TD Evolution du travail

Document 1 : Evolution de l’emploi en France

https://youtu.be/WONey9HemHA     4’31

Document 2 : Digitalisation du travail

Les nouvelles technologies jouent un double rôle par rapport aux mutations du travail ou ce que l’on appelle parfois la digitalisation du travail. Le digital est à la fois une cause mais également un accélérateur des évolutions que l’on observe sur le marché du travail.

Alors une cause, parce-que grâce à ces nouvelles technologies le travail s’est dématérialisé. Les nouvelles technologies ont permis de libérer le travail de la loi de la pesanteur. Autrefois, c’était compliqué pour un ouvrier travaillant chez Renault de ramener une porte à terminer le soir chez lui. Aujourd’hui avec les nouvelles technologies et l’accès aux mails ou nos fichiers quel que soit l’endroit où on se trouve, le travail a perdu son unité de temps et de lieu. Vous pouvez travailler n’importe quand et n’importe où, puisque tous vos fichiers sont accessibles en permanence. La nature même du travail a changé du fait de cette « mobi-quité ». Nous sommes tous mobiles maintenant, on reste connectés 24H/24 et on a donc ce don d’ubiquité aussi dans le monde du travail.

L’autre grande transformation qu’apporte la digitalisation dans le monde du travail, c’est cette économie des plateformes qui font de l’intermédiation sur le marché du l’emploi. Uber, Upwork, Hopwork ou Amazon Mechanical Turk créent également une révolution dans le marché du travail puisque grâce à celles-ci, vous pouvez décrocher des missions. On parle même aujourd’hui de human cloud.

Si vous avez un site internet à concevoir, vous allez pouvoir mettre ce projet sur une plateforme et c’est sans doute quelqu’un qui va être basé en Chine ou en Inde qui va réaliser cette mission pour vous. On voit là-encore cette idée de délocalisation du travail. Ou autrement dit le fait que le travail n’est plus forcément un endroit où l’on se rend, mais plutôt une tâche à accomplir. Et cette tâche peut être faite virtuellement dans les nuages à travers ces plateformes numériques. Une nouvelle façon de contracter le travail se développe, avec de nouvelles opportunités pour des travailleurs indépendants.

Denis Pennel, Mutations du travail : quel avenir pour le marché de l’emploi ? Unow.fr, mars 2017

TD Lutter contre le chômage en soutenant l’offre

Document 1 :

Si on laisse faire, la flexibilité des salaires rétablira spontanément l’équilibre. Mais si les rigidités institutionnelles empêchent la libre négociation et la baisse des salaires, le chômage persiste car le coût du travail est structurellement supérieur à son niveau d’équilibre. A long terme, la hausse du prix relatif du travail incite les entreprises à substituer du capital au travail … ; les entreprises compensent aussi le surcoût du travail par la surqualification des travailleurs, ce qui pénalise plus spécialement les jeunes sans expérience et les travailleurs non qualifiés…

La baisse du coût relatif du travail stimulerait directement l’emploi en incitant les entreprises à substituer du travail au capital ; elle devrait aussi le faire indirectement en soutenant l’activité par divers canaux : effet de compétitivité (amélioration de la compétitivité prix favorable aux exportations) ; effets de profitabilité (hausse de la part des profits dans la valeur ajoutée favorable à l’investissement) ; désinflation qui libère le pouvoir d’achat disponible pour la consommation.

Jacques Généreux, Les vraies lois de l’économie, Seuil, 2008

  1. Expliquez la première phrase
  2. Expliquez la phrase soulignée et donner un exemple de secteur d’activité touché par cette évolution
  3. Le chômage touche-t-il de la même façon tous les individus, quels qu’ils soient ?
  4. Expliquez et illustrez les trois canaux évoqués à la fin du texte

Document 2 : Baisse des charges patronales

Jean Balas, patron dans le BTP, regrette l’abandon de la baisse des charges sociales. Il estime qu’elle aurait dopé la rentabilité des entreprises

C’était l’une des propositions phares de Louis Gallois : créer un « choc de confiance » de nature à relancer l’investissement, et notamment l’investissement industriel, grâce à une baisse significative des charges sociales. Pour réduire le coût du travail, cette solution avait sa faveur, car elle « a un impact direct et rapide sur les marges d’exploitation des entreprises, et donc sur leur capacité d’autofinancement », expliquait-il dans son rapport, précisant que sa préférence allait « à un choc sur une année », sous peine de courir « un risque de dilution ».

Stéphanie Benz – L’expansionl’express.fr 06/12/2012 à 09:11

  1. Que voulait ce patron ?
  2. Quel est l’intérêt d’une telle mesure ?

Document 3 :

  1. Commentez le tableau

TD Lutter contre le chômage en soutenant la demande

Explication keynésienne du chômage. Il s’agit d’un chômage involontaire provoqué par une insuffisance de la demande de biens et de services. Les entrepreneurs n’embauchent pas parce qu’ils estiment qu’ils n’ont pas de débouchés pour leurs produits.

Explication du chômage dans le courant libéral. Les prix sur le marché des biens et services sont trop bas pour des salaires trop élevés, ce qui revient à dire que le travail coûte trop cher relativement à sa productivité. Les entreprises ne jugent pas rentable de satisfaire la demande et de créer des emplois.

Coût du travail et chômage

 Coût salarial dans l’industrieTaux de chômage (%)
 2000201120002011
 Euros par heure
Etats-Unis28354,09
France27338,89,5
Allemagne29347,86,5
Royaume Uni18285,57,9
Zone euro22289,110
Japon34274,74,8

Sources : OCDE et INSEE 2011

  1. Analysez le tableau
  2. Permet-il de confirmer la théorie néoclassique du chômage ?
  3. Dans quels pays peut-on parler de chômage keynésien ?
  1. Expliquez et analysez le schéma
  2. Quels sont les avantages et les risques d’une politique keynésienne ?

TD Evolution du travail

Document 1 : Evolution de l’emploi en France

https://youtu.be/WONey9HemHA

Document 2 : Digitalisation du travail

Les nouvelles technologies jouent un double rôle par rapport aux mutations du travail ou ce que l’on appelle parfois la digitalisation du travail. Le digital est à la fois une cause mais également un accélérateur des évolutions que l’on observe sur le marché du travail.

Alors une cause, parce-que grâce à ces nouvelles technologies le travail s’est dématérialisé. Les nouvelles technologies ont permis de libérer le travail de la loi de la pesanteur. Autrefois, c’était compliqué pour un ouvrier travaillant chez Renault de ramener une porte à terminer le soir chez lui. Aujourd’hui avec les nouvelles technologies et l’accès aux mails ou nos fichiers quel que soit l’endroit où on se trouve, le travail a perdu son unité de temps et de lieu. Vous pouvez travailler n’importe quand et n’importe où, puisque tous vos fichiers sont accessibles en permanence. La nature même du travail a changé du fait de cette « mobi-quité ». Nous sommes tous mobiles maintenant, on reste connectés 24H/24 et on a donc ce don d’ubiquité aussi dans le monde du travail.

L’autre grande transformation qu’apporte la digitalisation dans le monde du travail, c’est cette économie des plateformes qui font de l’intermédiation sur le marché du l’emploi. Uber, Upwork, Hopwork ou Amazon Mechanical Turk créent également une révolution dans le marché du travail puisque grâce à celles-ci, vous pouvez décrocher des missions. On parle même aujourd’hui de human cloud.

Si vous avez un site internet à concevoir, vous allez pouvoir mettre ce projet sur une plateforme et c’est sans doute quelqu’un qui va être basé en Chine ou en Inde qui va réaliser cette mission pour vous. On voit là-encore cette idée de délocalisation du travail. Ou autrement dit le fait que le travail n’est plus forcément un endroit où l’on se rend, mais plutôt une tâche à accomplir. Et cette tâche peut être faite virtuellement dans les nuages à travers ces plateformes numériques. Une nouvelle façon de contracter le travail se développe, avec de nouvelles opportunités pour des travailleurs indépendants.

Denis Pennel, Mutations du travail : quel avenir pour le marché de l’emploi ? Unow.fr, mars 2017

Le jour du dépassement de la finance

Calculer le jour de l’année à partir duquel les entreprises distribuent plus de dividendes qu’elles n’ont reçu de financement boursier montre que la Bourse est au service des rentiers, pas de l’investissement.

Quelle est la fonction de la finance ? La réponse à cette question pourrait sembler triviale puisque le nom incarne ici la fonction : la finance finance. Mais que finance-t-elle ? L’économie pardi ! Telle est sa justification la plus souvent mise en avant. La finance regrouperait les investisseurs qui financent l’économie grâce à leurs placements dans les entreprises, placements sans lesquels ces dernières ne pourraient investir et créer des emplois. Étonnamment, rares sont ceux qui défendent cette idée à l’aide de données chiffrées. Les chiffres, on leur fait dire ce que l’on veut, mais pas cette fois… Frédéric Lordon avance que les émissions d’actions ne représentent qu’une part tout à fait contenue du financement de l’investissement des entreprises et c’est exact : en moyenne, les émissions d’actions ne couvrent que 7,4 % du coût de l’investissement productif des entreprises sur la période 2000-2017.

Cette proportion peut paraître modeste, eu égard à la vigueur avec laquelle nos gouvernants défendent la figure de l’actionnaire comme étant le preneur de risque qui porte à bout de bras l’économie française. Mais les chiffres sont têtus : les entreprises se financent essentiellement par ressources propres (autofinancement), ensuite par endettement (crédits bancaires et obligations), et de façon marginale par émissions d’actions.

Aussi résiduel qu’il puisse paraître, le financement que les entreprises lèvent sur les marchés boursiers est encore plus faible en réalité. En effet, les entreprises procèdent à des opérations de rachats d’actions afin de soutenir le cours de l’action et d’accroître le dividende par action. Si la pratique est beaucoup moins développée en France qu’aux Etats-Unis, elle est loin d’être négligeable. Lorsque l’on retire les rachats d’actions du montant levé grâce aux émissions d’actions, la contribution de la Bourse aux entreprises se transforme en peau de chagrin : en moyenne, les émissions nettes d’actions ne représentent plus que 3,8 % du coût de l’investissement productif des entreprises sur la période 1993-2017.

De plus, qui dit financement par actions, dit nécessairement versement des dividendes. A la manière des militants écologistes qui calculent chaque année le jour du dépassement (ou Earth Overshoot Day) – soit le jour de l’année à partir duquel les humains vivent à crédit du fait d’une pression sur les ressources naturelles supérieure à ce que la planète peut endurer –, nous proposons de calculer ici un Finance Overshoot Day (FOD), un jour à partir duquel les entreprises distribuent plus de dividendes qu’elles n’ont reçu de financement boursier.

Pour l’année 2017, ce jour s’établit au 10 août. Autrement dit, en 2017 tout s’est passé comme si à partir du 10 août les entreprises françaises avaient reçu moins de financement qu’elles n’avaient versé de dividendes aux acteurs boursiers. Précisons d’emblée que nous raisonnons ici en flux de dividendes nets. Autrement dit, nous retranchons des dividendes distribués par les entreprises, les dividendes qu’elles ont reçus, de manière à ne pas faire de double comptage lié à la structuration des entreprises en réseau de maison mère/filiales. Il convient aussi de mentionner que les données récentes sur les dividendes sont sujettes à caution, le passage en base 2014 n’ayant fait qu’aggraver les incertitudes nées du passage en base 2010.

Au bout du compte, la contribution nette du secteur financier aux entreprises est strictement négative. La finance est une charge pour le secteur productif : même si le FOD se situe plus ou moins tôt dans la saison selon l’année considérée, le montant des dividendes nets est toujours plus élevé que le montant des émissions nettes d’actions, ce qui contribue in fine à l’augmentation de l’endettement des entreprises

La Bourse ne finance pas l’investissement ; elle n’est donc pas au service des entreprises. La fonction de la Bourse est de rendre deux services aux actionnaires rentiers : premièrement, leur permettre de valoriser leur patrimoine mobilier et, deuxièmement, organiser à tout moment une gigantesque brocante pour revendre ce patrimoine. Il en découle que la suppression de l’ISF décidée par l’exécutif n’est sûrement pas faite pour faciliter l’investissement des entreprises, mais bien plutôt pour privilégier l’intérêt des actionnaires rentiers.

Florian Botte et Thomas Dallery sont enseignants-chercheurs, respectivement à l’université de Lille et à l’université du Littoral Côte d’Opale, et membres du Clersé.

Article publié sur le site d’Alternatives Economiques 6 février 2019