La croissance s’écroule à cause de l’austérité et des hausses d’impôts

L’économiste Eric Heyer analyse pourquoi la France se retrouve avec une croissance nulle au premier trimestre 2014.

Ce que dit ce chiffre (0%), c’est que la consommation des ménages s’effondre. Elle s’effondre à cause de l’austérité et à cause des hausses d’impôts. Depuis le premier trimestre 2011 on est à 0%, ou presque, de croissance. Et qu’est-ce qui a été mis en place en 2011? L’austérité. Dans un premier temps, les tentatives de réduction du déficit pesaient sur les ménages comme sur les entreprises. La croissance ralentissait mais ne s’effondrait pas. Sauf que depuis 2013, on fait porter tout l’effort sur les ménages et donc fatalement la croissance s’écroule. A partir du moment où on touche au pouvoir d’achat, il était faux de penser que ça n’allait pas altérer les habitudes de consommation des ménages.
La baisse de consommation entraîne inexorablement une chute des investissements des entreprises. Leurs commandes ralentissent et les entreprises basculent dans une sous-utilisation de leurs capacités de production. Comme l’austérité casse la demande, les carnets de commande s’effondrent, en France comme en Europe, et les entreprises qui tournent à 70% de possibilité ne ressentent pas le besoin d’investir. On continue donc dans le même rythme et l’économie ne tourne plus.

C’est le problème. 4 milliards supplémentaires de réduction du déficit ont été annoncés pour d’ici le mois de juin. Depuis fin 2012, c’est une stratégie issue du rapport Gallois qui prédomine. C’est-à-dire basée sur le fait que le seul problème vient de l’offre, donc qu’il faut baisser les cotisations des entreprises et que ce financement doit se faire par tous les moyens sauf une augmentation du déficit. Malheureusement, comme le gouvernement ne peut plus financer, c’est aux ménages de mettre la main à la poche. Aujourd’hui finalement, il n’y a aucun changement: il faut réduire le déficit à tout prix et l’effort pèse toujours essentiellement sur les ménages.

La seule différence pour le gouvernement Valls, sera le contexte économique international plus porteur et favorable. La croissance repart en Europe, et celle de la France pourra s’appuyer dessus.

href= »http://www.liberation.fr/auteur/14638-ivanhoe-govoroff »>Ivanhoé GOVOROFF

Cette interview de Eric HEYER pose le problème principal de notre pays. Nous avons décidé pour résoudre notre problème de dette, de privilégier une économie de l’offre. Pour relancer notre économie, nous privilégions les actions en direction de l’offre, des entreprises. Si les entreprises sont plus compétitives alors elles embaucheront, elles feront des profits et elles payeront des impôts. la machine sera relancée.

Mais le problème actuel est surtout un problème de demande. Les entreprises peuvent produire davantage, si la consommation stagne ou ralentie, les produits ne trouveront pas de débouchés, et la croissance de redémarrera pas.

C’est donc un problème de diagnostique qui explique la politique de rigueur aujourd’hui.

Le principal problème réside dans le fait que malgré les résultats médiocre des politiques de l’offre, le gouvernement français s’entête dans cette direction.

Shukuru

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