{"id":1088,"date":"2016-06-08T14:00:41","date_gmt":"2016-06-08T14:00:41","guid":{"rendered":"http:\/\/www.shukuru.fr\/?p=1088"},"modified":"2023-08-27T14:49:09","modified_gmt":"2023-08-27T14:49:09","slug":"qui-sont-les-ouvriers-daujourdhui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.shukuru.fr\/?p=1088","title":{"rendered":"Qui sont les ouvriers d\u2019aujourd\u2019hui ?"},"content":{"rendered":"<p>Lorsque Martin Thibault, sociologue du travail \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Limoges, a entam\u00e9 son enqu\u00eate, <em>Ouvriers malgr\u00e9 tout<\/em>(Raison d\u2019agir \u00e9ditions, 2013), aupr\u00e8s des agents de maintenance de la RATP, l\u2019entreprise lui a r\u00e9pondu qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019ouvrier chez elle. Souvent, les agents eux-m\u00eames ne se disaient pas ouvriers, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils soient rattrap\u00e9s par la r\u00e9alit\u00e9 de leur m\u00e9tier \u2013 physique, r\u00e9p\u00e9titif, tr\u00e8s encadr\u00e9 et exerc\u00e9 dans des hangars o\u00f9 il fait trop chaud ou trop froid. Dans les entrep\u00f4ts de la grande distribution, m\u00eame constat\u00a0: ni les pr\u00e9parateurs de commandes ni les caristes ne se disent ouvriers. Et chez Amazon, les salari\u00e9s sont des <em>\u00ab\u00a0associates\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Mais alors, comment d\u00e9finir les ouvriers d\u2019aujourd\u2019hui si eux-m\u00eames ne se disent pas ouvriers\u00a0? O\u00f9 est la classe ouvri\u00e8re qui, au moins en partie, se vivait comme telle, avec ses codes, ses fiert\u00e9s, ses savoir-faire et ses repr\u00e9sentants\u00a0? O\u00f9 sont les bataillons d\u2019ouvriers entrant et sortant en m\u00eame temps de l\u2019usine\u00a0? L\u2019ouvrier est-il une esp\u00e8ce en voie de disparition\u00a0? La notion de classe ouvri\u00e8re a-t-elle encore un sens\u00a0?<\/p>\n<h2 class=\"intertitre\">Un monde ouvrier tertiaris\u00e9<\/h2>\n<p>Ma\u00e7ons, chauffeurs, soudeurs, jardiniers, m\u00e9talliers, commis de cuisine, dockers, ostr\u00e9iculteurs\u2026 Selon l\u2019Insee, la France compte 6,3\u00a0millions d\u2019ouvriers, class\u00e9s en trois cat\u00e9gories\u00a0: qualifi\u00e9s, non qualifi\u00e9s et agricoles. Un chiffre en net recul par rapport aux ann\u00e9es 1970. Alors qu\u2019ils occupaient 40\u00a0% des emplois il y a quarante ans, ils n\u2019en occupent plus que 20,5\u00a0% aujourd\u2019hui. Continental, Metaleurop, Goodyear\u2026 Ce sont avant tout des postes non qualifi\u00e9s du secteur industriel qui ont disparu\u00a0: en moins de quinze ans, l\u2019industrie a perdu pr\u00e8s de 1,4\u00a0million d\u2019emplois.<\/p>\n<p>Mais si la figure mythique de l\u2019ouvrier en bleu de travail sur une cha\u00eene de production n\u2019est plus centrale, les ouvriers ont investi d\u2019autres secteurs\u00a0: la moiti\u00e9 d\u2019entre eux travaillent d\u00e9sormais dans le tertiaire, ils sont 15\u00a0% dans le b\u00e2timent et, dans certains domaines, comme la logistique, leur nombre augmente.<\/p>\n<p>Au total, un homme fran\u00e7ais sur trois ayant un emploi est encore un ouvrier. Et s\u2019ils ont vieilli, les ouvriers restent plus jeunes que les <em>\u00ab\u00a0jeunes cadres dynamiques\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0: un sur quatre a moins de 30\u00a0ans, contre un cadre sur huit. <em>\u00ab\u00a0Leur d\u00e9clin num\u00e9rique est r\u00e9el mais relatif,<\/em> affirme David Gaborieau, sociologue du travail. <em>Les ouvriers repr\u00e9sentent encore pr\u00e8s du quart (21,5\u00a0%) de la population active, c\u2019est important. Ce qui a vraiment d\u00e9clin\u00e9, c\u2019est leur visibilit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<h2 class=\"intertitre\">Des ouvriers invisibles<\/h2>\n<p><em>\u00ab\u00a0Avant, il y avait les mines, la sid\u00e9rurgie, Boulogne-Billancourt, de gros \u00e9tablissements dans de grandes r\u00e9gions industrielles o\u00f9 les ouvriers \u00e9taient regroup\u00e9s, <\/em>observe Roger Cornu, sociologue et chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS)<em>.<\/em>\u00a0<em>Depuis, il y a eu une baisse drastique de la main-d\u2019\u0153uvre dans les grandes unit\u00e9s de production\u00a0: aujourd\u2019hui, plus de la moiti\u00e9 des ouvriers travaillent dans des \u00e9tablissements de moins de cinquante salari\u00e9s, souvent situ\u00e9s dans des zones rurales. Tout ce qui \u00e9tait spectaculaire s\u2019est d\u00e9mantel\u00e9 progressivement.<\/em> <em>Du coup, les ouvriers disparaissent.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<div class=\"encart_retrait_gauche\"><span class=\"accroche\">\u00ab\u00a0On s\u2019int\u00e9resse rarement \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des usines, comme s\u2019il n\u2019y avait plus que des ouvriers sans emploi.\u00a0\u00bb<\/span><\/div>\n<p>Peu visibles dans l\u2019espace public, les ouvriers le sont aussi dans les m\u00e9dias. A la t\u00e9l\u00e9vision, seules 3\u00a0% des personnes interview\u00e9es sont des ouvriers, contre 61\u00a0% de cadres, selon le barom\u00e8tre de la diversit\u00e9 du Conseil sup\u00e9rieur de l\u2019audiovisuel (CSA). <em>\u00ab\u00a0Lorsqu\u2019ils apparaissent dans les m\u00e9dias, les ouvriers sont soit accus\u00e9s d\u2019\u00eatre responsables de la mont\u00e9e du Front national, ce qui est en partie faux puisqu\u2019ils sont tr\u00e8s largement abstentionnistes, soit interrog\u00e9s alors qu\u2019ils viennent de perdre leur emploi apr\u00e8s une d\u00e9localisation, <\/em>regrette Martin Thibault.<em> Ils apparaissent comme un monde vieux, finissant.\u00a0On s\u2019int\u00e9resse rarement \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des usines, comme s\u2019il n\u2019y avait plus que des ouvriers sans emploi.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Un autre facteur a contribu\u00e9 \u00e0 la perte de visibilit\u00e9 des ouvriers\u00a0: l\u2019affaiblissement des organisations syndicales et politiques qui parlaient en leur nom \u2013 m\u00eame si elles n\u2019ont jamais repr\u00e9sent\u00e9 tous les ouvriers, et notamment les immigr\u00e9s et les femmes. Le Parti communiste fran\u00e7ais (PCF), en particulier, a consid\u00e9rablement perdu de son influence. Il a aussi cess\u00e9, d\u00e8s les ann\u00e9es 1980, d\u2019\u0153uvrer \u00e0 former et promouvoir des \u00e9lites ouvri\u00e8res militantes. Dans le champ de la repr\u00e9sentation politique, plus personne, ou presque, n\u2019est issu du monde ouvrier. <em>\u00ab\u00a0Dans certains secteurs d\u2019activit\u00e9, le groupe [ouvrier] n\u2019a plus les moyens de se repr\u00e9senter en tant que tel\u00a0\u00bb<\/em>, r\u00e9sume David Gaborieau.<\/p>\n<h2 class=\"intertitre\">Ouvriers et employ\u00e9s, une fronti\u00e8re floue<\/h2>\n<p>Autre \u00e9volution, la fronti\u00e8re entre le monde des ouvriers et celui des employ\u00e9s n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi floue. Une caissi\u00e8re qui accomplit une t\u00e2che d\u2019ex\u00e9cution r\u00e9p\u00e9titive, codifi\u00e9e et fortement encadr\u00e9e n\u2019est-elle pas, d\u2019une certaine fa\u00e7on, une ouvri\u00e8re\u00a0? Et un employ\u00e9 d\u2019un centre d\u2019appel\u00a0? D\u2019une cha\u00eene de restauration rapide\u00a0? Les classifications de l\u2019Insee disent-elles tout du travail ouvrier\u00a0?<\/p>\n<p>En d\u00e9cembre, la revue <em>Savoir\/Agir<\/em> (\u00e9ditions du Croquant) titrait : \u00ab\u00a0De la classe ouvri\u00e8re aux classes populaires\u00a0\u00bb. <em>\u00ab\u00a0La notion de classe populaire, qui rassemble ouvriers et employ\u00e9s, permet de\u00a0prendre en compte un double mouvement, <\/em>explique C\u00e9dric Lomba, charg\u00e9 de recherche au CNRS.<em> D\u2019un c\u00f4t\u00e9, le travail des employ\u00e9s s\u2019est industrialis\u00e9, standardis\u00e9. Et \u00e0 l\u2019inverse, une partie des ouvriers r\u00e9alise des t\u00e2ches \u00e9loign\u00e9es du monde manuel. Dans la sid\u00e9rurgie par exemple, les op\u00e9rateurs de production interviennent assez peu sur le produit et contr\u00f4lent un processus informatique.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>La notion de \u00ab\u00a0classes populaires\u00a0\u00bb traduit aussi une mixit\u00e9 nouvelle. Avec l\u2019arriv\u00e9e des femmes sur le march\u00e9 du travail, les familles ouvri\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9es par des\u00a0familles \u00ab\u00a0hybrides\u00a0\u00bb, avec un p\u00e8re ouvrier \u2013 le secteur reste masculin \u00e0 80\u00a0% \u2013 et une m\u00e8re employ\u00e9e \u2013 plus de 75\u00a0% des employ\u00e9s sont des femmes. <em>\u00ab\u00a0C\u2019est une \u00e9volution importante,<\/em> insiste Henri Eckert, professeur de sociologie \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Poitiers. <em>Historiquement, ouvriers et employ\u00e9s n\u2019avaient pas les m\u00eames comportements vis-\u00e0-vis de la propri\u00e9t\u00e9, de la consommation\u2026 Et pendant longtemps, \u00eatre employ\u00e9 \u00e9tait plus prestigieux.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Si le monde employ\u00e9 a perdu de son aura, c\u2019est aussi le cas du monde ouvrier. <em>\u00ab\u00a0A l\u2019\u00e9poque, quand on obtenait un CAP ou que l\u2019on \u00e9tait apprenti, c\u2019\u00e9tait une promotion, <\/em>indique Roger Cornu.<em>Aujourd\u2019hui, si vous n\u2019avez pas le bac, vous \u00eates consid\u00e9r\u00e9 comme un d\u00e9chet. Devenir ouvrier ne fait plus r\u00eaver.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>\u00ab<em>\u00a0Beaucoup d\u2019enfants deviennent ouvriers comme leurs parents <\/em>\u2013 plus d\u2019un ouvrier sur deux est un enfant d\u2019ouvrier, quasiment comme il y a trente ans \u2013, <em>alors qu\u2019ils ont fait des \u00e9tudes beaucoup plus longues, <\/em>ajoute Martin Thibault. <em>Ils ont une autre grille de lecture et sont plus sensibles \u00e0 la repr\u00e9sentation dominante, tr\u00e8s d\u00e9valorisante. Mais la position ouvri\u00e8re est souvent la seule \u00e0 laquelle on peut acc\u00e9der sans dipl\u00f4me d\u2019enseignement g\u00e9n\u00e9ral.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<h2 class=\"intertitre\">Les ouvriers, des pr\u00e9caires<\/h2>\n<p>De fait, les ouvriers sont les premiers touch\u00e9s par la pr\u00e9carisation de la soci\u00e9t\u00e9. Ils sont la cat\u00e9gorie professionnelle la plus frapp\u00e9e par le ch\u00f4mage (14,7\u00a0% en\u00a02014) et la plus expos\u00e9e aux contrats temporaires. Dans les grands groupes, le ch\u00f4mage partiel se multiplie. <em>\u00ab\u00a0Les fermetures d\u2019usine ne sont souvent que l\u2019aboutissement d\u2019une longue s\u00e9rie de restructurations partielles, <\/em>d\u00e9taille C\u00e9dric Lomba. <em>A chaque fois, on diminue le nombre d\u2019int\u00e9rimaires, on ne reconduit pas un CDD, on licencie une partie des travailleurs stables ou on ne remplace pas des d\u00e9parts \u00e0 la retraite\u2026 Cette condition d\u2019incertitude, cet \u00e9tat de restructuration permanente font partie du quotidien des ouvriers.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<div class=\"encart_retrait_gauche\"><span class=\"accroche\">\u00ab\u00a0Beaucoup de jeunes sont pr\u00e9caires avant d\u2019\u00eatre ouvriers.\u00a0\u00bb<\/span><\/div>\n<p><em>\u00ab\u00a0Des jeunes travaillent six mois dans une usine, puis sont au ch\u00f4mage, puis se retrouvent deux mois dans une soci\u00e9t\u00e9 de surveillance, <\/em>ajoute Henri Eckert.\u00a0<em>Ils vivotent d\u2019emplois ouvriers en emplois non ouvriers. Ce sont des pr\u00e9caires avant d\u2019\u00eatre des ouvriers.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Si une partie des emplois se sont qualifi\u00e9s, par exemple dans l\u2019automobile, l\u2019automatisation n\u2019a pas toujours permis de rendre le travail plus gratifiant, et les possibilit\u00e9s d\u2019ascension sociale se sont tass\u00e9es. Avec la r\u00e9duction des effectifs, les postes d\u2019encadrement sont moins nombreux ou r\u00e9serv\u00e9s aux plus dipl\u00f4m\u00e9s.<em>\u00ab\u00a0Dans la logistique pharmaceutique par exemple, quand il y a deux chefs d\u2019atelier pour 150\u00a0personnes, les ouvri\u00e8res essaient au fil des ann\u00e9es de trouver un poste un peu moins p\u00e9nible mais ne changent pas de salaire ni de statut, <\/em>raconte C\u00e9dric Lomba<em>. Ce sont des carri\u00e8res horizontales.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Invisibles et souvent pr\u00e9caires, priv\u00e9s d\u2019une repr\u00e9sentation forte et valorisante, les ouvriers n\u2019ont pourtant pas disparu. <em>\u00ab\u00a0La notion de classe populaire a un sens, <\/em>assure C\u00e9dric Lomba. <em>La bourgeoisie est la classe la plus mobilis\u00e9e pour d\u00e9fendre ses int\u00e9r\u00eats, mais ce n\u2019est pas parce que les autres classes sont moins mobilis\u00e9es qu\u2019elles n\u2019existent pas.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><span id=\"publisher\" data-source=\"LE MONDE\">LE MONDE<\/span> | <time datetime=\"2016-06-07T15:01:12+02:00\">07.06.2016 \u00e0 15h01<\/time> \u2022 Mis \u00e0 jour le <time datetime=\"2016-06-07T17:52:37+02:00\">07.06.2016 \u00e0 17h52<\/time> | <span class=\"signature_article\">Par <span class=\"auteur txt2_120\">Perrine Mouterde<\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lorsque Martin Thibault, sociologue du travail \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Limoges, a entam\u00e9 son enqu\u00eate, Ouvriers malgr\u00e9 tout(Raison d\u2019agir \u00e9ditions, 2013), aupr\u00e8s des agents de maintenance de la RATP, l\u2019entreprise lui a r\u00e9pondu qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019ouvrier chez elle. 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