Méthodologie EC2

Étude de document  de nature strictement factuelle, (4 points): une question générale en deux temps (présenter le document puis exploiter les informations).

 Les attentes :

 « Le candidat est évalué sur sa capacité à étudier un document : il faut savoir le présenter et en exploiter les informations en les hiérarchisant.

Le candidat est évalué sur des savoir-faire et sa capacité à répondre à la question en adoptant une démarche méthodologique rigoureuse ».

 

Pour traiter cette partie, vous devez organiser votre réponse en deux parties. Vous devez effectuer :

– une présentation succincte du document (en indiquant la nature du document, l’auteur, la source, la date, le champ) ;

– une étude du document (en réalisant une lecture et une interprétation correctes des données chiffrées, une sélection pertinente des informations pour répondre à la question posée).

 

Conseils :

Il faut répondre à la question posée en exploitant le document factuel. Il faut donc interpréter et sélectionner les informations pertinentes. Attention : Il ne faut  pas paraphraser le document, ni se contenter de le résumer. Il ne faut pas non plus réciter le cours.

  • Quelques règles fondamentales :

Il faut identifier la nature du document (tableau, graphique, table de mobilité, courbe de lorentz,…)

 Il faut établir un lien entre le document et la question posée. Il faut savoir ce que l’on recherche dans un document. Pour cela il faut analyser la question en identifiant :

  • le chapitre et le thème du programme sur lesquels porte la question
  • la nature du travail demandé (le verbe où les adverbes donnent des indications)
  • les notions du programme contenues dans la question et les définir

 Les étapes pour analyser un document statistique 

 Identifier le document et les données

Prendre connaissance du titre et de la source. Le titre donne une clef de compréhension globale du texte. La source permet de situer l’information. Il faut être capable de définir les sigles comme INSEE, OCDE, FMI, PNUD, OFCE, BIT, DARES, etc.

Il faut repérer la nature des données (en volume, en valeur), les unités (en valeurs absolues : centaines, milliers, milliards ; en valeurs relatives ; pourcentages de répartition, pourcentages de variation), et les outils statistiques utilisés (taux de croissance annuel moyen, indices, déciles).

 Il faut traduire correctement les données et en faire une lecture rigoureuse.

Par exemple pour la lecture d’une proportion en identifiant le sous ensemble et l’ensemble total. Pour la lecture d’un taux de croissance : quand le taux de variation est positif, il y a une hausse de la variable observée, quand il diminue, il y a une baisse. Une diminution d’un taux de variation positif ne signifie pas qu’il y a une baisse de la variable observée mais ralentissement de sa progression.

  • Analyser les données et les sélectionner

Il faut dégager une tendance, une rupture, plusieurs périodes, lorsque le document décrit une évolution.

Il faut effectuer un traitement statistique utile en calculant un coefficient multiplicateur, un écart, en traduisant un indice en %.

Il faut selon le document, comparer deux séries de données pour découvrir une éventuelle corrélation, mettre en évidence des disparités.

  • Interpréter les données

Il faut expliquer certaines données : les écarts, les tendances, les accidents conjoncturels. Ce travail suppose une certaine culture économique et générale.

Il faut découvrir un éventuel rapport de causalité entre les données.

 Critiquer les données c’est-à-dire apprécier leur intérêt et leur limite

Cela suppose de ne retenir que les données utiles au sujet posé et éventuellement porter un regard critique sur la pertinence de certaines statistiques. 

Lire et exploiter un texte

PHASE 1 – AVANT de LIRE

  • Situer le texte :
    1. Quoi ? Sujet et Objet du texte
      • Lire Titre et sous-titres éventuels, parties soulignées, en gras
      • Lire questions, notes
    2. Qui ? SOURCE PRECISE
      • Auteur : permet de situer courant de pensée
      • Organisme : crédibilité du document
      • Support (journal, revue…) permet de situer l’info et de la relativiser
      • Date de publication
    3. Quand ? PERIODE de REFERENCE
      • La réalité économique et sociale évolue rapidement…
    4. Où ? Localisation géographique du texte
      • Si cette information n’est pas disponible sans entamer la lecture du texte, répondre à cette question après la phase (II)
  • Préparer la lecture :
    1. Repérer les différents paragraphes
    2. Se préparer à :
      •  souligner  les passages importants
      • entourer le vocabulaire économique et social
      • encadrer les mots d’articulation
  1. Relire les questions s’il y en a. Elles donnent une direction de lecture précieuse

PHASE 2 – La LECTURE OPTIMALE

  • La lecture
    1. Relire le TITRE
    2. 1er Paragraphe, puis autres paragraphes :
      • s’arrêter à la fin de chaque phrase et souligner les idées importantes
      • s’arrêter à la fin du paragraphe, dégager l’idée principale et la noter (Introduction ?). Reformuler l’idée essentielle avec vos propres termes pour éviter la paraphrase
    3. Fin du texte :
      • A l’aide des mots de liaisons, dégager les liens entre les idées :
        • renforcement : de même, ainsi, càd, …
        • opposition : mais, néanmoins, cependant …
        • explication : car, parce que, donc…
      • Retrouver le PLAN du texte (enchaînement des idées principales)

     B – Réflexion

  1. Intentionnalité
    • Pourquoi l’auteur a t-il écrit ce texte ? Pourquoi le professeur l’a-t-il justement sélectionné dans ce chapitre ? (le texte est à replacer dans un contexte plus vaste)
  2. S’agit-il d’un texte descriptif ou théorique ?
    • Descriptif (construit à partir d’exemples) : résumer ou remplacer les exemples puis retrouver l’analyse théorique qui les fonde
    • Théorique: (d’auteur, sur des auteurs, ou sur des mécanismes théoriques) : mettre en évidence les relations entre variables et les hypothèses. Un schéma facilitera alors la compréhension
  3. Apprécier les idées présentées
    • Chaque idée paraît-elle valable en tout temps, en tout lieu ?
    • Mobiliser ses connaissances pour être critique
    • Quels exemples ou contre exemples ; quelles explications théoriques confirment ou infirment ces idées

PHASE 3 – EXPLOITER LE TEXTE

 Une deuxième lecture plus rapide

  1. Se remettre en tête la situation du texte (PHASE 1)
  2. Relire le plan et les idées essentielles relevées
  3. Relire le texte en entier en gardant en tête le plan
    B – Utilisation du texte
  1. Trouver le lien idées principales / autres docs
  2. Trouver une problématique  ou l’intentionnalité du document
  3. Choisir des informations (chiffre, faits significatifs, exemples…)
  4. Construire ses arguments (ARGUMENTER = expliquer en apportant des PREUVES)
  5. Organiser sa réponse dans un PLAN

Rédiger une synthèse de cours

Vous venez de terminer un chapitre du cours. Il  s’agit maintenant d’organiser les connaissances du cours de façon à pouvoir réviser de manière efficace. Les activités sont utilisées pour acquérir des savoirs et des savoir-faire essentiels pour progresser en SES. Pour construire votre synthèse il faudra donc être attentif à ces deux aspects.

1) Relire activement le cours

On ne peut bien synthétiser que ce qui est compris. Il est donc souhaitable de relire le jour même ou le lendemain le cours suivi dans la journée afin de vérifier votre degré de compréhension et la qualité des notes que vous avez prises. Vous pourrez alors interroger votre professeur lors des cours suivants, réécrire certains passages peu clairs à l’aide des notes prises par vos camarades, ou utiliser un dictionnaire économique et social pour compléter certaines notions.

 

2) Sélectionner les connaissances pertinentes

L’objectif d’une synthèse est d’être … synthétique. Parmi tous les savoirs et savoir-faire abordés, vous devez arriver à distinguer l’essentiel de l’accessoire. Plusieurs pistes pour cela :

  • soyez attentifs aux objectifs annoncés en début de chaque activité (dans le manuel ou par votre professeur) : ils vous renseignent sur les points les plus importants.
  • faites le tri dans les données chiffrées des activités : la plupart du temps, lors des évaluations, les professeurs vous communiqueront des documents statistiques qui vous seront d’une aide précieuse. Mais il est utile de noter quelques chiffres clés pour certains indicateurs importants (dernier taux de chômage en France par exemple)
  • repérez les termes qui ont fait l’objet d’une définition

 

Exercice :

Faire la liste de toutes les notions qui ont été définies dans le chapitre

Essayer de lister l’essentiel du chapitre en quelques points

 

 

3) Hiérarchiser les connaissances sélectionnées

Vous devez ensuite organiser les connaissances que vous avez sélectionnées. Pour cela, il faut élaborer le plan du cours, si ce dernier ne vous a pas été transmis par votre professeur ou que vous souhaitez le réorganiser. Il s’agit donc de noter l’architecture du cours en repérant les grandes parties ainsi que les sous parties.

 

Exercice :

Construire un tableau avec les idées principales, secondaires et les exemples

 

4) Formaliser la synthèse du cours

La synthèse doit être un outil de travail et de révision. Pour cela il est nécessaire de soigner la forme et la présentation.  Il est donc recommandé de souligner, faire des retraits, utiliser des couleurs ou écrire plus gros pour distinguer des parties de cours ou mettre en relief des notions.

Une synthèse du cours peut être rédigée, ou présentée sous forme de schéma ou de tableau. L’utilisation de « schémas heuristiques » (ou « cartes mentales ») peut favoriser la mémorisation ou l’esprit de synthèse.

Méthodologie de l’épreuve composée

  1. Le choix du sujet (10’)

Lire les deux sujets

Regarder les documents et les questions de l’épreuve composée

 

  1. Mobilisation de connaissances (50’) 

Analyse de la question posée

Trouver les idées

Organiser la réponse

Rédiger

 

  1. Etude de document (50’)

Lecture du document

Présentation du document (avec lecture d’une donnée)

Analyser la question posée

 

 Raisonnement à partir d’un dossier documentaire (2h) 

Analyse du sujet

Quels sont les mots utilisés, la ponctuation …

Reconnaître le type de sujet

 

Apport des connaissances personnelles

 

Lecture des documents

Travail détaillé sur les documents (sous forme de tableau : N° du document, Idée principale, idées secondaires, idées personnelles ou exemple, partie où le document sera utilisé)

Pas de paraphrase. Si possible établir des relations entre les documents

 

Organisation du raisonnement 

Introduction

Organisation des idées, cohérence dans les enchaînements …

Conclusion

 Relecture (10’)

Orthographe, mots oubliés …

 

 

Réduire le temps de travail pour sauver l’environnement

A l’heure où la fiscalité environnementale monopolise les débats en France, un tout autre sujet anime le cercle des économistes écologiques, notamment aux Etats-Unis : la réduction du temps de travail.

Depuis plus de dix ans maintenant des chercheurs issus de structures aussi diverses que le CEPR de Washington (dont les spécialistes prévenaient d’une crise possible avant 2008) ou du Boston College l’attestent : il existe une corrélation forte entre le temps de travail et la dégradation de l’environnement. En somme, plus on travaille, plus on pollue.

La première étude sur le sujet date de 2005. En étudiant 18 Etats de l’OCDE, la sociologue américaine Juliet Schor (Boston College) conclut que plus les individus travaillent, moins ils disposent de temps pour « faire » : ils consomment donc des biens à forte empreinte écologique en privilégiant, par exemple, pour gagner du temps, l’avion ou les plats préparés. Le lien entre pollution et temps de travail s’explique ici par la « structure » de la consommation.

En 2007, les économistes et modélisateurs, David Rosnick et Mark Weisbrot (CEPR, Washington) démontrent que les différences de niveau de pollution et de consommation d’énergie entre les États-Unis et l’Europe, toutes choses égales par ailleurs, s’expliquent précisément par les différences entre les deux pays en termes de temps de travail. D’après leurs analyses, si les Européens avaient adopté un temps de travail équivalent à celui des Américains, ils consommeraient 30 % d’énergie en plus.

A l’inverse, si les Etats-Unis avaient adopté́ les standards européens de temps de travail, leurs émissions de CO2 en 2000 auraient été́ 7 % moindres que celles de 1990. Et les accords de Kyoto auraient été respectés… Les chercheurs insistent sur un effet volume : un temps de travail élevé entraîne une hausse de la croissance du PIB, et puisque celle-ci est corrélée à l’émission des gaz à effets de serre, un accroissement de facto de la pollution.

Quelques années plus tard, l’économiste suédois Jonas Nässén précise ces recherches. Ses études montrent qu’une réduction de 1 % du temps de travail engendrerait une réduction de la consommation d’énergie et d’émission de gaz à effet de serre de 0,8 % en moyenne. À l’heure où la RTT est sévèrement critiquée en France, Nässén préconise une semaine de travail de 30 heures par semaine pour faciliter l’atteinte des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

D’autres études, menées par Kyle Knight, Eugene Rosa et Juliet Schor, en 2013, portant sur l’ensemble des pays de l’OCDE de 1970 à 2007, le démontrent : non seulement la corrélation entre temps de travail et impact environnemental est forte, mais en plus les pays qui ont réduit leur temps de travail ont vu une amélioration très nette de leurs indicateurs environnementaux.

Lewis King et Jeoren Van de Bergh, en 2017 qui étudient différents scénarios de réduction du temps de travail concluent quant à eux, que les 30 heures hebdomadaire ne sauraient faire l’objet d’une annualisation : la semaine de 4 jours constitue l’option la plus bénéfique à l’environnement.

Pour l’instant, la faiblesse de ces études réside dans le fait qu’elles mettent en lumière une corrélation et non une causalité. Une faiblesse toute relative car le consensus scientifique est aujourd’hui très clair : les activités économiques sont responsables du dérèglement climatique.

Reste à affiner ces recherches pour mieux comprendre les ressorts de ce lien et éviter tout effet rebond en cas de réduction du temps de travail (c’est-à-dire d’éviter qu’elle ne se traduise par plus de voyages en avion par exemple), penser les conséquences en termes de revenu…

La réduction du temps de travail permet de créer des emplois, d’améliorer la qualité de vie et l’état de l’environnement : c’est un triple dividende positif. Mais, surtout, n’en débattons pas, affirment les économistes bien en cours.

Aurore Lalucq codirectrice de l’Institut Veblen pour les réformes économique
Article très intéressant, puisqu’il nous incite à la réduction du temps de travail.
Un temps de travail qui pourrait s’effectuer sur 4 jour serait intéressant à plusieurs égards.
D’une part, comme l’explique cet article, cela permettrait de réduire la consommation d’énergie et donc la pollution, ce qui serait favorable pour la planète
En effet, on peut penser qu’une journée de moins à travailler, limite les déplacements et entraîne des modifications dans notre mode de vie.
Ensuite, réduire le temps de travail, permet à la fois d’améliorer la productivité (moins de fatigue, plus de concentration …) et d’améliorer également la santé (moins malade parce que moins sollicité, moins de stress…) ce qui diminue les dépenses de santé et pourrait avoir des conséquences favorables sur les comptes de la sécurité sociale.
La réduction du temps de travail devrait également permettre le partage du temps de travail (désormais les magasins sont ouverts 6 jours sur 7, les employés ne peuvent plus seuls assumé l’amplitude horaire d’ouverture). ce partage devrait permettre de réduire le chômage et donc le coût des indemnités chômage, les dépenses de santé (l’absence d’emploi est préjudiciable à la bonne santé dans une société où travailler est l’objectif de chacun
Enfin libérer du temps de travail pourrait permettre de renforcer le lien social, grâce à un temps libre accru les échanges avec les voisins, le bénévolat pourrait se développer davantage.
Ainsi la réduction du temps de travail tant décriée par les zélateurs du capitalisme et de la liberté d’entreprendre, ne peut qu’être bénéfique pour la société.
Shukuru

Mobilité sociale

La structure sociale évolue favorablement, mais un quart des personnes de 30 à 59 ans expriment un sentiment de déclassement par rapport à leur père

Sur une génération, la structure sociale s’est modifiée vers le haut : en 2014-2015, 41 % des personnes de France métropolitaine âgées de 30 à 59 ans sont ou étaient cadres ou professions intermédiaires alors que ce n’était le cas que pour 29 % de leurs pères (figure 1). Ainsi, 27 % des personnes estiment que le niveau ou le statut de leur profession est plus élevé que celui atteint par leur père lorsqu’elles terminaient leurs études et 9 % qu’il est bien plus élevé (figure 2). Au total, près de quatre personnes sur dix expriment un sentiment d’ascension sociale par rapport à leur père.

Malgré cette progression globale de l’emploi vers des métiers plus qualifiés, un quart des personnes se considèrent déclassées socialement par rapport à leur père : 19 % jugent que le niveau ou le statut de leur profession est plus bas et 6 % qu’il est bien plus bas. Le sentiment de déclassement est donc minoritaire au sein de la population et moins fréquent que celui d’ascension sociale.

Enfin, 22 % des personnes pensent que leur profession est à peu près équivalente à celle de leur père et 9 % que leur profession n’est pas comparable.

Figure 1 – Catégorie socioprofessionnelle des personnes en 2014-2015 et de leurs parents

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Figure 1 – Catégorie socioprofessionnelle des personnes en 2014-2015 et de leurs parents
Ensemble Femmes Hommes Mère Père
Agriculteurs exploitants 1,7 0,9 2,5 5,5 7,8
Artisans et commerçants 6,0 3,7 8,4 5,9 11,1
Cadres et assimilés* 16,5 13,5 19,7 3,8 14,4
Professions intermédiaires 24,5 24,7 24,2 10,6 14,5
Employés et ouvriers qualifiés 31,1 29,0 33,3 22,8 33,9
Employés et ouvriers non qualifiés 18,9 25,7 11,6 25,2 13,0
N’a jamais travaillé ou profession inconnue 1,5 2,5 0,3 26,1 5,3
Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
  • Lecture : en 2014-2015, 19,7 % des hommes sont cadres, 25,2 % des personnes ont une mère qui était employée ou ouvrière non qualifiée à la fin de leurs études.
  • Champ : France métropolitaine, personnes de 30 à 59 ans.
  • Source : Insee, enquête FQP 2014-2015.

Figure 2 – Appréciation de sa propre profession par comparaison avec celle de ses parents

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Figure 2 – Appréciation de sa propre profession par comparaison avec celle de ses parents
Comparaison avec le père Comparaison avec la mère
Ensemble Femmes Hommes Ensemble Femmes Hommes
Par rapport au parent, le niveau ou statut de la profession est…
Bien plus élevé ou plus élevé (ascension) 35,8 31,7 40,3 40,4 38,0 43,0
Bien plus élevé 9,3 7,5 11,4 14,4 12,4 16,6
Plus élevé 26,5 24,3 29,0 26,0 25,7 26,4
À peu près le même 21,8 20,3 23,5 15,5 17,8 13,1
Plus bas ou bien plus bas (déclassement) 25,0 27,3 22,5 10,3 11,2 9,4
Plus bas 18,7 20,2 17,0 8,2 9,0 7,5
Bien plus bas 6,3 7,1 5,5 2,1 2,2 1,9
Pas comparable 9,3 11,0 7,5 6,2 5,9 6,4
Pas de réponse 3,3 3,8 2,8 2,4 2,5 2,2
Non concerné* 4,7 5,9 3,4 25,2 24,6 25,9
Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
  • Lecture : 40,3 % des hommes considèrent que le niveau ou le statut de leur profession est plus élevé ou bien plus élevé que celui de leur père.
  • Champ : France métropolitaine, personnes de 30 à 59 ans.
  • Source : Insee, enquête FQP 2014-2015.

Les sentiments de déclassement ou d’ascension sociale concernent, avec une intensité variable, tous les milieux sociaux

L’appréciation des personnes sur leur situation sociale, comparativement à celle de leur père, est, assez naturellement, très liée à leur propre catégorie socioprofessionnelle. Plus les personnes se situent en haut de l’échelle sociale, plus elles expriment un sentiment de promotion sociale : 50 % des cadres se considèrent mieux classés que leur père, contre 22 % des employés ou ouvriers non qualifiés (figure 3). Inversement, les employés et ouvriers non qualifiés sont les plus nombreux (36 %) à se sentir déclassés. Cependant, les sentiments de déclassement ou d’ascension sociale sont assez largement diffusés au sein de la population et concernent toutes les catégories socioprofessionnelles : quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle considérée, six à sept personnes sur dix estiment occuper une position sociale différente de celle de leur père. Par ailleurs, près d’un cadre sur cinq se sent moins bien classé socialement que son père ; une même proportion d’ouvriers et d’employés non qualifiés se considèrent mieux classés que leur père.

L’appréciation de sa propre position sociale dépend encore plus nettement du milieu d’origine. Ainsi, seuls 16 % des enfants de cadres considèrent que leur profession est plus élevée que celle de leur père, illustrant un effet « plafond » : lorsque la position d’origine est élevée, il est a priori difficile de progresser encore dans la hiérarchie sociale. Symétriquement, seuls 13 % des enfants d’employés ou d’ouvriers non qualifiés se sentent déclassés, traduisant un effet « plancher ». Les enfants d’agriculteurs se sentent également peu souvent déclassés par rapport à leur père (13 %). Dans leur grande majorité, ils ont quitté le monde agricole et leur appréciation se réfère sans doute aux conditions de travail très difficiles de leur père.

Le lien est fort entre la mobilité sociale et la mobilité ressentie

Afin de confronter le ressenti des personnes sur leur position sociale à leur mobilité sociale, une typologie des trajectoires sociales, croisant la catégorie socioprofessionnelle des personnes et celle de leur père, est construite. Quatre grands types de trajectoires sont ainsi définis : mobilité sociale ascendante, mobilité sociale descendante, immobilité sociale et mobilité de statut.

Les situations de mobilité sociale, ascendante ou descendante, sont moins fréquentes avec cette mesure qu’à partir du ressenti des personnes (figures 2 et 4). Une personne peut en effet exercer la même profession que son père et en avoir une appréciation très différente. Néanmoins, pour les hommes, la mobilité sociale ascendante est plus importante que la mobilité sociale descendante (27 % contre 16 %), soit un rapport de 1,6, comparable à celui observé pour la mobilité ressentie (1,8). Par contre, pour les femmes, la trajectoire observée et le ressenti discordent : relativement à leur père, les femmes sont plus nombreuses à avoir une trajectoire sociale descendante qu’ascendante (27 % contre 21 %), mais elles se considèrent plus souvent mieux classées que leur père que l’inverse (32 % contre 27 %).

Figure 4 – Mobilité sociale observée par rapport au père

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Figure 4 – Mobilité sociale observée par rapport au père
Ensemble Femmes Hommes
Mobilité sociale ascendante 23,9 21,2 26,8
Immobilité sociale (même catégorie que le père) 32,8 30,5 35,2
Mobilité sociale descendante 21,7 26,9 16,3
Mobilité de statut 21,6 21,4 21,7
Ensemble 100,0 100,0 100,0
  • Lecture : 23,9 % des personnes connaissent une mobilité sociale ascendante par rapport à leur père.
  • Champ : France métropolitaine, personnes de 30 à 59 ans.
  • Source : Insee, enquête FQP 2014-2015.

Le lien est cependant fort entre la mobilité sociale et la mobilité ressentie. Ainsi, il est logiquement bien plus fréquent de se sentir déclassé lorsque l’on connaît une mobilité sociale descendante (53 % ; figure 5). De fait, 43 % des personnes qui se sentent déclassées connaissent effectivement une mobilité sociale descendante. Dans près de la moitié des cas, il s’agit d’employés ou ouvriers non qualifiés dont le père était employé ou ouvrier qualifié (10 %) ou de professions intermédiaires dont le père était cadre (11 %).

Plus l’origine et la destinée sociales sont éloignées, plus les personnes sont nombreuses à se sentir déclassées. Ainsi, 63 % des professions intermédiaires dont le père était cadre jugent leur profession moins élevée que celle de leur père (figure 5). Ce taux est de 21 points supérieur pour les employés ou ouvriers non qualifiés enfants de cadres. Passer de cadre à employé ou ouvrier est ressenti très négativement, avec la même fréquence, que l’emploi soit qualifié ou non. En revanche, lorsque le père occupait une profession intermédiaire, le sentiment de déclassement est beaucoup moins fort chez les employés ou ouvriers qualifiés (45 %) que chez les non qualifiés (66 %).

Figure 5 – Mobilité sociale et sentiment de déclassement par rapport au père

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Figure 5 – Mobilité sociale et sentiment de déclassement par rapport au père
Part au sein des personnes qui se sentent déclassées Sentiment de déclassement
Mobilité sociale ascendante 7,6 8,5
Immobilité sociale (même catégorie que le père) 29,5 24,1
Cadres et assimilés* 7,9 34,1
Professions intermédiaires 4,5 24,0
Artisans, commerçants 1,4 26,5
Agriculteurs 0,8 15,9
Employés et ouvriers qualifiés 11,4 21,5
Employés et ouvriers non qualifiés 3,5 20,7
Mobilité sociale descendante (Position du père → Position de la personne) 43,3 53,3
Cadres et assimilés* → Professions intermédiaires 10,9 62,7
Cadres et assimilés* → Employés et ouvriers qualifiés 6,9 76,6
Cadres et assimilés* → Employés et ouvriers non qualifiés 3,6 83,6
Professions intermédiaires → Employés et ouvriers qualifiés 6,6 45,4
Professions intermédiaires → Employés et ouvriers non qualifiés 5,1 65,6
Employés et ouvriers qualifiés → Employés et ouvriers non qualifiés 10,2 36,1
Mobilité de statut 19,6 23,0
Ensemble 100,0 25,0
  • Lecture : 43,3 % des personnes qui se considèrent moins bien classées que leur père connaissent une mobilité sociale descendante. 53,3 % des personnes qui connaissent une mobilité sociale descendante se sentent déclassées par rapport à leur père.
  • Champ : France métropolitaine, personnes de 30 à 59 ans.
  • Source : Insee, enquête FQP 2014-2015.

Le sentiment de déclassement concerne un quart des personnes qui appartiennent à la même catégorie que leur père

Le sentiment de déclassement ne concerne pas uniquement les personnes dont la mobilité sociale est descendante. En effet, 57 % des personnes qui se sentent déclassées connaissent soit une mobilité ascendante (8 %), soit une mobilité de statut (20 %) ou encore appartiennent à la même catégorie socioprofessionnelle que leur père (30 % ; figure 5). Par ailleurs, 24 % des personnes qui occupent la même position sociale que leur père estiment qu’elles sont moins bien classées que lui. Cette tendance est particulièrement marquée en haut de l’échelle sociale : 34 % des personnes qui, comme leur père, sont cadres se sentent déclassées. À l’inverse, ce ressenti est plus faible (16 %) chez les agriculteurs enfants d’agriculteurs, compte tenu sans doute de la profonde transformation du monde agricole : en 2014-2015, les agriculteurs sont plus diplômés que leurs pères et plus fréquemment à la tête d’exploitations de grande taille.

Pour les femmes, un ressenti plus favorable lorsqu’elles se comparent à leur mère

Se comparant à leur père, l’appréciation des femmes est en général moins favorable que celle des hommes : 27 % d’entre elles se considèrent moins bien classées socialement que leur père, contre 23 % pour les hommes (figure 2). Cet écart s’explique en grande partie par les inégalités de genre sur le marché du travail : femmes et hommes n’occupent pas les mêmes professions. En effet, si la mixité professionnelle progresse, la surreprésentation masculine dans les métiers les plus qualifiés et la surreprésentation féminine dans les emplois non qualifiés existent toujours (figure 1). À trajectoire sociale donnée, les écarts de ressenti entre femmes et hommes sont moindres. La différence de ressenti entre femmes et hommes reste marquée chez les enfants de cadres. Quand leur trajectoire sociale est descendante, les femmes se sentent plus souvent déclassées que les hommes. Il en est de même lorsqu’elles sont cadres comme leur père.

Les inégalités de genre dans les positions sociales étaient plus prononcées encore dans la génération des parents (figure 1). Ainsi, le sentiment de déclassement est nettement moins fréquent lorsque les personnes, femmes ou hommes, se comparent à leur mère : il est exprimé par 10 % des personnes quand elles se comparent à leur mère contre 25 % quand elles se réfèrent à leur père. Aussi, une autre façon de mesurer les écarts de ressenti entre femmes et hommes est de mener la comparaison avec le parent de même sexe. Les femmes se sentent alors deux fois moins souvent déclassées que les hommes (11 % contre 23 %). Et cet écart ne peut s’expliquer uniquement par la faible participation des mères au marché du travail : quand on se limite aux cas où parent et enfant travaillent ou ont travaillé, l’écart entre femmes et hommes se réduit, mais reste très marqué. Lorsqu’elles se comparent à leur mère, les femmes sont ainsi trois fois plus nombreuses à déclarer une ascension sociale plutôt qu’un déclassement.

Le sentiment de déclassement social diminue quand l’âge augmente

Se sentir déclassé par rapport à son père, tout comme le fait de connaître une mobilité sociale descendante, est moins fréquent à mesure que l’âge augmente : 29 % des personnes de 30 à 39 ans se considèrent moins bien classées que leur père, contre 22 % pour les personnes de 50 à 59 ans (figure 3). Ces différences selon l’âge pourraient refléter davantage de mobilités descendantes pour les plus jeunes générations, sans qu’il ne soit possible de conclure. En effet, les différentes générations ne sont pas observées au même stade de leur carrière : les plus jeunes sont encore au début de leur carrière alors que les plus anciennes sont plus avancées.

Minoritaire, le sentiment de déclassement existe aussi chez les cadres

Les cadres occupent une position plutôt privilégiée dans la stratification sociale et, par construction de la typologie des mobilités retenue, ils ne peuvent pas connaître de mobilité sociale descendante. D’ailleurs, la majorité se déclare mieux classée que leur père. Malgré tout, 18 % d’entre eux se considèrent moins bien classés que leur père (figure 3). Ce taux global de déclassement recouvre une certaine diversité selon la profession. En particulier, les professions de l’information, des arts et des spectacles se distinguent assez nettement des autres : le sentiment de déclassement y est particulièrement fort (30 %). La moindre proportion de contrats à durée indéterminée et la faiblesse relative des rémunérations dans ces professions expliquent probablement ce sentiment.

Les femmes cadres sont globalement plus nombreuses (20 %) à se sentir déclassées par rapport à leur père que les hommes (15 %). Cette différence ne relève ni d’un effet de structure lié aux professions exercées (elle concerne toutes les professions), ni d’un effet de structure lié aux origines sociales (femmes et hommes cadres sont aussi nombreux à avoir un père cadre). Ces écarts peuvent en revanche refléter les différences de rémunérations qui existent entre femmes et hommes.

Les conditions d’emploi expliquent en partie le ressenti des employés et des ouvriers

Les employés et les ouvriers sont les plus sujets au sentiment de déclassement : 30 % d’entre eux se sentent déclassés et ils représentent près de 60 % des personnes qui se sentent déclassées. 53 % des employés et ouvriers non qualifiés ont une position sociale moins élevée que celle de leur père et 36 % se sentent effectivement déclassés. La mobilité sociale descendante et le sentiment de déclassement sont, logiquement, moins fréquents chez les employés et les ouvriers qualifiés, avec des taux respectifs de 19 % et de 26 %.

Au sein des employés et des ouvriers, le sentiment de déclassement varie fortement selon les professions. Il est ainsi plus élevé pour les ouvriers agricoles (45 %), les caissiers (43 %), les serveurs, aides de cuisine et employés d’hôtel (40 %) ou encore les vendeurs non spécialisés (37 %). Dans ces professions, les conditions d’emploi sont en effet moins favorables (davantage de temps partiel, risque de chômage plus élevé et revenu plus faible) et les mobilités sociales descendantes plus fréquentes. À l’inverse, le sentiment de déclassement est plus faible chez les ouvriers qualifiés, notamment ceux de l’industrie, du bâtiment et des travaux publics ou de la mécanique et du travail des métaux, pour lesquels la mobilité sociale descendante est très rare (environ 10 %). Ce sentiment est également peu répandu parmi les militaires, les policiers, les surveillants pénitentiaires et les pompiers (17 %). Ces professions s’inscrivent plus souvent dans une trajectoire sociale descendante (environ 30 %), mais le risque de chômage y est plus faible et les rémunérations plus élevées que pour les autres employés ou ouvriers.

https://www.insee.fr/fr/statistiques/2897850

 

Les inégalités de niveau de vie continuent d’augmenter

Si l’on prend comme point de comparaison le début des années 1970, les inégalités de revenus ont baissé. Depuis une vingtaine d’années, changement de cap : les inégalités repartent à la hausse. Dans un premier temps, les niveaux de vie des très riches se sont envolés. Puis, à partir de la fin des années 2000 les revenus des plus pauvres ont baissé. Le jugement que l’on peut porter sur l’évolution des inégalités de revenus dépend de l’échelle de temps et de l’instrument de mesure que l’on utilise.

L’outil le plus souvent utilisé pour mesurer les inégalités de revenus est appelé « rapport interdécile », rapport entre le niveau de vie minimum des 10 % les plus riches (ce qui s’appelle un décile, le neuvième) et le niveau de vie maximum des 10 % les plus pauvres (le premier décile). Tout cela, après impôts directs et prestations sociales, pour une personne seule.

Avec cet outil, et si on observe les choses depuis les années 1970, la diminution des inégalités est nette : en 1970, les plus modestes avaient un niveau de vie maximum 4,6 fois moins élevé que les 10 % les plus riches. En 2015, ce rapport est de 3,5. La baisse des inégalités de revenus a été continue des années 1970 au début des années 1990. Depuis, ce rapport stagne aux alentours de 3,5 avec un pic à 3,6 en 2011

L’indice de Gini est un autre outil de mesure des inégalités de revenus. Il les décrit mieux que le rapport précédent car il tient compte de l’ensemble des revenus de la population, des plus faibles aux plus élevés. Le rapport interdécile ne donne aucune information sur les revenus moyens ou extrêmes notamment. Si quelques très hauts revenus (parmi les 5 % les plus riches par exemple) s’envolent, le rapport interdécile ne bouge pas alors que l’indice de Gini en tient compte. Plus cet indice est proche de zéro, plus on s’approche de l’égalité. Plus il tend vers un, plus l’inégalité est forte. Comme le rapport interdécile, l’indice de Gini montre que la situation s’est nettement améliorée entre les années 1970 et le début des années 1990 puis qu’elle s’est inversée. L’indice de Gini est remonté, avec un sommet en 2011.

Les inégalités de revenus n’explosent pas, notamment parce que notre système de protection sociale limite le creusement des écarts. Les hausses d’impôts de 2011 à 2013 ont également contribué à réduire les inégalités de niveaux de vie. Reste le changement de tendance : notre pays, comme bien d’autres, ne marche plus vers l’égalité en matière de revenus. La hausse des inégalités est réelle depuis le milieu des années 1990 même si elle reste globalement modérée.

Depuis 2003, le niveau de vie moyen des 10 % les plus pauvres ne progresse plus, alors que, jusqu’au début des années 2000, la tendance était à l’augmentation. Sur la période, le niveau de vie moyen des 10 % les plus pauvres a évolué en dents de scie [3]. En 2015, il est au même niveau que dix ans plus tôt, en 2005. Cette stagnation globale masque des périodes de progrès et de vaches maigres. La baisse notable que nous avions soulignée entre 2008 et 2012 s’est heureusement interrompue et le niveau de vie moyen des 10 % les plus pauvres a progressé depuis. Si on fait abstraction des effets conjoncturels, depuis le début des années 2000, ce niveau de vie stagne.

L’évolution du niveau de vie moyen des 10 % les plus aisés est marquée par une progression quasiment ininterrompue entre 2003 et 2011, d’autant plus étonnante que la France a connu un profond ralentissement économique. Au cours de cette période, le niveau de vie moyen mensuel des 10 % les plus riches a augmenté de 678 euros. Entre 2011 et 2013, il a diminué très nettement, sous l’effet notamment des hausses d’impôts : – 434 euros en deux ans. Depuis 2013, il est reparti à la hausse, avec un gain de 112 euros en deux ans. De 2003 à 2015, le gain est net : + 356 euros mensuels. Ce n’est plus l’euphorie de la fin des années 2000, mais les gains demeurent notables et contrastent avec la stagnation du niveau de vie des 10 % les plus pauvres.

En douze ans (de 2003 à 2015), le niveau de vie mensuel moyen des plus riches a progressé de 356 euros quand celui des plus pauvres n’a gagné que 6 euros (après inflation). L’écart entre le niveau de vie mensuel moyen des 10 % les plus riches et celui des 10 % les plus pauvres s’est fortement accru entre 2003 et 2011, du fait de la hausse des revenus des plus riches. De 3 700 euros par mois en 2003, l’écart est passé à près de 4 400 euros en 2011. Il a diminué ensuite pour passer sous la barre des 4 000 euros en 2013. Cette baisse est en partie due aux hausses d’impôts qui ont touché les plus aisés. Depuis 2014, l’écart a repris sa progression, principalement sous l’effet d’une hausse du niveau de vie des plus riches. En 2015, chaque mois les 10 % les plus favorisés disposent en moyenne d’environ 4 000 euros de plus après impôts à dépenser, que les 10 % les plus modestes.

Les commentaires sur l’évolution des inégalités de revenus sont souvent erronés. En effet, ils ne tiennent pas compte des ruptures de séries de 2010 et 2012 qui faussent les comparaisons. L’Observatoire des inégalités est le seul organisme à publier des séries qui tiennent compte des changements de méthode de l’Insee. Les exagérations sont nombreuses, entre ceux qui veulent absolument montrer que les écarts se réduisent ou, inversement, qu’ils explosent, alors que ni l’un ni l’autre n’est vrai. Le modèle social français (grâce aux systèmes de retraites et aux prestations sociales notamment) amortit les chocs même s’il n’empêche pas la stagnation du niveau de vie des plus pauvres. Nous soulignons de longue date la situation dans laquelle se trouvent les catégories populaires, qui génère de fortes tensions.

Il est difficile de préjuger de l’évolution des inégalités depuis 2015, date à laquelle s’arrêtent les données de l’Insee sur les revenus. Le niveau de vie des catégories aisées a repris sa progression depuis 2013 et on voit mal ce qui aurait pu l’interrompre depuis. Les revenus financiers notamment sont en hausse et les politiques fiscales sont redevenues plus favorables aux plus aisés. En bas de l’échelle, la baisse du chômage a un effet favorable, qui se traduit par une diminution du nombre d’allocataires de minima sociaux. Mais les politiques de baisse des allocations logement ou de suppression des contrats aidés vont avoir un effet inverse très direct. Cette situation laisse présager le retour de fortes tensions autour du partage de la richesse dans un contexte de stagnation des revenus pour les couches moyennes.

https://www.inegalites.fr/Les-inegalites-de-niveau-de-vie-continuent-d-augmenter

 

La croissance revient, la croyance repart !

Après une décennie de faux départs, de vraies erreurs de politique macroéconomique et de spéculations plus ou moins bien fondées sur le retour de la « stagnation séculaire », la croissance économique a retrouvé en 2017 un niveau élevé dans la plupart des régions du monde. Les institutions internationales, européennes et françaises sont formelles : cette tendance va s’accélérer en 2018. Faut-il s’en réjouir ? Tout dépend de ce que l’on sait de la croissance économique et de ce que l’on croit être les véritables défis du XXIe siècle.

La « croissance » désigne l’augmentation du niveau du produit intérieur brut (PIB) à prix constants. Le PIB mesure la production de biens et services échangés sur les marchés et monétarisés au cours d’une période donnée en comptabilisant les flux de revenus, de dépenses ou de valeur ajoutée. Dès lors, par construction, PIB et croissance ne reflètent qu’une très faible part des déterminants du bien-être humain et en aucune façon la soutenabilité de ce dernier.

Le bien-être humain dépasse en effet de loin la consommation de biens et services marchands : il peut s’agir du bien-être individuel – la santé ou l’éducation d’un individu –, mais aussi du bien-être collectif, par exemple la qualité des institutions ou le niveau des inégalités. Il doit être apprécié en dynamique, sous une contrainte écologique de plus en plus forte au XXIe siècle.

Même pour des dimensions élémentaires du bien-être économique telles que le revenu et l’emploi, la pertinence du PIB comme instrument de compréhension et de pilotage des systèmes économiques doit être mise en doute (ainsi observe-t-on des « reprises sans emploi » ou des baisses du revenu des ménages alors que le PIB s’accroît). En somme, le PIB est trompeur quant au bien-être économique, aveugle au bien-être humain et muet sur la soutenabilité écologique. La croyance dans la croissance est soit une illusion, soit une mystification.

On peut, pour s’en convaincre, considérer la situation des Etats-Unis et de la France. Les Etats-Unis sont réputés croître actuellement plus vite que les Etats membres de l’Union européenne et les autres pays de l’OCDE, et connaissent une progression historique du profit de leurs entreprises et de leurs marchés boursiers. Croissance, profit, finance ou la Sainte Trinité de l’illusion économique !

Considérons une autre trilogie – santé, inégalités, institutions – et le chatoyant tableau américain vire au tragique : les données disponibles montrent que les inégalités sociales sont plus élevées aujourd’hui qu’au début du XXe siècle, fracturant sans répit la société américaine et réduisant à néant les espoirs de mobilité sociale ; l’espérance de vie recule, tandis que des pans entiers de la population succombent depuis le début des années 2000 sous le coup du « désespoir social ». Enfin, la confiance dans le Congrès a été divisée par deux depuis le milieu des années 1970, tandis que la polarisation politique, qui atteint des niveaux sans précédent, paralyse la démocratie.

Tout porte à croire que la loi fiscale votée en fin d’année dernière par le Parti républicain va augmenter encore le profit des entreprises, les indices boursiers et finalement la croissance économique, tout en continuant de dégrader les inégalités, la santé et la confiance dans les institutions. Obsédés par la boussole faussée de la croissance, les républicains ruinent le pays : mesurer, c’est gouverner.

La France n’est pas en reste : sur fond d’une croissance « historique » de 2 % en 2017, le pays a augmenté ses émissions de gaz à effet de serre tout en reniant son engagement légal d’engager une véritable transition énergétique, poursuivi le saccage de sa biodiversité et de son patrimoine naturel exceptionnel, préparé une forte augmentation de ses inégalités au moyen de mesures fiscales et sociales régressives et continué de paupériser et de désorganiser son système d’éducation, de santé et ses territoires, qui sont sans doute les trois sources essentielles de sa prospérité à long terme.

Au secours, la croissance revient ! La question pour 2018 est la suivante : quelle nouvelle régression sociale le gouvernement actuel va-t-il justifier au nom du retour de la croissance ?

De quoi faut-il donc se soucier, sinon de la croissance ? Trois horizons collectifs doivent être remis au cœur du gouvernement de l’économie, qui n’est qu’une facette de la coopération sociale : le bien-être, la résilience et la soutenabilité.

Viser le bien-être consiste à valoriser les véritables déterminants de la prospérité humaine, au-delà des seules conditions matérielles et du bien-être économique (se soucier de la « qualité de vie » et du développement humain). Construire la résilience, c’est s’assurer que ce bien-être humain puisse supporter les chocs à venir (notamment environnementaux), comme l’illustre la question majeure de l’adaptation de nos territoires au changement climatique. Enfin, rendre nos sociétés soutenables, c’est comprendre à quelles conditions le bien-être humain peut se projeter et se maintenir durablement dans le temps, sous une contrainte écologique de plus en plus forte, afin d’en tirer toutes les conséquences ici et maintenant, au plan local comme au niveau global.

Comment rapprocher ces horizons de nous ? En inscrivant le bien-être humain d’aujourd’hui et de demain au cœur des politiques publiques et des institutions, comme vient de le proposer le Sénat, reprenant des propositions récentes de réforme du débat budgétaire.

Le PIB et la croissance n’ont pas été conçus pour mesurer et a fortiori préserver ou augmenter le bien-être humain : ils ne peuvent le favoriser que par accident. Les défis du XXIe siècle sont trop pressants pour que nous puissions nous contenter de croire que ces heureux accidents vont enfin se produire.

 

Eloi Laurent Economiste, professeur à Sciences Po et à l’université de Stanford

https://www.alternatives-economiques.fr/eloi-laurent/croissance-revient-croyance-repart/00084241

 

Fiche cours Economie approfondie Chapitre 1

Stratégies d’entreprises et politiques de concurrence dans une économie globalisée

 Chapitre 1 : Dans quelles circonstances les entreprises peuvent-elles exercer un pouvoir de marché ?

Notions : Barrière à l’entrée, coût marginal, coût moyen, faiseur de prix, monopole discriminant, oligopole, pouvoir de marché, preneur de prix, recette marginale, recette moyenne

 Plan

Introduction

  1. Les différentes structures de marché

La concurrence pure et parfaite ; Le monopole ; L’oligopole

  1. Les stratégies des entreprises

Coopération ; Concurrence ; Différenciation ; Fusions / acquisition ; Barrières à l’entrée

  1. Le monopole discriminant

Conclusion

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En complément

Vidéos

https://www.youtube.com/watch?v=KZGRhVIII5Q

https://www.youtube.com/watch?v=9ZUoe84foBY

Documents

http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20130326.OBS6013/guerre-des-lunettes-low-cost-saison-2.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/12/09/la-cooperation-entre-entreprises-francaises-et-allemandes-un-atout-pour-l-europe_3528042_3232.html

https://www.challenges.fr/automobile/actu-auto/psa-lache-fiat-et-mise-sur-opel-et-toyota-dans-les-utilitaires_29440

Résumé du chapitre

La concurrence pure et parfaite, demeure la règle de fonctionnement des marchés qui permet aux consommateurs d’obtenir une satisfaction optimale. Mais il existe différents types de marché, en fonction des biens et services vendus, en fonction de la présence de l’Etat ou de sa régulation et ces marchés sont rarement en situation de concurrence pure et parfaite. Les marchés oligopolistiques et monopolistiques sont plus fréquents.

Les entreprises qui sont preneuses de prix par définition, cherchent à devenir faiseuses de prix et donc à exercer un pouvoir de marché.

Il existe différentes formes de stratégies :

– La coopération (elle suppose une certaine confiance entre les entreprises,

– les fusions / acquisitions sont des stratégies de développement des entreprises, elles permettent de mieux contrôler un marché (inputs ou outputs) en achetant ses fournisseurs, ses distributeurs ou ses concurrents. Cette stratégie n’est envisageable que lorsque les entreprises atteignent une certaine taille.

– Les barrières à l’entrée : elles peuvent provenir de l’Etat qui protège des activités stratégiques, sinon elles sont condamnées par l’Europe.

Les entreprises cherchent aussi la diversification qui peut amener à la concurrence monopolistique, laquelle permet de déterminer plus librement son prix.

Deux obstacles au pouvoir de marché : l’Etat et sa politique de régulation (pour éviter les abus) ; la demande et l’élasticité (si les prix ne correspondent pas à une satisfaction optimale, les consommateurs partent à la concurrence).

Sujets de BAC

Comment un monopole discriminant peut-il exercer son pouvoir de marché ?

Fiche cours chapitre 1

Croissance fluctuations et crises

 Chapitre 1 : Quelles sont les sources de la croissance économique ?

Notions : PIB, IDH, investissement, progrès technique, croissance endogène, productivité globale des facteurs, facteur travail, facteur capital

 Plan

Introduction

  1. La mesure de la croissance et ses limites
  2. Le RND et l’IDH des indicateurs plus pertinents ?
  3. Les facteurs de la croissance économique
    1. L’utilisation des facteurs de production
    2. L’investissement et le progrès technique
    3. Le commerce international
    4. Le rôle des institutions et des droits de propriété

Conclusion

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En complément

Video

http://dessinemoileco.com/quest-ce-que-le-produit-interieur-brut/

https://www.canal-u.tv/video/canal_aunege/la_mesure_de_la_croissance_economique.14799

Statistiques

https://www.insee.fr/fr/statistiques/3602885

Fiche concept

http://ses.tice.ac-orleans-tours.fr/php5/pedagogie/pedagogie_par_niveau/terminale/documents/fondamentaux/01_fiche_concept_croissance.doc

Carte mentale

https://scienceseconomiquesetsocialesterminale.files.wordpress.com/2014/07/carte-mentale-pib-et-idh1.png

 

Résumé du chapitre

La croissance est mesurée par l’évolution du PIB. Indicateur quantitatif, le PIB ne permet pas de mesurer l’évolution du niveau de vie de la population. Il présente, par ailleurs un certain nombre de limites. D’autres indicateurs peuvent compléter l’approche

La croissance est le résultat de l’augmentation du volume des facteurs de production et/ou d’une meilleure utilisation de ceux-ci (gains de productivité, organisation du travail).

L’investissement est un déterminant majeur de la croissance. Il prend différentes formes.

La productivité globale des facteurs correspond à la partie de la croissance qui ne résulte pas de la variation de la quantité des facteurs de production.

Le progrès technique qui provient de l’innovation, est facteur de croissance comme les échanges internationaux.

L’Etat joue également un rôle important, en garantissant par un cadre réglementaire et judiciaire, aux investisseurs qu’ils bénéficieront des profits liés à leur activité.

Résumé sur http://www.shukuru.fr/?p=667

Sujets de BAC (Type EC3 ou Dissertation)

  • Le progrès technique est-il suffisant pour expliquer la croissance économique ?
  • Vous montrerez que le PIB est un indicateur imparfait (EC3)