Méthodologie EC2

Étude de document  de nature strictement factuelle, (4 points): une question générale en deux temps (présenter le document puis exploiter les informations).

 Les attentes :

 « Le candidat est évalué sur sa capacité à étudier un document : il faut savoir le présenter et en exploiter les informations en les hiérarchisant.

Le candidat est évalué sur des savoir-faire et sa capacité à répondre à la question en adoptant une démarche méthodologique rigoureuse ».

 

Pour traiter cette partie, vous devez organiser votre réponse en deux parties. Vous devez effectuer :

– une présentation succincte du document (en indiquant la nature du document, l’auteur, la source, la date, le champ) ;

– une étude du document (en réalisant une lecture et une interprétation correctes des données chiffrées, une sélection pertinente des informations pour répondre à la question posée).

 

Conseils :

Il faut répondre à la question posée en exploitant le document factuel. Il faut donc interpréter et sélectionner les informations pertinentes. Attention : Il ne faut  pas paraphraser le document, ni se contenter de le résumer. Il ne faut pas non plus réciter le cours.

  • Quelques règles fondamentales :

Il faut identifier la nature du document (tableau, graphique, table de mobilité, courbe de lorentz,…)

 Il faut établir un lien entre le document et la question posée. Il faut savoir ce que l’on recherche dans un document. Pour cela il faut analyser la question en identifiant :

  • le chapitre et le thème du programme sur lesquels porte la question
  • la nature du travail demandé (le verbe où les adverbes donnent des indications)
  • les notions du programme contenues dans la question et les définir

 Les étapes pour analyser un document statistique 

 Identifier le document et les données

Prendre connaissance du titre et de la source. Le titre donne une clef de compréhension globale du texte. La source permet de situer l’information. Il faut être capable de définir les sigles comme INSEE, OCDE, FMI, PNUD, OFCE, BIT, DARES, etc.

Il faut repérer la nature des données (en volume, en valeur), les unités (en valeurs absolues : centaines, milliers, milliards ; en valeurs relatives ; pourcentages de répartition, pourcentages de variation), et les outils statistiques utilisés (taux de croissance annuel moyen, indices, déciles).

 Il faut traduire correctement les données et en faire une lecture rigoureuse.

Par exemple pour la lecture d’une proportion en identifiant le sous ensemble et l’ensemble total. Pour la lecture d’un taux de croissance : quand le taux de variation est positif, il y a une hausse de la variable observée, quand il diminue, il y a une baisse. Une diminution d’un taux de variation positif ne signifie pas qu’il y a une baisse de la variable observée mais ralentissement de sa progression.

  • Analyser les données et les sélectionner

Il faut dégager une tendance, une rupture, plusieurs périodes, lorsque le document décrit une évolution.

Il faut effectuer un traitement statistique utile en calculant un coefficient multiplicateur, un écart, en traduisant un indice en %.

Il faut selon le document, comparer deux séries de données pour découvrir une éventuelle corrélation, mettre en évidence des disparités.

  • Interpréter les données

Il faut expliquer certaines données : les écarts, les tendances, les accidents conjoncturels. Ce travail suppose une certaine culture économique et générale.

Il faut découvrir un éventuel rapport de causalité entre les données.

 Critiquer les données c’est-à-dire apprécier leur intérêt et leur limite

Cela suppose de ne retenir que les données utiles au sujet posé et éventuellement porter un regard critique sur la pertinence de certaines statistiques. 

Lire et exploiter un texte

PHASE 1 – AVANT de LIRE

  • Situer le texte :
    1. Quoi ? Sujet et Objet du texte
      • Lire Titre et sous-titres éventuels, parties soulignées, en gras
      • Lire questions, notes
    2. Qui ? SOURCE PRECISE
      • Auteur : permet de situer courant de pensée
      • Organisme : crédibilité du document
      • Support (journal, revue…) permet de situer l’info et de la relativiser
      • Date de publication
    3. Quand ? PERIODE de REFERENCE
      • La réalité économique et sociale évolue rapidement…
    4. Où ? Localisation géographique du texte
      • Si cette information n’est pas disponible sans entamer la lecture du texte, répondre à cette question après la phase (II)
  • Préparer la lecture :
    1. Repérer les différents paragraphes
    2. Se préparer à :
      •  souligner  les passages importants
      • entourer le vocabulaire économique et social
      • encadrer les mots d’articulation
  1. Relire les questions s’il y en a. Elles donnent une direction de lecture précieuse

PHASE 2 – La LECTURE OPTIMALE

  • La lecture
    1. Relire le TITRE
    2. 1er Paragraphe, puis autres paragraphes :
      • s’arrêter à la fin de chaque phrase et souligner les idées importantes
      • s’arrêter à la fin du paragraphe, dégager l’idée principale et la noter (Introduction ?). Reformuler l’idée essentielle avec vos propres termes pour éviter la paraphrase
    3. Fin du texte :
      • A l’aide des mots de liaisons, dégager les liens entre les idées :
        • renforcement : de même, ainsi, càd, …
        • opposition : mais, néanmoins, cependant …
        • explication : car, parce que, donc…
      • Retrouver le PLAN du texte (enchaînement des idées principales)

     B – Réflexion

  1. Intentionnalité
    • Pourquoi l’auteur a t-il écrit ce texte ? Pourquoi le professeur l’a-t-il justement sélectionné dans ce chapitre ? (le texte est à replacer dans un contexte plus vaste)
  2. S’agit-il d’un texte descriptif ou théorique ?
    • Descriptif (construit à partir d’exemples) : résumer ou remplacer les exemples puis retrouver l’analyse théorique qui les fonde
    • Théorique: (d’auteur, sur des auteurs, ou sur des mécanismes théoriques) : mettre en évidence les relations entre variables et les hypothèses. Un schéma facilitera alors la compréhension
  3. Apprécier les idées présentées
    • Chaque idée paraît-elle valable en tout temps, en tout lieu ?
    • Mobiliser ses connaissances pour être critique
    • Quels exemples ou contre exemples ; quelles explications théoriques confirment ou infirment ces idées

PHASE 3 – EXPLOITER LE TEXTE

 Une deuxième lecture plus rapide

  1. Se remettre en tête la situation du texte (PHASE 1)
  2. Relire le plan et les idées essentielles relevées
  3. Relire le texte en entier en gardant en tête le plan
    B – Utilisation du texte
  1. Trouver le lien idées principales / autres docs
  2. Trouver une problématique  ou l’intentionnalité du document
  3. Choisir des informations (chiffre, faits significatifs, exemples…)
  4. Construire ses arguments (ARGUMENTER = expliquer en apportant des PREUVES)
  5. Organiser sa réponse dans un PLAN

Rédiger une synthèse de cours

Vous venez de terminer un chapitre du cours. Il  s’agit maintenant d’organiser les connaissances du cours de façon à pouvoir réviser de manière efficace. Les activités sont utilisées pour acquérir des savoirs et des savoir-faire essentiels pour progresser en SES. Pour construire votre synthèse il faudra donc être attentif à ces deux aspects.

1) Relire activement le cours

On ne peut bien synthétiser que ce qui est compris. Il est donc souhaitable de relire le jour même ou le lendemain le cours suivi dans la journée afin de vérifier votre degré de compréhension et la qualité des notes que vous avez prises. Vous pourrez alors interroger votre professeur lors des cours suivants, réécrire certains passages peu clairs à l’aide des notes prises par vos camarades, ou utiliser un dictionnaire économique et social pour compléter certaines notions.

 

2) Sélectionner les connaissances pertinentes

L’objectif d’une synthèse est d’être … synthétique. Parmi tous les savoirs et savoir-faire abordés, vous devez arriver à distinguer l’essentiel de l’accessoire. Plusieurs pistes pour cela :

  • soyez attentifs aux objectifs annoncés en début de chaque activité (dans le manuel ou par votre professeur) : ils vous renseignent sur les points les plus importants.
  • faites le tri dans les données chiffrées des activités : la plupart du temps, lors des évaluations, les professeurs vous communiqueront des documents statistiques qui vous seront d’une aide précieuse. Mais il est utile de noter quelques chiffres clés pour certains indicateurs importants (dernier taux de chômage en France par exemple)
  • repérez les termes qui ont fait l’objet d’une définition

 

Exercice :

Faire la liste de toutes les notions qui ont été définies dans le chapitre

Essayer de lister l’essentiel du chapitre en quelques points

 

 

3) Hiérarchiser les connaissances sélectionnées

Vous devez ensuite organiser les connaissances que vous avez sélectionnées. Pour cela, il faut élaborer le plan du cours, si ce dernier ne vous a pas été transmis par votre professeur ou que vous souhaitez le réorganiser. Il s’agit donc de noter l’architecture du cours en repérant les grandes parties ainsi que les sous parties.

 

Exercice :

Construire un tableau avec les idées principales, secondaires et les exemples

 

4) Formaliser la synthèse du cours

La synthèse doit être un outil de travail et de révision. Pour cela il est nécessaire de soigner la forme et la présentation.  Il est donc recommandé de souligner, faire des retraits, utiliser des couleurs ou écrire plus gros pour distinguer des parties de cours ou mettre en relief des notions.

Une synthèse du cours peut être rédigée, ou présentée sous forme de schéma ou de tableau. L’utilisation de « schémas heuristiques » (ou « cartes mentales ») peut favoriser la mémorisation ou l’esprit de synthèse.

Méthodologie de l’épreuve composée

  1. Le choix du sujet (10’)

Lire les deux sujets

Regarder les documents et les questions de l’épreuve composée

 

  1. Mobilisation de connaissances (50’) 

Analyse de la question posée

Trouver les idées

Organiser la réponse

Rédiger

 

  1. Etude de document (50’)

Lecture du document

Présentation du document (avec lecture d’une donnée)

Analyser la question posée

 

 Raisonnement à partir d’un dossier documentaire (2h) 

Analyse du sujet

Quels sont les mots utilisés, la ponctuation …

Reconnaître le type de sujet

 

Apport des connaissances personnelles

 

Lecture des documents

Travail détaillé sur les documents (sous forme de tableau : N° du document, Idée principale, idées secondaires, idées personnelles ou exemple, partie où le document sera utilisé)

Pas de paraphrase. Si possible établir des relations entre les documents

 

Organisation du raisonnement 

Introduction

Organisation des idées, cohérence dans les enchaînements …

Conclusion

 Relecture (10’)

Orthographe, mots oubliés …

 

 

Réduire le temps de travail pour sauver l’environnement

A l’heure où la fiscalité environnementale monopolise les débats en France, un tout autre sujet anime le cercle des économistes écologiques, notamment aux Etats-Unis : la réduction du temps de travail.

Depuis plus de dix ans maintenant des chercheurs issus de structures aussi diverses que le CEPR de Washington (dont les spécialistes prévenaient d’une crise possible avant 2008) ou du Boston College l’attestent : il existe une corrélation forte entre le temps de travail et la dégradation de l’environnement. En somme, plus on travaille, plus on pollue.

La première étude sur le sujet date de 2005. En étudiant 18 Etats de l’OCDE, la sociologue américaine Juliet Schor (Boston College) conclut que plus les individus travaillent, moins ils disposent de temps pour « faire » : ils consomment donc des biens à forte empreinte écologique en privilégiant, par exemple, pour gagner du temps, l’avion ou les plats préparés. Le lien entre pollution et temps de travail s’explique ici par la « structure » de la consommation.

En 2007, les économistes et modélisateurs, David Rosnick et Mark Weisbrot (CEPR, Washington) démontrent que les différences de niveau de pollution et de consommation d’énergie entre les États-Unis et l’Europe, toutes choses égales par ailleurs, s’expliquent précisément par les différences entre les deux pays en termes de temps de travail. D’après leurs analyses, si les Européens avaient adopté un temps de travail équivalent à celui des Américains, ils consommeraient 30 % d’énergie en plus.

A l’inverse, si les Etats-Unis avaient adopté́ les standards européens de temps de travail, leurs émissions de CO2 en 2000 auraient été́ 7 % moindres que celles de 1990. Et les accords de Kyoto auraient été respectés… Les chercheurs insistent sur un effet volume : un temps de travail élevé entraîne une hausse de la croissance du PIB, et puisque celle-ci est corrélée à l’émission des gaz à effets de serre, un accroissement de facto de la pollution.

Quelques années plus tard, l’économiste suédois Jonas Nässén précise ces recherches. Ses études montrent qu’une réduction de 1 % du temps de travail engendrerait une réduction de la consommation d’énergie et d’émission de gaz à effet de serre de 0,8 % en moyenne. À l’heure où la RTT est sévèrement critiquée en France, Nässén préconise une semaine de travail de 30 heures par semaine pour faciliter l’atteinte des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

D’autres études, menées par Kyle Knight, Eugene Rosa et Juliet Schor, en 2013, portant sur l’ensemble des pays de l’OCDE de 1970 à 2007, le démontrent : non seulement la corrélation entre temps de travail et impact environnemental est forte, mais en plus les pays qui ont réduit leur temps de travail ont vu une amélioration très nette de leurs indicateurs environnementaux.

Lewis King et Jeoren Van de Bergh, en 2017 qui étudient différents scénarios de réduction du temps de travail concluent quant à eux, que les 30 heures hebdomadaire ne sauraient faire l’objet d’une annualisation : la semaine de 4 jours constitue l’option la plus bénéfique à l’environnement.

Pour l’instant, la faiblesse de ces études réside dans le fait qu’elles mettent en lumière une corrélation et non une causalité. Une faiblesse toute relative car le consensus scientifique est aujourd’hui très clair : les activités économiques sont responsables du dérèglement climatique.

Reste à affiner ces recherches pour mieux comprendre les ressorts de ce lien et éviter tout effet rebond en cas de réduction du temps de travail (c’est-à-dire d’éviter qu’elle ne se traduise par plus de voyages en avion par exemple), penser les conséquences en termes de revenu…

La réduction du temps de travail permet de créer des emplois, d’améliorer la qualité de vie et l’état de l’environnement : c’est un triple dividende positif. Mais, surtout, n’en débattons pas, affirment les économistes bien en cours.

Aurore Lalucq codirectrice de l’Institut Veblen pour les réformes économique
Article très intéressant, puisqu’il nous incite à la réduction du temps de travail.
Un temps de travail qui pourrait s’effectuer sur 4 jour serait intéressant à plusieurs égards.
D’une part, comme l’explique cet article, cela permettrait de réduire la consommation d’énergie et donc la pollution, ce qui serait favorable pour la planète
En effet, on peut penser qu’une journée de moins à travailler, limite les déplacements et entraîne des modifications dans notre mode de vie.
Ensuite, réduire le temps de travail, permet à la fois d’améliorer la productivité (moins de fatigue, plus de concentration …) et d’améliorer également la santé (moins malade parce que moins sollicité, moins de stress…) ce qui diminue les dépenses de santé et pourrait avoir des conséquences favorables sur les comptes de la sécurité sociale.
La réduction du temps de travail devrait également permettre le partage du temps de travail (désormais les magasins sont ouverts 6 jours sur 7, les employés ne peuvent plus seuls assumé l’amplitude horaire d’ouverture). ce partage devrait permettre de réduire le chômage et donc le coût des indemnités chômage, les dépenses de santé (l’absence d’emploi est préjudiciable à la bonne santé dans une société où travailler est l’objectif de chacun
Enfin libérer du temps de travail pourrait permettre de renforcer le lien social, grâce à un temps libre accru les échanges avec les voisins, le bénévolat pourrait se développer davantage.
Ainsi la réduction du temps de travail tant décriée par les zélateurs du capitalisme et de la liberté d’entreprendre, ne peut qu’être bénéfique pour la société.
Shukuru