Hausse du chômage

Encore la même rengaine :

Le chômage est reparti en nette hausse en septembre

 

En août, le chômage avait fait une pause. En septembre, il a repris sa progression de plus belle. Selon les statistiques publiées hier par le ministère du Travail, le nombre de demandeurs d’emploi n’ayant pas du tout travaillé dans le mois s’est établi à 2.780.500, en hausse de 0,9 % sur un mois et de 3 % sur un an. Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, s’y « attendait », mais assure que la situation aurait « été pire sans les mesures que nous avons prises ».

La hausse de septembre représente 26.000 chômeurs (catégorie A) de plus, faisant ainsi frôler le seuil des 800.000 demandeurs d’emploi supplémentaires depuis le début de la crise. La situation n’est pas meilleure pour l’ensemble des chômeurs, qu’ils aient ou non travaillé : + 27.600 de plus le mois dernier, portant leur total à 4.175.800 (4.441.600 avec les DOM).

Aucune catégorie d’âge n’a été épargnée. Alors qu’août avait marqué un retour à meilleure fortune pour les jeunes, septembre n’a pas confirmé l’essai. Si sur un an la tendance reste à la baisse (-2 %), le nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans a augmenté de 0,6 % sur le mois, alors même que les premières inscriptions à Pôle emploi baissaient légèrement. La progression du chômage des 50 ans et plus s’est, elle, confirmée (avec 572.300 demandeurs d’emploi de catégorie A, soit + 2,1 % sur un mois et + 14,3 % sur un an).

Dans un tel contexte, rien de surprenant à ce que le chômage de longue durée ait lui aussi poursuivi sur sa lancée. Désormais, le nombre de chômeurs depuis plus d’un an atteint 1,59 million de personnes. Le nombre de personnes ayant déjà passé entre un et deux ans sans emploi est resté stable (et même en baisse sur un an, de 2,4 %). Mais il faut le relier au ralentissement de la progression du chômage depuis un an. Les chômeurs de très longue durée (deux à quatre ans) font masse : ils étaient 770.400 en catégorie A, B et C en septembre en métropole, soit près de 20 % du total.

La situation devient de plus en plus paradoxale : les licenciements économiques ont poursuivi leur baisse ininterrompue depuis décembre 2010 et se rapprochent désormais des 10.000 mensuels – contre 15.000 avant la crise. Le mois dernier, la progression du chômage a encore été alimentée par les fins de contrats précaires, surtout de CDD, mais aussi par les personnes revenant sur le marché du travail. A contrario, la poussée des entrées en formation (+ 37,9 % en un mois, soit + 10.000) est venue la limiter. Mais c’est du côté des reprises d’emploi déclarées qu’il faut chercher une – petite -lueur d’optimisme : elles avaient baissé en août et ont augmenté en septembre. Mais pas suffisamment pour revenir à leur niveau de juillet.

Leïla de COMARMOND, Les Echos, 27/10/2011

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