Structure sociale

Document 1

Document 2

https://www.inegalites.fr/Les-inegalites-de-salaires-entre-les-femmes-et-les-hommes-etat-des-lieux

Document 3

Salaires mensuels moyens et répartition des effectifs en équivalent temps plein (EQTP)
 
 Salaires nets Répartition des effectifs (en %)
 Euros courantsEuros constants20152016
 20152016Évolution (en %)
Cadres14 0304 0600,6             19,5          19,7  
Professions intermédiaires2 2352 2410,1             20,4          20,3  
Employés1 5881 5900,0             29,5          29,6  
Ouvriers1 6741 6810,3             30,6          30,3  
Hommes2 4182 4310,4             58,3          58,2  
Femmes1 9501 9690,8             41,7          41,8  
Construction2 0252 0470,9               8,0            7,8  
Industrie2 4542 4871,2             18,7          18,3  
Tertiaire2 1862 1970,3             73,4          73,9  
Ensemble y c. emplois aidés2 2232 2380,5            100,0         100,0  
Ensemble hors emplois aidés2 2482 2630,5//////
1. Y compris chefs d’entreprise salariés.    
Champ : France, salariés en EQTP du privé et des entreprises publiques, y compris bénéficiaires de contrats aidés et de contrats de professionnalisation ; hors apprentis, stagiaires, salariés agricoles et salariés des particuliers employeurs.
Source : Insee, déclarations annuelles de données sociales (DADS).  

Classes et strates

Document 1

 197520082017
Nombre d’ouvriers (milliers)811858465585
Nombre d’actifs occupés191852591326512
Taux de chômage des ouvriers4 ,1 %13,2 %13,5 %
Taux de chômage moyen3,7 %9,1 %9,4 %
Taux d’équipement des ouvriers en automobile51 %88 %88,8 %
Sentiment d’appartenance aux classes populaires72 %50 %28 %
Sentiment d’appartenance aux classes moyennes23 %49 %66 %

                                                                                                                                                                             Source INSEE

  1. Comment le groupe ouvrier a-t-il évolué ?
  2. Les ouvriers constituent-ils encore un groupe à part ?

Document 2

La « classe ouvrière » en tant que telle a éclaté sous l’impact de différentes forces centrifuges : désindustrialisation, perte de ses bastions traditionnels (le Nord, la Lorraine, la Loire, Renault-Billancourt), informatisation de la production et chute de la demande de travail non qualifié, division géographique de l’espace ouvrier, différenciation sexuelle du groupe (avec la croissance des emplois d’employées pour la majorité des femmes), déclin continu et accéléré du Parti communiste, perte de l‘espoir collectif et diminution corrélative du sentiment d’appartenance à la classe, sans oublier le désintérêt désormais affiché pour tout ce qui touche au monde ouvrier.

Malgré l’effondrement de la classe, le monde ouvrier n’a pas disparu. La condition ouvrière s’est profondément transformée au cours des vingt dernières années : elle a perdu une partie de son assise dans le monde industriel et s’est plutôt développée dans le secteur tertiaire du fait de la prolétarisation des employés (exemple des caissières)…

Le SMIC est le seul horizon salarial possible, l’idée même d’une progression de salaire et d’une carrière semble exclue, inconcevable même. La très vive concurrence entre jeunes pour occuper ces emplois suffit à maintenir cette forte pression salariale.

                Stéphane BEAUD et Michel PIALOUX, Retour sur la condition ouvrière, 1999

  1. Expliquez les évolutions évoquées par les auteurs, qui remettent en cause l’existence d’une classe ouvrière
  2. La classe ouvrière a-t-elle pour autant disparu ?

Document 3

« Exister (…), c’est différer, être différent » : voilà, présentée sous une forme lapidaire, l’idée centrale que Pierre Bourdieu disait avoir voulu développer dans son maître ouvrage, La Distinction (1979)… Le sociologue montrait comment la culture et les styles de vie fonctionnaient, dans la société française, comme des machines à produire des différences et des hiérarchies. Il mettait ainsi en évidence le fait qu’il existe une certaine correspondance entre la hiérarchie des pratiques culturelles et celle des groupes sociaux. Les formes les plus légitimes, les plus « nobles », de culture (visite des musées et galeries, opéra) sont appropriées par les classes supérieures. Ces dernières sont singées par les classes moyennes, qui se contentent de produits « dégriffés », ersatz de culture légitime : jazz en lieu et place de musique classique, photographie, revues de vulgarisation, cinéma… Les classes populaires, elles, tendent à s’auto-exclure du jeu de la culture (« ce n’est pas pour nous »), se contentant de « produits culturels de grande diffusion » : variété, spectacles sportifs, télévision, romans policiers… Même lorsque des pratiques sont partagées par tous les groupes : en matière de musique classique, les ouvriers diront préférer Le Beau Danube bleu, tandis que les cadres préféreront « le clavecin bien tempéré ». Certains iront à la piscine pour se détendre, d’autres iront, tôt le matin, faire des longueurs. C’est ainsi dans virtuellement toutes les pratiques (logement, tourisme, alimentation) que s’exprime ce système de différences de classes. Et même de fractions de classe : les classes supérieures sont par exemple les principales consommatrices de théâtre mais, en leur sein, les individus les mieux dotés en capital culturel (enseignants du supérieur par exemple) s’orienteront davantage vers le théâtre d’avant-garde et mépriseront le théâtre de boulevard prisé par les mieux dotés en capital économique (patrons, professions libérales).                                              Xavier Molénat, Les nouveaux codes de la distinction, mars 2011

  1. Expliquez la première phrase ?
  2. Pourquoi ce processus de distinction existe-t-il ?
  3. Quel est son lien avec l’existence de classes sociales ?
  4. Expliquez les exemples donnés
  5. Donnez un exemple de transgression sociales et culturelles
  6. Trouver d’autres exemples

Document 4

  1. Présentez les deux graphiques
  2. Que traduit la comparaison de ces deux graphiques
  3. Est-ce une manifestation de l’existence d’une classe sociale ?

Fiche cours Croissance

Croissance fluctuations et crises

Chapitre 1 : Quelles sont les sources et les défis de la croissance économique ?

Plan

Introduction

  1. La mesure de la croissance
  2. Les facteurs de la croissance économique
  3. Le rôle du progrès technique et de l’innovation dans la croissance
  4. Le rôle des institutions dans la croissance
  5. La croissance confrontée à deux défis majeurs
    1. Inégalités de revenus
    1. Dégradation de l’environnement
  6. Les innovations peuvent aider à reculer les limites écologiques de la croissance

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En complément

Vidéo

http://dessinemoileco.com/quest-ce-que-le-produit-interieur-brut/

https://www.canal-u.tv/video/canal_aunege/la_mesure_de_la_croissance_economique.14799

Statistiques

https://www.insee.fr/fr/statistiques/2830613

Fiche concept

http://ses.tice.ac-orleans-tours.fr/php5/pedagogie/pedagogie_par_niveau/terminale/documents/fondamentaux/01_fiche_concept_croissance.doc

Carte mentale

http://www.toileses.org/terminale/CM_ELN_defis_croissance.png

http://www.toileses.org/terminale/CM_ELN_mecanismes_croissance.png

Résumé du chapitre

La croissance est mesurée par l’évolution du PIB. Indicateur quantitatif, le PIB ne permet pas de mesurer l’évolution du niveau de vie de la population.

La croissance est le résultat de l’augmentation du volume des facteurs de production et/ou d’une meilleure utilisation de ceux-ci (gains de productivité, organisation du travail).

L’investissement est un déterminant majeur de la croissance. Il prend différentes formes.

La productivité globale des facteurs correspond à la partie de la croissance qui ne résulte pas de la variation de la quantité des facteurs de production.

L’Etat joue également un rôle important, en garantissant par un cadre réglementaire et judiciaire, aux investisseurs qu’ils bénéficieront des profits liés à leur activité.

La croissance se heurte à des limites écologiques (par exemple, l’épuisement des ressources naturelles, ainsi qu’à des problèmes de répartition (qui génèrent des inégalités entre individus).

Le progrès technique et les innovations peuvent permettre à la croissance d’être plus verte, donc plus vertueuse

Résumé sur http://www.shukuru.fr/?p=667

Sujets de BAC (Type EC3 ou Dissertation)

Grandes écoles : l’ouverture sociale au point mort

EVA MIGNOT 28/01/2021 Alternatives économiques

Ecole normale supérieure, HEC, Sciences Po, Polytechnique… Ces écoles aux noms prestigieux créées au XVIIIe ou au XIXe siècle étaient d’emblée réservées à une certaine élite sociale. Deux siècles plus tard, malgré plusieurs rappels à l’ordre, les choses n’ont malheureusement pas beaucoup changé.

Les résultats d’un récent rapport de l’Institut des politiques publiques (IPP) sur le sujet sont accablants : en 2016, les étudiants des grandes écoles n’étaient que 9 % à être issus des catégories sociales défavorisées (ouvriers et personnes sans activité professionnelle), alors que c’était le cas de 36 % des jeunes de 20 à 24 ans.

Surtout, cette ouverture sociale a complètement stagné depuis dix ans. A Polytechnique par exemple, la proportion d’étudiants défavorisés est passée de 2 % en 2008 à… à 0 % en 2016 (contre une augmentation de la part des catégories très favorisées de 87 à 92 % sur la même période).

« La faible ouverture sociale des grandes écoles s’explique par plusieurs facteurs », selon l’économiste Julien Grenet, coordinateur du rapport.

« Il y a des phénomènes d’auto-censure : à performances scolaires comparables, les élèves issus de milieux sociaux défavorisés ont tendance à moins candidater dans ces établissements que les élèves de milieux favorisés. Il y a aussi un accès à l’information très imparfait : les lycéens CSP + sont plus souvent orientés vers les formations sélectives. Des barrières financières et géographiques sont aussi présentes : le coût de la mobilité peut être trop important pour les élèves de milieux défavorisés ou éloignés des grandes agglomérations. »

Les chercheurs montrent par exemple que les élèves parisiens ont une probabilité presque trois fois plus élevée d’accéder à une grande école que les élèves non franciliens ! « Tout cela va se cumuler et, finalement, ces inégalités vont être particulièrement fortes dans les écoles qui sont en bout de chaîne », résume Julien Grenet.

Difficile en effet pour les grandes écoles de rectifier à elles seules le tir des inégalités sociales et scolaires qui se sont cumulées tout au long du parcours qui mène à leur seuil.

Cela ne veut pas dire pour autant qu’elles ne peuvent rien faire. Sous le feu des critiques, elles avaient d’ailleurs, depuis le début des années 2000, cherché à mettre en place des dispositifs d’ouverture sociale. Mais ces derniers n’ont pas eu l’effet escompté. Y compris le plus emblématique d’entre eux : les Conventions éducation prioritaire (CEP) de Sciences Po, une voie d’admission réservée aux élèves d’une centaine de lycées partenaires, qui reposait sur un concours spécifique.

« Les CEP constituent, jusqu’à présent, le seul vrai dispositif de discrimination positive porté par une grande école », précise la sociologue Alice Pavie, qui les a étudiées de près dans le cadre d’une thèse sur les politiques d’ouverture sociale dans l’éducation. « A l’époque, cela avait d’ailleurs été très critiqué, en interne et par les autres établissements qui ont préféré se tourner vers des dispositifs d’accompagnement des lycéens, plus en amont. »

Les résultats sont pourtant mitigés : « Cette voie d’entrée rassemble beaucoup plus de personnes de milieux populaires que les autres, mais la proportion reste très marginale à l’échelle de l’établissement : les élèves issus de la voie CEP représentent entre 8 et 10 % des effectifs entre 2014 et 2018. De plus, il s’avère que, parmi ces élèves, seulement 30 % sont issus de milieux populaires », poursuit la chercheuse.

Dans les autres écoles, les dispositifs relèvent davantage de l’accompagnement des collégiens et lycéens de milieux défavorisés. Mais, en plus de porter sur un temps long, pas forcément mesurables avec l’enquête de l’IPP, elles ne portent que sur des petits effectifs.

« Les Cordées de la réussite, qui ont pour objectif d’accompagner les élèves et les aider à intégrer des formations sélectives, concernent chaque année moins de 2 % des collégiens et lycéens. Ce sont des actions très parcellaires », rappelle Julien Grenet.

D’autres programmes mis en place pour compléter les Cordées de la réussite, tels les « parcours d’excellence » (2016), « ont eux des objectifs sans doute trop larges et trop flous pour faire une véritable différence au niveau des grandes écoles », estime Alice Pavie.

Pour agir plus directement et rapidement, les écoles peuvent toutefois intervenir sur leurs modalités d’admission. Mises sous pression par la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal, qui a mis en place en juillet un comité stratégique « diversité sociale dans l’enseignement supérieur », les écoles planchent sur de nouvelles solutions.

Depuis 2015, par exemple, l’ENS-Ulm a mis en place une nouvelle procédure d’admission appelée « concours normalien étudiant », ouvert aux étudiants ayant suivi un cursus universitaire – la majorité des postulants venant des classes préparatoires, très sélectives. « Là où nous avons 19 % de boursiers via le recrutement post-prépa, le nouveau concours en compte 26 %. Cette voie n’est pas du tout marginale : elle représente désormais 40 % de nos intégrés », précise Marc Mézard, directeur de l’établissement parisien.

Plus généralement, ce sont les modalités des concours CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles), la voie principale pour accéder à ces établissements, qui sont en ligne de mire.

« On cherche à changer les choses sans créer de nouvelles injustices », résume Chantal Dardelet, animatrice du groupe de travail ouverture sociale de la Conférence des grandes écoles et directrice du pôle Egalité des chances à l’Essec. « Dans notre établissement, nous envisageons de mettre en place une double barre d’admissibilité, dont une réservée aux boursiers, tout en gardant une seule barre d’admission, les boursiers ayant souvent une meilleure note à l’oral que les non-boursiers. »

Des pistes de travail assez proches de celles de l’ENS-Ulm : « Sur le concours CPGE, nous avons 29 % de boursiers parmi les candidats, et seulement 19 % parmi les admissibles. En revanche, ce taux est identique parmi les admis. C’est donc au niveau de la première étape du concours qu’il faut agir avec une mécanique simple, juste et précise », analyse Marc Mézard.

L’école envisage ainsi de mettre en place des points de bonification qui permettraient à certains élèves (boursiers, primo-accédants à l’enseignement supérieur par exemple, c’est-à-dire les élèves dont les parents n’ont pas poursuivi leurs études après le lycée) de se présenter devant un jury alors qu’ils n’auraient pas pu avoir cette chance avec le système actuel.

Sciences Po Paris compte, de son côté, changer la donne avec une nouvelle carte des CEP dans le cadre d’une réforme qui sera mise en place à partir de la rentrée 2021.

« La carte des lycées partenaires n’avait pas changé depuis longtemps alors qu’un certain nombre d’établissements, notamment dans les banlieues parisiennes ayant connu un phénomène de gentrification, n’accueillaient plus autant de lycéens de milieu populaire », relate Bénédicte Durand, directrice de la formation de l’école.

Une centaine de nouveaux partenariats devraient en plus être conclus. « D’autre part, nous travaillons désormais avec ces lycées CEP pour qu’ils s’engagent à accueillir dans les ateliers préparatoires un maximum de candidats boursiers. Nous-mêmes nous visons 30 % de boursiers recrutés, dont 15 % par la voie CEP », poursuit-elle.

En parallèle, la fin des épreuves écrites et son remplacement par l’étude approfondie du dossier Parcoursup pourraient encourager la diversification des candidatures en réduisant l’effet d’auto-censure.

Suffisant ? Sans doute pas à l’échelle globale des grandes écoles. Pour Julien Grenet, les quotas de boursiers imposés dans les formations publiques devraient être relevés et surtout s’appliquer aussi à l’ensemble des formations privées.

« On aurait tort de se priver de cet instrument potentiellement puissant. La mise en place de quotas en faveur des élèves boursiers pour l’affectation au lycée à Paris (procédure Affelnet) a par exemple permis de réduire considérablement la ségrégation sociale dans les lycées publics parisiens », assure le chercheur.

Surtout, un énorme travail doit être effectué au niveau des collèges où déjà des différences apparaissent au moment de faire un choix entre voie générale, voie technologique et voie professionnelle, et au lycée, où les nombreuses heures dédiées à l’orientation sont très souvent utilisées (notamment dans les établissements accueillant des élèves issus de milieux défavorisés) pour la préparation du baccalauréat.

« Aux Etats-Unis, une expérimentation a été menée dans le Michigan pour réduire les inégalités d’accès à l’information sur l’enseignement supérieur. Des courriers personnalisés ont été envoyés aux lycéens issus de milieu sociaux défavorisés ayant un fort potentiel scolaire pour les informer sur les voies qui leur étaient ouvertes. Cela a donné des résultats très impressionnants », raconte l’économiste Julien Grenet.

« En France, je pense que l’on peut faire quelque chose de similaire : on est capable de repérer ces élèves prometteurs. Ce sont des actions pas forcément très coûteuses à mettre à œuvre mais qui peuvent donner des résultats très importants. »

Correction du devoir

L’action publique en faveur de l’environnement est-elle toujours efficace ?

Quelques élements pour le plan

  1. L’action publique est dans une certaine mesure efficace
  2. Mais elle connait un certain nombre de limites

Il s’agit d’un plan, oui mais

la première partie annonce tous les éléments positifs :

la fiscalité mise en oeuvre dans le principe pollueur / payeur doit provoquer un changement de comportement des pollueurs, qui seront incité à changer leurs techniques de production, parce que la taxe sera trop onéreuse

Les normes mises en place vont faire prendre conscience des externalités négatives et permettront de réduire certaines pollutions

Les quotas d’emissions vont sensibiliser et responsabiliser les entreprises qui chercheront à moins polluer pour respecter les quotas

La seconde partie montre que les intentions sont bonnes mais que les contraintes ou les incitations étant trop faibles, leur efficacité est relative

La nature est un bien commun ce qui fait émerger des comportements de passager clandestin.

L’internalisation des externalités est complexe à mette en oeuvre notamment à cause de l’existence d’autres enjeux (emplois, croissance …) qui font que l’état ne souhaite pas trop taxer les entreprises. Les quotas peuvent être trop nombreux pour véritablement contraindre les entreprises

Les normes restrictives peuvent générer des comportements opposés à l’objectif (effet rebond)

Avancée historique pour la justice climatique

« Une décision historique qui s’inscrit dans les positions prises par les grandes cours planétaires. » L’avocate Corinne Lepage a accompagné la commune de Grande-Synthe et son ancien maire, Damien Carême, aujourd’hui député européen, dans un recours juridique devant le Conseil d’Etat. Il visait à annuler un refus du gouvernement, fin 2018, de prendre des mesures complémentaires pour atteindre les objectifs climatiques qu’il s’est donnés pour respecter l’accord de Paris. Soit une baisse de 40 % de ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici à 2030 par rapport à 1990.

Le 19 novembre dernier, la plus haute juridiction administrative a jugé le recours recevable et a donné trois mois au gouvernement pour « justifier que son refus de prendre des mesures complémentaires est compatible avec le respect de la trajectoire de réduction choisie pour atteindre les objectifs fixés pour 2030 ». S’il n’est pas satisfait, il pourra prononcer une injonction à agir à son encontre.

Cette affaire est une première. Auparavant, jamais « des requérants n’avaient saisi la justice pour faire apprécier l’intégralité du cadre réglementaire climatique », note Christel Cournil, professeure à Sciences Po Toulouse, auteure de l’ouvrage Les grandes affaires climatiques« Jusqu’alors, des affaires avaient questionné certains projets au regard de l’environnement. Cette fois, il s’agissait d’interroger frontalement la trajectoire choisie par le gouvernement. C’est inédit. »

Guillaume Hannotin, avocat au Conseil d’Etat, représentant des associations (Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace France, Notre affaire à tous, Oxfam France) qui ont soutenu Grande-Synthe dans le dossier, note plusieurs « grandes avancées ». Cette décision permet de « transformer une loi programmatique en une loi d’objectif obligatoire ». Autrement dit, passer d’une promesse à un engagement ferme, devant être tenu. « En germe, cette décision est porteuse de changements très concrets dans le droit appliqué aux opérateurs publics et privés », complète-t-il.

Les quatre associations ont lancé en 2018 l’Affaire du siècle, un recours en justice pour carence fautive de l’Etat en matière climatique. Le tribunal administratif de Paris devrait se prononcer une fois connue la décision finale du Conseil d’Etat. Il pourra, selon Cécilia Rinaudo, directrice générale de Notre affaire à tous, permettre « de préciser davantage la nature et la responsabilité de l’Etat ».

Quant à une loi sur le « crime » d’écocide réclamée par les 150 membres de la Convention citoyenne au début de l’été, elle devrait plutôt prendre la forme d’un délit. Dans le Journal du dimanche, les ministres de la Transition écologique Barbara Pompili et de la Justice Éric Dupond-Moretti ont en effet annoncé la création de deux nouveaux délits, l’un « général de pollution », qui pourrait conduire dans certains cas à un « délit d’écocide », et l’autre « de mise en danger de l’environnement ».

La décision du Conseil d’Etat est inédite en France, mais des précédents existent à l’étranger. A commencer par « l’affaire Urgenda » aux Pays-Bas. En 2015, un juge de premier ressort a demandé à l’Etat de revoir sa copie en matière de réduction des émissions de GES. Un jugement confirmé par la Cour suprême en décembre 2019, se fondant sur le « devoir de protection » prévu par les articles 2 (droit à la vie) et 8 (droit au respect de la vie privée et familiale) de la Convention européenne des droits de l’Homme.

Depuis, « la société civile et le gouvernement ont entamé un processus de discussion sur un ensemble de propositions de matière climatique. En avril 2020, un cadrage important de mesures a été adopté », relate Christel Cournil, qui est aussi membre du conseil d’administration de Notre affaire à tous.

Toujours en 2015, au Pakistan, l’agriculteur Asghar Leghari a obtenu gain de cause, alors qu’il contestait l’inaction du gouvernement fédéral et celui de la province de Punjab face au changement climatique.

Trois ans plus tard, en Colombie, la Cour suprême a enjoint le gouvernement de mettre fin à la déforestation pour protéger les générations futures, suite à la saisine d’un groupe de 25 jeunes.

Aux Etats-Unis, de nombreux procès ont aussi eu lieu, cette fois à l’encontre d’entreprises, se soldant souvent par des échecs. Une situation à mettre en regard de l’action intentée par des ONG françaises à l’encontre de Total, estimant que la multinationale manque à son devoir de vigilance. Elle est toujours en cours.

Autres affaires, cette fois à l’échelle de l’Union européenne : le « People’s Climate Case », recours pour insuffisance de la politique climatique intenté par dix familles, pour l’heure jugé irrecevable par le Tribunal de l’Union européenne. Plus récemment, en septembre, six jeunes Portugais ont annoncé attaquer devant la Cour européenne des droits de l’homme 33 Etats pour les contraindre à agir contre la crise climatique. De nouvelles avancées pourraient se multiplier dans les prochains mois et années pour la justice climatique.

BÉNÉDICTE WEISS26/11/2020

https://www.alternatives-economiques.fr/avancee-historique-justice-climatique/00094657

Une avancée dans la politique climatique, le conseil d’Etat demande des comptes à la France. Celle-ci doit prouver qu’elle mène bien une politique qui correspond aux objectifs fixés. On ne se contente plus de la politique est des déclarations des gouvernements, les résultats doivent être vérifiés;

Shukuru

Engagement des femmes et des hommes

Globalement les hommes participent plus. Cette inégalité traduit d’abord des différences de position dans l’espace social et, concernant les femmes, varie en fonction de leur rapport au travail. Plus elles sont intégrées dans cet univers, plus leur comportement s’aligne sur celui des hommes. Mais le modèle de la division sexuelle des taches reste largement ancré dans les mentalités : l’espace public pour l’homme, l’univers privé pour la femme.

A niveau de diplôme et d’activité égal, les femmes s’engagent moins dans la politique et son univers conflictuel.

D.Chagnollaud de Sabouret, Introduction à la science politique Dalloz 2018

En %Assemblée nationale 2017Taux de syndicalisation 2016Maires 2019
Femmes38,79,817
Hommes61,311,883

TD Evolution du travail

Document 1 : Evolution de l’emploi en France

https://youtu.be/WONey9HemHA     4’31

Document 2 : Digitalisation du travail

Les nouvelles technologies jouent un double rôle par rapport aux mutations du travail ou ce que l’on appelle parfois la digitalisation du travail. Le digital est à la fois une cause mais également un accélérateur des évolutions que l’on observe sur le marché du travail.

Alors une cause, parce-que grâce à ces nouvelles technologies le travail s’est dématérialisé. Les nouvelles technologies ont permis de libérer le travail de la loi de la pesanteur. Autrefois, c’était compliqué pour un ouvrier travaillant chez Renault de ramener une porte à terminer le soir chez lui. Aujourd’hui avec les nouvelles technologies et l’accès aux mails ou nos fichiers quel que soit l’endroit où on se trouve, le travail a perdu son unité de temps et de lieu. Vous pouvez travailler n’importe quand et n’importe où, puisque tous vos fichiers sont accessibles en permanence. La nature même du travail a changé du fait de cette « mobi-quité ». Nous sommes tous mobiles maintenant, on reste connectés 24H/24 et on a donc ce don d’ubiquité aussi dans le monde du travail.

L’autre grande transformation qu’apporte la digitalisation dans le monde du travail, c’est cette économie des plateformes qui font de l’intermédiation sur le marché du l’emploi. Uber, Upwork, Hopwork ou Amazon Mechanical Turk créent également une révolution dans le marché du travail puisque grâce à celles-ci, vous pouvez décrocher des missions. On parle même aujourd’hui de human cloud.

Si vous avez un site internet à concevoir, vous allez pouvoir mettre ce projet sur une plateforme et c’est sans doute quelqu’un qui va être basé en Chine ou en Inde qui va réaliser cette mission pour vous. On voit là-encore cette idée de délocalisation du travail. Ou autrement dit le fait que le travail n’est plus forcément un endroit où l’on se rend, mais plutôt une tâche à accomplir. Et cette tâche peut être faite virtuellement dans les nuages à travers ces plateformes numériques. Une nouvelle façon de contracter le travail se développe, avec de nouvelles opportunités pour des travailleurs indépendants.

Denis Pennel, Mutations du travail : quel avenir pour le marché de l’emploi ? Unow.fr, mars 2017