Programmes de l’enseignement spécifique de sciences économiques et sociales

Enseignement spécifique

Ce programme s’inscrit dans le cadre des grandes orientations fixées pour le cycle terminal dans le préambule rédigé pour le programme de la classe de première auquel on se reportera. Il est présenté en trois colonnes : la première colonne décline chaque thème sous forme de questions ; les indications complémentaires explicitent et délimitent le contenu de chacune d’entre elles ; les notions figurant en colonne centrale, de même que les « acquis de première » rappelés en colonne 3, sont les notions
indispensables pour traiter chaque question.

Les épreuves du baccalauréat portent sur l’intégralité du programme tel qu’il figure ci-dessous ; les indications complémentaires
bornent ce qui est exigible.

Science économique (durée indicative : 80 heures)

1. Croissance, fluctuations et crises

1.1 Quelles sont les sources de la croissance économique ?

Notions : PIB, IDH, investissement,progrès technique, croissance endogène, productivité globale des facteurs, facteur travail, facteur capital.

Indications complémentaires
En s’appuyant sur le programme de première, on s’interrogera sur l’intérêt et les limites du PIB. L’étude de séries longues permettra de procéder à des comparaisons internationales. À partir d’une présentation simple de la fonction de production, on exposera la manière dont la théorie économique analyse le processus de croissance. On fera le lien entre la productivité globale des facteurs et le progrès technique et on introduira la notion de croissance endogène en montrant que l’accumulation du capital, sous ses différentes formes participe à l’entretien de la croissance. On mettra l’accent sur le rôle des institutions et des droits de propriété.

Acquis de première : facteurs de production, production marchande et non marchande, valeur ajoutée, productivité, institutions, droits de propriété, externalités.

1.2 Comment expliquer l’instabilité de la croissance ?

Notions : Fluctuations économiques, crise économique, désinflation, dépression, déflation.

Indications complémentaires : L’observation des fluctuations économiques permettra de mettre l’accent sur la variabilité de la croissance et sur l’existence de périodes de crise. On présentera les idées directrices des principaux schémas explicatifs des fluctuations (chocs d’offre et de demande, cycle du crédit), en insistant notamment sur les liens avec la demande globale. On analysera les mécanismes cumulatifs susceptibles d’engendrer déflation et dépression économique et leurs conséquences sur le
chômage de masse.

Acquis de première : inflation, chômage, demande globale.

 

2. Mondialisation, finance internationale et intégration européenne

2.1 Quels sont les fondements du commerce international et de l’internationalisation de la
production ?

Notions : Avantage comparatif, dotation factorielle, libre-échange et protectionnisme, commerce
intra-firme, compétitivité prix et hors prix, délocalisation, externalisation, firmes
multinationales, spécialisation.

Indications complémentaires : En partant d’une présentation stylisée des évolutions du commerce mondial et en faisant référence à la notion d’avantage comparatif, on s’interrogera sur les déterminants des échanges internationaux de biens et services et de la spécialisation.
On analysera les avantages et les inconvénients des échanges internationaux pour les producteurs comme pour les consommateurs. On présentera à cette occasion les fondements des politiques protectionnistes et on en montrera les risques. On s’interrogera sur les effets d’une variation des taux de change sur l’économie des pays concernés.
En s’appuyant sur des données concernant le commerce intra-firme et sur des exemples d’entreprises multinationales, on abordera la mondialisation de la production. On analysera les choix de localisation des entreprises et leurs stratégies d’internationalisation. On étudiera à cette occasion les principaux
déterminants de la division internationale du travail, en insistant sur le rôle des coûts et la recherche d’une compétitivité hors prix.Acquis de première : gains à l’échange.

2.2 Quelle est la place de l’Union européenne dans l’économie globale ?

Notions : Euro, union économique et monétaire.

Indications complémentaires : Sans entrer dans le détail des évolutions historiques, on rappellera qu’en se dotant d’un grand marché intérieur et d’une monnaie unique, les pays européens mènent une expérience originale d’intégration plus étroite de leurs économies. On montrera que l’union monétaire revêt une importance particulière dans le contexte monétaire et financier international, et qu’elle renforce les interdépendances entre les politiques macroéconomiques des États membres. On s’interrogera sur les
difficultés de la coordination des politiques économiques dans l’Union européenne.

Acquis de première : banque centrale, politique budgétaire, politique monétaire, politique conjoncturelle.

 

3. Économie du développement durable

3.1 La croissance économique est-elle compatible avec la préservation de l’environnement ?

Notions : Capital naturel, physique, humain, institutionnel, biens communs, soutenabilité, réglementation, taxation, marché de quotas d’émission.

Indications complémentaires : On expliquera pourquoi l’analyse économique du développement durable, qui se
fonde sur la préservation des possibilités de développement pour les générations futures, s’intéresse au niveau et à l’évolution des stocks de chaque type de capital (accumulation et destruction) ainsi qu’à la question décisive du degré de substitution entre ces différents capitaux. On évoquera, à l’aide d’exemples, les limites écologiques auxquelles se heurte la croissance économique (épuisement
des ressources énergétiques et des réserves halieutiques, déforestation, augmentation de la concentration des gaz à effet de serre, etc.).
L’exemple de la politique climatique permettra d’analyser les instruments dont disposent les pouvoirs publics pour mener des politiques environnementales. En lien avec le programme de première sur les marchés et leurs défaillances, on montrera la complémentarité des trois types d’instruments que sont la réglementation, la taxation, les marchés de quotas d’émission.

Acquis de première : externalités, droits de propriété, offre et demande, défaillances du marché.

 

Sociologie (durée indicative : 50 heures)

1. Classes, stratification et mobilité sociales

1.1 Comment analyser la structure sociale ?

Notions : Inégalités économiques, inégalités sociales, classes sociales, groupes de statut, catégories
socioprofessionnelles.

Indications complémentaires : On mettra en évidence le caractère multiforme des inégalités économiques et
sociales ainsi que leur aspect parfois cumulatif. On procédera à des comparaisons en utilisant les principaux indicateurs et outils statistiques appropriés.
On présentera les théories des classes et de la stratification sociale dans la tradition sociologique (Marx, Weber) ainsi que leurs prolongements contemporains et on s’interrogera sur leur pertinence pour rendre compte de la dynamique de la structuration sociale. On mettra en évidence la multiplicité des
critères de différenciation sociale dans les sociétés post-industrielles (statut professionnel, âge, sexe, style de vie).

Acquis de première : salaire, revenu, profit, revenus de transfert, groupe social.

1.2 Comment rendre compte de la mobilité sociale ?

Notions : Mobilité intergénérationnelle/intragénérationnelle, mobilité observée, fluidité sociale,
déclassement, capital culturel, paradoxe d’Anderson.

Indications complémentaires : Après avoir distingué la mobilité sociale intergénérationnelle d’autres formes de mobilité (géographique, professionnelle), on se posera le problème de sa mesure à partir de l’étude des tables de mobilité sociale dont on soulignera à la fois l’intérêt et les limites. On distinguera la mobilité observée et la fluidité sociale et on mettra en évidence l’existence de flux de mobilité verticale (ascendante et descendante) et horizontale. On étudiera différents déterminants de la mobilité et de la reproduction sociale : l’évolution de la structure socioprofessionnelle, le
rôle de l’école et de la famille.

Acquis de première : groupe d’appartenance, groupe de référence, socialisation anticipatrice, capital social.

 

2. Intégration, conflit, changement social

2.1 Quels liens sociaux dans des sociétés où s’affirme le primat de l’individu ?

Notions : Solidarité mécanique / organique, cohésion sociale.

Indications complémentaires : Après avoir présenté l’évolution des formes de solidarité selon Durkheim, on
montrera que les liens nouveaux liés à la complémentarité des fonctions sociales n’ont pas fait pour autant disparaître ceux qui reposent sur le partage de croyances et de valeurs communes. On traitera plus particulièrement de l’évolution du rôle des instances d’intégration (famille, école, travail) dans les sociétés contemporaines et on se demandera si cette évolution ne remet pas en cause l’intégration sociale.

Acquis de première : socialisation, sociabilité, anomie, désaffiliation, disqualification, réseaux sociaux.

2.2 La conflictualité sociale : pathologie, facteur de cohésion ou moteur du changement social ?

Notions : Conflits sociaux, mouvements sociaux, régulation des conflits, syndicat.

Indications complémentaires : On montrera que les conflits peuvent être appréhendés à partir de grilles de
lecture contrastées : comme pathologie de l’intégration ou comme facteur de cohésion ; comme moteur du changement social ou comme résistance au changement. On s’intéressera plus particulièrement aux mutations des conflits du travail et des conflits sociétaux en mettant en évidence la diversité des acteurs,
des enjeux, des formes et des finalités de l’action collective.

Acquis de première : conflit.

 

Regards croisés (durée indicative : 40 heures)

1. Justice sociale et inégalités

1.1 Comment les pouvoirs publics peuvent-ils contribuer à la justice sociale ?

Notions : Égalité, discrimination, assurance / assistance, services collectifs, fiscalité, prestations
et cotisations sociales, redistribution, protection sociale.

Indications complémentaires : On s’interrogera sur les fondements des politiques de lutte contre les inégalités en les reliant à la notion de justice sociale ; on rappellera à ce propos que toute
conception de la justice doit répondre à la question : « L’égalité de quoi ? ». On distinguera égalité des droits, égalité des situations et égalité des chances.
On analysera les principaux moyens par lesquels les pouvoirs publics peuvent contribuer à la justice sociale : fiscalité, redistribution et protection sociale, services collectifs, mesures de lutte contre les discriminations. On montrera que l’action des pouvoirs publics s’exerce sous contrainte et qu’elle fait l’objet de débats quant à son efficacité : risques de désincitation et d’effets pervers.

Acquis de première : État-providence, prélèvements obligatoires, revenus de transfert.

 

2. Travail, emploi, chômage

2.1 Comment s’articulent marché du travail et gestion de l’emploi ?

Notions : Taux de salaire réel, salaire d’efficience, salaire minimum, contrat de travail, conventions
collectives, partenaires sociaux, segmentation du marché du travail.

Indications complémentaires : En se limitant à une présentation graphique simple et en insistant sur les
déterminants de l’offre et de la demande, on expliquera l’analyse néo-classique du fonctionnement du marché du travail. Pour rendre compte de la spécificité de la relation salariale, on montrera l’intérêt de relâcher les hypothèses du modèle de base en introduisant principalement les hypothèses d’hétérogénéité du facteur travail et d’asymétrie d’information. À partir de quelques exemples, on montrera que le taux de salaire dépend également du résultat de négociations salariales et de l’intervention de l’État.

Acquis de première : salaire, marché, productivité, offre et demande, prix et
quantité d’équilibre, asymétries d’information.

2.2 Quelles politiques pour l’emploi ?

Notions : Flexibilité du marché du travail, taux de chômage, taux d’emploi, qualification, demande anticipée, salariat, précarité, pauvreté.

Indications complémentaires : Afin de montrer que la diversité des formes et des analyses du chômage explique la pluralité des politiques, on analysera les politiques macroéconomiques de soutien de la demande globale pour lutter contre le chômage keynésien, les politiques d’allègement du coût du travail pour lutter contre le chômage classique, les politiques de formation et de flexibilisation pour réduire la composante structurelle du chômage.
On soulignera que les politiques de l’emploi sont aussi fondées sur la prise en compte du rôle du travail et de l’emploi dans l’intégration sociale. On se demandera en quoi ce lien entre travail et intégration sociale est fragilisé par certaines évolutions de l’emploi.

Acquis de première : chômage, productivité, demande globale, politique
monétaire, politique budgétaire, rationnement.

 

Savoir-faire applicables aux données quantitatives et aux représentations graphiques
L’enseignement des sciences économiques et sociales doit conduire à la maîtrise de savoir-faire quantitatifs, qui ne sont pas exigés pour eux-mêmes mais pour exploiter des documents statistiques ou pour présenter sous forme graphique une modélisation simple des comportements économiques ou sociaux.
Calcul, lecture, interprétation
– Proportions, pourcentages de répartition (y compris leur utilisation pour transformer une table de mobilité en tables de destinée et
de recrutement)
– Moyenne arithmétique simple et pondérée
– Évolutions en valeur et en volume
– Propensions moyenne et marginale à consommer et à épargner
– Élasticité comme rapport d’accroissements relatifs
– Écarts et rapports interquantiles
– Mesures de variation : coefficient multiplicateur, taux de variation, indices simples et pondérés
Lecture et interprétation
– Corrélation et causalité
– Tableaux à double entrée
– Taux de croissance moyen
– Médiane, écart-type
– Élasticité prix de la demande et de l’offre, élasticité revenu de la demande
– Représentations graphiques : courbes de Lorenz, histogrammes, diagrammes de répartition, représentation des séries chronologiques, y compris les graphiques semi-logarithmiques
– Représentation graphique de fonctions simples (offre, demande, coût) et interprétation de leurs pentes et de leurs déplacements

Synthèse 2.2 Regards croisés

Quelles politiques pour l’emploi ?

L’évolution économique de notre société se traduit entre autre par une évolution du marché du travail. En effet, avec le progrès technique, l’évolution du niveau de vie, l’augmentation de la qualification des travailleurs, la mondialisation … la demande de biens et services évolue. L’offre doit donc s’adapter. Comme la production est le résultat de la combinaison des facteurs de production (travail et capital), le travail évolue et le marché du travail se transforme.

Les taux d’emploi (rapport entre le nombre d’actifs occupés et la population active) se modifient (montée du chômage ces dernières années, législation sur les retraites, allongement de la durée des études qui retardent l’entrée dans la vie active).

La nature des emplois évolue (disparition d’emploi liés aux délocalisations ou au progrès technique ; apparition de nouveaux emplois). Schumpeter a théorisé la destruction créatrice : l’innovation portée par l’entrepreneur (le laser) va provoquer la disparition de certaines activités (les disques vinyles) et permettre l’apparition de grappes d’innovations (nouveaux produits par exemple utilisant le laser). Ceci va générer du chômage (disparition des emplois liés à l’ancienne qualification) et des emplois (nouveaux emplois dans le domaine de cette innovation.

La main d’oeuvre doit donc s’adapter le plus rapidement possible à l’évolution des demandes de travail émanant des entreprises (la diffusion du progrès technique dans la population est de plus en plus rapide).

Les courants libéraux de la pensée économique, estiment que le chômage est volontaire (les individus refusent les emplois proposés). Si le marché du travail fonctionne sans entrave, alors il n’est pas nécessaire d’intervenir pour aider les chômeurs puisque leur situation est de leur propre responsabilité.

Les Keynésiens (qui sont pourtant des libéraux) estiment qu’il peut exister un équilibre de sous emploi sur le marché du travail. L’anticipation de la demande par les entrepreneurs (la demande effective) n’est pas assez élevée pour permettre à tous les individus qui le souhaitent de trouver un emploi. dans ce cas, l’Etat doit intervenir  par des politiques de relance qui permettront d’augmenter la consommation et donc la demande de travail des entreprises.

Pour lutter contre le chômage, il est donc nécessaire d’identifier le type de chômage présent.
– Le chômage classique est lié à un niveau trop élevé du coût du travail (il ne rend pas assez profitable l’embauche). Pour le résorber, il faut diminuer le coût du travail (soit baisser les salaires, soit baisser les charges sociales). Ce coût du travail trop élevé serait la cause des délocalisations.
– le chômage keynésien est lié à une insuffisance de la demande. Il est donc nécessaire d’augmenter les salaires ou les revenus de transfert pour permettre d’augmenter la consommation (il ne faut pas omettre l’élasticité de la demande par rapport aux revenus).

On évoque également, en France, un problème de flexibilité du travail qui justifierait le chômage. Les entreprises ne souhaitent pas embaucher car elles craignent de ne pas pouvoir se séparer de leurs employés lorsque l’activité ralentit. Le développement de la flexibilité se traduit, hélas par la montée de la précarité, de la pauvreté et de l’exclusion. Comme les salaires augmentent peu, comme les emplois à temps partiels se multiplient, une partie de la population active (surtout les moins qualifiés) se retrouve devant des difficultés pour vivre (même avec un travail).

L’intervention de l’Etat doit donc consister à faciliter la création d’emplois par les entreprises et à garantir des niveaux de vie décents au travailleurs. D’autant plus que le travail a un rôle intégrateur dans notre société. Il donne une identité, procure un revenu qui permet de consommer …

Synthèse 2.1 Regards croisés

Comment s’articulent marché du travail et organisation dans la gestion de l’emploi ?

Le marché du travail selon l’analyse néoclassique est un marché qui fonctionne comme les autres.Il est le lieu de la confrontation d’une offre de travail (les individus) et d’une demande de travail (les entreprises). Leur rencontre sur le marché détermine un prix d’équilibre (principe du tâtonnement Walrasien).

L’offre de travail est une fonction croissante du salaire réel, tandis que la demande est une fonction décroissante du coût salarial (l’entreprise compare le coût du travail à sa productivité marginale, il embauche tant que la différence est positive)

Les individus effectuent un calcul coût avantage du travail par rapport au loisir, pour déterminer s’ils sont prêts à abandonner du temps de loisir pour travailler

En situation de concurrence pure et parfaite, il existe un prix d’équilibre (salaire), qui détermine une quantité offerte et une quantité demandée. Il n’existe pas de chômeurs involontaires (des personnes qui souhaiteraient travailler aux conditions du marché et qui ne trouve pas de demande).

Cette représentation théorique du marché du travail est éloignée de la réalité, laquelle est beaucoup plus complexe.Il existe donc des déséquilibres et du chômage involontaire. L’intervention de l’Etat peut être facteur de déséquilibre, si elle amène à empêcher d’atteindre le salaire d’équilibre (SMIC trop élevé, ou allocations qui désincitent au travail en augmentant le coût d’opportunité du loisir).

De nouvelles théories sont apparues dans la deuxième moitié du 20ème siècle pour expliquer le chômage sans remettre en cause le modèle néo classique (voir article sur les théories du chômage)

 

La théorie de la segmentation du marché du travail

Durant les trente glorieuses, les entreprises malgré les forts gains de productivité manquaient de m d’o (recours à l’immigration). Elles essayaient de limiter le turn over en accordant des avantages à la m d’o en place (salaires, avantages sociaux…). Avec la crise les entreprises se sont trouvées fragilisées sur le marché des produits (concurrence accrue) mais renforcées sur le marché du travail.
La stratégie que les entreprises utilisent est la segmentation du marché du travail, elle va permettre une nouvelle gestion du personnel.
Le marché primaire constitué de la main d’oeuvre qualifiée  représente le noyau dur de la main d’oeuvre, celle dont on a besoin et à laquelle on continue d’accorder un certain nombre d’avantages.
Le marché secondaire constitué d’une main d’oeuvre moins expérimentée et moins qualifiée permet donc d’opérer les ajustements de m d’o nécessaire au bon fonctionnement de l’entreprise. C’est un marché où règne la précarité et la flexibilité (CDI et intérim). Externalisation d’une partie de la production (entretien, surveillance) filiales ou sous traitance utilise cette main d’oeuvre. Cet émiettement du marché du travail permet d’abaisser les coûts du travail, et de limiter les revendications (pas de syndicat…), il permet également d’ajuster les flux de main d’oeuvre au flux de production.
Cette théorie s’inspire du marxisme et de l’institutionnalisme (remise en cause des NC et accent sur les institutions, et les faits socioculturels. il existerait une société duale où coexiste un secteur central monopoliste constitué de grandes entreprise et d’un secteur périphérique plus concurrentiel composé de petites entreprises. Ce dualisme engendre celui du marché du travail. Avec la crise on peut constater qu’il existe un dualisme à l’intérieur de l’entreprise elle même.

 

La théorie des salaires d’efficience

Constat effectué par A.Marshall dans la mouvance Néo classique. Si le salaire est supérieur à la productivité marginale du travail, c’est à cause du comportement des firmes. Il y a asymétrie de l’information entre les entreprises et les salariés (l’entreprise ne connaît pas la qualité de la personne qu’elle embauche, ni l’intensité du travail qu’elle peut réaliser) pour se prémunir contre le risque d’embaucher un individu pas assez performant, l’entreprise propose un salaire plus élevé qu’elle ne devrait, afin d’attirer les meilleurs candidats (ils ne postule dans une entreprise que si le salaire qu’ils recevraient rémunérerait leur capacité exacte). Les salariés qui ont accepté ce poste ne retrouveront pas un salaire aussi élevé s’ils quittent l’entreprise d’où un accord tacite grâce à un niveau de salaire supérieur à la norme.

Cette théorie explique donc l’existence des salaires différents selon les secteurs, pur des travailleurs ayant la même qualification. Elle explique le chômage involontaire
Le point de départ : les entreprises fixent les salaires (différent de la théorie) salaire endogène et non exogène. Il n’y a donc aucune raison pour qu’il y ait équilibre entre O et D

 

La théorie des contrats implicites

Apparue au milieu des années 70 alors que le chômage augmente régulièrement aux Etats-Unis et en Europe. Répondre à la question : pourquoi les variations de salaires ne sont pas assez fortes pour rétablir l’équilibre sur le marché du plein emploi ? Pourquoi la flexibilité des salaires n’est-elle pas suffisante ? Pourquoi les salaires subissent des fluctuations moins fortes que l’emploi ?
L’entreprise craint moins le risque que le salarié (aversion pour le risque). En période de croissance, le salaire est inférieur à la productivité marginale du travail (c’est une prime que le salarié accepte de verser pour obtenir une garantie de salaire en période de crise). En période de crise, le salaire est supérieur à la productivité marginale du travail. Le salaire ne varie donc pas autant qu’il le devrait en fonction de la conjoncture économique. Il est limité par un plafond et un plancher fictif.

 

La théorie du job search

Théorie de la recherche d’emploi : certains individus cessent de travailler dans le but de trouver un emploi mieux rémunéré. Expliquer le développement d’un chômage volontaire. On part du constat qu’il existe du chômage et des emplois vacants. C’est le résultat d’un problème d’information sur le marché. Pour un individu, il est plus facile de collecter des informations sur les emplois lorsqu’on est chômeur (plus de temps…) Donc le chômage est un investissement rationnel qui permet de collecter les informations pour trouver le travail que l’on recherche. Calcul rationnel coût du chômage, avantage de cette situation. Mais, plus on reste longtemps au chômage, plus il est difficile de trouver un emploi. Donc, il arrivera un moment où il sera plus rentable de travailler que de rester au chômage. Mais cette situation est longue à réaliser d’où le délai important pour que les salaires diminuent afin de rétablir l’équilibre sur le marché du travail. Cette théorie n’explique donc pas le chômage massif.

 

L’institutionnalisation de la relation salariale

Au XXème siècle, les relations professionnelles se sont institutionnalisées par la reconnaissance légale des partenaires sociaux, c’est-à-dire  des syndicats de salariés et d’organismes de représentation des employeurs et la construction de normes d’emploi
L’Etat régule l’emploi en instaurant le cadre des négociations collectives, en consolidant le salariat
Le chômage a ainsi été en quelque sorte inventé au début du XXème siècle, lorsque l’Etat et les partenaires sociaux ont catégorisé les cas multiples et diversifiés de privation involontaire d’emploi comme une situation commune dont les contours statistiques ont été codifiés, et comme une question sociale relevant d’une prise en charge collective, légitimant le versement d’une prestation et un accompagnement dans la recherche d’emploi
La façon dont la relation salariale s’est institutionnalisée dépend des conditions du jeu de la coopération et du conflit, qui sont spécifiques à une société et une époque donnée, et qui ont des effets durables tout en étant évolutives. L’Etat régule les rapport salariaux (en instaurant un code du travail), en reconnaissant des droits et des devoirs aux travailleurs et aux employeurs. La durée légale du travail (35 heures) ou le salaire minimum (SMIC) sont des exemples de l’intervention de l’Etat.

Le salaire devient une norme, il n’est plus individualisé et donc ne dépend plus de la seule productivité de l’individu comme on le voit dans la théorie néo classique.

Synthèse 1.2 Regards croisés

Comment les pouvoirs publics peuvent-ils contribuer à la justice sociale ?

Les sociétés démocratiques recherchent l’égalité. Alexis de Tocqueville a défini l’égalité dans son livre « De la démocratie en Amérique » en 1835. Pour lui elle revêt trois dimensions différentes :

– égalité de droit
Proclamée en 1789 par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, elle n’est pas parfaitement appliquée, il existe encore des différences entre les sexes …
Elle se construit lentement (droit des homosexuels)

– égalité des chances
Tout individu a le droit de réussir s’il le mérite (méritocratie).
L’école doit être le symbole de cette réussite, or elle reproduit les inégalités. Par ailleurs, cette égalité des chances pose le débat égalité/équité. S’agit-il simplement d’un choix de l’individu où celui-ci est-il contraint malgré lui (déterminisme)

– égalité des situations
Elle est impossible à mettre en place. Les sociétés ont donc opéré un glissement vers l’égalité des relations sociales (chacun a le doit à la même considération que son voisin)
Le moyennisation (réelle ou fantasmée) de la société serait une approche de l’égalité des situations.

L’intervention des pouvoirs publics est essentielle pour permettre la justice sociale. Par l’Etat providence (sécurité sociale …) la France tente de rapprocher les conditions des individus. De même le système fiscal doit permettre d’atteindre cette égalité.

Deux conceptions de la justice sociale s’opposent :
– la justice commutative, fondée sur la répartition universelle des droits et l’égalité des prestations versées. Les différences individuelles ne sont pas prises en compte (école, revenu d’existence …)
– la justice distributive, qui considère que certains peuvent recevoir plus que d’autres, en fonction de leurs ressources initiales, de leurs besoins, de leurs handicaps éventuels. Elle corrige les inégalités (discrimination positive)

 

Cette recherche de l’égalité pose certains problèmes comme l’égalitarisme (les individus sont différents et les sociétés progressent par l’hétérogénéité de leurs population) ; l’équité se substitue à l’égalité (développement du concept discutable de mérite et mise en place de discriminations positives) ; la lutte contre la pauvreté (solidarité, assistance ou assurance).

L’équité peut donc être un moyen d’atteindre davantage de justice sociale. elle peut s’obtenir avec des politiques de discrimination positive (accès à sciences po pour les élèves issus de ZEP, quota de personnes en fonction du sexe, d’un handicap, d’une ethnie …)

 

La société française a décidé après la guerre de promouvoir l’Etat providence avec un système de protection sociale (maladie, maternité, vieillesse et chômage) ; une politique de redistribution (prélèvements de cotisations sociales et distribution de revenus de transfert). Notre système est un mélange de système anglais (Beveridge) et de système allemand (Bismark). Basé essentiellement sur l’assurance (cotisation de ceux qui travaillent et indemnisation en cas de réalisation d’un risque), il se développe aujourd’hui autour de l’assistance (RSA, CMU, minima sociaux).

La fiscalité apparaît donc comme le moyen de réduire les inégalités en France, mais elle est également accompagnée par les services publics (gratuits ou quasi gratuit, dont l’accès ne dépend pas du revenu et que l’Etat estime nécessaire comme l’école obligatoire).

Enfin, une politique répressive (lois et sanctions) complète les moyens des pouvoirs publics pour lutter contre les discriminations et promouvoir la justice sociale.

 

L’efficacité de cette politique de lutte contre les inégalités est limitée. L’Etat providence est confronté à une triple crise. Tout d’abord le coût de ces politiques dans un contexte de restriction des dépenses (retour à l’équilibre des budgets des Etats), c’est la crise financière.
Ensuite, il y a une crise d’efficacité : les résultats ne sont pas satisfaisants. On peut évoquer les trappe à inactivité ou à chômage (les aides inciteraient les individus à ne pas chercher d’emploi parce qu’ils gagneraient moins en travaillant).
Enfin une crise de légitimité, l’Etat doit-il intervenir ? les inégalités ne sont-elles pas nécessaires au fonctionnement de toute société ?

Synthèse 1.1 Regards croisés

Comment analyser et expliquer les inégalités ?

Pour combattre les inégalités, il faut les identifier, les mesurer. Ce n’est pas facile car l’identification des inégalités n’est jamais neutre.

On peut cependant classer les inégalités en deux grandes catégories : les inégalités économiques et les inégalités sociales.

Les inégalités économiques font référence aux différences de revenus ou de patrimoine. Ces différences ne sont pas justifiables par un écart de talent, de productivité ou de compétence. Elles sont plus importantes qu’elles ne le devraient, c’est la raison pour laquelle on parle d’inégalités. les inégalités de revenu proviennent d’une « mauvaise » distribution primaire des revenus. L’Etat intervient pour corriger cette mauvaise distribution par le biais des impôts directs et indirectes et d’une redistribution. La redistribution correspond à des revenus de transfert. Le revenu disponible est ce qui reste aux ménages ou aux individus après ces prélèvements et ces redistributions.

La répartition de la population en décile (D1 à D9) permet de mesurer les inégalités (rapport intedécile D9/D1 ou D5/D1 ou D9/D5, D5 représentant la médiane)

La courbe de Lorenz représente l’inégale distribution des revenus ou des patrimoines (elle est plus inégalitaire pour les patrimoines.

 

Les inégalités sociales, correspondent à des accès inégaux en fonction des individus. Par exemple, les femmes, les handicapés, les personnes d’origine étrangères peuvent avoir plus de difficulté à obtenir un emploi, un certain niveau de salaire …

Elles sont plus difficiles à évaluer car elles prennent des formes différentes (inégale accès à la culture, aux soins, inégalité face à la mort ….).

Les inégalités sont cumulatives. Une inégalité en entraîne une autre. Ainsi, un revenu faible ne permet pas d’acquérir du patrimoine. Un revenu faible ne permet pas l’accès au soin ou à la culture … Les inégalités en se renforçant peuvent mener à l’exclusion.

Les inégalités sont également fortement différentes d’un pays à l’autre. outre l’histoire particulière de chaque pays, le rapport des populations aux inégalités est différent. Ainsi certaines inégalités peuvent  être combattues dans certains pays et pas dans d’autres. Les pays du Nord (Scandinavie …) sont plus égalitaires que nous. Les inégalités de sexe sont moins marquées parce que les Etats ont lutté très tôt pour qu’elles n’existent pas. ce n’est malheureusement pas le cas en France, où les femmes perçoivent encore en moyenne un revenu 20 % plus faible que celui des hommes.

Enfin, il faut préciser que les facteurs d’inégalités sont multiples ce qui rend la lutte contre celles-ci très difficile  L’origine sociale, le sexe, l’age, le lieu d’habitation … sont autant d’éléments facteur d’inégalité.
La crise économique que nous traversons actuellement accroît les inégalités, d’une part parce qu’elle fragilise et isole les individus et d’autre part parce qu’elle limite les moyens d’action de l’Etat.

Synthèse 2.2 Sociologie

La conflictualité sociale : pathologie, facteur de cohésion ou moteur du changement social ?

Une société rassemble des individus différents, avec des aspirations différentes et des modes de vie qui peuvent être différents. Il est donc normal que des tensions existent. Ces tensions peuvent prendre des formes plus radicales, on parle dans ce cas de conflits sociaux. Le conflit est un blocage des mécanismes de décision liés à l’affrontement d’individus ou de groupes d’individus.

Un conflit n’est donc pas neutre, il faut évoluer la société ou au contraire l’en empêche.

Deux grands courants de la sociologie ont étudié les conflits. Le premier avec Durkheim, inscrit les conflits conflits comme une pathologie de l’intégration, le second avec Marx, présente les conflits comme un moteur du changement social.

Durkheim analyse le conflit comme une pathologie de l’intégration c’est à dire une manifestation des difficultés d’intégration de certains individus ou groupe. Le conflit est dans ce cas, un facteur d’intégration. la division du travail a bouleversé l’organisation de la société et redéfinit la place de chaque individu a modifié les règles, transformé la solidarité. Dans ce cadre, les individus sont « perdus » et ne trouvent pas leur place dans la société. ils s’affrontent alors.

Marx présente le conflit comme une situation inhérente à la société capitaliste. La divergence d’intérêt entre les classes sociales (partage du fruit du travail / de la plus value)     engendre des conflits. Ces conflits vont permettre le changement social, c’est à dire l’évolution de la société. Le conflit de classe dans la société capitaliste doit aboutir à la disparition du système capitaliste basé sur l’exploitation du travail des individus.

Ces deux approches doivent être complétées par une analyse du conflit (comment se déclenche-t-il ? comment se développe-t-il ? comment se résout il ?). Ces questions sont d’autant plus complexes que nous connaissons une situation appelée paradoxe d’Olson  (paradoxe de l’action collective : les individus ont intérêt à ne pas participer à une action collective, dans la mesure où le coût de la participation est important et le gain est aléatoire).

L’histoire sociale française montre une évolution des conflits sociaux. Initiés au XXème siècle par les syndicats, les conflits ont depuis le XIXème siècle été principalement des conflits du travail. Le recul des syndicats (faible syndicalisation en France, inférieure à 8%) l’évolution du marché du travail (montée de la précarité, carrière morcelée ..) la montée de l’individualisme, l’augmentation du niveau de vie … ont participé du recul des conflits du travail. Aujourd’hui, de nouveaux mouvements sociaux (NMS) sont apparus. Ils concernent  souvent des valeurs post matérialistes (environnement …) et transcendent les milieux sociaux (fort recul des conflits de classe).

Avec ces nouveaux mouvements sociaux, le répertoire de l’action collective (les actes et actions réalisés dans le cadre d’un conflit), ont évolué. Il n’y a pas d’intérêt à faire une grève pour défendre les ours blancs. Les modes d’action oint changé, la médiatisation des actions s’est accrue.

Les conflits se sont peu à peu institutionnalisés, les pouvoirs publics interviennent fréquemment dans la régulation des conflits.

 

Synthèse 2.1 Sociologie

Quels liens sociaux dans des sociétés où s’affirme le primat de l’individu ?

Durkheim, sociologue français a défini, en 1893 dans son ouvrage « De la division du travail social », deux types de solidarité.

La solidarité mécanique s’exerce dans les sociétés traditionnelles, elle est fondée sur la similitude entre les membres du groupe.

La solidarité organique que l’on trouve dans les sociétés modernes, est fondée sur la complémentarité et la différenciation des membres du groupe.

C’est l’exercice de la solidarité qui permet le lien social et donc la vie en société. La solidarité permet l’intégration des individus au groupe. C’est la division du travail qui, en spécialisant les individus, a provoqué le passage de la solidarité mécanique à la solidarité organique.

Néanmoins, nos sociétés connaissent des problèmes de cohésion. Ils sont liés à des situations d’anomie (lorsque l’individu perd ses repère dans la société parce que les normes collectives sont affaiblies) ou de désaffiliation (fragilisation du lien social qui mène à l’exclusion, à la pauvreté …). De même, l’individualisme peut nuire à la cohésion sociale, puisque l’individu prendrait une place « trop importante » par rapport au groupe.

Le lien social, qui provient de la socialisation et de l’intégration, est en permanence fragilisé, et doit être « entretenu ».

Si la division du travail a modifié la société et les relations entre les individus en faisant disparaître la solidarité mécanique, d’autres liens ont pu se créer ou se maintenir. Ainsi, les associations se réinventent pour permettre de créer du lien. Dans une certaine mesure, la société s’adapte aux bouleversements qu’elle crée. Les liens communautaires n’ont pas totalement disparu, ils se sont transformés (exemple de la pratique religieuse…)

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Un autre aspect doit être relevé, il concerne l’évolution des instances d’intégration. La famille (sous ses nouvelles formes, recomposées, monoparentale, homoparentale …), l’école (dans un cadre de massification), le travail (montée des CDD et disparition de la linéarité des parcours professionnels), l’Etat (évolution de l’Etat providence) se sont profondément transformés depuis quelques décennies. Le rôle que chaque instance jouait, ne peut plus être le même en 2013 qu’il l’était en 1973. Ces instances se sont donc adaptées pour permettre, dans une société en pleine évolution (montée de l’individualisme) le maintien d’une certaine cohésion sociale.

Synthèse 1.2 Sociologie

Comment rendre compte de la mobilité sociale ?

La mobilité sociale correspond au changement de position sociale au cours de la vie active d’un individu (intragénérationnelle) ou entre génération (intergénérationnelle).

C’est une notion importante dans une démocratie, car un forte mobilité sociale signifierait que les individus ne sont pas ou sont peu victime de déterminisme ; c’est à dire qu’ils sont maître de leur destin et qu’ils sont donc responsable de leur situation sociale.

Il existe différentes formes de mobilité dans nos sociétés : la mobilité géographique (résidentielle ou liée à une migration), elle peut être temporaire (Erasmus) …

La mobilité peut être verticale (ascension  ou démotion) ; horizontale (lorsqu’on change de profession mais que l’on garde le même statut). Elle peut être voulue (choix des individus) ou subie (contrainte par l’évolution de la société)

On parle de mobilité brute pour évoquer la mobilité totale observée dans un pays. La mobilité peut être structurelle (évolution de la société comme la désindustrialisation ou la tertiarisation) ou nette (mobilité qui excède ce que requiert l’évolution de la structure de la population active)

Les tables de mobilité permettent de mesurer la reproduction sociale. Elles concernent les  hommes de 40 à 59 ans (ce qui réduit nettement le champ d’observation). A partir des tables brutes, on peut construire des tables de destinées (que deviennent les fils de cadre ?) ou des tables de recrutement (d’où viennent les employés ?).

Les tables de mobilité permettent également de mesurer la fluidité sociale (mesure des chances d’accéder à une catégorie sociale). La fluidité se mesure en comparant la mobilité d’un groupe par rapport à celle d’un autre groupe. En fonction du nombre d’individus dans ces groupes respectifs, on peut déterminer la fluidité (les fils d’employés ont X fois plus de chance de devenir cadre que les fils d’ouvriers).

 

Lorsque l’on regarde la mobilité sociale en France, on constate qu’elle a tendance sur le long terme à augmenter, mais il s’agit le plus souvent d’une mobilité de proximité (employé / cadre) et d’une mobilité structurelle. Néanmoins la mobilité est également descendante. On constate avec le paradoxe d’Anderson que les diplômes ne préservent pas du déclassement (c’est d’ailleurs une peur qui se répand).

 

Les déterminants de la mobilité sociale sont multiples. L’école joue un rôle important dans la reproduction (cf. Pierre Bourdieu et le rôle du capital culturel) par le déterminisme qu’elle impose ou par choix (Cf. Raymond Boudon). La famille est un autre déterminant important de la mobilité (capital social)

 

Synthèse 1.1 Sociologie

Comment analyser la structure sociale ?

La stratification sociale permet une analyse de la société dans laquelle nous visons.

L’analyse de Marx a permis au XIXème siècle de construire une stratification sous formes de classes sociales? Ces classes sont des groupes sociaux ayant une existence objective, les individus ont une conscience de classe. on parle de classe pour soi. C’est la place dans le système de production qui détermine l’appartenance de classe chez Marx. Il détermine deux classes fondamentales (le prolétariat qui ne dispose que de sa force de travail et la bourgeoisie qui détient les moyens de production).

Pour Marx, l’histoire de toute société est l’histoire de la lutte des classes. C’est le conflit qui va donner la conscience de classes aux individus.

 

Weber va développer une analyse de la stratification sociale plus large. la classe sociale regroupe, pour lui, les individus ayant une situation économique semblable ( ce qui leur permet d’acquérir des biens et des services semblables). Il n’existe pas nécessairement dans cette classe, de conscience de classe.

Par ailleurs, les classes permettent la structuration économique de la société, mais la société est également structurée par un ordre lié au prestige (social et politique).

 

Aujourd’hui, il est difficile de dire si la notion de classe est toujours pertinente, en France. S’il semble que la montée de l’individualisme, et la progression des niveau de vie a rapproché les individus, jusqu’à faire disparaître un conscience de classe ; on constate tout de même que la notion de classe, n’a pas totalement disparue en France.

Les sociologues comme Pierre Bourdieu montre que la domination et l’habitus structure encore la société en classe ; M.Pinçon Charlot et M.Pinçon ont montré que la bourgeoisie conservait aujourd’hui toute les caractéristiques d’une classe sociale au sens de Marx.

D’autres auteurs estiment que la classe sociale est sociologiquement marquée et  correspond à une époque révolue. Les groupes sociaux ne seraient plus structurés sous forme de classes sociales. On retrouve Mendras ou Warner parmi ces auteurs.

 

Lorsque l’on souhaite étudier la structure sociale de la France aujourd’hui, on dispose d’un instrument : la nomenclature des PCS. Crée en 1954, elle permet de regrouper des individus ayant des caractéristiques communes, dans des catégories homogènes.

Cette nomenclature fait l’objet de critiques, car elle n’est pas neutre. Elle doit évoluer avec la disparition et l’apparition de métier mais aussi avec le changement de nature de certaines professions.

Il semble donc difficile de classer ne manière neutre, une population, d’autant que de nouveau groupes apparaissent (les bourgeois bohème) lorsque d’autres voient leur frontière se troubler (les ouvriers). On assiste à une certaine moyennisation de la société parallèlement à une individualisation des positions sociales. ce qui complexifie l’analyse.

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Synthèse 3.2 Economie

Quels instruments pour la politique climatique ?

Dans la mesure où les individus ne se préoccupent que très peu de l’environnement, l’Etat et les pouvoirs publics doivent mettre en place des instruments pour protéger l’environnement.

Cette situation provient du fait que les agents économiques ne prennent en compte dans leurs décisions, que les coûts et bénéfices privés de leurs actions en négligeant le coût subi pas les autres et la collectivité. Le coût privé est inférieur au coût social, de sorte que l’action à l’origine de l’externalité tend à être choisie de manière excessive au regard de ce qui est socialement souhaitable

Les moyens peuvent être de deux sortes : contrainte ou incitation. L’Etat peut interdire une activité, une production ou l’utilisation d’un élément particulier (comme c’est le cas pour l’amiante), ou inciter à modifier le comportement des agents (bonus malus sur les automobiles).

L’Etat dispose de trois types de mesure pour protéger l’environnement et permettre une croissance soutenable : la réglementation, la taxation ou la création de marché de quotas d’émissions.

La réglementation consiste à établir des normes environnementales : degré à ne pas dépasser par exemple. La principale difficulté de cette mesure est la fixation de la norme. A quel niveau la fixer, si elle est trop forte elle demande trop d’effort pour l’atteindre et crée des inégalités entre les individus, les entreprises. Si elle est trop faible, elle n’est pas incitative. Exemple de l’interdiction des ampoules à incandescence (on n’en trouve plus dans le commerce) ou du tri des déchets (difficilement contrôlable).

La taxation. Il s’agit d’agir sur le prix d’un produit pour réduire son utilisation et réguler ainsi la pollution. On parle de taxes écologiques ou écotaxes. Cela renchérit le prix des produits et doit donc inciter les consommateurs à se tourner vers des produits moins polluants (effet de substitution).
Cette taxe permet des rentrées fiscales qui peuvent être utilisées soit pour réduire les prix des produits les plus onéreux (subvention sur les produits de substitution) soit pour réduire d’autres prélèvements fiscaux. On appelle cela le double dividende de la fiscalité économique.

Le marché des quotas d’émission (exemple du marché européen d’émission de carbone).  On s’en remet au fonctionnement des marchés et à l’équilibre offre / demande. Dans le cadre du protocole de Kyoto, l’UE a crée un marché d’échange de quotas d’émission de CO2. Les entreprises ont été doté d’un quota d’émission (maximum de CO2 qu’elles pouvaient émettre sans taxe). Si elles dépassent le quota elles payent un prix fixé par tonne (40 €) si elles n’atteignent pas le quota, elles peuvent revendre les droits à un autre agent qui voudrait dépasser le sien.
Le problème de cet instrument réside dans le niveau des quotas autorisés (trop élevé il paralyse l’activité économique, trop faible il n’est pas incitatif à changer de mode production) et dans le prix de l’achat de droits supplémentaires (si le prix est trop faible, ce qui est le cas actuellement, les pollueurs n’hésitent pas à acquérir de nouveaux droits à polluer).
Par ailleurs, il s’agit d’une forme de marchandisation de l’environnement qui peut ainsi déresponsabiliser les agents : je paye donc j’ai le droit de polluer et on ne peut rien me reprocher.

Plus largement, ces mesures renvoient au problèmes de la définition des droits de propriété et des biens communs (biens qui n’appartiennent à personne et qu’on peut utiliser sans payer : l’air)

L’absence d’une instance internationale (de type OMC) qui pourrait gérer ces problèmes, ne permet pas une lutte efficace pour la préservation de l’environnement. On se trouve dans une situation de dilemme du prisonnier : sans coopération, les agents n’ont aucun intérêt à supporter seul le coût de la préservation de l’environnement.

Les accords internationaux ne sont pas contraignants (les pays les plus pollueurs comme les Etats-Unis ou la Chine refusent de les adopter). Il faudrait un changement de mentalité, lié à une prise de conscience collective des dangers de notre mode de vie actuel.