujourd’hui une politique d’austérité. Le déficit budgétaire doit être d’ici 2 ans, ramené en dessous de la limite des 3 %. La politique monétaire est uniquement du ressort de la BCE. Les autres politiques économiques (industrielles …) sont, dans une certaine mesure, contraintes par l’UEM. Les pays ne peuvent pas pratiquer des politiques allant à l’encontre de l’intérêt général de l’union.

Face  la crise actuelle, l’Europe éprouve des difficultés, comme les autres régions du monde. Le budget fédéral étant faible (1,4% du PIB européen) il ne permet pas de politique expansive.

Synthèse 2.2 Economie

Comment s’opère le financement de l’économie mondiale ?

Pour permettre la mondialisation du commerce, le développement des échanges, il a fallu que la finance s’adapte, se mondialise également. sans financement, les entreprises ne peuvent produire ou investir.

Pour mesurer les flux de capitaux, on dispose au niveau international d’outils comme la balance des paiements. C’est un document comptable qui retrace l’ensemble des transactions. Elle est composée de trois comptes : le compte des transactions courantes (Biens, services, revenus et transferts courants), le comte de capital (transferts de capitaux, achats de brevets …) et le compte financier (IDE et investissement de portefeuille). On ajoute un catégories erreurs ou omissions (problèmes de doubles comptabilité de certains éléments …).

Le résultat s’il est positif pour une nation donne une capacité de financement (elle a plus de recettes que de dépenses et peut donc prêter) s’il est négatif il s’agit d’un besoin de financement.

Finalement la Balance des Paiements est toujours équilibrées (puisque les nations trouvent à se financer ou peuvent prêter leur excédent).

 

Deuxième indicateur des flux internationaux de capitaux : le taux de change. Il s’agit du prix d’une monnaie dans une autre (prix de l’Euro en Dollar).

Le système de change peut être fixe (lorsqu’il ne varie pas quelles que soient les évolutions des économies) ou flexibles (lorsque les variations mesure en temps réel l’offre et la demande d’une monnaie par rapport à une autre).

Ces deux systèmes ont des incidences sur l’économie. Lorsqu’une monnaie prend de la valeur par rapport à une autre, on parle d’appréciation (cela rend les exportations plus coûteuses et réduit le coût des importations). Lorsqu’une monnaie perd de sa valeur, il s’agit d’une dépréciation (elle facilite les exportations et renchérit les importations). Les conséquences des variations de la valeur de la monnaie sont importantes pour les entreprises. En Europe, il n’y a plus qu’une seule monnaie (17 pays) ce qui facilite les échanges. La politique des change est donc limitée à l’extérieur de l’Europe et ne prend plus autant de place que dans les années 80.

Les variations de la valeur de la monnaie sont liées entre autre par l’évolution des taux d’intérêt. Si les taux d’intérêt sont élevés dans un pays, cela va attirer les capitaux étrangers (qui cherchent un placement avantageux). Cette augmentation de la demande de monnaie (les capitaux sont placés dans la monnaie nationale ce qui va générer une appréciation de celle-ci).

La spéculation des agents (liée à une anticipation de la valeur de la monnaie) va également faire fluctuer la valeur de al monnaie; Si des agents anticipent une hausse de la valeur d’une monnaie, ils vont en acquérir (pour la revendre plus cher demain). cette demande supplémentaire fait augmenter la valeur de la monnaie (prophétie auto réalisatrice).

Cette spéculation peut être bénéfique pour l’économie puisqu’elle produit des liquidités (les capitaux se déplacent) mais elle peut être également déstabilisatrice si elle est trop importante. Ainsi, les Banque centrale et les Etat doivent tenter de limiter la spéculation pour qu’elle ne nuise pas au bon fonctionnement de l’économie.

Synthèse 2.1 Economie

Quels sont les fondements du commerce international et de l’internationalisation de la production ?

Le commerce international se développe depuis la fin de la seconde guerre mondiale et plus rapidement encore depuis les années 80 et 90.

Le développement des échanges ne signifie pas la disparition du protectionnisme. celui-ci continue d’exister, il prend deux formes : le protectionnisme éducateur de List (protéger les industries dans l’enfance jusqu’à ce qu’elles soient assez fortes pour affronter la concurrence) et le protectionnisme des industries vieillissantes (protectionnisme défensif de Kaldor, qui permet de préserver les emplois).

Le problème du protectionnisme réside dans l’accroissement du coût pour les consommateurs. Même si l’Etat accroît ses recettes fiscales (droits de douane) le gain est inférieur au coût supporté par les consommateurs. La situation n’est donc pas optimale et ne doit pas durer.

Les fondements du libre échange repose sur la théorie des avantages absolus de Smith puis des avantages comparatifs de Ricardo (cf.l’article de ce blog  :Synthèse sur les théories du commerce international).

Le commerce international se développe sous l’impulsion des FMN. Le commerce intra firme représente 1/3 des échanges. Il s’agit souvent de commerce de produits semi finis. Les firmes échanges entre elles ces produits parce qu’elles ont développé la DIPP (division internationale du processus productif).

Les entreprises vont avoir des stratégies afin d’améliorer leur compétitivité prix (minimiser les coûts de production pour vendre le moins cher possible) et leur compétitivité hors prix ou structurelle. Cela les amènes à délocaliser leur production, à externaliser certaines activités.

Dans ce cadre, elles peuvent être amenées à réaliser des Investissements Directs à l’Etranger (qui peuvent prendre la forme de fusion / acquisition) ou des investissements de portefeuilles.

Le développement des échanges présente des avantages mais les gains à l’échange peuvent être mal répartis ou appropriés par certains. Ainsi, les pays en voie de développement ne bénéficient-ils pas nécessairement des avantages de la mondialisation, tout comme les travailleurs non qualifiés des pays industrialisés qui se trouvent en concurrence avec les travailleurs des pays en voie de développement.

Même si les études empiriques montrent que la mondialisation crée plus d’emplois qu’elle n’en détruit. Les créations et les destructions ne se font pas dans les mêmes pays et ne concernent pas les mêmes qualifications. On pourrait ainsi dire que les consommateurs des pays riches sont gagnants mais que les travailleurs non qualifiés de ces mêmes pays sont perdants.

 

De la bêtise …

Un article publié aujourd’hui sur le site du monde
http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/03/01/la-lecon-d-economie-de-pascal-lamy-a-arnaud-montebourg_1841081_3234.html

Le directeur général sortant de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) s’en prend à Arnaud Montebourg. Pascal Lamy, ancien commissaire européen, un socialiste souvent présenté comme ministrable lorsque son mandat à Genève prendra fin, le 31 août, a par ailleurs souligné sur RMC Info et BFMTV la nécessité pour la France de « faire de la réforme » pour retrouver de la compétitivité.
« Une partie du problème vient que, disons, le GPS des Français est un peu détraqué », a-t-il estimé. Et « s’il y a un exemple de GPS qui, à mon avis, a quelques problèmes, c’est lui », a-t-il poursuivi, alors qu’il était interrogé sur le ministre du redressement productif, qui a déclaré en octobre dernier que « le bilan du libre-échange mondial proposé par l’OMC est un désastre ».
« Je pense qu’il n’a pas les bons chiffres en tête. Quand on regarde l’économie française dans le monde tel qu’il est, les problèmes qu’il met en avant – c’est-à-dire, c’est la faute à la concurrence des Chinois – c’est pas ça », a dit Pascal Lamy.
« C’est vrai que les Chinois sont payés cinq fois moins que les Français, mais les Chinois sont cinq fois moins productifs que les Français, et comme ce qui compte, c’est la productivité horaire, il ne faut pas en déduire que les Chinois font du dumping, a-t-il expliqué.
« Les Français, a poursuivi Pascal Lamy, considèrent qu’ils sont une espèce d’îlot de bonheur provisoire dans un monde de catastrophes ; ça n’est pas la bonne perspective. (…) On ne peut pas en déduire que si la France a des problèmes, c’est le monde qu’il faut changer. (…) Cette globalisation, elle a des bons côtés et des pas bons côtés. Il y a en qui s’en sortent. (…) Je pense (…) que la France a des tas d’atouts pour s’en sortir, simplement, elle ne les voit pas, a jugé le directeur général de l’OMC.
« La solution de la croissance, c’est la compétitivité » a-t-il affirmé, en soulignant la nécessité de réformes structurelles profondes. C’est faisable. Simplement, pour ça, il faut une perspective, il faut avoir envie de le faire », a-t-il dit à l’adresse de l’exécutif.

 

Une très belle intervention dans les médias qui n’apporte strictement aucune solution pour sortir de la de crise.

Si l’on écoute Mr Lamy, on découvre qu’il n’aime pas le ministre du redressement productif. C’est un point de vue personnel qui n’a aucun intérêt. En revanche, l’analyse économique de Mr Lamy est particulièrement défaillante. Le différentiel de coût du travail existe effectivement entre la France et la Chine, tout comme le différentiel de productivité. Il est très simplificateur et simpliste de les mettre au même niveau et de prétendre ainsi qu’ils s’annulent. La productivité française est très élevée mais les comparaisons sont difficiles parce que cela dépend de ce que l’on compare : l’ensemble des travailleurs français et chinois, les seuls ouvriers, les travailleurs de l’industrie … L’argument présenté n’est donc pas étayé.

Ensuite le dumping social ne renvoie pas exclusivement à al productivité. Les travailleurs chinois ne disposent pas de la même couverture sociale que les français (retraite, maladie …) et c’est ce qui permet d’avoir un coût du travail faible. Certes, l’auteur ne se préoccupent pas de la retraite des travailleurs chinois mais il faut l’intégrer dans le raisonnement.

Sur les réformes à réaliser, il me semble que l’ancien président de la République en était également friand. Mais en soi cela ne veut rien dire : il faut faire des réformes ! Evidemment la France de 2013 n’est pas celle de 1980, il faut donc adapter le marché du travail, les qualifications, les réglementations … Mais l’affirmer de manière péremptoire n’apporte rien à l’analyse des réformes à faire.

Sur le constat de la mondialisation, il y a des gagnants, il y a des perdants … C’est une très belle analyse qui me laisse rêveur. Une fois cette analyse faite, on est bien avancé dans la réflexion.

Enfin, sur la compétitivité qui permet la croissance, c’est une évidence. Mais là encore, le problème c’est que Mr Lamy n’apporte aucune solution, aucune analyse de la situation. Nous traversons une grave crise depuis 2008, la France n’est pas le pays qui s’en sort le moins, les leçons du FMI (qui a pourtant montré qu’il s’était trompé depuis des décennies) n’ont donc aucune portée.

l’article dit que Mr Lamy pourrait devenir ministre d’ici la fin de l’année.

Eu égard à son niveau d’analyse économique, je ne crois pas que ce soit une bonne chose pour notre pays.

Shukuru