{"id":1220,"date":"2017-05-27T15:32:19","date_gmt":"2017-05-27T15:32:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.shukuru.fr\/?p=1220"},"modified":"2023-08-30T09:20:25","modified_gmt":"2023-08-30T09:20:25","slug":"td-24","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.shukuru.fr\/?p=1220","title":{"rendered":"TD 24"},"content":{"rendered":"<p><strong>TD 24 : Travail et int\u00e9gration<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Document 1\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p>Vid\u00e9o la souffrance au travail<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Document 2\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p><strong>Depuis quelques mois, Zohra occupe un poste de t\u00e9l\u00e9prospectrice. La trouvant de plus en plus aigrie et fatigu\u00e9e, son entourage peine \u00e0 la reconna\u00eetre. T\u00e9moignage.<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Les premiers temps, si la pression \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 forte, elle restait supportable. Mes coll\u00e8gues et moi-m\u00eame atteignions les objectifs fix\u00e9s dans notre contrat : trois rendez-vous par jour, ou bien une moyenne minimale de quinze rendez-vous sur deux semaines. Comme partout il y avait des jours o\u00f9 les r\u00e9sultats \u00e9taient moins bons que les autres. Un lundi matin, notre patron est venu diriger l\u2019une de nos r\u00e9unions. Nous les trouvions d\u00e9j\u00e0 stressantes, car c\u2019\u00e9tait un moment difficile \u00e0 passer. Quels que fussent les r\u00e9sultats, ils n\u2019\u00e9taient jamais suffisants. Les m\u00e9thodes de management consistaient \u00e0 ne jamais montrer le moindre signe de satisfaction.<\/em><\/p>\n<p><em>Une r\u00e9union classique nous mettait en ligne ou en arc-de-cercle. Notre responsable de plateforme se pla\u00e7ait au centre avec la liste des r\u00e9sultats de la semaine pr\u00e9c\u00e9dente. A l\u2019appel de notre pr\u00e9nom nous avions pour consigne de la rejoindre. Commen\u00e7aient alors les complaintes. \u00a0\u00a0\u00bb Quatre-vingt dix rendez-vous, seulement dix contrats sign\u00e9s, c\u2019est tr\u00e8s mauvais.\u00a0\u00bb\u00a0 Et pourtant\u2026 c\u2019\u00e9tait un tr\u00e8s bon r\u00e9sultat si on se penchait sur la moyenne qui se situait g\u00e9n\u00e9ralement autour d\u2019une quarantaine de rendez-vous pour deux ou trois signatures les bons mois. Il faut dire que nous prospections sur des campagnes d\u00e9j\u00e0 lanc\u00e9es quotidiennement. Nous comprenions facilement la lassitude de nos interlocuteurs, harcel\u00e9s. Il arrivait aussi que l\u2019on s\u2019adresse \u00e0 des clients plus au fait de nous m\u00eames concernant le produit et son plan de financement, \u00e0 savoir des panneaux solaires. Notre formation se limitant \u00e0 lire un texte, on devait r\u00e9guli\u00e8rement courir apr\u00e8s nos responsables pour obtenir les r\u00e9ponses aux questions des clients int\u00e9ress\u00e9s.<\/em><\/p>\n<p><em>Bien \u00e9videmment une telle d\u00e9sorganisation ne leur inspirait pas confiance et ils raccrochaient rapidement. Nous faisions un travail difficile. La t\u00e9l\u00e9prospection n\u2019a que peu de rapport avec la vente, pr\u00e9sent\u00e9e comme un travail simple : nous pla\u00e7ons tout simplement des rendez-vous. Seulement, nous nous adressons \u00e0 des clients qui ne nous ont rien demand\u00e9. Nous les appelons \u00e0 leur domicile, nous sommes pressentis comme une agression. Une partie de notre travail consiste \u00e0 \u00eatre le plus agr\u00e9able possible dans nos rapports avec eux. Souvent, c\u2019est difficile lorsque l\u2019on nous raccroche au nez ou quand on nous lance un chapelet d\u2019insultes. Lorsque l\u2019on parvient \u00e0 \u00e9tablir un contact, vient la partie des questions intrusives<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Zohra ne peut quitter son emploi. Qui va lui payer son loyer ? Ses charges ? Ses courses ? Les employeurs profitent de cette situation de crise et de pr\u00e9carit\u00e9 de l\u2019emploi. Son patron encha\u00eene les p\u00e9riodes d\u2019essai. Tr\u00e8s peu voient la porte du CDI. Il est plus rentable de faire esp\u00e9rer. Beaucoup de patrons mal intentionn\u00e9s appuient sur la corde, d\u00e9shumanisent, obligent les employ\u00e9s \u00e0 devenir des objets, de simples outils de travail.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ce lundi matin les choses qui \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 peu reluisantes se d\u00e9grad\u00e8rent brusquement. Notre responsable vint se plaindre de notre manque d\u2019efficacit\u00e9. Je fis peut-\u00eatre une erreur en lui expliquant les lacunes de notre formation. Ma bo\u00eete a pour habitude de licencier les t\u00e9l\u00e9pros apr\u00e8s deux mois d\u2019essai, voire quatre pour les plus chanceux. Cela emp\u00eache d\u2019employer un personnel exp\u00e9riment\u00e9. Le responsable d\u00e9cida de nous diviser en trois groupes. Mis en comp\u00e9tition les uns contre les autres. Le groupe obtenant les meilleurs r\u00e9sultats sur un mois serait pris en CDI et les autres licenci\u00e9s. La section de la plateforme allou\u00e9e \u00e0 mon groupe comportait de nombreux boxs d\u00e9faillants. Soit les ordinateurs ne pouvaient se connecter \u00e0 Herm\u00e9s, \u00e0 internet, soit ils plantaient r\u00e9guli\u00e8rement. Mais, les conditions de travail \u00e9taient encore supportables. Si ce n\u2019est que nos formateurs commenc\u00e8rent \u00e0 nous parler dans le casque pendant que nous \u00e9tions en communication avec un client. Nous devions faire en sorte que le client ne se rende pas compte de la situation. Parfois, j\u2019ai le sentiment d\u2019\u00eatre une marionnette que l\u2019on pilote. La \u00ab\u00a0d\u00e9balle\u00a0\u00bb, le texte que l\u2019on nous entra\u00eene \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter ne s\u2019adapte pas \u00e0 toutes les solutions. Nos formateurs s\u2019invitent donc directement dans nos appels pour nous diriger. C\u2019est dur, c\u2019est un d\u00e9sastre.<\/em><\/p>\n<p><em>Apr\u00e8s deux semaines de ce r\u00e9gime, notre patron fit une nouvelle apparition, plus furieux que jamais. Les tensions cr\u00e9\u00e9es par la comp\u00e9tition, la pression impos\u00e9e par les coll\u00e8gues en raison de la crainte d\u2019\u00eatre renvoy\u00e9 \u00e0 cause des performances du groupe avait fait d\u00e9gringoler les statistiques. Nous \u00e9tions plus angoiss\u00e9s que jamais, au point de devenir agressifs les uns envers les autres. Avant, il n\u2019y avait que la pression des sup\u00e9rieurs et une forme d\u2019entraide entre les t\u00e9l\u00e9pros. Depuis, elle s\u2019\u00e9tait envol\u00e9e. La simple id\u00e9e de venir travailler m\u2019\u00e9tait devenue insupportable. Devant ce constat affligeant, les \u00e9quipes furent dissoutes et nous repr\u00eemes le travail comme avant, libres de nous placer sur la plateforme. Nous esp\u00e9rions retrouver un climat de confiance et le go\u00fbt du travail. Malheureusement l\u2019id\u00e9e suivante se r\u00e9v\u00e9la plus catastrophique encore. Notre boss d\u00e9cida de nous encadrer lui-m\u00eame. Chaque jour, nous subissions ses col\u00e8res. Notre patron se pla\u00e7ait souvent dans ma rang\u00e9e, peu importe o\u00f9 je m\u2019installais. Dans mon dos, \u00e0 quelques pas de moi, me faisant sursauter au moindre cri.<\/em><\/p>\n<p><em>Avant son arriv\u00e9e, le travail me provoquait des maux de t\u00eate en fin d\u2019apr\u00e8s-midi. Souvent, ils se changeaient en migraine, mais mon traitement suffisait. Aujourd\u2019hui, c\u2019est encore pire. D\u00e8s le matin, j\u2019ai la boule au ventre. A peine arriv\u00e9e dans l\u2019immeuble, ma t\u00eate semble prise dans un \u00e9tau. Impossible de retrouver le plaisir de voir les coll\u00e8gues. D\u00e8s notre arriv\u00e9e, on commence \u00e0 travailler, m\u00eame avec quinze minutes d\u2019avance. Je stresse, je me sens mal\u2026\u00a0 Mais je suis oblig\u00e9e de m\u2019y faire, je ne peux pas me retrouver au ch\u00f4mage.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Sonia Bektou, Publi\u00e9 le 2 octobre 2013,\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.bondyblog.fr\/?p=30324\">http:\/\/www.bondyblog.fr\/?p=30324<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li>Comment le travail est-il \u00ab\u00a0organis\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0?<\/li>\n<li>Pourquoi cela \u00ab\u00a0p\u00e8se\u00a0\u2013t-il\u00a0\u00bb sur les employ\u00e9s\u00a0?<\/li>\n<li>Quelles sont les cons\u00e9quences de cette organisation du travail\u00a0?<\/li>\n<li>Pourquoi l\u2019exp\u00e9rience de groupes concurrents \u00e9choue-t-elle\u00a0?<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Document 3\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p>La mont\u00e9e de la pr\u00e9carit\u00e9<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.inegalites.fr\/spip.php?article957\">http:\/\/www.inegalites.fr\/spip.php?article957<\/a><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9partition des travailleurs pauvres par secteurs d&rsquo;activit\u00e9 en 2006<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.inegalites.fr\/spip.php?article905&amp;id_groupe=9&amp;id_mot=76&amp;id_rubrique=1\">http:\/\/www.inegalites.fr\/spip.php?article905&amp;id_groupe=9&amp;id_mot=76&amp;id_rubrique=1<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li>Qu\u2019est ce que la pr\u00e9carit\u00e9\u00a0?<\/li>\n<li>Pourquoi fragilise-t-elle l\u2019int\u00e9gration\u00a0?<\/li>\n<li>Qu\u2019est ce qu\u2019un travailleur pauvre\u00a0?<\/li>\n<li>Pourquoi la pr\u00e9carit\u00e9 et la pauvret\u00e9 augmentent-elles en France sur le march\u00e9 du travail\u00a0?<\/li>\n<li>Quels probl\u00e8mes cela posent-ils\u00a0?<\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>TD 24 : Travail et int\u00e9gration &nbsp; Document 1\u00a0: Vid\u00e9o la souffrance au travail &nbsp; Document 2\u00a0: Depuis quelques mois, Zohra occupe un poste de t\u00e9l\u00e9prospectrice. 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