{"id":1228,"date":"2017-05-27T15:36:14","date_gmt":"2017-05-27T15:36:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.shukuru.fr\/?p=1228"},"modified":"2023-08-30T09:19:25","modified_gmt":"2023-08-30T09:19:25","slug":"td-28","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.shukuru.fr\/?p=1228","title":{"rendered":"TD 28"},"content":{"rendered":"<p><strong>TD&nbsp; 28 Banlieue et int\u00e9gration<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Document&nbsp;1 :<\/strong><\/p>\n<p>Au niveau des quartiers pr\u00e9vaudrait une solidarit\u00e9 m\u00e9canique, c\u2019est-\u00e0-dire reposant sur la similitude sociale des habitants, leur proximit\u00e9 physique et la pression d\u2019un conformisme local : \u00ab\u00a0On habitait un quartier populaire parce qu\u2019on \u00e9tait ouvrier. On y vivait entre ouvriers, avec des mani\u00e8res d\u2019\u00eatre similaires qui contribuaient \u00e0 donner \u00e0 chacun le sentiment d\u2019une identit\u00e9 collective, d\u2019une force propre dans la soci\u00e9t\u00e9, dans la ville\u00a0\u00bb. Au niveau inter-quartiers, c\u2019est de solidarit\u00e9 organique dont il sera question.<\/p>\n<p><em>Jean-Samuel Bordreuil, \u00ab\u00a0La Ville desserr\u00e9e\u00a0\u00bb, Coll. L\u2019\u00e9tat des savoirs, La D\u00e9couverte, 2000<\/em><\/p>\n<p><em>&nbsp;<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Pourquoi la solidarit\u00e9 m\u00e9canique pr\u00e9vaut-elle sur la solidarit\u00e9 organique dans les quartiers&nbsp;?<\/li>\n<li>Comment les quartiers \u00e9taient-ils per\u00e7us dans les ann\u00e9es 50 \u2013 60&nbsp;?<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Document 2&nbsp;:<\/strong><\/p>\n<p>Depuis 2005 (derni\u00e8res grandes \u00e9meutes en banlieue), la r\u00e9novation urbaine s&rsquo;est poursuivie, elle avait \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e avant les \u00e9meutes. Elle semble aujourd&rsquo;hui en panne faute de cr\u00e9dits suffisants. En revanche, sur le plan social on observe une augmentation de la pauvret\u00e9, tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e et concentr\u00e9e dans certains endroits. Et une augmentation du ch\u00f4mage, notamment chez les jeunes (+ de 40% pour les jeunes hommes en moyenne, ce qui veut dire que ce taux peut atteindre 60% dans certains endroits).<\/p>\n<p>Il ne semble pas non plus que les discriminations se soient r\u00e9duites. Donc dans l&rsquo;ensemble, il me semble que la situation s&rsquo;est plut\u00f4t d\u00e9grad\u00e9e et les difficult\u00e9s des habitants ont plut\u00f4t augment\u00e9.<\/p>\n<p>\u2026 La discrimination est en g\u00e9n\u00e9ral multiforme. Les habitants&nbsp; la subissent la plupart du temps pour un ensemble de raisons qui se cumulent : l&rsquo;adresse, le lieu d&rsquo;habitation, le quartier qui a souvent une r\u00e9putation&#8230; Mais aussi la couleur de peau, le nom, parfois l&rsquo;attitude, le \u00ablook\u00bb. C&rsquo;est l&rsquo;ensemble de ces dimensions qui \u00abexplique\u00bb \u00e0 la fois la discrimination subie, notamment dans la recherche d&#8217;emploi, mais aussi la s\u00e9gr\u00e9gation urbaine.<\/p>\n<p>\u2026 L&rsquo;\u00e9conomie souterraine va du travail au noir \u00e0 de multiples services que se rendent les habitants dans un certain nombre d&rsquo;endroits tr\u00e8s paup\u00e9ris\u00e9s. Cette \u00e9conomie souterraine est indispensable \u00e0 la survie de la plupart des familles. Par ailleurs, sur cette \u00e9conomie souterraine se greffe souvent du trafic de stup\u00e9fiants, plus probl\u00e9matique pour les habitants en ce qu&rsquo;il g\u00e9n\u00e8re \u00e0 la fois de l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9, de la pression, et de l&rsquo;enfermement.<\/p>\n<p>\u2026 Je crois qu&rsquo;une des principales difficult\u00e9s est sur le plan politique. Les habitants des \u00abquartiers en difficult\u00e9\u00bb votent tr\u00e8s peu, participent tr\u00e8s peu, et n&rsquo;ont que tr\u00e8s peu de relais politiques, ce qui se traduit par une in\u00e9galit\u00e9 \u00e9norme entre les communes. Mais aussi par une indiff\u00e9rence du syst\u00e8me politique vis-\u00e0-vis de ce monde qui compte finalement peu sur ce plan l\u00e0.<\/p>\n<p>\u2026 La mixit\u00e9 sociale a disparu depuis maintenant bien longtemps. La soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise s&rsquo;est fortement fragment\u00e9e. Et les villes, notamment de province, ressemblent plus \u00e0 des archipels qu&rsquo;\u00e0 des ensembles urbains int\u00e9gr\u00e9s.<\/p>\n<p>Les processus de ghetto\u00efsation se construisent de cette mani\u00e8re par le haut. Ce sont d&rsquo;abord les riches qui se regroupent entre eux. Et ceux qui restent dans les \u00abquartiers difficiles\u00bb sont ceux qui n&rsquo;ont pas les ressources pour aller ailleurs.<\/p>\n<p>Ceci engendre une augmentation des in\u00e9galit\u00e9s urbaines. Par exemple en r\u00e9gion parisienne, les habitants des villes pauvres sont paradoxalement plus impos\u00e9s et ont moins de ressources collectives que les habitants des villes riches qui b\u00e9n\u00e9ficient des taxes professionnelles et de la pr\u00e9sence des entreprises.<\/p>\n<p>Du coup, le pouvoir des maires des villes pauvres est singuli\u00e8rement limit\u00e9: ils sont \u00e9trangl\u00e9s financi\u00e8rement alors que les besoins de leur population sont beaucoup plus \u00e9lev\u00e9s. On ne sortira pas de cette situation sans une application stricte de la loi des 20% de logements sociaux et sans une vraie p\u00e9r\u00e9quation fiscale et financi\u00e8re entre les communes.<\/p>\n<p>En l&rsquo;absence de communaut\u00e9s, le probl\u00e8me est celui du repli et du fait que le vide est souvent rempli par des r\u00e9f\u00e9rences, des discours d\u00e9j\u00e0 tout pr\u00eats et souvent d\u00e9viants. Dans bien des endroits, la seule offre politique est de type religieux ou antis\u00e9mite, parfois raciste. Mais en tout cas, toujours tr\u00e8s loin des logiques r\u00e9publicaines.<\/p>\n<p><strong>&nbsp;<\/strong><\/p>\n<p><em>Lib\u00e9ration 25 OCTOBRE 2010, Didier Lapeyronnie, sociologue et auteur &nbsp;de \u00abGhetto urbain, s\u00e9gr\u00e9gation, violence, pauvret\u00e9 en France aujourd\u2019hui\u00bb (Robert Laffont)<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li>Qu\u2019est ce que la r\u00e9novation urbaine&nbsp;? Quel r\u00f4le joue-t-elle&nbsp;?<\/li>\n<li>Quels sont les probl\u00e8mes \u00e9voqu\u00e9s dans le premier paragraphe&nbsp;?<\/li>\n<li>Comment nuisent-ils \u00e0 l\u2019int\u00e9gration&nbsp;?<\/li>\n<li>Pourquoi l\u2019\u00e9conomie souterraine se d\u00e9veloppe-t-elle&nbsp;?<\/li>\n<li>Quel cercle vicieux se d\u00e9veloppe dans les villes pauvres&nbsp;?<\/li>\n<li>Pourquoi parle-t-on de ghetto\u00efsation&nbsp;?<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Document 3&nbsp;:<\/strong><\/p>\n<p>Voici des \u00ab\u00a0jeunes de banlieue\u00a0\u00bb qui ne br\u00fblent pas de voitures et dont on ne parle jamais. Des ambitions plein la t\u00eate, aux antipodes des caricatures \u00e0 cagoule qui ont occup\u00e9 l&rsquo;espace m\u00e9diatique ces derni\u00e8res semaines, ils veulent devenir magistrats, chefs d&rsquo;entreprise, enseignants, traders, experts comptables, commissaires de police. Cette jeunesse nombreuse des quartiers populaires a eu son baccalaur\u00e9at et peuple aujourd&rsquo;hui les amphith\u00e9\u00e2tres de l&rsquo;universit\u00e9 Paris-13, \u00e0 Villetaneuse, au c\u0153ur de la Seine-Saint-Denis.<\/p>\n<p>Ces jeunes t\u00e9moignent de la pression parentale sur les r\u00e9sultats scolaires. On leur a inculqu\u00e9, d\u00e8s le plus jeune \u00e2ge, un profond respect de l&rsquo;\u00e9cole. Et l&rsquo;obligation d&rsquo;obtenir des dipl\u00f4mes pour avoir une chance de s&rsquo;ins\u00e9rer. Le salut a aussi pu venir des enseignants rencontr\u00e9s dans les coll\u00e8ges ou les lyc\u00e9es. Cons\u00e9quence logique de ce profond d\u00e9sir de r\u00e9ussite, ils rejettent toute id\u00e9e de discrimination positive. M\u00eame si leur parcours doit \u00eatre difficile, m\u00eame si tous craignent des discriminations au moment de l&rsquo;entr\u00e9e sur le march\u00e9 du travail, ils revendiquent une insertion pleine et enti\u00e8re, mais li\u00e9e \u00e0 leurs seules capacit\u00e9s. Car, fondamentalement, <u>ils estiment ne pas avoir \u00e0 s&rsquo;int\u00e9grer dans la soci\u00e9t\u00e9<\/u>. Mokrane Hamadouche : \u00ab Mes parents venaient de l&rsquo;\u00e9tranger et ont eu \u00e0 s&rsquo;int\u00e9grer. Mais moi, je suis autant fran\u00e7ais que Sarkozy. Je suis n\u00e9 ici, je parle fran\u00e7ais, je consomme fran\u00e7ais. Qu&rsquo;est-ce que je dois faire de plus ? \u00bb Le jeune homme, qui se voit travailler dans l&rsquo;assurance ou devenir professeur en ZEP, met en avant la r\u00e9ussite familiale : une grande s\u0153ur qui effectue un mast\u00e8re \u00e0&nbsp; l&rsquo;universit\u00e9 de Barcelone, une autre devenue agent d&rsquo;escale, un fr\u00e8re qui pr\u00e9pare le bac S et deux autres, au coll\u00e8ge, \u00ab qui ont r\u00e9guli\u00e8rement des f\u00e9licitations \u00bb.<\/p>\n<p>Dans un environnement difficile, le spirituel apporte un cadre. Notamment aux gar\u00e7ons, moins tenus par les parents.<\/p>\n<p>Mokrane Hamadouche parle de l&rsquo; \u00ab hygi\u00e8ne de vie \u00bb qui d\u00e9coule de la pratique religieuse. Mustapha Boutoula insiste sur sa fonction sociale dans des quartiers de la \u00ab banlieue rouge \u00bb qui ont longtemps \u00e9t\u00e9 structur\u00e9s par le Parti communiste : \u00ab\u00a0Elle remplace un peu les institutions qui sont d\u00e9faillantes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><em>&nbsp;<\/em><\/p>\n<p><em>Luc Bronner, Le Monde du 25 d\u00e9cembre 2005<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li>Quel r\u00f4le joue l\u2019\u00e9cole pour ces jeunes de banlieue&nbsp;?<\/li>\n<li>Qu\u2019est ce que la discrimination positive&nbsp;? Pourquoi la refusent-ils&nbsp;?<\/li>\n<li>Expliquez la phrase soulign\u00e9e<\/li>\n<li>Que signifie \u00ab&nbsp;le spirituel apporte un cadre&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>TD&nbsp; 28 Banlieue et int\u00e9gration &nbsp; &nbsp; Document&nbsp;1 : Au niveau des quartiers pr\u00e9vaudrait une solidarit\u00e9 m\u00e9canique, c\u2019est-\u00e0-dire reposant sur la similitude sociale des habitants, leur proximit\u00e9 physique et la pression d\u2019un conformisme local : \u00ab\u00a0On habitait un quartier populaire parce qu\u2019on \u00e9tait ouvrier. On y vivait entre ouvriers, avec des mani\u00e8res d\u2019\u00eatre similaires qui &#8230; <a href=\"https:\/\/www.shukuru.fr\/?p=1228\" class=\"more-link\">Read More<span class=\"screen-reader-text\"> \u00ab\u00a0TD 28\u00a0\u00bb<\/span> &raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[41],"tags":[],"class_list":["post-1228","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-td-e"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.shukuru.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1228","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.shukuru.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.shukuru.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.shukuru.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.shukuru.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1228"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.shukuru.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1228\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1545,"href":"https:\/\/www.shukuru.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1228\/revisions\/1545"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.shukuru.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1228"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.shukuru.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1228"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.shukuru.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1228"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}