{"id":458,"date":"2012-04-29T12:36:22","date_gmt":"2012-04-29T12:36:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.shukuru.fr\/?p=458"},"modified":"2023-08-27T14:48:48","modified_gmt":"2023-08-27T14:48:48","slug":"les-classes-moyennes-et-la-politique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.shukuru.fr\/?p=458","title":{"rendered":"Les classes moyennes et la politique"},"content":{"rendered":"<h2>INTERVIEW\u00a0\u00c9ric Maurin Economiste, directeur d\u2019\u00e9tudes \u00e0 l\u2019EHESS<\/h2>\n<div>Par\u00a0<strong>SYLVAIN BOURMEAU<\/strong><\/div>\n<p>Cosign\u00e9 par l\u2019\u00e9conomiste Eric Maurin et la sociologue Dominique Goux, et consacr\u00e9 \u00e0 la question cl\u00e9 mais m\u00e9connue des classes moyennes, le dernier petit volume de la R\u00e9publique des Id\u00e9es s\u2019annonce comme l\u2019une des contributions \u00e9ditoriales essentielles \u00e0 la campagne pr\u00e9sidentielle. A la veille d\u2019une rencontre de chercheurs sur l\u2019avenir des classes moyennes\u00a0<em>(lire encadr\u00e9)<\/em>, Eric Maurin livre les principaux \u00e9l\u00e9ments de son analyse en avant-premi\u00e8re pour\u00a0<em>Lib\u00e9ration<\/em>.<\/p>\n<h5>La notion de classes moyennes semble floue, comment peut-on la d\u00e9finir ?<\/h5>\n<p>Dans son acception sociologique la plus courante, le terme de classes moyennes d\u00e9signe la population occupant une position interm\u00e9diaire entre le salariat d\u2019ex\u00e9cution (ouvriers, employ\u00e9s) et les cat\u00e9gories sup\u00e9rieures (cadres, chefs d\u2019entreprise). On y retrouve aujourd\u2019hui l\u2019ensemble de ce que l\u2019Insee nomme les \u00abprofessions interm\u00e9diaires\u00bb (techniciens, repr\u00e9sentants de commerce, charg\u00e9s de client\u00e8le, cadres B de la fonction publique, agents de ma\u00eetrise\u2026) auxquelles on peut ajouter la \u00abpetite bourgeoisie\u00bb traditionnelle, artisans ou commer\u00e7ants, soit un c\u0153ur de classes moyennes repr\u00e9sentant 30 % de la population active.<\/p>\n<h5>Ces classes moyennes sont tr\u00e8s diverses, qu\u2019ont-elles de commun ?<\/h5>\n<p>Les membres des classes moyennes sont nettement au-dessus des ouvriers et des employ\u00e9s en termes de dipl\u00f4mes, de revenus, de patrimoine ou de quartiers de r\u00e9sidence. Plus de la moiti\u00e9 d\u2019entre eux sont dipl\u00f4m\u00e9s du sup\u00e9rieur contre une toute petite minorit\u00e9 des salari\u00e9s d\u2019ex\u00e9cution par exemple, ce qui se traduit par des diff\u00e9rences de revenus de l\u2019ordre de 40 %. En cela, les classes moyennes repr\u00e9sentent toujours bien un espace de promotion sociale pour les classes populaires et leurs enfants. Mais les classes moyennes disposent aussi de nettement moins de ressources scolaires ou sociales que les cadres et professions sup\u00e9rieures, et surtout ces ressources sont bien plus sp\u00e9cifiques, fragiles et menac\u00e9es. Les membres des classes moyennes sont dipl\u00f4m\u00e9s du sup\u00e9rieur, mais essentiellement des voies technologiques courtes, quand les cadres sont majoritairement dipl\u00f4m\u00e9s de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral. Du coup, la capacit\u00e9 des classes moyennes \u00e0 rebondir en cas d\u2019\u00e9chec et de ch\u00f4mage est plus faible et leur exposition au d\u00e9classement en cours de carri\u00e8re plus forte. Leur situation professionnelle d\u00e9pend davantage des efforts de formation continue consentis par les employeurs pour actualiser leurs comp\u00e9tences. Leurs marges de man\u0153uvre sont r\u00e9duites, ils d\u00e9missionnent peu. Au-del\u00e0 de leur tr\u00e8s grande diversit\u00e9, le point commun des classes moyennes est ainsi la fragilit\u00e9 des acquis et l\u2019incertitude des destins, o\u00f9 la possibilit\u00e9 de s\u2019\u00e9lever c\u00f4toie le risque de rechuter. Cette tension engendre un rapport tr\u00e8s particulier \u00e0 l\u2019avenir et aux autres.<\/p>\n<h5>Pourquoi parler de\u00a0<em>\u00abnouvelles classes moyennes\u00bb<\/em>\u00a0?<\/h5>\n<p>Les classes moyennes sont le groupe social interm\u00e9diaire par lequel transitent les familles et les personnes en ascension dans la soci\u00e9t\u00e9, issues de milieux modestes. C\u2019est peut-\u00eatre leur trait sociologique le plus profond. Mais historiquement, ces positions tremplins n\u2019ont jamais co\u00efncid\u00e9 avec une quelconque situation \u00abmoyenne\u00bb dans la soci\u00e9t\u00e9. Dans les ann\u00e9es 60, les cat\u00e9gories populaires (ouvriers, agriculteurs) agr\u00e9geaient encore 75 % de la population et les classes moyennes ne repr\u00e9sentaient qu\u2019une fraction tr\u00e8s minoritaire et privil\u00e9gi\u00e9e de la population, une forme d\u2019\u00e9lite pour les enfants du peuple beaucoup plus qu\u2019une moyenne ou un centre de gravit\u00e9 pour la soci\u00e9t\u00e9. Les classes moyennes n\u2019avaient alors de moyennes que le nom. Avec la d\u00e9sindustrialisation et le d\u00e9clin des classes populaires, combin\u00e9s \u00e0 la mont\u00e9e en puissance des cadres et positions sup\u00e9rieures, tout a chang\u00e9 : les classes moyennes sont devenues \u00e0 la fois l\u2019un des groupes sociaux les plus vastes et les plus centraux de notre soci\u00e9t\u00e9. Il ne s\u2019agit plus d\u2019une petite fraction de la population situ\u00e9e au sommet des hi\u00e9rarchies professionnelles et des distributions de ressources, mais d\u2019au moins 30 % de la population situ\u00e9s juste au-dessus de la m\u00e9diane de ces m\u00eames hi\u00e9rarchies, \u00e0 leur point de bascule. Pour la premi\u00e8re fois dans notre histoire, les classes moyennes, comme ensemble des positions interm\u00e9diaires dans les trajectoires d\u2019ascension sociale, sont en train de co\u00efncider avec la \u00abmoyenne\u00bb et le centre de gravit\u00e9 de notre soci\u00e9t\u00e9. Chaque \u00e9poque a ses \u00abnouvelles classes moyennes\u00bb, mais on serait tent\u00e9 de dire que les n\u00f4tres, pour la premi\u00e8re fois, co\u00efncident avec le qualificatif qui les d\u00e9signe.<\/p>\n<h5>En quoi cette \u00e9volution est-elle cruciale ?<\/h5>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019une \u00e9volution extr\u00eamement importante, ne serait-ce que parce que les membres des classes moyennes sont souvent port\u00e9s vers une philosophie sociale o\u00f9 la r\u00e9ussite et le progr\u00e8s s\u2019envisagent comme la r\u00e9compense des efforts et du m\u00e9rite individuel davantage que comme le r\u00e9sultat de luttes collectives. Ils sont pris dans une tension sociale qui est aussi une tension id\u00e9ologique : le d\u00e9sir de s\u2019\u00e9lever leur fait envisager avec m\u00e9fiance tout effort de solidarit\u00e9 qui pourrait favoriser les concurrents, mais la peur de rechuter les fait aussi aspirer \u00e0 une protection des statuts existants. Il s\u2019agit d\u2019ailleurs d\u2019un \u00e9lectorat assez sp\u00e9cifique, particuli\u00e8rement anxieux devant l\u2019avenir, tr\u00e8s partag\u00e9, peu port\u00e9 \u00e0 voter pour les extr\u00eames, mais capable de transgressions soft, telles qu\u2019un vote pour Fran\u00e7ois Bayrou ou pour les \u00e9cologistes. Le d\u00e9veloppement de ces cat\u00e9gories, leur nouvelle centralit\u00e9 ont d\u2019\u00e9videntes cons\u00e9quences id\u00e9ologiques et politiques.<\/p>\n<h5>Peut-on alors parler de \u00abmoyennisation\u00bb de la soci\u00e9t\u00e9 ?<\/h5>\n<p>Non, ce serait un contresens complet. Les distances sociales entre les classes populaires (ouvriers, employ\u00e9s), les classes moyennes (cat\u00e9gories interm\u00e9diaires) et les classes sup\u00e9rieures (cadres, chefs d\u2019entreprise) ne se sont en rien estomp\u00e9es au cours des trente derni\u00e8res ann\u00e9es. Ce qui a chang\u00e9 ce n\u2019est pas \u00e7a, c\u2019est la morphologie de notre soci\u00e9t\u00e9, l\u2019importance relative des groupes sociaux et la position de leurs membres dans les hi\u00e9rarchies sociales : avec la d\u00e9sindustrialisation, les classes populaires ont d\u00e9clin\u00e9, tandis qu\u2019avec la modernisation de l\u2019\u00e9conomie et la d\u00e9mocratisation de l\u2019enseignement, les classes sup\u00e9rieures ont augment\u00e9 rapidement. Prises entre ces deux mouvements, les classes moyennes ont continu\u00e9 de grossir tout en se voyant d\u00e9porter vers le c\u0153ur de la soci\u00e9t\u00e9. Cette derni\u00e8re s\u2019est r\u00e9\u00e9quilibr\u00e9e autour d\u2019un noyau de classes moyennes plus lourd et plus central. Mais les \u00e9carts de revenus entre les grands groupes sociaux ou d\u2019exposition \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9 sont n\u00e9anmoins rest\u00e9s largement intacts. Les classes sup\u00e9rieures gagnent en moyenne 40 % de plus que les classes moyennes et cet \u00e9cart n\u2019a gu\u00e8re boug\u00e9 depuis trente ans. De m\u00eame, les classes sup\u00e9rieures subissent tr\u00e8s rarement un d\u00e9classement tout en bas de l\u2019\u00e9chelle sociale, quand c\u2019est le cas de 10 % environ des classes moyennes sur une p\u00e9riode de cinq\u00a0ans. Inversement, l\u2019avantage des classes moyennes sur les classes populaires en termes de protection des emplois ou de revenus a fluctu\u00e9 avec la conjoncture (les crises frappent plus durement les classes populaires), mais sans jamais se r\u00e9duire en tendance.<\/p>\n<h5>Peut-on parler d\u00e9classement des classes moyennes ?<\/h5>\n<p>En termes de statut social, il est assez inexact de se repr\u00e9senter les classes moyennes contemporaines comme peupl\u00e9es de personnes ayant une position professionnelle inf\u00e9rieure \u00e0 celle de leurs parents et donc habit\u00e9es par ce ressentiment particulier qu\u2019\u00e9prouvent les d\u00e9class\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la soci\u00e9t\u00e9. Au sein des classes moyennes, seule une petite minorit\u00e9 de personnes se trouvent dans cette situation (de l\u2019ordre de 15 %) et cette proportion est tr\u00e8s stable dans le temps. De m\u00eame, il est faux de se repr\u00e9senter les enfants de classes moyennes comme en d\u00e9clin scolaire ou social par rapport aux enfants des autres milieux sociaux : \u00e0 bien des \u00e9gards c\u2019est plut\u00f4t le contraire qui s\u2019est produit. Les enfants de classes moyennes ont par exemple plut\u00f4t progress\u00e9 dans les classements scolaires depuis trente ans. Chaque fois qu\u2019une r\u00e9forme scolaire a tendu \u00e0 \u00e9galiser les chances entre les classes populaires et les classes moyennes (le\u00a0coll\u00e8ge unique par exemple), on a pu constater un surinvestissement \u00e9norme de la part des familles de classes moyennes pour maintenir le rang scolaire de leurs enfants, en les poussant chaque fois un cran plus loin dans leurs \u00e9tudes. L\u2019\u00e9cole est devenue l\u2019une des sources majeures de statut social dans notre soci\u00e9t\u00e9 et elle repr\u00e9sente pour les classes moyennes un enjeu et une angoisse essentielle.<\/p>\n<h5>Avec la hausse des prix, n\u2019y a-t-il pas quand m\u00eame un d\u00e9classement r\u00e9sidentiel des classes moyennes ?<\/h5>\n<p>Depuis dix ans, les prix de l\u2019immobilier ont beaucoup augment\u00e9, plus vite que les revenus, mais tout le monde souffre, pas seulement les classes moyennes. Quand on compare les voisinages dans lesquels r\u00e9sident les classes moyennes, on ne constate aucun d\u00e9clin, aucune dilution sociale, aucun rapprochement avec les classes populaires. Il est indiscutable qu\u2019une fraction non n\u00e9gligeable des familles des classes moyennes est aujourd\u2019hui comme prisonni\u00e8re de quartiers en voie d\u2019appauvrissement qu\u2019elles n\u2019ont pas ou plus les moyens de quitter. Mais c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 le cas il y a dix ans et surtout une proportion tout aussi importante de classes moyennes continue \u00e0 fuir ces quartiers pour s\u2019assurer une promotion territoriale. Les classes moyennes n\u2019ont pas l\u00e2ch\u00e9 non plus en termes d\u2019accession \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9, alors que les classes populaires ont lourdement d\u00e9croch\u00e9, notamment chez les jeunes. Les in\u00e9galit\u00e9s entre classes sociales devant la propri\u00e9t\u00e9 du logement ont explos\u00e9 au cours des quinze derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<h5>Pourquoi les classes moyennes d\u00e9tiendraient-elles les cl\u00e9s de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle ?<\/h5>\n<p>Il ne faut d\u2019abord pas perdre de vue que, m\u00eame en d\u00e9clin, le salariat modeste (ouvriers, employ\u00e9s) repr\u00e9sente toujours la moiti\u00e9 de la population. A ce titre, les classes populaires sont un enjeu \u00e9lectoral absolument consid\u00e9rable, d\u2019autant que c\u2019est cette moiti\u00e9 de la population qui est aujourd\u2019hui la plus en difficult\u00e9 et dont les enfants souffrent le plus \u00e9galement. Pour la gauche, je dirai que cela devrait \u00eatre la priorit\u00e9 num\u00e9ro un, m\u00eame si son discr\u00e9dit est important dans cette population. Apr\u00e8s, il est bien clair que les \u00abclasses moyennes\u00bb, m\u00eame dans le sens assez circonscrit que nous donnons \u00e0 ce terme, repr\u00e9sentent d\u00e9sormais une partie importante de l\u2019\u00e9lectorat et surtout plac\u00e9e \u00e0 son point de bascule. On reste tr\u00e8s loin du\u00a0<em>\u00abdeux Fran\u00e7ais sur trois\u00bb<\/em>\u00a0de VGE ou de la\u00a0<em>\u00abmoyennisation\u00bb<\/em>\u00a0proph\u00e9tis\u00e9e par Henri Mendras, mais une classe moyenne \u00absociologique\u00bb, assez coh\u00e9rente avec la classe moyenne \u00abpolitique\u00bb fantasm\u00e9e par la droite et le centre, a cr\u00fb au c\u0153ur de la soci\u00e9t\u00e9, au point d\u2019avoir sans doute aujourd\u2019hui un r\u00f4le d\u2019arbitre qu\u2019elle n\u2019a jamais eu auparavant. Cela pose \u00e9videmment un probl\u00e8me redoutable pour la gauche : comment s\u00e9duire cette nouvelle classe moyenne, prise dans des luttes extr\u00eamement \u00e2pres de pr\u00e9servation de son statut et de promotion individuelle (\u00e0 l\u2019\u00e9cole, dans l\u2019emploi, sur le march\u00e9 r\u00e9sidentiel), tout en aidant les familles modestes et leurs enfants \u00e0 surnager, eux qui subissent de plein fouet l\u2019\u00e9chec scolaire, le ch\u00f4mage et les difficult\u00e9s de logement. Comment lutter \u00e0 la fois contre l\u2019appauvrissement de la classe ouvri\u00e8re et la peur du d\u00e9classement des classes moyennes, sachant que tout ce qui att\u00e9nue le premier augmente potentiellement la seconde ? Pour la gauche, c\u2019est l\u2019\u00e9quation cl\u00e9 de la pr\u00e9sidentielle, avec une concurrence de type Bayrou et \u00e9cologistes du c\u00f4t\u00e9 des classes moyennes et une concurrence de type extr\u00eame droite du c\u00f4t\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re.<\/p>\n<h5>Que pensez-vous des propositions fiscales des candidats en direction des classes moyennes ?<\/h5>\n<p>Le d\u00e9bat fiscal est domin\u00e9 par l\u2019id\u00e9e que les classes moyennes paient beaucoup plus qu\u2019elles ne re\u00e7oivent, permettant \u00e0 une large population d\u2019assist\u00e9s de vivre sans efforts \u00e0 leurs crochets. Ce type de repr\u00e9sentation se fonde sur une d\u00e9finition des classes sociales (en termes de revenus courants) et des mesures des flux de transferts entre classes sociales qui sont, je pense, assez largement trompeuses : elles n\u00e9gligent que les personnes \u00e0 revenus interm\u00e9diaires d\u2019aujourd\u2019hui sont (en partie) les pauvres d\u2019hier et qu\u2019elles ont donc elles aussi dans le pass\u00e9 b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du syst\u00e8me. Inversement, certains pauvres d\u2019aujourd\u2019hui (les jeunes notamment) deviendront les revenus interm\u00e9diaires de demain et seront alors \u00e0 leur tour contributeurs nets. Pour une comptabilit\u00e9 plus juste, il faudrait \u00e9galement tenir compte des services publics\u00a0d\u2019enseignement ou de sant\u00e9, ce qui n\u2019est quasiment jamais le cas : l\u2019enseignement sup\u00e9rieur b\u00e9n\u00e9ficie par exemple beaucoup plus aux enfants des classes moyennes qu\u2019\u00e0 ceux du salariat modeste. Si nous ne parvenons pas \u00e0 ainsi enrichir les termes du d\u00e9bat fiscal, nous resterons prisonniers de la situation actuelle o\u00f9 une large fraction des classes moyennes a le sentiment d\u2019\u00eatre trait\u00e9 injustement et serait r\u00e9ticente \u00e0 un accroissement des imp\u00f4ts pour aider les plus d\u00e9munis. Il me semble qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un pr\u00e9alable pour que les classes moyennes et les classes populaires puissent adh\u00e9rer \u00e0 un quelconque projet fiscal.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Une interview\u00a0int\u00e9ressante\u00a0qui confirme qu&rsquo;il est pr\u00e9f\u00e9rable de s&rsquo;adresser \u00e0 des sp\u00e9cialistes (en\u00a0l\u2019occurrence\u00a0ici un sociologue) plut\u00f4t que d&rsquo;entamer une discussion de caf\u00e9 du commerce.<\/p>\n<p>Shukuru<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>INTERVIEW\u00a0\u00c9ric Maurin Economiste, directeur d\u2019\u00e9tudes \u00e0 l\u2019EHESS Par\u00a0SYLVAIN BOURMEAU Cosign\u00e9 par l\u2019\u00e9conomiste Eric Maurin et la sociologue Dominique Goux, et consacr\u00e9 \u00e0 la question cl\u00e9 mais m\u00e9connue des classes moyennes, le dernier petit volume de la R\u00e9publique des Id\u00e9es s\u2019annonce comme l\u2019une des contributions \u00e9ditoriales essentielles \u00e0 la campagne pr\u00e9sidentielle. 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