Les SES pour tous

Seul ce que j'ai perdu m'appartient à jamais

Latest Posts

Fiche cours Chapitre 12

Intégration, conflit, changement social

 

Chapitre 4 : la conflictualité sociale : pathologie, facteur de cohésion ou moteur du changement social ?

 

Notions : conflits sociaux, mouvements sociaux, régulation des conflits, syndicat

 

Plan

Introduction

1. Deux approches des conflits
A. Les conflits sont-ils une pathologie sociale ?
B. Ou un facteur d’intégration ?

2.Conflit et changement social
A. Le conflit moteur du changement social
B. Le conflit comme résistance aux changements sociétaux

3. Mutations des conflits
A. Les conflits du travail reculent
B. D’autres types de conflits émergent

4. La régulation des conflits

Conclusion

================================================================================
En complément

 

Video

http://www.dailymotion.com/video/x92ltw_radicalisation-des-conflits-sociaux_news

http://www.dailymotion.com/video/x92ltb_etude-du-conflit-dans-l-entreprise_news

http://www.dailymotion.com/video/x92lu9_augmentation-des-conflits-sociaux_news

Air France

http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/10/06/air-france-un-an-de-conflit-en-trois-dates_4783704_3234.html

Statistiques

http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/xls/serie_longue_1975_2004.xls

Fiche concept

http://ses.tice.ac-orleans-tours.fr/php5/pedagogie/pedagogie_par_niveau/terminale/documents/fondamentaux/22_fiche_concept_conflits.doc

 

Résumé du chapitre

Durkheim a étudié les conflits sociaux, en les présentant comme une pathologie sociale, ce serait la manifestation de l’évolution de notre société, des formes de solidarité et de l’intégration.

Les conflits peuvent également être une manifestation du changement social (Marx, Dahrendorf).

On constate que les conflits évoluent. Ils « sortent » de l’entreprise, ils ne sont plus spécifiques à certaines PCS, et rassemblent des acteurs différents, les enjeux se transforment, comme les formes de conflit.

 

Résumé sur shukuru.fr http://www.shukuru.fr/?p=742

 

Sujets de BAC (Type EC3 ou Dissertation)

    • Quels rôles jouent les conflits sociaux dans le changement social ?
    • Vous montrerez que les conflits sociaux peuvent favoriser la cohésion sociale. (EC3)

Fiche de cours Chapitre 11

Intégration, conflit, changement social

 

Chapitre 11 : quels liens sociaux dans les sociétés où s’affirme le primat de l’individu ?

 

Notions : solidarité mécanique, organique, cohésion sociale

Plan

Introduction

  1. La solidarité évolue dans les sociétés
  2. Une remise en cause de l’intégration sociale ?
  3. Evolution du rôle des instances d’intégration

Conclusion

===============================================================================

En complément

Video

https://www.youtube.com/watch?v=jzUplaSdJEk

http://www.youtube.com/watch?v=j3K37vnrrug

https://www.youtube.com/watch?v=vA9-p8dACeo

https://www.dailymotion.com/video/x5lhkv_pauvrete-et-solidarite-entretien-av_news?start=17

 

Statistiques

http://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/Social_inclusion_statistics/fr

http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/les-10-chiffres-chocs-sur-la-pauvrete-en-france_1335282.html

 

Fiche concept

http://ses.tice.ac-orleans-tours.fr/php5/pedagogie/pedagogie_par_niveau/terminale/documents/fondamentaux/27_fiche_schema_instances_integration.doc

 

Résumé du chapitre

La sociologie permet de comprendre l’évolution de la société. E.Durkheim a montré que les formes de solidarité évoluaient avec la société (mécanique dans la société traditionnelle, elle devient organique dans la société moderne).

Le lien social est fragilisé, l’intégration devient plus difficile. L’anomie, la désaffiliation se développent et la cohésion sociale est mise à mal. Dès lors, les instances d’intégration doivent modifier leur rôle pour faire face à la montée de l’individualisme et à la transformation des liens sociaux. La famille, l’école le travail apparaissent comme principales instances d’intégration.

 

Résumé sur shukuru.fr http://www.shukuru.fr/?p=739

 

Sujets de BAC (Type EC3 ou Dissertation)

  • Comment les sociétés où s’affirme le primat de l’individu parviennent-elles à créer du lien social ?
  • Vous montrerez que le rôle du travail comme instance d’intégration sociale s’est affaibli. (EC3)

Fiche de cours chapitre 9

Travail, emploi, chômage

Chapitre 9 : Quelles politiques pour l’emploi ?

 

Notions : Flexibilité du marché du travail, taux de chômage, taux d’emploi, qualification, demande anticipée, salariat, précarité, pauvreté.

 

Plan

Introduction

  1. L’emploi et l’intégration sociale

La transformation du travail

Le développement de la flexibilité

L’Etat tente de maintenir le lien social

  1. Les politiques de lutte contre le chômage

Les politiques de soutien de la demande

Les politiques de diminution du coût du travail

Les politiques d’accompagnement des chômeurs

Conclusion

================================================================================

En complément

 Video

https://www.youtube.com/watch?v=rJDWRgOzPyM

https://www.youtube.com/watch?v=mvFDRc08vRwStatistiques

http://www.canal-u.tv/video/canal_socio/la_flexibilite.5894

 Statistiques

https://www.insee.fr/fr/statistiques/1906673?sommaire=1906743

http://www.institut-entreprise.fr/reflexions/societal/blog/emploi-linsee-valide-la-these-dune-dualisation-du-marche-du-travail

 

Résumé du chapitre

Le travail s’est transformé depuis une trentaine d’année. Le temps partiel et la précarité ont augmenté, le sous emploi s’est développé et le chômage n’a cessé de croître. Ces évolutions fragilisent le travail dans son rôle intégrateur. L’Etat tente de maintenir le lien social en encadrant le travail et en développant une flexisércurité.

La lutte contre le chômage peut prendre différentes formes, en fonction du type de chômage. Elle peut se concentrer sur la demande si celle-ci est insuffisante ou au contraire aider l’offre (en baissant le coût du travail) ; il est possible également de développer la flexibilité du travail ou d’aider à la formation des offreurs

 

Résumé sur shukuru.fr http://www.shukuru.fr/?p=768

 

Sujet de BAC (Type EC3 ou Dissertation)

  • Le chômage remet-il nécessairement en cause l’intégration sociale ? (Dissertation)
  • Vous présenterez les effets des asymétries d’information et de la segmentation du marché du travail sur le fonctionnement de ce marché. (EC3)
  • Montrez que le salaire ne dépend pas que du marché du travail (EC3)

Fiche de cours chapitre 8

Travail, emploi, chômage

Chapitre 8 : Comment s’articulent marché du travail et gestion de l’emploi

 

Notions : Taux de salaire réel, salaire d’efficience, salaire minimum, contrat de travail, conventions collectives, partenaires sociaux, segmentation du marché du travail

 Plan

Introduction

  1. Le fonctionnement du marché du travail dans l’analyse néo classique
  2. La spécificité de la relation salariale
  3. Institutionnalisation de la relation salariale

Conclusion

================================================================================

En complément

 Video

https://www.youtube.com/watch?v=s3cM2Kx-jUY  Le chômage

https://www.youtube.com/watch?v=vvLs_LDQWpg  Fonctionnement du marché du travail

https://www.youtube.com/watch?v=oNqL3gtn3mY Bulletin de salaire

 

Statistiques

https://www.insee.fr/fr/statistiques/2586687

https://www.insee.fr/fr/statistiques/2532257

https://www.insee.fr/fr/statistiques/2121578

 

Résumé du chapitre

Le marché du travail fonctionne selon les néo classiques comme les autres marchés. La confrontation de l’offre de travail (les individus) et de la demande de travail (les entreprises) détermine un prix d’équilibre : le salaire. Si le marché fonctionne librement, il ne peut exister de chômage volontaire.

Néanmoins cette théorie peine à expliquer les déséquilibres persistants sur le marché. De nouvelles théories sont venues compléter et/ou relativiser cette approche néoclassique (asymétrie d’information, segmentation du marché du travail, insiders/outisiders …).

La relation salariale s’est peu à peu institutionnalisée, le droit du travail et les syndicats lui ont donné un contour réglementaire.

Finalement, le marché du travail apparaît comme un marché très particulier, le travail n’est pas homogène. L’offre de travail est très hétérogène : age, sexe, qualification, expérience, diplôme … segmentent le marché du travail.

 

Résumé sur shukuru.fr  http://www.shukuru.fr/?p=760

 

Sujet de BAC (Type EC3 ou Dissertation)

  • Comment  peut-on expliquer la fixation des salaires ? (Dissertation)
  • Vous présenterez les effets des asymétries d’information et de la segmentation du marché du travail sur le fonctionnement de ce marché.

Fiche de cours chapitre 10

Économie du développement durable

Chapitre 10 : la croissance est-elle compatible avec la préservation de l’environnement ?

 

Notions : capital naturel, physique, humain, institutionnel, biens communs, soutenabilité, réglementation, taxation, marché de quotas d’émission

Plan

Introduction

  1. Les limites écologiques de la croissance (environnement et des biens communs)
  2. Le développement durable
  3. Quatre types de capitaux pour une croissance soutenable

Capital naturel, physique, humain et institutionnel

  1. La soutenabilité de la croissance (Soutenabilité faible, forte)
  2. Un marché défaillant qui conduit à la mise en place d’une politique climatique

Les instruments de régulation de la politique climatique

La complémentarité des types d’intervention

Conclusion

================================================================================

En complément

Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=azPV3MI3K0g

http://education.francetv.fr/economie/seconde/video/economie-les-ressorts-d-une-croissance-durable

https://www.youtube.com/watch?v=v4divdVIrYo

Fiche concept

http://ses.tice.ac-orleans-tours.fr/php5/pedagogie/pedagogie_par_niveau/terminale/documents/fondamentaux/04_fiche_concept_developpement_durable.doc

Fiche schéma

http://ses.tice.ac-orleans-tours.fr/php5/pedagogie/pedagogie_par_niveau/terminale/documents/fondamentaux/06_fiche_schema_croissance_developpement_durable.doc

 

Résumé du chapitre

La croissance peut nuire à l’environnement comme le montre l’usage des biens communs que nous n’arrivons pas à gérer (poissons..). Il est donc nécessaire de considérer le développement durable (il répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs). Pour cela on peut considérer que la croissance « utilise » quatre capitaux (naturel, physique, humain et institutionnel). Il est donc nécessaire de « gérer » ces capitaux. Deux vissions s’opposent : la soutenabilité faible (les capitaux sont substituables et le progrès technique permettra de reconstituer les stocks de capitaux utilisés), la soutenabilité forte (il ne faut pas entamer nos stocks de capitaux).

Dès lors, l’Etat doit mettre en place des politiques pour gérer cette croissance, comme la politique climatique. Divers outils sont utilisables (réglementation, taxation, marché des quotas d’émission. Il apparaît néanmoins que c’est la complémentarité de ces outils qui permet la plus grande efficacité.

 

Résumé sur shukuru.fr http://www.shukuru.fr/?p=721

 

Sujet de BAC (Type EC3 ou Dissertation)

  • La croissance économique s’oppose-t-elle à la préservation de l’environnement ? (Dissertation)
  • Vous montrerez que la politique climatique repose sur la complémentarité de différents instruments (EC3)

Donald Trump prône une immigration choisie

Lors de son premier discours de politique générale, Donald Trump a de nouveau évoqué mardi 28 février 2017 devant le Congrès américain sa volonté de réformer le système du système d’immigration aux Etats-Unis.

Abandonner le système actuel d’une immigration peu qualifiée et adopter à la place un système basé sur le mérite () feront économiser énormément d’argent, permettront d’augmenter les salaires et d’aider les familles en difficulté.

« Je pense qu’une réelle réforme positive de l’immigration est possible, pour autant que nous nous concentrons sur les objectifs suivants : améliorer l’emploi et les salaires des Américains, renforcer la sécurité de notre pays et restaurer le respect de nos lois », a déclaré le président républicain, partisan d’un renforcement des frontières.

« Ceux qui veulent entrer dans un pays doivent être capables de subvenir financièrement à leurs besoins par eux-mêmes », a-t-il martelé en prenant l’exemple du Canada et de l’Australie, où l’immigration est souvent conditionnée à des qualifications et professions particulières.

Bataille de chiffres

Ce nouveau système « permettra d’économiser des sommes incalculables », a assuré le républicain, affirmant que « le système actuel coûte aux contribuables américains de nombreux milliards de dollars par an (), selon l’Académie nationale des sciences ». La presse américaine a cependant relevé que ce calcul ne prend pas en compte le coût du renvoi des quelque 11 millions d’immigrants illégaux vivant aux Etats-Unis. Selon USA Today, « certaines études montrent que s’ils quittaient leur emploi, cela coûterait quelque 5 milliards de dollars sur une décennie à l’économie américaine, même si cela pourrait conduire à des salaires plus élevés pour les travailleurs américains. »

Donald Trump a estimé qu’une « réforme positive » sur l’immigration est possible avec l’opposition démocrate, en dépit de leurs divergences sur le sort des millions de clandestins présents sur le sol américain depuis parfois plusieurs décennies. « Si nous sommes guidés par le bien-être des citoyens américains, alors je crois que républicains et démocrates peuvent travailler ensemble pour obtenir le résultat qui échappe à ce pays depuis des décennies », a-t-il dit.

Le Monde.fr avec AFP et Reuters |

 

L’Insee bouscule les idées reçues sur l’immigration

C’est une photographie de la France et de ses flux migratoires qui va à l’encontre des fantasmes d’invasion rebattus par la droite nationaliste et identitaire. Mardi 13 octobre, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié deux études qui rendent compte d’un pays où les mobilités sont de plus en plus importantes mais ne concernent que partiellement les immigrés. La part de la population immigrée augmente par ailleurs, mais de façon modérée.

La part de la population immigrée parmi les résidents en France augmente de façon modérée.
  • Une mobilité de plus en plus importante

L’Insee révèle tout d’abord que le solde migratoire de la France est en forte baisse. Il s’établit à + 33 000 personnes en 2013, contre + 112 000 en 2006. « Bien qu’il paraisse faible, ce solde migratoire recouvre des flux beaucoup plus importants », souligne Marie Reynaud, responsable des études démographiques et sociales à l’Insee. En outre, il renvoie aux déplacements de deux catégories de personnes : celles qui sont nées en France et celles qui sont immigrées (minime, le solde des personnes nées françaises à l’étranger s’établit à + 13 000 en 2013).

Concernant les personnes immigrées, leur solde migratoire s’élève à + 140 000 en 2013. Il est largement positif même ce chiffre accuse un léger recul puisqu’il était de + 164 000 en 2006. C’est-à-dire que « le nombre d’entrées d’immigrés a progressé, mais à un rythme plus faible que leurs sorties du territoire », souligne l’Insee. Un fait qui mérite d’être mis en exergue, d’après Marie Reynaud : « L’augmentation des sorties des personnes immigrées est nouvelle. Elle passe de 29 000 personnes en 2006 à 95 000 personnes en 2013. On relie ça à de la mobilité professionnelle de courte durée. »

  • Davantage de Français partent à l’étranger

A côté de ces personnes immigrées, les déplacements des personnes nées en France connaissent une évolution similaire puisque leurs « départs vers l’étranger (…) se sont amplifiés depuis 2006, alors que leurs retours, moins nombreux, ont peu varié sur la période », analyse l’Insee. Si l’on regarde dans le détail, on note qu’« en 2013, près de 197 000 personnes nées en France ont quitté le territoire, soit 59 000 de plus qu’au cours de l’année 2006. Parallèlement, les retours des personnes nées en France sont stables, autour de 78 000 personnes. »

A l’arrivée, le solde migratoire de cette catégorie est négatif, estimé à – 120 000 personnes en 2013 contre – 60 000 en 2006. Un constat qui ne saurait traduire une fuite massive des cerveaux à l’étranger, autre chiffon rouge régulièrement agité par les déclinistes : « Davantage de Français partent à l’étranger mais ce n’est pas très massif, rapporté aux 58,2 millions de personnes nées en France et vivant en France », relativise Marie Reynaud. Si l’on s’attarde sur le profil de ces personnes, on constate que, pour l’année 2013, « 80 % des départs à l’étranger de personnes nées en France surviennent entre 18 et 29 ans, âges d’études ou de début d’activité », précise l’Insee. Fin 2013, la présence française à l’étranger était estimée à un peu moins de 3 millions et demi de personnes.

Cette « augmentation des flux migratoires n’est pas spécifique à la France », souligne enfin l’Insee, qui rappelle que le solde migratoire de l’ensemble de l’Union européenne s’élève en 2013 à 575 000 personnes (3,4 millions d’entrées et 2,8 millions de sorties), soit 594 000 de moins qu’en 2006. « La situation diffère selon les pays : par exemple, le solde migratoire de l’Allemagne augmente fortement ; à l’inverse, celui de l’Espagne devient négatif. »

  • Une augmentation modérée de la population immigrée

En dehors de l’analyse de ces déplacements, qui donne à voir une mobilité accrue des personnes, l’Insee dessine un portrait à grands traits de la population française. Et nous apprend que la France comptait, au 1er janvier 2014, 65,8 millions d’habitants hors Mayotte, soit 2,6 millions de personnes de plus par rapport à 2006, c’est-à-dire « un accroissement de 0,5 % par an en moyenne ».

Parmi ces résidents, la France compte 8,9 % de population immigrée, soit 0,8 point de plus qu’en 2006. Ce qui renvoie à une augmentation « modérée », jauge Marie Reynaud, équivalant à « 700 000 personnes en plus » en l’espace de huit ans. En détaillant ce chiffre, l’Insee nous apprend qu’« 1,6 million d’immigrés sont arrivés en France, 500 000 en sont repartis et 400 000 sont décédés en France ».

L’institut entend par immigrée toute « personne née de nationalité étrangère à l’étranger et résidant en France ». Sachant que « certains immigrés ont pu devenir français par acquisition, les autres restant étrangers ».

  • 6,4 % de la population résidant en France est de nationalité étrangère

Si l’on s’en tient aux étrangers (personnes qui résident en France et ne possèdent pas la nationalité française), la France compte 500 000 étrangers en plus entre 2006 et 2014. Au passage, l’Insee relève que le nombre d’acquisitions de nationalité française s’est réduit sur la période, « passant de 147 000 en 2006 à 97 000 en 2013 ». Au total, au sein de la population résidant en France, 61,6 millions de personnes ont la nationalité française et 4,2 millions ont une nationalité étrangère, soit 6,4 % de la population. Parmi ces dernières, 0,6 million sont nées en France et 3,6 millions sont nées à l’étranger.

Contrairement à certaines idées reçues, la progression de la population résidant en France est donc « essentiellement portée par le solde naturel », nous renseigne l’Insee. Ce solde s’élève à + 2,2 millions de personnes sur les huit dernières années, c’est-à-dire qu’il y a eu 6,5 millions de naissances pour 4,3 millions de décès. Le solde migratoire est moindre, qui s’établit à + 400 000 personnes sur huit ans. Il ne contribue qu’à hauteur de 16 % de l’augmentation de la population. Si l’on regarde dans le détail, on observe qu’entre début 2006 et début 2014, pour 2,5 millions d’entrées sur le territoire (qui peuvent être des retours), il y a eu 2,1 millions de sorties du territoire.

LE MONDE |
Julia Pascual

Le protectionnisme de Trump s’appuie sur une vision dépassée de l’économie

L’affaire n’a pas traîné. A peine investi, Donald Trump a mis en œuvre ses promesses et décidé de placer le protectionnisme au cœur de sa politique économique. Menace de taxer les industriels qui délocalisent leur production, retrait du traité transpacifique (TPP) que Barack Obama avait signé, demande de renégociation de l’accord de libre-échange avec le Mexique et le Canada (Alena) ratifié en 1993 par Bill Clinton.
Le président de « l’Amérique d’abord » espère changer les règles du jeu mondial pour défendre les travailleurs des anciens Etats industriels (la Rust Belt, « ceinture de rouille ») et réduire son déficit extérieur abyssal, qui atteint 475 milliards de dollars – quand, dans le même temps, l’Allemagne engrange un excédent de 300 milliards et la Chine de 265.
La philosophie commerciale de Trump, approuvée par les syndicats de l’industrie traditionnelle, remonte aux années 1980, lorsque l’Amérique était envahie par les produits japonais, au détriment du travailleur américain. Trente ans plus tard, le président américain entend déclencher la riposte. Mais son approche se fonde sur une vision dépassée de l’économie.
A l’époque, il fallait réduire ses importations et maximiser ses exportations pour s’enrichir. La mondialisation des entreprises a rendu cette analyse caduque. Les économistes raisonnent désormais en chaîne de valeur : chaque pays doit apporter le maximum de valeur ajoutée dans la création d’un produit complexe. Ainsi, il n’est pas grave d’importer des iPhone « assemblés en Chine », s’ils sont « conçus en Californie », comme s’en vante Apple pour la plus grande fortune de la Silicon Valley.

En outre, la dénonciation du TPP est stratégiquement absurde. Cette alliance était faite pour organiser la domination commerciale des Etats-Unis autour du Pacifique contre la Chine. Comme l’a déploré le sénateur républicain John McCain, ce retrait « est une erreur grave. Cela va offrir une ouverture à la Chine pour réécrire les règles économiques au détriment du travailleur américain ».
Trump n’en a cure. Il pousse ses pions, et la question est de savoir jusqu’où il ira. D’aucuns se rassurent, estimant que Trump pratique depuis son bureau Ovale la politique-réalité comme il fit naguère de la télé-réalité, du catch commercial plutôt que de la vraie boxe : en tuant le TPP, Trump n’aurait fait que tuer un zombie. Le traité était mort-né, Barack Obama ne l’ayant pas présenté au Congrès faute de majorité pour le ratifier.
Quant à la renégociation de l’Alena, elle pourrait prendre des années. En attendant, le président ne peut pas augmenter les droits de douane : c’est contraire aux règles de l’OMC et de la Constitution américaine, qui réserve cette prérogative au Congrès. Le président de la Chambre des représentants, le républicain Paul Ryan, a déjà prévenu : « Nous n’allons pas augmenter les droits de douane. »
Las, ce moindre mal n’est pas certain, tant la dynamique de repli du président américain est forte. Trump a d’autres armes que les barrières douanières à sa disposition, comme la réduction drastique de la taxation des entreprises américaines qui fait flamber Wall Street. Il peut aussi tordre le droit, imposer ses vues à coups d’intimidations face à des partenaires affaiblis, comme le Royaume-Uni post-Brexit de Theresa May. Aujourd’hui, nul ne sait où s’arrêtera le national-économisme de Trump.

lemonde.fr  27 janvier 2017

Bal des débutantes

Le traditionnel Bal des débutantes se tient ce samedi 30 novembre à Paris. Cet événement, qui rassemble des filles d’aristocrates, d’artistes, de personnalités politiques ou de grands industriels, répond il à une logique de caste ? Faut-il y voir une tendance à s’enfermer dans une classe sociale, qui répond à l’éternel besoin des humains à s’élever au-dessus des autres sans se mélanger avec eux ?

Michel Maffesoli : Le Bal des Débutantes, tel qu’il se présente actuellement n’a sans doute plus rien à voir avec ceux du siècle passé. En effet, ces bals de débutantes, de niveaux d’ailleurs différents, selon qu’ils se passaient en préfecture ou à Paris ou Versailles, avaient pour objectif essentiel de permettre aux jeunes filles et jeunes gens de « bonne famille » de se rencontrer pour favoriser les mariages endogamiques, c’est à dire éviter les « mésalliances ».
Sans doute est-ce encore l’objectif poursuivi par nombre de rallyes et autres festivités de classe ou de castes. Mais deux caractéristiques viennent affadir cet objectif :
D’une part, il est de notoriété publique que les rejetons de ces bonnes familles, filles et garçons d’ailleurs, transgressent les codes de bonne conduite : il n’est pas rare que l’ivresse alcoolique, voire celle provoquée par d’autres adjuvants soit au rendez-vous, sans compter que le temps où le jeune marié découvrait le soir des noces la nudité de sa fiancée est bien révolu.
Alors, à quoi servent encore ces festivités ?
Mais je pense que le tribut que paient ces jeunes gens à leur « tribu » n’est pas léger et nombre de drames relatés par les médias en attestent. Être « fils de » n’est pas forcément un sort enviable et devoir se plier aux règles d’enfermement de la tribu non plus.

Certaines catégories sociales sont-elles plus concernées que d’autres par ce réflexe ? Quelles sont-elles, et quels sont les ressorts psychologiques et sociaux qui les motivent pour « court-circuiter » cette logique d’ascenseur social, et in fine rester entre soi ?
L’entre-soi est un autre mot pour dire le réflexe communautaire. Celui-ci est de tous les temps, car seule cette solidarité de proximité permet d’affronter  les vicissitudes de la vie. La différence entre les communautés-tribus contemporaines et celles d’avant la Révolution française est qu’elles n’assignent plus à identité sociale à vie, ni qu’elles ne sont uniques. Même une jeune débutante peut appartenir, outre son cercle aristocratique ou people, à d’autres tribus, musicales, sportives, sexuelles… D’ailleurs l’adjonction aux débutantes descendantes de familles aristocratiques de filles d’artistes (parfois fils ou filles de prolétaires), d’industriels ou de politiques montre bien que même cette tribu là se métisse. Elle n’est qu’une tribu parmi les autres, et en tant que telle peut-être a-t-elle plus d’importance comme tribu totémique que comme tribu réelle.

Peut-on dire que notre héritage aristocratique a toujours une forte influence, que la logique des classes hermétiques perdure en dépit de toutes les révolutions sociales de ces derniers siècles ?
Société de castes et société de classes sont deux modèles sociétaux qui d’une certaine manière se succèdent. Très clairement les XIXème et XXème siècles européens ont été des sociétés de classes. Dans notre société postmoderne, il me semble qu’il y a comme un retour à une société de castes. Mais bien sûr, ce n’est pas un retour à l’identique. La société de castes postmoderne n’est pas aussi cloisonnée et séparée en communautés hermétiques que ne l’était la société médiévale par exemple ou que ne l’est la société indienne. Et ceci notamment parce que chaque individu peut, sous des masques divers (la personna, c’est l’acteur portant un masque) s’identifier à de multiples tribus. Ce sont ces identifications multiples qui finalement relativisent la hiérarchie entre tribus et empêchent l’enfermement identitaire. Le bal des débutantes est en quelque sorte un bal de marionnettes et l’on aurait tort de s’en scandaliser ; ce n’est qu’une fête de quartier parmi d’autres.
Sans doute à marquer une appartenance de caste (curieux que ce mot ne soit employé que pour les aristocrates), c’est-à-dire sociologiquement parlant une appartenance communautaire qui n’est au fond pas différente dans sa nostalgie des origines perdues de celles de nombre de communautés immigrées qui louent en banlieue des garages et autres gymnases pour y organiser les bals qui feront se rencontrer entre eux leurs enfants !
D’autre part, on peut aussi se demander si ce bal des débutantes n’est pas essentiellement organisé pour être relaté dans les médias : ce qui fait évènement ce n’est pas tant le bal lui-même que son compte rendu dans quelques médias spécialisés, Paris Match, Gala etc.

Bien sûr qu’il n’y aura à ce bal que des jeunes gens et jeunes filles triés sur le volet, propres sur eux, au moins en début de soirée. Mais rien ne dit qu’ils n’iront pas ensuite s’encanailler dans quelqu’autre soirée, sinon aujourd’hui, du moins demain. Car comme tous les autres, ils appartiennent à de multiples tribus et celle-ci est devenue l’une parmi d’autres.

Alors que dans notre société occidentale, et notamment en France, il est beaucoup question d’ascenseur social et de méritocratie républicaine, le réflexe de constitution en castes n’entre-t-il pas en totale contradiction avec ces beaux discours ? Pourquoi ?

Tout d’abord, la notion même d’ascenseur social ne se comprend que s’il y a un haut et un bas, il faut donc bien qu’il y ait des riches et des pauvres pour que les seconds puissent espérer prendre la place des premiers. Une société égalitaire éliminerait toute ascension ! Alors bien sûr, l’existence de festivités réservées aux « enfants de », que ces « distingués nobles » le soient de naissance, de par le talent de leurs parents ou de par l’héritage peut choquer l’adage républicain selon lequel les seules distinctions doivent être celles du talent et du mérite et non la naissance
Mais je pense que le tribut que paient ces jeunes gens à leur « tribu » n’est pas léger et nombre de drames relatés par les médias en attestent. Être « fils de » n’est pas forcément un sort enviable et devoir se plier aux règles d’enfermement de la tribu non plus.

Certaines catégories sociales sont-elles plus concernées que d’autres par ce réflexe ? Quelles sont-elles, et quels sont les ressorts psychologiques et sociaux qui les motivent pour « court-circuiter » cette logique d’ascenseur social, et in fine rester entre soi ?

L’entre-soi est un autre mot pour dire le réflexe communautaire. Celui-ci est de tous les temps, car seule cette solidarité de proximité permet d’affronter  les vicissitudes de la vie.La différence entre les communautés-tribus contemporaines et celles d’avant la Révolution française est qu’elles n’assignent plus à identité sociale à vie, ni qu’elles ne sont uniques.Même une jeune débutante peut appartenir, outre son cercle aristocratique ou people, à d’autres tribus, musicales, sportives, sexuelles…D’ailleurs l’adjonction aux débutantes descendantes de familles aristocratiques de filles d’artistes (parfois fils ou filles de prolétaires), d’industriels ou de politiques montre bien que même cette tribu là se métisse. Elle n’est qu’une tribu parmi les autres, et en tant que telle peut-être a-t-elle plus d’importance comme tribu totémique que comme tribu réelle.

Peut-on dire que notre héritage aristocratique a toujours une forte influence, que la logique des classes hermétiques perdure en dépit de toutes les révolutions sociales de ces derniers siècles ?
Société de castes et société de classes sont deux modèles sociétaux qui d’une certaine manière se succèdent. Très clairement les XIXème et XXème siècles européens ont été des sociétés de classes. Dans notre société postmoderne, il me semble qu’il y a comme un retour à une société de castes. Mais bien sûr, ce n’est pas un retour à l’identique. La société de castes postmoderne n’est pas aussi cloisonnée et séparée en communautés hermétiques que ne l’était la société médiévale par exemple ou que ne l’est la société indienne. Et ceci notamment parce que chaque individu peut, sous des masques divers (c’est l’acteur portant un masque) s’identifier à de multiples tribus. Ce sont ces identifications multiples qui finalement relativisent la hiérarchie entre tribus et empêchent l’enfermement identitaire. Le bal des débutantes est en quelque sorte un bal de marionnettes et l’on aurait tort de s’en scandaliser ; ce n’est qu’une fête de quartier parmi d’autres.

Michel Maffesoli, sociologue, membre de l’Institut universitaire de France, est professeur à la Sorbonne.

http://www.atlantico.fr/decryptage/bal-debutantes-schizophrenie-supreme-france-tout-aussi-obsedee-ascenseur-social-que-besoin-effrene-se-distinguer-michel-913110.html/page/0/1