L’économie de la drogue peut-elle doper le PIB français ?

Faut-il intégrer le trafic de drogue au calcul du PIB ? Après plusieurs années de débat, l’Insee vient finalement de trancher en décidant d’incorporer le poids économique du narcotrafic au calcul de la richesse nationale. L’Insee applique en fait une demande de l’office européen de statistique Eurostat. Ce changement comptable pourrait entraîner une révision en « légère hausse » du produit intérieur brut français (PIB). L’acception de prise en compte est large puisque l’Insee tiendra désormais compte de la consommation de stupéfiants ainsi que des activités liées à cette consommation sur l’ensemble du territoire national. Cette prise en compte est destinée à aligner les statistiques françaises sur celles des autres pays européens qui intègrent déjà cette économie souterraine. Selon l’Insee, cette modification comptable n’entraînera qu’une révision en très légère hausse du niveau du PIB.

L’intégration de ces nouveaux chiffres sera effective pour les chiffres du PIB révisés et détaillés en mai prochain a confirmé le chef du département des comptes nationaux de l’Insee, Ronan Mahieu. La révision sera d’ampleur puisqu’elle portera sur l’ensemble des résultats publiés par l’Insee depuis 1947 ! Le visage de la richesse nationale ne s’en trouvera pas fondamentalement modifié. Tout juste « quelques milliards » d’euros, à rapporter aux 2 200 milliards d’euros du PIB français relativise-t-on à l’Insee. « Ça n’influera pas sur le chiffre de la croissance » en 2017, ont prévenu les statisticiens.

La décision de l’Insee fait suite à un long débat lancé par Eurostat en 2013. L’institut statistique européen avait alors demandé aux États membres d’intégrer le trafic de drogue et la prostitution dans leurs statistiques nationales, estimant qu’il s’agissait de transactions commerciales consenties librement. L’objectif était d’harmoniser les données fournies par les pays européens, ces activités étant considérées comme légales dans certains États, à l’image des Pays-Bas, ce qui gonfle leur PIB, et illégales dans d’autres. Plusieurs pays ont alors décidé d’intégrer ces nouvelles normes, à l’image de l’Espagne, du Royaume-Uni et de l’Italie.

En revanche, l’Insee a refusé de comptabiliser la prostitution relevant des réseaux, estimant que le consentement des prostituées n’était « probablement pas vérifié ». « Sur ce point, nous maintenons notre position », a indiqué Ronan Mahieu.

C’est une bombe qu’a lancée l’an dernier le département d’État américain. Il a affirmé dans un rapport que la production de cannabis au Maroc équivalait à 23 % du PIB. En 2016, ce dernier s’élevait à 93 milliards d’euros. Le PIB marocain devrait donc être augmenté de quasiment un quart afin de prendre en compte le poids de l’économie souterraine du narcotrafic. On estime que le Maroc produit chaque année 700 tonnes de résine de cannabis.

Eric Heyer, Directeur du département analyses et prévisions à l’OFCE.

Quel impact ce nouveau calcul aura sur le PIB français ?

L’effet sera extrêmement marginal puisqu’on évalue le surplus d’un à deux milliards d’euros sur un PIB français qui totalise 2 200 milliards. La modification ne chamboulera donc pas les comptes de la nation.

Pourquoi vouloir soudainement intégrer l’économie de la drogue dans les statistiques ?

Pour le comprendre, il faut s’interroger sur l’objectif du calcul du PIB. Cet indicateur sert en grande partie à prévoir les recettes de l’État afin de calculer une série de ratios dont les critères de convergence du traité de Maastricht. Le déficit est par exemple toujours exprimé par un ratio calculé sur le PIB. Or, intégrer l’économie souterraine qui échappe à la fiscalité et ne génère donc pas en elle ni cotisation ni impôt pourrait induire une erreur sur l’estimation des recettes de l’État. En augmentant immédiatement le PIB de deux milliards, cela ferait mécaniquement chuter le ratio dette sur PIB.

L’argent de la drogue ne rentre-t-il déjà pas dans le PIB dès lors qu’il est blanchi ?

L’argent généré par le commerce illégal de la drogue fait en effet l’objet d’opérations de blanchiment. Mais quand cet argent est alors investi dans l’achat de biens immobiliers ou dans des parts de sociétés, il est déjà pris en compte dans le PIB !

Comprenez-vous cette mesure si elle est justifiée par une volonté d’harmoniser les comparaisons en Europe ?

Dès le moment où Eurostat a décidé d’intégrer l’argent de la drogue dans ses statistiques alors il faut intégrer ces données afin de pouvoir comparer correctement les PIB des différents pays. Mais je le répète, l’impact est évalué à 0,1 point de PIB. L’endettement va passer de 96,5 % à 96,4 % : la belle affaire !

Plus largement faut-il réintégrer dans le PIB l’économie souterraine qui échappe aux radars ?

C’est vrai que si l’on suit cette logique jusqu’au bout, nous devrions aussi intégrer le travail au noir et le secteur domestique. Les activités de bricolage ou de ménage des foyers représentent énormément de valeur qui n’est pas comptabilisée dans les indicateurs de type PIB. En effet seul est comptabilisé le PIB marchand. Par ailleurs, le choix d’exclure la prostitution est discutable d’autant que cette dernière est plus facilement quantifiable que le trafic de drogue.

GIL BOUSQUET

https://www.ladepeche.fr/article/2018/01/31/2732966-insee-va-integrer-economie-drogue-calcul-pib.html
Shukuru :
Le PIB indicateur économique est loin d’être parfait. Il omet de fait toutes les activités non déclarées, soit parce qu’elles sont illicites, soit parce que leur déclaration entraînerait un coût supplémentaire (impôts). Dès lors, la décision de l’INSEE d’intégrer une estimation de la valeur du commerce de la drogue dans le calcul du PIB semble cohérente. Elle permettrait de se rapprocher de la réalité, et de mieux définir la production française. Le trafic de drogue représente selon les économistes environ 0.1 % du PIB français, c’est assez peu au regard des 10 à 11 % d’activité non déclarées en France. L’intégration des statistique de la drogue demeure donc anecdotique.
En revanche, le travail domestique (bricolage, cuisine …) représente environ 33 % du PIB français. Il n’est pas non plus évalué.
Le PIB demeure donc, comme tous les indicateurs économiques, bien incomplet. Mais il a le mérite d’exister.
Le vrai problème demeure le culte que l’on pratique, la vénération de cet indicateur. Il diminue la France va mal, il progresse moins vite et c’est le drame, mais lorsque sa croissance est supérieure à 2 ou 3 % alors le nirvana n’est pas loin !

Le trafic de drogue génère 2,7 milliards d’euros par an en France

L’activité économique générée par le trafic de drogue équivaut à 0,1% du PIB, assure l’Insee.

Le trafic de drogue en France génère une activité économique évaluée à près de 2,7 milliards d’euros par an, équivalent à un peu plus de 0,1 point de produit intérieur brut (PIB), a annoncé mercredi l’Insee. Sur ces 2,7 milliards, un milliard d’euros sont générés par le trafic de cannabis et 800 millions d’euros par le trafic de cocaïne, précise l’Insee dans une note, première du genre pour l’organisme public.

L’institut national de statistiques avait annoncé fin janvier après plusieurs années de débat qu’il intégrerait à partir de la fin du mois de mai la consommation de stupéfiants et les activités liées à cette consommation dans le PIB français. Cette prise en compte, effectuée à la demande de l’institut européen des statistiques Eurostat, vise à « aligner » les normes comptables tricolores « sur la pratique des autres pays européens », précise l’organisme public.

Selon l’Insee, qui s’appuie sur les données de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), elles-mêmes basées sur des enquêtes auprès des ménages, la consommation de drogue en France pèse 3,1 milliards d’euros par an. Mais près de 400 millions d’euros doivent être retirés de ces 3,1 milliards, correspondant au poids des importations – qui doivent être comptabilisés dans le PIB des pays concernés et non dans le PIB français.

D’où le chiffre de 2,7 milliards avancé par l’institut public. « Ce chiffre est une évaluation », insiste cependant Ronan Mahieux, responsable du département des comptes nationaux à l’Insee. « Il y a un risque de sous-estimation, car il est possible que les ménages n’aient pas confiance dans les enquêteurs qui les contactent », explique-t-il.

L’institut Eurostat avait demandé aux États membres en 2013 d’intégrer le trafic de drogue et la prostitution dans leurs statistiques nationales, estimant qu’il s’agissait de transactions commerciales consenties librement.

Publié le  par SudOuest.fr avec AFP.

La reprise de l’investissement ne se traduit pas en regain de compétitivité

L’investissement des entreprises françaises est un des moteurs principaux de l’activité économique du pays depuis deux ans. Il a grimpé de 4,3 % l’an passé et la Banque de France table sur une progression de 4,1 % cette année. « Le taux d’investissement des entreprises françaises est significativement supérieur au niveau moyen de la zone euro », s’est félicité François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la banque centrale, jeudi, lors d’un colloque organisé à Paris.

Le taux d’investissement des sociétés hexagonales a atteint 23,5 % l’an passé, son étiage de 2008. Quand on fait abstraction des investissements immobiliers, la France reste bien placée, étant peu ou prou au niveau de l’Allemagne. Pourtant, le déficit commercial de la France continue à se creuser  : il a atteint 15,8 milliards d’euros au premier trimestre, contre 14,1 milliards sur la même période de 2017, ont indiqué ce vendredi les Douanes. Or, théoriquement, la hausse des investissements devrait permettre à la production française de monter en gamme et devrait donc se traduire à un moment dans la compétitivité. Ce n’est visiblement pas le cas ou tout du moins pas encore.

Y aurait-il alors un problème de qualité de l’investissement ? Ce n’est pas impossible. « Le stock de capital en nouvelles technologies rapporté au PIB a stagné ces dernières années », note le gouverneur de la banque centrale. Selon certains critères, la France enregistrerait, il est vrai, un retard en la matière. Ainsi, selon la Fédération internationale de robotique, l’Hexagone comptait 132 robots pour 10.000 emplois industriels en 2016 , contre 309 en Allemagne et 185 en Italie. Autre indicateur parlant, « seule une faible proportion d’entreprises françaises a l’intention d’innover, c’est très préoccupant pour le niveau de gamme à terme », explique l’économiste Jean Pisani-Ferry, citant une enquête de la Banque européenne d’investissement, selon laquelle seules 31 % des sociétés ont investi dans la R&D l’an passé.

Une étude de France Stratégie montrait aussi que, en 2014, seules 63 % disposaient d’un site Internet et que 17 % d’entre elles seulement utilisaient les réseaux sociaux dans leurs relatons clients, contre 25 % en moyenne chez nos voisins. Dans  son dernier rapport sur le sujet , la Commission européenne note, elle, que « la France affiche une performance plutôt moyenne en matière de transformation digitale ».

 D’autres économistes, tels que Gilbert Cette, de l’université d’Aix-Marseille, pointent la responsabilité d’une réglementation et d’un Code du travail trop rigides qui inciteraient les entreprises françaises à économiser sur la main-d’oeuvre. Celles-ci auraient ainsi tendance à investir dans de « mauvais » équipements, leur but étant d’abord de réduire le plus possible la masse salariale.

Mais il existe une autre explication possible, avancée cette fois-ci par Sarah Guillou, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Pour elle, « les industriels français investissent plus que leurs concurrents allemands dans les logiciels, ce qui devrait à terme se traduire dans la compétitivité mais il ne faut pas nécessairement en attendre des résultats sur le commerce extérieur ».

D’abord, parce que le taux d’investissement des industriels français dans les équipements est plus faible qu’en Allemagne. « Tout se passe comme si la France avait intériorisé un avenir sans usine », explique-t-elle. Environ 20 % des investissements de l’industrie française servent à acheter des machines, contre 40 % outre-Rhin. Ensuite, « la France exporte surtout des marchandises fabriquées par l’industrie manufacturière. Or ce secteur a énormément perdu de capacités productives ces deux dernières décennies. Le pays ne dispose plus de la force exportatrice nécessaire », avance-t-elle.

Guillaume de Calignon
https://www.lesechos.fr/economie-france/conjoncture/0301642663926-la-reprise-de-linvestissement-ne-se-traduit-pas-en-regain-de-competitivite-2174065.php
La reprise de l’investissement ne se suffit pas à elle-même. Le « théorème » d’Helmut Schmitt, ancien chancelier allemand : les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain et les emplois d’après demain, n’est pas une réalité. Les profits ne sont pas nécessairement investis dans l’économie (la « théorie » du ruissellement n’a aucune fondation théorique, il s’agit d’avantage d’un souhait que d’une réalité). L’investissement n’est pas non plus nécessairement producteur de richesse. L’article le montre, même s’il est orienté. La reprise de l’investissement ne permet pas de réaliser des gains de compétitivité. Faut-il investir davantage dans les machines ? c’est une question complexe, la substitution du capital au travail détruit des emplois qui ne sont pas nécessairement compensés par la fabrication des machines. On se retrouve dès lors avec un chômage croissant chez les moins qualifiés, qui pèsera sur la croissance, par le biais du pouvoir d’achat en baisse de ces chômeurs.
Est ce la faute du code du travail ? Solution évidente pour les inconditionnels du capitalisme. Le malheureux chef d’entreprise est bridé, brimé par un code du travail qui l’empêche de réaliser les investissements qu’il souhaite. Si l’employeur pouvait ne respecter aucune règle, il est certain qu’il investirait davantage, et qu’il embaucherait davantage … Là encore c’est faire fi de la rationalité de l’entrepreneur, s’il n’investit pas c’est probablement parce que le calcul coût / avantage ne l’incite pas à le faire. Nul besoin du code du travail dans cette affaire. L’investissement est une prise de risque, un pari sur l’avenir, et nombre d’entreprises préfèrent le profit immédiat et certain au profit futur.
Il faut, comme pour les dépenses publiques, regarder le type d’investissement qui est effectué. S’il s’agit d’investissement dans la R&D ou les logiciels, alors les résultats économiques se manifesteront dans un futur plus lointain.
A vouloir simplifier l’économie à outrance, les libéraux faussent toute analyse. C’est regrettable.
Shukuru

Justice sociale et sélection

La réforme d’APB (admission post bac) est menée au prétexte que l’algorithme ne fonctionnait pas. Au delà du prétexte (comment permettre à 800 000 étudiants de trouver leur voie alors qu’il y a 654 000 places ?), cette réforme permet de réintroduire une sélection dans l’orientation.

« Nous ferons en sorte que l’on arrête, par exemple, de faire croire à tout le monde que l’université est là pour tout le monde, E.MACRON

La nouvelle plateforme parcoursup, ainsi que les prérequis affichés par les universités dessinent les contours d’une sélection des étudiants.

Est ce une bonne chose ?
La sélection est un choix opéré entre des personnes par exemple, afin de déterminer celles qui conviennent le mieux. Dans ce sens, sélectionner peut permettre d’éviter les échecs, les mauvaises orientations … Mais si on évoque la justice sociale (une construction morale et politique qui vise à l’égalité des droits …), on ne peut envisager la sélection comme des barrières qui rendent l’accès d’une partie de la population,  impossible à certaines formations. Il est nécessaire de construire des formes d’aide (soutien, remédiation …) pour permettre à chacun d’ouvrir les domaines du possible.

Concrètement, si un bac scientifique permet à son détenteur de réussir dans des études supérieures d’ingénieur, il faut mettre en place, pour ceux qui n’ont pas pu décrocher ce diplôme, les moyens de progresser et d’atteindre ce niveau. On pourrait donc envisager une année de propédeutique (année qui permettrait de se préparer aux études) à l’université pour éviter que le baccalauréat ne soit le critère déterminant de l’orientation.

Le baccalauréat existe sous trois formes différentes : général, technologique et professionnels. Les études (cf. https://www.inegalites.fr/L-inegal-acces-au-bac-des-categories-sociales) montrent que le milieu social est déterminant dans la réussite et dans l’obtention d’un baccalauréat plutôt qu’un autre.

Ainsi, si le fait de posséder tel baccalauréat plutôt que tel autre, permet l’accès un type d’étude donnée, il faut que cet accès ne soit plus socialement déterminé.

Parcoursup et les attendus des universités renforcent donc le déterminisme puisque les inégalités de départ ne sont pas réduites.

Cette réforme va donc accroître les inégalités, puisqu’elle va permettre aux établissements de l’enseignement supérieur de choisir, de trier les étudiants qu’ils veulent accueillir, au motif que seuls ceux sélectionnés pourront réussir.

Que se passera -t-il pour l’ensemble des étudiants ?

Un classement va s’opérer, en fonction du baccalauréat, des compétences des étudiants …  Les établissements d’enseignement supérieur, en fonction de leur prestige et de la difficulté de leur cursus, pourront choisir les premiers, les deuxièmes, les troisièmes … les derniers étudiants. Les meilleurs poursuivront les « meilleures » études, les derniers poursuivront les études qu’on leur propose, et comme il n’y a pas suffisamment de places pour tous, certains ne pourront pas étudier.

Cela s’appelle du tri social : le baccalauréat ne permettra plus à chacun de poursuivre des études supérieures.

L’effet sur la cote des diplômes sera immédiat, les diplômes prestigieux verront leur prestige se renforcer, et à l’autre bout de la hiérarchie, un certain nombre de diplôme seront dévalorisés.

Dans un monde où l’absence de qualification est problématique, inciter les élèves à poursuivre l’école le plus longtemps possible (démocratisation de l’école) mais provoquer un tri social, entraînera nécessairement une plus forte relégation pour une partie de la population.

S’il s’agit de la conception de la justice sociale qui prévaut désormais aujourd’hui dans notre pays, alors il est nécessaire de la combattre.

Shukuru

La croissance au deuxième trimestre 2016 revue à la baisse

L’économie française s’est contractée au deuxième trimestre, reculant de 0,1 %, selon un nouveau chiffre publié vendredi 23 septembre par l’Insee, qui estimait jusqu’ici que la croissance avait été nulle (0,0 %) sur cette période. Cette révision est faite à quelques jours de la présentation par le gouvernement du projet de budget 2017 qui table sur une hausse annuelle de 1,5 %.

L’institut, qui avait encore confirmé à la fin août une croissance de 0 % au deuxième trimestre, a abaissé cette prévision en raison de « l’intégration d’indicateurs indisponibles lors de la deuxième estimation et par l’actualisation des coefficients de corrections des variations saisonnières », a-t-il précisé lors de la publication de sa troisième et définitive estimation de la croissance au deuxième trimestre.

La performance au deuxième trimestre contraste avec la forte hausse du produit intérieur brut (PIB) au premier qui avait atteint 0,7 %. Ce sont les dépenses de consommation des ménages, moteur traditionnel de la croissance française, qui se sont repliées à – 0,1 % entre avril et juin, alors que les prévisions précédentes tablaient sur une croissance nulle. Au premier trimestre, elles avaient connu une forte hausse de 1,1 %. Au deuxième trimestre, la consommation des ménages « recule tandis que leur pouvoir d’achat s’améliore, de sorte que leur taux d’épargne augmente », en passant de 14,5 % à 14,8 %, souligne l’Insee.

Les importations ont nettement reculé de 1,8 % au deuxième trimestre alors que les exportations ont connu une légère augmentation de 0,2 %. « Ainsi, le solde extérieur contribue positivement à la croissance du PIB », de 0,6 point, souligne l’Insee.

Selon l’Insee, le déficit public a diminué d’avril à juin. Le besoin de financement des administrations publiques (APU) a reculé de 0,2 point de PIB, atteignant 3,2 % du PIB (après 3,4 %), grâce notamment aux « recettes des ventes des fréquences 4G [qui] contribuent à réduire ce déficit à hauteur de 0,1 point de PIB ». Les dépenses ont, quant à elles, ralenti, en reculant de 0,9 % à 0,2 %,« après un premier trimestre dopé par le retour à la normale de la contribution de la France au budget de l’Union européenne », explique l’Insee.

Le gouvernement table sur une croissance de 1,5 % en 2016 et en 2017 pour revenir dans les clous européens l’année prochaine, avec un déficit public sous la barre fatidique des 3 % du PIB, malgré les nouvelles dépenses et les baisses d’impôt annoncées par l’exécutif. Cette prévision est en ligne avec les prévisions de la Banque de France, mais plus optimiste que celle du FMI (1,2 %) et de l’OCDE, qui l’a abaissé mercredi à 1,3 %.

Le Monde.fr avec AFP |

Une fois encore l’obsession de la croissance toute puissante à nous sortir de la crise et à faire notre bonheur est refroidie par de nouvelles prévisions revues à la baisse.

Il faut cependant considérer que les prévisions ne peuvent être exactes, que la marge d’erreur est aussi grande que le taux de croissance (quelques dixièmes de points). ainsi lorsqu’on annonce une croissance de 0,3 % elle pourrait aussi bien être supérieure à 0,5 % ou être égale à 0 %. Le fait de commenter ces prévisions de croissance trimestrielle n’a donc guère d’intérêt. La croissance par définition est un phénomène de long terme. Trois ou six mois en économie cela correspond à du court terme.

Par ailleurs, la croissance saint Graal n’a pas n’ont plus de signification. On ne retrouvera jamais les taux de croissance des trente glorieuses parce qu’ils étaient exceptionnels et que la structure de l’économie ne le permettra pas. Il est plus facile de connaître de la croissance lorsque c’est le secteur secondaire qui se développe (les emplois dans l’industrie, dans les usines sont nombreux, la valeur ajoutée produite est importante) que lorsque c’est le secteur tertiaire (la valeur ajoutée des service à la personne est faible).

Il serait plus judicieux de construire et de regarder des indicateurs de bien être, de niveau d’éducation ou de réduction des inégalités.

Shukuru

« La sociologie, ce n’est pas la culture de l’excuse ! »

Le Premier ministre, Monsieur Manuel Valls, ne devrait pas parler dans la précipitation : il confond deux verbes simples, « excuser » et « expliquer ». C’est en tout cas ce que laissent penser ses mots, répétés la semaine dernière au Sénat et dans les médias : « J’en ai assez de ceux qui cherchent en permanence des excuses ou des explications culturelles ou sociologiques à ce qui s’est passé [i.e. les attentats du 13 novembre] »

Si chercher à expliquer tel ou tel phénomène permet généralement de le comprendre, le processus d’explication ne présage en rien de ce qui relève d’un autre enjeu : juger, et donc condamner ou excuser. Surtout, la recherche d’explications est indispensable à l’action, qu’elle soit politique, économique ou encore militaire. Et nous ne saurions croire que le premier ministre et son gouvernement engagent l’action de la République française, en cette période extrêmement grave, sous le coup des seules émotions.

Qu’aurait-on pensé si Manuel Valls avait dit : « J’en ai assez de ceux qui cherchent en permanence des explications géologiques aux tremblements de terre » ou encore « j’en ai assez de ceux qui cherchent en permanence des explications médicales au cancer » ?

Mais aujourd’hui, c’est à nouveau la sociologie qui est attaquée, comme le sont de plus en plus souvent les sciences humaines et sociales, qui ont pourtant fait et font aussi la renommée intellectuelle de notre pays.

Frédéric Lebaron est président de l’Association française de sociologie (AFS) ;

Fanny Jedlicki et Laurent Willemez sont co-présidents de L’Association des sociologues enseignant-e-s du supérieur (ASES).

 Le Monde.fr |

 

A la suite des attentats de novembre, le premier ministre avait fortement critiqué les sociologues qui évoquaient les déterminismes sociaux du terrorisme. Pour le premier ministre, expliquer est synonyme de justifier. Les sociologues sont donc « accusés » de chercher des excuses aux auteurs d’attentat. C’est méconnaître profondément la sociologie que de tenir de tels propos. la sociologie et les sociologues ne cautionnent, ni ne dénoncent rien, ils tentent d’expliquer les causes et les conséquences des actions interactions de hommes.

La sociologie peut être définie comme la branche des sciences humaines qui cherche à comprendre et à expliquer l’impact de la dimension sociale sur les représentations (façons de penser) et les comportements (façons d’agir) humains.

Le pauvre Durkheim qui a développé la sociologie en France doit se retourner dans sa tombe en entendant de tels propos.

Si l’explication vaut caution, alors on ne pourra plus rien expliquer et surtout plus rien comprendre.

Nous vivons dans une société et sommes soumis à des échanges, des interactions avec les autres; il est donc logique que ce qui se passe autour de nous est une incidence sur nos comportements.

Il faut défendre la sociologie et poursuivre l’analyse de nos comportements pour mieux les comprendre et agir.

Shukuru

Combien coûterait l’iPhone s’il était fabriqué aux États-Unis ?

Dans une interview à la télévision américaine, le patron d’Apple a assuré que si son entreprise produit ses smartphones en Chine, ce n’est pas pour faire des économies. La stricte vérité? Oui et non. Explications.

Croissance : l’Insee s’attend à 1,1% en 2015

Le gouvernement peut souffler. Selon le dernier «point de conjoncture»de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), publié jeudi soir, la France devrait connaître en 2015 une croissance de 1,1%. Soit un tout petit peu plus que la prévision actuelle de l’exécutif (1%). Après un premier trimestre sur les chapeaux de roues (+0,7%) et un deuxième à l’arrêt (0%), l’économie devrait repartir de manière progressive, avec +0,2% au troisième trimestre et +0,4% pour les trois derniers mois de l’année.

«Pour l’ensemble des secteurs, le climat des affaires […] en septembre est au plus haut depuis quatre ans», note ainsi l’institut pour justifier sa prévision. La production manufacturière, surtout, après avoir «traversé un trou d’air au début de l’été» se redresserait «rapidement». En revanche, le bâtiment et les travaux publics continueraient de traverser un climat «dégradé». Car si les ménages devraient bénéficier d’une nette accélération de leur pouvoir d’achat cette année (+1,7%), «leur investissement en logement continuerait de reculer».

Inférieur à la moyenne de la zone euro

Cette bonne nouvelle sur le front de la croissance doit néanmoins être relativisée. D’abord parce que ce chiffre reste, comme l’année dernière, largement inférieur à la moyenne de la zone euro (+1,6% en 2015). Ensuite, et surtout, parce que ce redémarrage serait trop faible pour faire baisser le chômage.

Le croissance du PIB en France et en Europe

Certes, la France créerait 41 000 postes dans le secteur marchand en 2015 (après -63 000 en 2014), auxquels il faut ajouter 55 000 emplois non marchands, essentiellement des contrats aidés. Mais ce rebond de l’emploi, «par ailleurs favorisé par le CICE et le pacte de responsabilité», souligne l’Insee, permettra tout juste de compenser l’augmentation de la population active. Autrement dit, le taux de chômage (10,3%) serait seulement stabilisé au second semestre. Pour une baisse «crédible» et «durable» du chômage, condition définie par François Hollande pour une candidature en 2017, il faudra donc attendre au moins l’année prochaine, où le gouvernement espère, cette fois-ci, 1,5% de croissance.

Luc Peillon Libération, 1er octobre 2015

 

La croissance française est toujours aussi « instable », la reprise économique ne se fait pas sentir. La France ne crée pas assez d’emplois pour stabiliser puis réduire le chômage. Dès lors la confiance, élément moteur de la croissance ne peut s’installer.

Il est probable que le suivi trimestriel de la croissance, ne crée pas les conditions favorables à la confiance. A scruter chaque évolution comme ci elle était vitale pour la suite, on instaure un climat de crainte qui n’est pas favorable à la croissance.

La croissance est une évolution de long terme, le trimestre ne correspond pas à cette définition

Shukuru

L’intérimaire aux 700 contrats

Il aurait pu avoir une médaille d’honneur, couleur vermeil. Celle que l’on donne aux travailleurs après trente ans de bons et loyaux services, avec, en bonus, une gratification de l’employeur, si ce dernier est généreux. Mais au lieu de tout cela, il n’a eu droit qu’à prendre la porte. Son tort ? Avoir réclamé un peu de stabilité après avoir enchaîné 703 contrats d’intérim comme manutentionnaire puis cariste, pour le compte d’une seule et même entreprise, Placoplatre, filiale du groupe Saint-Gobain. C’était en 2013. L’intérimaire, un Malien arrivé en France en 1982, embauché par le biais de la société d’intérim Manpower, a «simplement demandé à Placoplatre d’être en CDI», raconte Régis Verbeke du syndicat Force ouvrière (FO). Mais le sésame, indispensable pour faire venir sa femme et ses enfants en France, lui a été refusé «au motif qu’il ne parlait pas assez bien français», précise le délégué syndical qui l’aide dans son combat. Alors, après avoir travaillé sans broncher et sans vacances, pendant des années, l’homme de 55 ans, locataire d’un foyer de migrants en Seine-Saint-Denis, a décidé d’attaquer Manpower France et la société Placoplatre aux prud’hommes. A la barre du tribunal de Bobigny, il devait demander, ce mercredi, à 13h30, la requalification de ses missions d’intérim en contrat à durée indéterminée. Avant de renoncer à l’action en justice.

«Timide», «ne parlant pas bien français», selon les proches du dossier, l’intérimaire ne veut pas s’exprimer. De quoi rassurer Manpower France qui évoque un dossier «déontologiquement sensible», mais ne souhaite pas, non plus, en dire plus sur le sujet. Soucieux d’arrêter cette histoire depuis sa médiatisation, le groupe aurait, selon nos informations, proposé, dans une première phase de conciliation, un chèque de 60 000 euros à l’intérimaire. Ce dernier demandait de son côté 150 000 euros pour la perte de son emploi et les dommages subis. «Une issue à l’amiable a été trouvée, mais nous ne souhaitons pas communiquer sur le contenu», conclut Manpower.

L’affaire, du «jamais vu», selon le délégué FO, est désormais close. Mais le cas est loin d’être isolé, selon lui. Même constat d’André Fadda, secrétaire général de la CGT intérimaire qui note que «les tribunaux des Prud’hommes regorgent d’histoire comme celle-là». Le syndicaliste dénonce les renouvellements des contrats successifs sans limite, un système «généralisé par le patronat, en toute illégitimité et avec la complaisance du ministère du Travail depuis les années 90». Sous-traitance des sites industriels, aéroportuaire, logistique, BTP, plusieurs secteurs seraient, selon les syndicats, touchés par de tels abus au Code du travail. «A Saint-Nazaire, par exemple, une entreprise d’installation de tuyauterie a remporté un contrat commercial sur le chantier naval de huit mois, mais n’a signé que des contrats à la semaine à des intérimaires, raconte André Fadda. Cela permet aux entreprises de se soustraire aux risques économiques et de jeter les gens au bout de quelques jours s’ils se plaignent des conditions de travail ou de sécurité, ou quand ils sont simplement épuisés par le rythme des heures supplémentaires».

Difficile dans ces conditions pour les intérimaires de se faire entendre. «Ils n’osent pas, résume Régis Verbeke de FO, surtout les étrangers qui ne maîtrisent pas assez la langue, n’ont parfois jamais entendu parler de syndicat et craignent pour leur titre de séjour». Mais s’il reconnaît qu’il n’est pas évident de mobiliser, le délégué FO espère que cette affaire créera un «effet boule de neige».

La législation encadrant le recours à l’intérim est pourtant précise. En France, l’appel à un intérimaire est uniquement possible pour remplacer un salarié (sauf pour une grève) ou afin d’assurer la continuité de l’activité de l’entreprise en cas notamment d’accroissement temporaire d’activité ou d’emploi à caractère saisonnier. Ainsi, selon le Code du travail, le contrat d’intérim, «quel que soit son motif, ne peut avoir ni pour objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise utilisatrice». Ce qui fait de la loi française, «la règlementation la plus pointilleuse et rigide d’Europe», selon François Roux, délégué général de Prism’emploi, l’organisation professionnelle des sociétés d’intérim. Aussi, avec 16 millions de contrats de travail intérimaires signés chaque année, l’affaire de l’intérimaire de Placoplatre est «statistiquement explicable», selon lui, et ne remet pas en cause l’«exemplarité» d’un secteur «très dépendant de la chaîne de décision et des informations données par le client».

Les syndicalistes, eux, dénoncent des brèches nombreuses dans lesquelles s’engouffrent les employeurs. «Certaines sociétés jonglent avec les faux remplacements, d’autres trichent sur les motifs et prétextent un accroissement temporaire d’activité injustifié», explique André Fadda de la CGT. Un constat légèrement nuancé par un délégué CGT du secteur de l’aéroportuaire: «Par peur des tribunaux, certaines sociétés se sont mises au propre et ont revu leur mode de gestion des contrats intérimaires».

Depuis mars 2014, les entreprises disposent par ailleurs d’un nouvel outil pour trouver un équilibre entre flexibilité et respect du Code du travail: le CDI intérimaire (CDI-I), issu de l’accord sur la sécurisation des parcours professionnels des intérimaires de 2013. Avec ce nouveau type de contrat, les salariés intérimaires disposent, entre leurs missions, de périodes d’intermission payées au Smic, mais au cours desquelles ils sont tenus d’être à la disposition de l’entreprise de travail temporaire qui l’a embauché. Pour le gouvernement, il s’agit de sécuriser les parcours professionnels. Mais les syndicats FO et CGT se sont montrés très critiques face à ce nouveau contrat accusé de rendre les intérimaires toujours plus corvéables. «C’est un bracelet posé au poignet de l’intérimaire pour le faire travailler quand on veut. On revient aux années 80, quand on faisait faire tout et n’importe quoi aux intérimaires», pointe Régis Verbeke de FO.

Reste que, pour l’heure, le dispositif est loin de faire un carton plein. A ce jour, Prism’emploi recense environ 2500 CDI-I signés, bien loin de l’objectif initial fixé par la profession d’atteindre 20 000 contrats en trois ans. Et ce alors que le secteur connaît «une baisse d’activité considérable depuis 2012, avec une perte de 70 000 emplois en trois ans, estime François Roux de Prism’emploi qui note toutefois une petite reprise cette année. Selon Pôle emploi, le nombre d’intérimaires en mai s’établit à 614 900 en valeur corrigée des variations saisonnières. Soit une hausse de 1% sur un mois et une progression de 4,5% sur un an.

Amandine CAILHOL, Libération 9 juillet 2015

L’intérim a été conçu pour permettre aux entreprises de remplacer ponctuellement un travailleur absent (un serveur dans un restaurant par exemple) et/ou pour faire face à un surcroît temporaire de travail.
Le cas de cet homme relève de la deuxième possibilité. Mais le temporaire est une notion différente pour un employeur et pour un travailleur. Peut être que la filiale de St Gobain (leader mondial de l’habitat selon son site) estime que 30 ans représente une période temporaire.
Ce qu’il faut constater :
– la notion de flexibilité pour les entreprises (celle qui doit permettre de lutter contre le chômage sans pénaliser les entreprises), est parfaitement maîtrisée par les entreprises qui l’utilisent aux dépens des travailleurs
– l’existence des syndicats apparaît indispensable pour limiter et contrôler les abus des employeurs
– l’arrangement à l’amiable est surtout favorable à l’entreprise qui évite les poursuite et paye probablement moins que ce que la justice aurait pu lui infliger comme dommage et intérêt.

Finalement, on peut conclure que les entreprises profitent d’une législation et d’un code du travail qui ne défend pas tant que cela le travailleur (c’est vrai qu’il n’y a que très peu de contrôle puisque les inspecteurs du travail sont trop peu nombreux). Ainsi le concept de flexicurité apparaît comme une idée saugrenue face à de telles entreprises. L’Etat et donc la collectivité devrait prendre en charge la formation, les périodes de chômage … pour que l’employeur puisse embaucher.
On pourra toujours objecter que toutes les entreprises n’abusent pas ainsi mais cet argument ne repose que sur la méthode coué.
L’esclavage moderne existe, les entreprises l’ont développé.
Vive le capitalisme, vive l’esprit d’entreprise.

Shukuru

Total devra payer une taxe pour la pollution

On ne l’a appris que mardi : la Cour de cassation a rendu fin mai un arrêt « condamnant Total à verser la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) ». Cette décision fait suite à une « activité d’injection d’effluents industriels sur le site dit “Crétacé 4000” », à Lacq.
La période incriminée couvre, selon la notification publiée par la Cour, une période allant « des années 2003 à 2006 ». Mardi, et malgré nos tentatives tant auprès de la Cour de cassation que du service communication du groupe pétrolier, nous n’avons pas pu connaître le montant de cette taxe dont Total devra s’acquitter. On sait seulement que la jurisprudence, en la matière, fait état de montants parfois très importants.

Selon un proche du dossier, les douanes avaient, en 2008, déjà signalé à Total un certain nombre d’infractions. Celles-ci reposaient, notamment, sur « l’omission de soumettre [au paiement de la TGAP] divers tonnages de déchets industriels banals et spéciaux ». L’opérateur aurait alors estimé qu’il n’exerçait pas « une activité relevant de la nomenclature des installations classées pour la protection de l’environnement ».Un argumentaire destiné, semble-t-il, à lui permettre de contourner le règlement de la fameuse taxe…

Cette façon d’aborder le problème n’avait alors pas convaincu la cour d’appel. Selon nos informations, elle s’était exprimée en ces termes sur le sujet: « Tout exploitant d’une installation d’élimination par stockage, ou par incinération des déchets, est assujetti au paiement [de la TGAP] sans que les installations soient visées par la nomenclature ». L’arrêt de la Cour de cassation ne fait donc que suivre la décision de la cour d’appel, sans que l’autorisation d’exploitation dont jouissait Total durant l’exploitation de « Crétacé 4000 » soit pour autant remise en cause.

Mais il y a aussi un autre lot de consolation pour le groupe pétrolier : depuis la loi de finances 2012, il est… exonéré de taxe. Une décision fortement dénoncée à l’époque…

GC 10/06/2015 La république des Pyrénées

Dans le cadre du développement durable et des préoccupations sur l’état de la planète, il est regrettable de constater que la justice doit intervenir pour sanctionner une entreprise qui pollue. Comment diminuer les émissions de carbone par exemple si les entreprises n’acceptent pas les règles et trichent. Ce comportement permet à l’entreprise de conserver son mode de production polluant et de ne pas chercher à préserver davantage environnement.
Par ailleurs, les grandes entreprises peuvent attendre des décisions de justice pour être contrainte de moins polluer, alors que les entreprises de taille plus modestes sont obligées de se plier à la loi.
Encore une inégalité qui montre que le libre marché ne fonctionne pas tel que les libéraux le pensent.

Shukuru