Croissance : l’Insee s’attend à 1,1% en 2015

Le gouvernement peut souffler. Selon le dernier «point de conjoncture»de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), publié jeudi soir, la France devrait connaître en 2015 une croissance de 1,1%. Soit un tout petit peu plus que la prévision actuelle de l’exécutif (1%). Après un premier trimestre sur les chapeaux de roues (+0,7%) et un deuxième à l’arrêt (0%), l’économie devrait repartir de manière progressive, avec +0,2% au troisième trimestre et +0,4% pour les trois derniers mois de l’année.

«Pour l’ensemble des secteurs, le climat des affaires […] en septembre est au plus haut depuis quatre ans», note ainsi l’institut pour justifier sa prévision. La production manufacturière, surtout, après avoir «traversé un trou d’air au début de l’été» se redresserait «rapidement». En revanche, le bâtiment et les travaux publics continueraient de traverser un climat «dégradé». Car si les ménages devraient bénéficier d’une nette accélération de leur pouvoir d’achat cette année (+1,7%), «leur investissement en logement continuerait de reculer».

Inférieur à la moyenne de la zone euro

Cette bonne nouvelle sur le front de la croissance doit néanmoins être relativisée. D’abord parce que ce chiffre reste, comme l’année dernière, largement inférieur à la moyenne de la zone euro (+1,6% en 2015). Ensuite, et surtout, parce que ce redémarrage serait trop faible pour faire baisser le chômage.

Le croissance du PIB en France et en Europe

Certes, la France créerait 41 000 postes dans le secteur marchand en 2015 (après -63 000 en 2014), auxquels il faut ajouter 55 000 emplois non marchands, essentiellement des contrats aidés. Mais ce rebond de l’emploi, «par ailleurs favorisé par le CICE et le pacte de responsabilité», souligne l’Insee, permettra tout juste de compenser l’augmentation de la population active. Autrement dit, le taux de chômage (10,3%) serait seulement stabilisé au second semestre. Pour une baisse «crédible» et «durable» du chômage, condition définie par François Hollande pour une candidature en 2017, il faudra donc attendre au moins l’année prochaine, où le gouvernement espère, cette fois-ci, 1,5% de croissance.

Luc Peillon Libération, 1er octobre 2015

 

La croissance française est toujours aussi « instable », la reprise économique ne se fait pas sentir. La France ne crée pas assez d’emplois pour stabiliser puis réduire le chômage. Dès lors la confiance, élément moteur de la croissance ne peut s’installer.

Il est probable que le suivi trimestriel de la croissance, ne crée pas les conditions favorables à la confiance. A scruter chaque évolution comme ci elle était vitale pour la suite, on instaure un climat de crainte qui n’est pas favorable à la croissance.

La croissance est une évolution de long terme, le trimestre ne correspond pas à cette définition

Shukuru

L’intérimaire aux 700 contrats

Il aurait pu avoir une médaille d’honneur, couleur vermeil. Celle que l’on donne aux travailleurs après trente ans de bons et loyaux services, avec, en bonus, une gratification de l’employeur, si ce dernier est généreux. Mais au lieu de tout cela, il n’a eu droit qu’à prendre la porte. Son tort ? Avoir réclamé un peu de stabilité après avoir enchaîné 703 contrats d’intérim comme manutentionnaire puis cariste, pour le compte d’une seule et même entreprise, Placoplatre, filiale du groupe Saint-Gobain. C’était en 2013. L’intérimaire, un Malien arrivé en France en 1982, embauché par le biais de la société d’intérim Manpower, a «simplement demandé à Placoplatre d’être en CDI», raconte Régis Verbeke du syndicat Force ouvrière (FO). Mais le sésame, indispensable pour faire venir sa femme et ses enfants en France, lui a été refusé «au motif qu’il ne parlait pas assez bien français», précise le délégué syndical qui l’aide dans son combat. Alors, après avoir travaillé sans broncher et sans vacances, pendant des années, l’homme de 55 ans, locataire d’un foyer de migrants en Seine-Saint-Denis, a décidé d’attaquer Manpower France et la société Placoplatre aux prud’hommes. A la barre du tribunal de Bobigny, il devait demander, ce mercredi, à 13h30, la requalification de ses missions d’intérim en contrat à durée indéterminée. Avant de renoncer à l’action en justice.

«Timide», «ne parlant pas bien français», selon les proches du dossier, l’intérimaire ne veut pas s’exprimer. De quoi rassurer Manpower France qui évoque un dossier «déontologiquement sensible», mais ne souhaite pas, non plus, en dire plus sur le sujet. Soucieux d’arrêter cette histoire depuis sa médiatisation, le groupe aurait, selon nos informations, proposé, dans une première phase de conciliation, un chèque de 60 000 euros à l’intérimaire. Ce dernier demandait de son côté 150 000 euros pour la perte de son emploi et les dommages subis. «Une issue à l’amiable a été trouvée, mais nous ne souhaitons pas communiquer sur le contenu», conclut Manpower.

L’affaire, du «jamais vu», selon le délégué FO, est désormais close. Mais le cas est loin d’être isolé, selon lui. Même constat d’André Fadda, secrétaire général de la CGT intérimaire qui note que «les tribunaux des Prud’hommes regorgent d’histoire comme celle-là». Le syndicaliste dénonce les renouvellements des contrats successifs sans limite, un système «généralisé par le patronat, en toute illégitimité et avec la complaisance du ministère du Travail depuis les années 90». Sous-traitance des sites industriels, aéroportuaire, logistique, BTP, plusieurs secteurs seraient, selon les syndicats, touchés par de tels abus au Code du travail. «A Saint-Nazaire, par exemple, une entreprise d’installation de tuyauterie a remporté un contrat commercial sur le chantier naval de huit mois, mais n’a signé que des contrats à la semaine à des intérimaires, raconte André Fadda. Cela permet aux entreprises de se soustraire aux risques économiques et de jeter les gens au bout de quelques jours s’ils se plaignent des conditions de travail ou de sécurité, ou quand ils sont simplement épuisés par le rythme des heures supplémentaires».

Difficile dans ces conditions pour les intérimaires de se faire entendre. «Ils n’osent pas, résume Régis Verbeke de FO, surtout les étrangers qui ne maîtrisent pas assez la langue, n’ont parfois jamais entendu parler de syndicat et craignent pour leur titre de séjour». Mais s’il reconnaît qu’il n’est pas évident de mobiliser, le délégué FO espère que cette affaire créera un «effet boule de neige».

La législation encadrant le recours à l’intérim est pourtant précise. En France, l’appel à un intérimaire est uniquement possible pour remplacer un salarié (sauf pour une grève) ou afin d’assurer la continuité de l’activité de l’entreprise en cas notamment d’accroissement temporaire d’activité ou d’emploi à caractère saisonnier. Ainsi, selon le Code du travail, le contrat d’intérim, «quel que soit son motif, ne peut avoir ni pour objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise utilisatrice». Ce qui fait de la loi française, «la règlementation la plus pointilleuse et rigide d’Europe», selon François Roux, délégué général de Prism’emploi, l’organisation professionnelle des sociétés d’intérim. Aussi, avec 16 millions de contrats de travail intérimaires signés chaque année, l’affaire de l’intérimaire de Placoplatre est «statistiquement explicable», selon lui, et ne remet pas en cause l’«exemplarité» d’un secteur «très dépendant de la chaîne de décision et des informations données par le client».

Les syndicalistes, eux, dénoncent des brèches nombreuses dans lesquelles s’engouffrent les employeurs. «Certaines sociétés jonglent avec les faux remplacements, d’autres trichent sur les motifs et prétextent un accroissement temporaire d’activité injustifié», explique André Fadda de la CGT. Un constat légèrement nuancé par un délégué CGT du secteur de l’aéroportuaire: «Par peur des tribunaux, certaines sociétés se sont mises au propre et ont revu leur mode de gestion des contrats intérimaires».

Depuis mars 2014, les entreprises disposent par ailleurs d’un nouvel outil pour trouver un équilibre entre flexibilité et respect du Code du travail: le CDI intérimaire (CDI-I), issu de l’accord sur la sécurisation des parcours professionnels des intérimaires de 2013. Avec ce nouveau type de contrat, les salariés intérimaires disposent, entre leurs missions, de périodes d’intermission payées au Smic, mais au cours desquelles ils sont tenus d’être à la disposition de l’entreprise de travail temporaire qui l’a embauché. Pour le gouvernement, il s’agit de sécuriser les parcours professionnels. Mais les syndicats FO et CGT se sont montrés très critiques face à ce nouveau contrat accusé de rendre les intérimaires toujours plus corvéables. «C’est un bracelet posé au poignet de l’intérimaire pour le faire travailler quand on veut. On revient aux années 80, quand on faisait faire tout et n’importe quoi aux intérimaires», pointe Régis Verbeke de FO.

Reste que, pour l’heure, le dispositif est loin de faire un carton plein. A ce jour, Prism’emploi recense environ 2500 CDI-I signés, bien loin de l’objectif initial fixé par la profession d’atteindre 20 000 contrats en trois ans. Et ce alors que le secteur connaît «une baisse d’activité considérable depuis 2012, avec une perte de 70 000 emplois en trois ans, estime François Roux de Prism’emploi qui note toutefois une petite reprise cette année. Selon Pôle emploi, le nombre d’intérimaires en mai s’établit à 614 900 en valeur corrigée des variations saisonnières. Soit une hausse de 1% sur un mois et une progression de 4,5% sur un an.

Amandine CAILHOL, Libération 9 juillet 2015

L’intérim a été conçu pour permettre aux entreprises de remplacer ponctuellement un travailleur absent (un serveur dans un restaurant par exemple) et/ou pour faire face à un surcroît temporaire de travail.
Le cas de cet homme relève de la deuxième possibilité. Mais le temporaire est une notion différente pour un employeur et pour un travailleur. Peut être que la filiale de St Gobain (leader mondial de l’habitat selon son site) estime que 30 ans représente une période temporaire.
Ce qu’il faut constater :
– la notion de flexibilité pour les entreprises (celle qui doit permettre de lutter contre le chômage sans pénaliser les entreprises), est parfaitement maîtrisée par les entreprises qui l’utilisent aux dépens des travailleurs
– l’existence des syndicats apparaît indispensable pour limiter et contrôler les abus des employeurs
– l’arrangement à l’amiable est surtout favorable à l’entreprise qui évite les poursuite et paye probablement moins que ce que la justice aurait pu lui infliger comme dommage et intérêt.

Finalement, on peut conclure que les entreprises profitent d’une législation et d’un code du travail qui ne défend pas tant que cela le travailleur (c’est vrai qu’il n’y a que très peu de contrôle puisque les inspecteurs du travail sont trop peu nombreux). Ainsi le concept de flexicurité apparaît comme une idée saugrenue face à de telles entreprises. L’Etat et donc la collectivité devrait prendre en charge la formation, les périodes de chômage … pour que l’employeur puisse embaucher.
On pourra toujours objecter que toutes les entreprises n’abusent pas ainsi mais cet argument ne repose que sur la méthode coué.
L’esclavage moderne existe, les entreprises l’ont développé.
Vive le capitalisme, vive l’esprit d’entreprise.

Shukuru

Total devra payer une taxe pour la pollution

On ne l’a appris que mardi : la Cour de cassation a rendu fin mai un arrêt « condamnant Total à verser la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) ». Cette décision fait suite à une « activité d’injection d’effluents industriels sur le site dit “Crétacé 4000” », à Lacq.
La période incriminée couvre, selon la notification publiée par la Cour, une période allant « des années 2003 à 2006 ». Mardi, et malgré nos tentatives tant auprès de la Cour de cassation que du service communication du groupe pétrolier, nous n’avons pas pu connaître le montant de cette taxe dont Total devra s’acquitter. On sait seulement que la jurisprudence, en la matière, fait état de montants parfois très importants.

Selon un proche du dossier, les douanes avaient, en 2008, déjà signalé à Total un certain nombre d’infractions. Celles-ci reposaient, notamment, sur « l’omission de soumettre [au paiement de la TGAP] divers tonnages de déchets industriels banals et spéciaux ». L’opérateur aurait alors estimé qu’il n’exerçait pas « une activité relevant de la nomenclature des installations classées pour la protection de l’environnement ».Un argumentaire destiné, semble-t-il, à lui permettre de contourner le règlement de la fameuse taxe…

Cette façon d’aborder le problème n’avait alors pas convaincu la cour d’appel. Selon nos informations, elle s’était exprimée en ces termes sur le sujet: « Tout exploitant d’une installation d’élimination par stockage, ou par incinération des déchets, est assujetti au paiement [de la TGAP] sans que les installations soient visées par la nomenclature ». L’arrêt de la Cour de cassation ne fait donc que suivre la décision de la cour d’appel, sans que l’autorisation d’exploitation dont jouissait Total durant l’exploitation de « Crétacé 4000 » soit pour autant remise en cause.

Mais il y a aussi un autre lot de consolation pour le groupe pétrolier : depuis la loi de finances 2012, il est… exonéré de taxe. Une décision fortement dénoncée à l’époque…

GC 10/06/2015 La république des Pyrénées

Dans le cadre du développement durable et des préoccupations sur l’état de la planète, il est regrettable de constater que la justice doit intervenir pour sanctionner une entreprise qui pollue. Comment diminuer les émissions de carbone par exemple si les entreprises n’acceptent pas les règles et trichent. Ce comportement permet à l’entreprise de conserver son mode de production polluant et de ne pas chercher à préserver davantage environnement.
Par ailleurs, les grandes entreprises peuvent attendre des décisions de justice pour être contrainte de moins polluer, alors que les entreprises de taille plus modestes sont obligées de se plier à la loi.
Encore une inégalité qui montre que le libre marché ne fonctionne pas tel que les libéraux le pensent.

Shukuru

Michel Sapin réfute le Capital au XXIe siècle sur Tumblr

Le ministre de l’Economie s’en prend à la somme de Thomas Piketty en 332 mots et une équation.
Par Sophie Garrot, libération 1er Avril 2015

L’ancien jeune rocardien pointe plusieurs erreurs dans le raisonnement de Piketty. Premièrement il souligne que l’idée d’une augmentation indéfinie et exponentielle des inégalités est absurde : « les arbres ne poussent pas jusqu’au ciel, tout ce qui monte finit bien par descendre ». Il en veut pour preuve que les inégalités n’ont jusqu’ici pas augmenté indéfiniment, et donc qu’il n’y a aucune raison que cela arrive dans le futur. Ce serait faire preuve d’un pessimisme exagéré alors que « les jeunes français de tous les horizons ont tellement de ressources ». Il ajoute que l’économie n’est pas un long fleuve tranquille, « la roue tourne ».

Pour le Ministre des Finances et des Comptes Publics, Thomas Piketty a tout faux sur l’évolution du capital car son augmentation est en grande partie due au logement. Or, il faut bien se loger ! De fait, Michel Sapin reprend l’argument de quatre économistes spécialistes du sujet : comme il faut se loger, il est nécessaire de diviser le prix du logement par lui-même, de sorte que « le prix réel du logement est toujours égal à 1 » (car KL/KL=1). En utilisant cette formule, on trouve que la valeur du capital a très peu augmenté. En l’étendant à l’ensemble du capital, on trouve même une étonnante stabilité du capital au cours du XXème siècle (autour de 1 plus ou moins les erreurs de mesure).

Enfin, Michel Sapin ne croit pas à la théorie de la substitution du travail par des robots. Pour l’ancien Ministre du Travail, c’est de la « complète science-fiction ». En effet, on aura toujours besoin de bons employés de maison. L’ancien Conseiller général de l’Indre souligne que « l’économie domestique est un énorme gisement d’emploi » et rappelle qu’au XIXe siècle, une famille bourgeoise faisait vivre jusqu’à 5 domestiques. C’est bien la preuve que la thèse de Piketty est erronée.

Un grand respect pour notre ministre de l’économie qui produit une analyse fabuleuse pour contredire Picketty.
Les deux arguments utilisés sont d’une profondeur extrême : les inégalités ne vont pas progresser parce que rien n’est infini, un jour les choses s’arrêtent. Bref, il suffit d’attendre puisqu’après la pluie vient le beau temps. Donc la démonstration de Picketty concernant la détérioration de la situation n’a pas de sens.
Une telle analyse est édifiante. Si on l’applique au chômage, on pourrait dire qu’un jour il va cesser d’augmenter. Si l’économie se résume à attendre et à laisser faire parce que les choses ne peuvent pas durer éternellement, alors elle ne sert à rien. Ce type d’argument n’a aucun intérêt.
Deuxième argument utilisé : la substitution du capital au travail n’existe pas. On aura toujours besoin de bons employés ! Là encore, grosse pensée et analyse. On le constate d’ailleurs fort bien avec la disparition des caissiers remplacés par des distributeurs automatiques, la disparition des pompistes, et demain celles des caissier(e)s dans les supermarchés. la délocalisation de toutes les industries de main d’oeuvre témoignent de l’analyse brillante de notre ministre.
Enfin le fait qu’on a besoin de se loger donc le patrimoine immobilier ne peut entrer dans le calcul de l’augmentation du patrimoine et donc des inégalités, relève aussi de l ‘analyse fine.
Bref, on peut ne pas être d’accord avec l’analyse de Thomas Picketty et le débat mérite d’être ouvert, mais il faut pour cela avoir de vrais arguments et non des poncifs.
Il ne reste plus qu’à espérer qu’il s’agit d’un poisson d’avril sinon cela montrerait le niveau de compétence en matière d’analyse économique de notre ministre.

Shukuru

Les milliardaires toujours plus nombreux, toujours plus riches

Nouvelle année, nouveau record : le monde compte 1 826 milliardaires. D’après le 29e classement annuel Forbes des plus grandes richesses de la planète, ces fortunes colossales pèsent un total de 7 000 milliards de dollars, contre 6 400 l’an passé. Bill Gates garde la tête du classement, une position qu’il a occupée 16 fois au cours des 21 dernières années. Sa fortune a augmenté de 3,2 milliards de dollars en un an, passant à 79,2 milliards, malgré son don d’actions Microsoft d’une valeur de 1,5 milliard de dollars à la Fondation Bill & Melinda Gates.
Le Mexicain Carlos Slim reste deuxième et l’Américain Warren Buffet récupère la troisième place des mains de l’Espagnol Amancio Ortega. C’est Buffet qui s’est le plus enrichi cette année, avec un gain de 14,5 milliards de dollars, pour une fortune estimée à 72,7 milliards. Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, gagne cinq places et se retrouve 16e, atteignant pour la première fois le clan des vingt plus riches de la planète.

Deux cent quatre-vingt-dix petits nouveaux font leur entrée dans le classement, dont 71 viennent de Chine. Les jeunes font une percée : 46 milliardaires ont moins de 40 ans, un autre record. Le plus jeune est Evan Spiegel, 24 ans, le cocréateur de l’application Snapchat. A 31 ans, Elizabeth Holmes, à la tête de l’entreprise de tests sanguins Theranos, devient la plus jeune self made woman.

Le grand perdant est le Nigérian Aliko Dangote, dont la fortune a dégringolé à 14,7 milliards contre 25 l’an passé, conséquence de la faiblesse de la devise locale et de la baisse de la demande en ciment. Il reste malgré tout l’Africain le plus riche. La Russie est le pays ayant perdu le plus grand nombre de milliardaires, passant de 111 à 88. Soit moins que les Etats-Unis et la Chine, mais aussi l’Allemagne et l’Inde.

Une grande majorité de ces milliardaires (1 191) se sont faits tout seuls («self made»), seuls 230 ont hérité de leur fortune. Quatre cent cinq ont hérité d’une partie mais travaillent à leur enrichissement.

LIBERATION, 2 MARS 2015

La crise n’est pas vécue par tout le monde de la même façon. Les écarts se creusent, les riches gagnent toujours plus d’argent. Bill Gates qui ne dirige plus son entreprise et a donné de l’argent à sa fondation s’enrichit davantage chaque année. Pendant ce temps, l’austérité pour les ménages, parce que les dettes publiques et les déficits sont trop importants. Les gouvernements ont baissé les taux d’imposition les plus élevés, ils n’ont pas lutté contre l’optimisation fiscale, ni contre les paradis fiscaux. Au final, certains ne sont vraiment pas dans le besoin.
la conclusion est intéressante : « une grande majorité de ces milliardaires se sont faits tout seuls ». Sans doute à l’image du mythe de Rockefeller qui a acheté une pomme, l’a fait briller et l’a revendue plus chère … Cela signifie que nous pourrions tous devenir milliardaires, ce qui n’a pas encore été prouvé mais demeure un appui important pour la société capitaliste !

Shukuru

La Grece, seul pays d’Europe ou le salaire minimal a baisse depuis 2008

a Grèce, une exception européenne. Alors que tous les pays de l’Union européenne (UE) ont augmenté leur salaire minimal depuis 2008, Athènes a diminué le sien, selon les chiffres de l’office européen des statistiques (Eurostat) publiés jeudi 26 février. Exprimé en monnaie nationale, le salaire minimal a chuté entre 2008 et 2015 de 14 %. Après élimination des différences de niveau des prix, la baisse est de 12 %.
Les autres pays européens ont observé un mouvement inverse. Les hausses les plus importantes sur la même période ont été enregistrées en Roumanie (+ 95 %), en Bulgarie (+ 64 %), en Slovaquie (+ 58 %) et en Lettonie (+ 57 %), des pays où le salaire mensuel minimal est inférieur à 400 euros, selon les données d’Eurostat au 1er janvier 2015. En France, le salaire minimal a augmenté de 14 % depuis 2008.
Au sein de l’UE, la Bulgarie est le pays au salaire minimal le plus bas (184 euros). A l’opposé, le Luxembourg offre un salaire minimal de 1 923 euros, soit un ratio de 1 à 10. Toutefois, après ajustement des disparités de pouvoir d’achat, l’écart entre les Etats membres se réduit à 1 à 4, souligne Eurostat.

Dix Etats offrent un salaire minimal inférieur à 500 euros (Bulgarie, Roumanie, Lituanie, République tchèque, Hongrie, Lettonie, Slovaquie, Estonie, Croatie, Pologne), quand sept proposent un salaire supérieur à 1 000 euros (Royaume-Uni, France, Irlande, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg). Six Etats membres de l’UE n’appliquent pas de salaire minimal : l’Autriche, Chypre, le Danemark, l’Italie, la Finlande et la Suède.

Ces statistiques sont publiées alors que le débat sur le salaire minimal a été relancé en Europe, avec la volonté de la Grèce de le relever. Le gouvernement de gauche radicale de la Syriza d’Alexis Tsipras veut le porter à nouveau à 751 euros, le niveau qu’il avait atteint avant d’être réduit à 580 euros sous la pression des créanciers du pays. Mais certains ministres des finances de la zone euro sont contre, qui reprochent à la Grèce d’avoir un salaire minimal plus élevé que celui de pays n’étant pas sous perfusion financière.

La Grèce a mis en oeuvre la politique imposée par la troïka (FMI, UE et BCE). Malheureusement, la dette n’en fini pas de croître et le niveau de vie des grecs de diminuer (le pays a perdu un quart de son PIB en huit ans voir l’article http://www.slate.fr/tribune/67519/grece-pire-que-ce-vous-imaginez). La diminution du salaire minimum (a contrario de ce qui se passe en Europe), n’a eu qu’un effet néfaste sur l’économie : il a baissé le pouvoir d’achat.
Il est temps qu’on laisse la Grèce changer sa politique économique qu’on lui fasse confiance en lui prêtant de l’argent à des taux raisonnables …
Mais ce n’est pas pour demain

Shukuru

Cartel du yaourt

Selon le Figaro, l’Autorité de la concurrence enquête même depuis plus de trois ans sur plusieurs fabricants de produits laitiers frais, dont Lactalis, Yoplait, Novandie et Senoble, soupçonnés de s’être concertés sur des prix et la répartition du marché.

Selon l’Autorité de la concurrence, «des échanges d’informations sensibles» ont permis aux grands producteurs ainsi qu’à des PME comme Laïta, Les Maîtres laitiers du Cotentin ou Alsace Lait, «une concertation destinée à coordonner leurs politiques tarifaires et commerciales», constituant de fait un cartel et une entente sur les prix des produits laitiers frais qui étaient vendus à des distributeurs sous leur propre marque (MDD).
Ils sont notamment accusés «d’avoir défini en commun des hausses de prix, de s’être coordonnés sur la chronologie d’application de ces hausses et de s’être coordonnés sur les argumentaires développés pour justifier ces hausses». Ils auraient aussi passé «un accord anticoncurrentiel sur la fixation des volumes en s’abstenant de capter des marchés détenus par des sociétés concurrentes».

L’enquête sur les yaourts aurait débuté en aout 2011 au moment où Yoplait (Panier, Calin, Perle de Lait…) est venu dénoncer l’entente à l’Autorité, afin de bénéficier de la procédure de clémence que celle-ci accorde aux sociétés prêtes à dénoncer des pratiques frauduleuses leur permettant ainsi d’échapper pour tout ou partie à une sanction financière. Cette révélation a donné lieu à des perquisitions aux sièges des entreprises incriminées au printemps 2012.
Peu de temps après, Senoble aurait lui aussi livré des documents à l’Autorité pour bénéficier lui aussi de la procédure de clémence, selon le Figaro. Le cartel aurait duré entre 2006 et 2012 et portait principalement sur un accord visant à définir en commun les prix lors des appels d’offres de la part des distributeurs pour la production de leurs MDD, permettant aux sociétés en question de se partager le marché. Mais dans un contexte de concurrence acharnée entre distributeurs pour obtenir des prix toujours plus bas et de fortes variations des cours du lait, elle a fini par tourner court, certains des participants ne respectant pas toujours les termes des accords conclus, affirme le Figaro.

Selon le quotidien, les industriels se sont défendus devant l’Autorité lors d’une réunion en novembre 2014 mais n’ont, semble-t-il, pas entièrement convaincu puisque l’organisme «s’apprête à sanctionner une petite dizaine» de fabricants.
Ils s’exposent à une amende, qui devrait toutefois «être bien moindre que celles infligées aux producteurs de shampoings et de lessives», avance Le Figaro. En décembre 2014, l’Autorité avait infligé une amende record de 950 millions d’euros à l’encontre des géants des secteurs de l’entretien/hygiène/beauté, pour une entente commerciale sur les prix entre 2003 et 2006. En 2011, dans une autre décision des Sages de la rue de l’Échelle, trois fabricants de lessives s’étaient vu infliger par l’Autorité une amende de 361 millions d’euros pour s’être concertés pendant six ans sur leur prix et promotions.

Le parisien, 24 Févr. 2015

Encore une manifestation de l’exercice du pouvoir de marché. Les entreprises s’entendent pour maximiser leurs bénéfices au détriment des consommateurs.
Les enseignes concernées sont les plus puissantes : Carrefour, Auchan, Casino, Système U et Leclerc
La stratégie de l’Autorité de la concurrence semble la bonne. En incitant à la dénonciation de l’entente et en exonérant de poursuite celui qui s’est dénoncé, un certain nombre d’ententes vont disparaître.
Il n’en demeure pas moins que le préjudice pour les consommateurs ne sera pas réparé. Les prix trop élevés ont été payés et ont constitué des « surprofits » pour les entreprises (producteurs et distributeurs).
Dès lors, que pensez des défenseurs de la libre entreprise ? Ceux qui disent que les entreprises sont contraintes par le droit du travail, par les syndicats, par l’Etat …
Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.
A force de nier le caractère tronqué de la concurrence, on finit par favoriser les seuls producteurs, c’est regrettable.

Shukuru

Un boulanger palois réclame le droit d’ouvrir sept jours sur sept

Le 18 février dernier, les gérants de l’enseigne « Des Pains en folie » ont reçu un courrier de la Direccte (Direction régionale des entreprises de la concurrence, de la consommation du travail et de l’emploi) les enjoignant à respecter l’obligation d’un jour de fermeture hebdomadaire. En cas de non-respect du texte, le couple s’expose à des contraventions.
Leur établissement est actuellement ouvert 7 jours sur 7. A l’origine du rappel à l’ordre, il y a un arrêté préfectoral datant de décembre 1993. Celui-ci impose un jour de fermeture hebdomadaire aux établissements des Pyrénées-Atlantiques au sein desquels s’effectue la vente des produits de boulangerie et autres pâtisseries.
« On va mettre la clé sous la porte » s’alarme Béatrice Morlas, la gérante. Consciente qu’elle ne respecte pas la loi, elle affirme que cette ouverture est une nécessité pour permettre à son affaire de fonctionner. Elle a aussi l’impression de servir de bouc émissaire dans cette affaire. « Cet arrêté vieux de 23 ans n’est pas appliqué par la plupart des boulangers. Nous ne sommes pas des Thénardier ! » Les gérants refusent de se voir imposer une fermeture qui, d’après eux, n’est pas respectée par le reste de la profession. Une pétition circule.
L’injonction de l’Inspection de travail apparaît d’autant plus injuste à leurs yeux que l’établissement respecterait parfaitement les droits de ses huit employés.

Amandine Ardiller est vendeuse depuis novembre. « Je travaille 35 heures par semaine en CDI et je bénéficie de deux jours de congé par semaine. Par les temps qui courent, ça me va ! » L’ouverture 7 jours sur 7 est rendue possible par le roulement entre les quatre vendeuses. « Ce serait une perte de 100 000 euros par an ! »

Antoine Etcheto, La république des Pyrénées, 24 février 2014

La déréglementation du marché du travail est en cours.
Comme on le voit dans cette « affaire », le boulanger veut ouvrir son commerce toute la semaine et la loi l’en empêche.
Pourquoi la loi interdit-elle d’ouvrir sept jours par semaine ?
– pour protéger les salariés
– pour limiter la concurrence

Les salariés sont contraints par leur employeur, le travail du dimanche n’est jamais un véritable choix. On voit ici le témoignage d’une vendeuse qui prétend que le droit est respectée mais le code du travail prévoit des compensations pour le travail du dimanche (salaire plus important, repos supplémentaire). Si le droit était respecté ici, la vendeuse dirait qu’elle est payée davantage. en fait elle travaille 35h et dispose de deux jours de repos par semaine.. On ne sait pas non plus si elle choisit de travailler le dimanche (probablement pas et si les deux jours de repos sont consécutifs).
Ce n’est donc pas à l’avantage du travailleur mais plutôt à celui de l’entreprise.

La concurrence peut elle ouvrir 7 jours par semaine ? Si tel n’est pas le cas, la transgression de la loi fausse la concurrence. Les plus gros et les plus forts feront disparaître ceux qui ne peuvent s’aligner.

Quant aux consommateurs, ceux qui signent la pétition pour que la boulangerie soit ouverte le dimanche, ils n’ont qu’un objectif individualiste : pouvoir acheter du pain quand ils le souhaitent. Peu importe les conditions de travail. Que penseraient ces consommateurs si on leur imposait de travailler le dimanche ? ils ne seraient peut être pas aussi unanimes !

On peut constater que le discours face au travail a changé ces dernières années. Désormais la libre entreprise (je travaille comme je veux) et le consommateur roi (je veux que les magasins soient ouverts tout le temps) l’emportent sur le droit du travail.
Ce n’est pas un progrès social.
L’ouverture des commerces le dimanche n’est même pas vecteur de croissance, dans la mesure où il ne s’agit que d’un déplacement des achats, d’un jour sur un autre. Nous ne sommes pas dans un pays où les consommateurs ne peuvent pas consommer parce que les magasins ne sont pas ouverts.

Shukuru

Europe : le cartel des camions aura duré 14 ans

Les constructeurs de poids lourds européens se sont entendus sur les prix pendant quatorze ans afin de ralentir la mise au point de technologies permettant une diminution des émissions polluantes, rapporte le Financial Times, citant des documents tirés de l’enquête menée par la Commission européenne.
Selon le quotidien britannique, entre janvier 1997 et janvier 2011, les groupes Daf Trucks, Daimler, Iveco, Scania, Volvo et MAN se sont mis « d’accord sur le calendrier et le niveau de la hausse des prix pour l’introduction de nouvelles technologies de réduction des émissions » de CO2.
La Commission européenne avait réalisé des « visites » chez les constructeurs de camions en janvier 2011, avant d’ouvrir une enquête sur des soupçons d’entente. Fin novembre, Bruxelles avait annoncé une accélération de cette enquête.
Les autorités européennes n’avaient jusqu’à présent pas dévoilé officiellement les noms des groupes qu’elle soupçonnait de cartel, ni précisé l’étendue de la période durant laquelle ce cartel avait été opérationnel.

Un document récapitulant les griefs et les charges qui pèsent sur ces groupes leur a été adressé le mois dernier par Bruxelles.
Les six constructeurs incriminés contrôlent quasiment 100 % du marché. La Commission a indiqué qu’elle pourrait infliger des amendes équivalant à 10 % du chiffre d’affaires annuel mondial des intéressés.
L’allemand Daimler a annoncé, le 18 décembre, qu’il provisionnait 600 millions d’euros de plus pour couvrir les coûts relatifs à une enquête antitrust de la Commission européenne. Il avait déjà passé une provision en 2011 pour une éventuelle amende, sans dévoiler son montant.
Fin novembre Volvo avait de son côté annoncé une provision de 400 millions d’euros dans le cadre de cette même affaire.
Selon la Commission européenne, les émissions de CO2 émanant des camions ont progressé de 36 % entre 1990 et 2010.
Fin mai, la Commission européenne a présenté un plan d’action pour réduire de 30 % les émissions polluantes des camions et des autobus, responsables d’un quart des rejets de CO2 dus au transport routier et de 5 % du total des émissions de gaz à effet de serre de l’Une.

Le Monde.fr | 24.12.2014 à 08h07 • Mis à jour le 24.12.2014 à 10h13

Voilà un exemple d’une entente entre producteurs pour maximiser les profits au détriment des consommateurs.
Il aura fallu quelques années pour mettre à jour cette entente, qui a probablement coûté des millions à la collectivité parce que les nouvelles technologies n’ont pas pu être utilisées et que les prix de vente des camions sont demeurés élevés.
De là à dire que libéraliser les marchés permettrait un gain général tant pour les consommateurs que pour les producteurs … cette histoire montre que la recherche du profit est le principal moteur de l’entreprise.

Shukuru