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En 40 ans, la mobilité sociale des femmes a progressé, celle des hommes est restée quasi stable

En 2015, 65 % des hommes français âgés de 35 à 59 ans, actifs occupés ou anciens actifs occupés, relèvent d’une catégorie socioprofessionnelle différente de celle de leur père (figure 1). Durant les quatre dernières décennies, ce taux de mobilité sociale intergénérationnelle est resté globalement stable : après avoir légèrement augmenté entre 1977 et 1993 (+ 3 points, de 64 % à 67 %), il a ensuite diminué de manière modérée (– 2 points) pour s’établir en 2015 quasiment au niveau de 1977.

La mobilité sociale des hommes est de moins en moins liée à l’évolution de la structure des emplois

Une partie de la mobilité sociale masculine observée en 2015 résulte directement de l’évolution de la structure des emplois entre les générations d’hommes nés entre 1955 et 1980 et celles de leur père. Cette mobilité dite « structurelle » reflète les profonds changements de la société française depuis la fin des Trente Glorieuses : poursuite du déclin de l’emploi agricole, baisse de l’emploi industriel, salarisation et tertiarisation croissantes de l’économie se sont traduites par une baisse du nombre de travailleurs indépendants et d’ouvriers, au profit des emplois de cadres et professions intermédiaires. En 2015, 24 % de la mobilité sociale masculine observée correspond à de la mobilité « structurelle ».

Depuis la fin des années 1970, la structure des emplois des hommes est de plus en plus proche de celle de leurs pères. La part de la mobilité « structurelle » s’est ainsi nettement réduite (elle était de 40 % en 1977) et les mouvements qui n’y sont pas liés ont donc fortement augmenté au cours des quatre dernières décennies.

28 % des hommes occupent en 2015 une position sociale plus élevée que celle de leur père

En 2015, 43 % des hommes ont connu une mobilité sociale verticale (ascendante ou descendante, entre catégories socioprofessionnelles de salariés) et 23 % une mobilité non verticale (de statut, entre catégories non salariées et salariées, ou horizontale, entre catégories non salariées). Au cours des quatre dernières décennies, la mobilité non verticale des hommes a fortement baissé à la suite de la forte décroissance de l’emploi non-salarié. A contrario, leur mobilité verticale s’est renforcée : elle était de 31 % en 1977.

Les mouvements ascendants sont majoritaires au sein de la mobilité verticale [Vallet, 2014]. Entre 1977 et 2003, les hommes âgés de 35 à 59 ans ayant connu une ascension sociale par rapport à leur père étaient environ 3 fois plus nombreux que ceux dont la trajectoire a été descendante. Cette prédominance des mouvements ascendants s’est cependant réduite depuis : en 2015, ils ne sont plus que 1,8 fois plus nombreux que les descendants.

Depuis 40 ans, mobilités ascendante et descendante ont en effet évolué différemment. En hausse de plus en plus modérée de 1977 à 2003, la mobilité ascendante a ensuite diminué : en 2015, 28 % des hommes occupent une position sociale plus élevée que celle de leur père, contre 24 % en 1977 mais 31 % en 2003. La mobilité descendante a, elle, progressé de plus en plus : en 2015, elle concerne 15 % des hommes, soit deux fois plus qu’en 1977 (7 %).

Ascendants ou descendants, les trajets de mobilité masculine sont courts

Les mobilités des hommes s’effectuent le plus souvent entre catégories socialement « proches » [Dupays, 2006 ; Merllié, 2013″]. C’est le cas pour les mouvements ascendants : en 2015, 44 % des fils d’employés ou d’ouvriers non qualifiés sont devenus employés ou ouvriers qualifiés, mais seuls 19 % exercent une profession intermédiaire et 8 % sont cadres (figure 2). Pour leur part, 27 % des fils d’employés ou d’ouvriers qualifiés exercent une profession intermédiaire, mais seulement 13 % sont cadres.

Les mouvements descendants sont également courts : par exemple, 25 % des fils de cadres exercent une profession intermédiaire, mais seulement 4 % sont employés ou ouvriers non qualifiés.

Les hommes dont le père occupait une position sociale basse sont davantage concernés par des trajectoires ascendantes que descendantes. Par exemple, 40 % des fils d’employés ou d’ouvriers qualifiés ont connu une mobilité ascendante et 10 % une mobilité descendante, contre respectivement 27 % et 34 % des hommes dont le père exerçait une profession intermédiaire.

La mobilité sociale des femmes par rapport à leur mère progresse de 12 points en 40 ans

Hormis quelques études [Peugny, 2014 ; Vallet, 2014 ; Razafindranovona, 2017], les analyses de la mobilité sociale ne portent que sur les hommes. Le faible taux d’activité des femmes et les caractéristiques de leurs emplois ont en effet longtemps rendu difficile la comparaison de leur position professionnelle, avec celle de l’un ou l’autre de leur parent. Au cours des dernières décennies, les comportements d’activité des femmes se sont cependant rapprochés de ceux des hommes. Il est désormais possible de s’intéresser à leur mobilité sociale, en comparant leur catégorie socioprofessionnelle à celle de leur mère, même si la moindre participation au marché du travail de ces dernières limite le champ d’analyse (sources).

En 2015, 71 % des femmes françaises de 35 à 59 ans, actives occupées ou anciennes actives occupées, appartiennent à une autre catégorie socioprofessionnelle que celle de leur mère, encore en emploi ou l’ayant été (figure 3). En 40 ans, ce taux de mobilité sociale féminine a connu une forte hausse de 12 points, concentrée entre la fin des années 1970 et le début des années 1990. Inférieur de 5 points à celui des hommes par rapport à leur père en 1977, il le dépasse de 6 points en 2015.

Une partie de la mobilité sociale des femmes par rapport à leur mère est directement liée à l’évolution intergénérationnelle de leurs professions. Stable autour de 43 % entre 1977 et 1993, la part de cette mobilité dite « structurelle » a ensuite diminué de 8 points pour atteindre 35 % en 2015. Cette baisse plus modérée que celle observée pour les hommes montre que la structure des emplois féminins s’est davantage modifiée ces quarante dernières années que celle des emplois masculins.

61 % des filles d’un père cadre occupent une position sociale moins élevée

La moindre fréquence des trajectoires ascendantes des femmes comparées à leur père plutôt qu’à leur mère s’observe quelle que soit la catégorie sociale du parent. Par exemple, en 2015, 20 % des femmes dont le père exerçait une profession intermédiaire sont cadres (figure 6), contre 29 % lorsque leur mère était profession intermédiaire.

À l’inverse, à catégorie sociale du parent donnée, les filles connaissent plus souvent une trajectoire descendante par rapport à leur père que par rapport à leur mère. Ainsi, 61 % des filles d’un père cadre occupent une position sociale inférieure (contre 53 % des filles d’une mère cadre) : 34 % sont professions intermédiaires (contre 32 %) et 27 % employées ou ouvrières, qualifiées ou non (contre 22 %).

Marc Collet et Émilie Pénicaud, division Études sociales, Insee

Liens vidéo cours EA

Les marchés financiers

https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/marches-financiers/fonctionnement-du-marche/marches-financiers/les-differents-marches-financiers/

  • Le marché des changes

http://education.francetv.fr/videos/le-marche-des-changes-et-le-dollar-v107378

  • Le marché des actions
  • Le marché des matières premières

https://www.ig.com/fr/glossaire-trading/matiere-premiere-definition

  • Le marché des taux d’intérêt

        Le marché monétaire interbancaire

                               Le marché des bons du trésor

https://videos.lesechos.fr/lesechos/sujet-actus/pourquoi-lirlande-accumule-des-milliards-de-bons-du-tresor-americain/rfl8vl

                               Le marché des billets de trésorerie

Paradis fiscaux

http://www.canal-u.tv/video/dessine_moi_l_eco/qu_est_ce_qu_un_paradis_fiscal.13300

Produits dérivés

Titrisation

https://www.youtube.com/watch?v=5e7Rc0gZF9o

Sanctions contre les chômeurs, mesure de justice sociale ?

Faut-il renforcer le contrôle des chômeurs ? Le point de vue d’Aurélien Taché, député LREM du Val-d’Oiserapporteur sur le volet assurance-chômage du projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel.

Guillaume Souvant/AFP 02/01/2019

Le fait de faire appliquer des sanctions à des fraudeurs avérés – par exemple des personnes très qualifiées en capacité de retrouver facilement un emploi ou encore percevant des montants élevés d’allocation-chômage – participe à la justice sociale. Car l’assurance-chômage est financée par l’argent des Français, même les plus modestes. En ce sens, il doit y avoir un système de contrôle et de sanctions. Et celles-ci se doivent d’être respectées.

En revanche, s’il s’agit de sanctionner des personnes aux métiers difficiles, percevant de faibles allocations, dans des situations de fragilité, je considérerais qu’il y a une forme d’injustice. Pour aller plus loin, je pense qu’il est nécessaire d’ouvrir un débat sur le plafonnement de l’allocation de chômage à partir d’une certaine durée.

Avec le décret publié dimanche 30 décembre au Journal officiel , Pôle emploi est en mesure de décider selon ses propres grilles et sur quelles bases s’effectuent les contrôles et les sanctions. Autrefois, le chômeur définissait un projet libre et flou avec son conseiller. Au bout de trois mois, s’il n’avait pas trouvé un emploi, des règles mécaniques étaient censées s’appliquer. En théorie, la personne était alors obligée d’accepter un travail, même si le poste se trouvait à des dizaines de kilomètres du domicile et la rémunération plus faible que celle espérée. Et cela que vous soyez une femme avec enfants et sans voiture dans un bassin d’emploi industriel ou un jeune cadre célibataire vivant à Paris. Dans les faits, les procédures pour faire appliquer les sanctions étaient longues et n’aboutissaient pas.

Je ne voudrais pas que ce décret soit perçu comme une perte de confiance vis-à-vis des chômeurs – la plupart d’entre eux est en recherche d’emploi active –, mais plutôt un moyen de se rapprocher de ceux qui ont perdu confiance en eux et ont encore plus besoin d’accompagnement.

Comment expliquez-vous qu’un certain nombre de personnes en recherche d’emploi n’aient plus de contact avec leur conseiller ?

Il y a plusieurs raisons à cela : certaines entreprennent des recherches par leurs propres moyens, d’autres, sans être fraudeuses, sont découragées et donc démobilisées.

Selon une étude, sur 100 chômeurs, 66 personnes recherchent un emploi et 34 ne sont pas actives dans leurs démarches, dont 20 sont totalement démobilisées. Il a été démontré que lorsque Pôle emploi reprenait contact avec elles, cela débouchait sur une reprise d’emploi. Finalement, plus que de sanctions, les personnes qui se sont éloignées du travail ont besoin d’accompagnement. Et c’est tout l’intérêt du contrôle

Le point de vue de ce député sur la justice sociale est édifiant.

Pour lui la justice consiste à punir ceux qui trichent. Tricher signifie profiter des aides, de la redistribution de l’Etat sans faire d’effort.

Ce qui est intéressant dans son propos est le renversement de la responsabilité. L’individu est responsable de sa situation. Comme le disait il y a quelques semaines le président de la République à un chômeur, il suffit de traverser la rue pour trouver un emploi.

Ce n’est donc pas la société qui en réclamant davantage de productivité, de compétence de diplôme … qui est responsable de l’éviction de certains individus, ce sont ces personnes qui ne font pas d’effort pour rester insérée.

Cette conception de la justice sociale qui renvoie à l’individualisme méthodologique permet de tenir facilement la posture de l’Etat responsable, qui aide les citoyens, lesquels sont tentés de tricher en permanence.

Deuxième point de vue

Faut-il renforcer le contrôle des chômeurs ? Le point de vue de Bruno Crépon, économiste, professeur à l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (Ensae).

Contrôler les demandeurs d’emploi, et éventuellement renforcer des sanctions si ces derniers ne se plient pas aux exigences de recherche de travail, sont des décisions qui sont loin d’être anodines. Les personnes indemnisées changent-elles alors de comportement et cherchent-elles un travail avec plus d’efficacité ? Retrouvent-elles plus vite un emploi – et d’ailleurs, quel type d’emploi – et le gardent-elles plus longtemps ? Le marché du travail s’en trouve-t-il amélioré ? Avant de s’engager vers des mesures coercitives, il serait important de connaître les réponses à ces questions

Or nous n’avons aucune preuve de l’efficacité de ce type de politique publique sur l’emploi. Il n’y a jamais eu, en France, de véritable étude scientifique sur l’impact de tels dispositifs de contrôle et de sanctions.

Même à l’étranger, il n’y a guère eu que des études empiriques sans véritable protocole scientifique. L’une des plus sérieuses, réalisée en Suisse, a montré que les demandeurs d’emploi retrouvent plus rapidement un travail lors de l’application d’un système de contrôle et de sanctions. Mais elle montre aussi que ces personnes conservent moins longtemps leur emploi et que leur rémunération est plus faible qu’auparavant.

Dans ces conditions, il n’est pas certain que l’économie nationale en soit améliorée. Il n’est pas sûr non plus que les demandeurs d’emploi passent davantage de temps en emploi : certes, ils sortent plus vite du chômage mais y retournent plus vite aussi. En outre, l’emploi retrouvé correspond moins à leurs compétences et leurs attentes, donc il entraîne de plus faibles revenus et une moindre contribution à l’activité économique.

En outre, il y a eu de nombreuses études, en France et à l’étranger, sur l’impact de l’accompagnement des chômeurs à la recherche d’emploi. Les résultats sont bons, avec des demandeurs qui trouvent plus facilement un emploi, mais le marché du travail ne s’en trouve pas amélioré pour autant : ceux qui trouvent un emploi le font au détriment d’autres chômeurs. Il n’y a aucune raison de penser que ce n’est pas ce qui se passerait avec un renforcement des sanctions, qui forcerait des personnes à se précipiter vers des emplois.

Affirmer que les contrôles et les sanctions inhérentes vont améliorer le fonctionnement du marché du travail relève plus du domaine de l’idéologie que de la mise en œuvre d’une politique aux fondements bien établis. La sagesse serait d’en tester les effets avant de l’imposer. En outre, d’autres voies existent.

Améliorer par exemple l’adéquation entre demandeurs d’emploi et postes. Les besoins des entreprises sont souvent très différents les uns des autres mais les attentes des chômeurs aussi. Il y a des gains importants à les rapprocher au mieux. De nombreux outils modernes et innovants peuvent être mobilisés pour cela et testés.

Dette publique : pas de quoi paniquer !

Les mesures annoncées par Emmanuel Macron pourraient porter un coup à la dette française qui frôle les 100 % du PIB. Est-ce si grave ? Ce n’est pas elle qui devrait nous inquiéter le plus. Plongée dans ses arcanes.

En juin 2018, la dette publique française représentait 2 300 milliards d’euros, l’équivalent de 99 % du produit intérieur brut (PIB), à la limite de la barrière symbolique des 100 %. Mais les symboles sont importants : l’économiste britannique John Maynard Keynes nous a expliqué depuis longtemps que la psychologie joue un rôle clé dans le comportement des ménages, des entreprises et des investisseurs financiers. Faut-il donc s’inquiéter du niveau actuel de notre dette ?

Pour les économistes libéraux, la réponse est oui : il reflète une excroissance de la présence de la puissance publique dans l’économie. Et tout ce qui va financer les administrations publiques représente autant d’épargne disponible en moins pour les affaires privées. Chez les économistes héritiers de Keynes, la réponse est également positive, mais pour une autre raison : plus la dette monte, plus les rentiers reçoivent les intérêts de la dette et accroissent leur richesse sur le dos des contribuables et de l’économie productive.

Pourtant, aucune étude ne démontre qu’une dette publique pose un problème à partir d’un niveau particulier. Les économistes américains Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff pensaient avoir montré que toute progression de la dette publique au-delà de 90 % du PIB entraînait des conséquences néfastes pour l’économie. Mais quand un jeune thésard a refait leurs calculs, il a découvert qu’ils s’étaient trompés dans leurs chiffres… De fait, avec une dette publique de l’ordre de 55 % du PIB, l’Argentine est en pleine crise tandis que le Japon vit sans souci avec ses 235 %. En réalité, la situation de la dette publique s’apprécie au cas par cas pour chaque pays. Qu’en est-il pour la France ?

1. Comment la dette publique française a-t-elle évolué ?

Pour bien comprendre la dynamique de la dette publique française, il faut prendre du recul. Une mise en perspective historique sur un siècle et demi en dévoile les trois déterminants clés : les conflits, les crises et la dérégulation libérale des dernières décennies. Les deux premiers éléments se comprennent facilement.

Les guerres entraînent un surcroît énorme de dépenses publiques qui creuse les déficits et les dettes. La faiblesse, voire la chute, de l’activité lors des crises économiques se traduit par une diminution des recettes fiscales, en même temps que les dépenses d’un Etat-providence peu développé (années 1930) ou plus développé (post-subprime) s’accroissent. Cela accentue les déficits publics et les dettes en même temps que le PIB s’effondre : le ratio dette sur PIB ne peut qu’exploser.

Un regard sur la longue période montre que la France a déjà connu un niveau de dette proche de 100 % du PIB. Du fait des deux guerres mondiales, à cause de la Grande Crise des années 1930 – aux effets bien plus forts de ce point de vue que ceux de la crise récente -, mais aussi en période normale, à la fin du XIXe siècle.

Au-delà de ces événements exceptionnels, on s’aperçoit que la dette publique française connaît une croissance quasi continue depuis la fin des années 1970. Pour l’économiste de l’université Paris 1 Bruno Tinel, cette évolution se retrouve dans d’autres pays industrialisés et représente « un fait stylisé de la période néolibérale »1. Il montre, d’abord, que le taux de croissance en volume de la dépense publique française était très fort dans les années 1960, sans que la dette progresse, et il n’a cessé de décroître depuis : ceux qui expliquent la montée de la dette par une explosion des dépenses se trompent. L’explication se trouve ailleurs.

D’abord, dans la forte montée des taux d’intérêt entre la fin des années 1970 et le milieu des années 1990. La priorité donnée à la lutte contre l’inflation a incité les banques centrales à augmenter de façon conséquente le niveau des taux. De ce fait, le coût de la dette a grimpé, une partie croissante de la nouvelle dette servant à rembourser l’ancienne dans un effet boule de neige délétère.

Evolution de la dette publique française, en % du PIB

Ensuite, les baisses d’impôts inaugurées par le Premier ministre Jacques Chirac à la fin des années 1980 seront renforcées au début des années 2000 par le président Jacques Chirac, suivi par Nicolas Sarkozy. L’effet sur la dette ? Selon un rapport remis en 2010 par Paul Champsaur, alors président de l’Autorité de la statistique publique, et Jean-Philippe Cotis, alors directeur général de l’Insee, 400 milliards de recettes ont été perdus et « en l’absence de baisses de prélèvements, la dette publique serait environ 20 points de PIB plus faible aujourd’hui qu’elle ne l’est en réalité »2. Un écart énorme.

Il faut ajouter qu’avec la montée des inégalités sociales, lorsqu’il y a augmentation de la richesse, cela se traduit par des revenus se dirigeant de manière croissante vers les personnes les plus riches, qui sont davantage portées vers l’épargne que la consommation. De plus, avec le capitalisme actionnarial, les profits se transforment plus en dividendes qu’en investissements. Autant d’éléments qui pèsent sur le rythme de croissance et qui contribuent à faire monter le ratio dette sur PIB.

Une politique monétaire très rigoureuse, des coupes dans les recettes fiscales, la financiarisation de l’économie et la montée des inégalités représentent les ferments de la poussée de la dette publique française.

2. Qui détient notre dette ?

En dépit de la montée structurelle de la dette, la puissance publique n’a jamais eu de mal à la financer. Qui sont les investisseurs qui nous font confiance ? Il y a encore peu de temps s’appliquait, en gros, la règle des trois tiers : un tiers de Français (compagnies d’assurances, fonds d’investissement…), un tiers d’Européens non Français et un tiers de non-Européens.

Mais, avec le lancement des politiques monétaires dites de quantitative easing, c’est-à-dire l’achat de titres de la dette publique par la Banque de France pour le compte de la Banque centrale européenne (BCE), la donne a changé. De ce fait, la part des investisseurs domestiques a grossi de manière importante. Ainsi, la Banque de France détient aujourd’hui environ 20 % de la dette française, le même niveau que les compagnies d’assurances. Le poids des investisseurs étrangers a de ce fait diminué.

Répartition de la dette publique française par type de détenteurs en 2017, en %

Source : Bruegel

A partir de janvier 2019, la BCE n’achètera plus de nouveaux titres de dette publique. Cela aura-t-il un effet sur notre capacité à la financer ? A priori non, et pour deux raisons. D’une part, à chaque fois que les titres déjà détenus arriveront à échéance, la BCE continuera à réinvestir l’argent dans l’achat de nouvelles dettes. D’autre part, les investisseurs en quête de placements sans risque en Europe voient fondre le marché de la dette allemande : le pays accumule les excédents budgétaires, il rembourse sa dette ancienne sans en créer de nouvelle. Nombre d’investisseurs devraient se tourner de plus en plus vers la dette française. Pas d’inquiétude donc sur notre capacité à la financer.

3. A quoi a servi l’argent ?

Une dette maîtrisée et financée peut tout de même devenir inquiétante si l’argent a été utilisé n’importe comment. Mais ce n’est pas le cas en France. Un indicateur simple permet de s’en rendre compte. Il suffit de recalculer le déficit budgétaire hors dépenses d’investissements publics. Si le déficit persiste, voire s’accroît, cela signifie qu’il est dû à un surcroît des dépenses de fonctionnement et de remboursement de la dette par rapport aux recettes fiscales. Une situation qui, si elle est durable, est mauvais signe.

Déficit de l’Etat français hors dépenses d’investissements publics, en % du PIB

Source : Ameco

Qu’en est-il en France ? En moyenne, sur la période 1978-2017, le solde budgétaire hors investissements publics a été excédentaire de l’équivalent de 0,8 % du PIB. La dette de l’Etat a donc à peu près servi à financer intégralement de l’investissement, avec même un petit surplus pour les autres administrations publiques. Seules les années de fort ralentissement de l’activité (le début des années 1990, la période de crise des subprime et de la zone euro) correspondent à des situations dégradées. Mais, de manière structurelle, la dette de l’Etat français finance surtout de l’investissement.

4. Doit-on s’inquiéter du coût ?

On a pris l’habitude, dans le débat public, de mesurer la dette en pourcentage du PIB. C’est une façon de faire courante et qui facilite les comparaisons internationales. Mais qui n’a pas forcément grand sens sur le plan économique. La dette est un stock accumulé que l’on ramène à un flux, la production de richesse d’une année. Et il n’y a pas de niveau de dette sur PIB prédéterminé qui permette de savoir si le niveau est soutenable ou pas.

De manière plus pertinente, on peut s’intéresser au coût de la dette. Les intérêts payés chaque année en pourcentage du PIB ramènent un flux (de paiement) à un flux (de production de richesse). Et une montée rapide du ratio signale un problème certain. De ce point de vue, le coût de la dette publique française est nettement orienté à la baisse : la France ne paie pas plus aujourd’hui que ce qu’elle payait quand sa dette ne représentait que 20 % de son PIB.

Lorsque les banques centrales, notamment la Banque de France, se sont engagées dans des politiques monétaires restrictives pour lutter contre l’inflation, les taux d’intérêt ont beaucoup monté. Cela s’est ressenti sur les intérêts à payer sur la dette publique, qui ont culminé à l’équivalent de 3,5 % du PIB en 1997. Depuis, le coût de la dette française n’a cessé de diminuer.

Intérêt de la dette de la France sur PIB, en %

Source : Ameco

La perspective de la création de la zone euro a donné confiance aux investisseurs, qui ont largement financé à bas coûts les dettes publiques européennes – quelques fois avec trop de zèle, sans apprécier suffisamment les capacités de remboursement de pays comme la Grèce. Par la suite, l’épargne mondiale disponible pour s’investir s’est retrouvée à un niveau plus élevé que ce que les entreprises et les administrations publiques étaient prêtes à investir, poussant le loyer de l’argent – les taux d’intérêt – à la baisse.

Après la crise financière et celle de la zone euro, les politiques monétaires des banques centrales ont contribué, par leurs interventions, à maintenir les taux d’intérêt à un niveau faible. Mais, du fait de l’excédent d’épargne mondiale, ceux-ci étaient déjà orientés à la baisse avant l’intervention des banques centrales. La fin du quantitative easing, on l’a vu, sera très progressive puisque la BCE va réinvestir pendant un moment – aucun terme n’a encore été fixé – ce qu’elle touche en remboursements. Elle a par ailleurs indiqué qu’elle ne commencerait à remonter, graduellement, ses taux d’intérêt qu’après l’été 2019. Enfin, la baisse du volume de la dette allemande, on l’a vu, devrait inciter les investisseurs à vouloir acheter de la dette française, ce qui contribuera également à en maintenir le coût à un niveau faible.

5. Aucun souci donc ?

N’y a-t-il donc aucun sujet d’inquiétude à propos de la dette française ? Si, il y en a même trois. D’abord, si le niveau actuel apparaît supportable, bien financé et peu coûteux, une nouvelle crise importante – par exemple des tensions dans la zone euro dues aux problèmes budgétaires italiens, à un Brexit dur, à la faillite retentissante d’une Deutsche Bank mal en point, etc. – emmènerait la dette vers des niveaux plus risqués et moins contrôlables. La France se doit donc de maîtriser la progression de ses déficits publics et de sa dette.

Dette des entreprises non financières en France et dans la zone euro, en % du PIB

Source : BRI

Ensuite, au-delà de ces événements conjoncturels et qui ne dépendent pas de la France, la tendance structurelle de la montée de la dette française résulte pour une partie significative de l’idéologie anti-impôt des gouvernements de tous bords qui se sont succédé au cours des vingt dernières années. La présidence Macron poursuit la même trajectoire et adopte le même discours volontaire de réduction de la dette, tout en se privant des moyens d’y arriver en supprimant des recettes fiscales.

Enfin, s’il faut s’inquiéter d’une dette, c’est aujourd’hui plutôt celle des entreprises privées qui suscite des craintes. Le Haut Conseil de stabilité financière, l’organisme chargé de surveiller le système financier français afin d’éviter les prochaines crises, s’en est déjà ouvert plusieurs fois au cours des derniers mois. De fait, on constate une montée rapide de l’endettement des entreprises françaises, une utilisation d’une partie des fonds empruntés pour de la spéculation financière et une évolution complètement à contre-courant par rapport aux autres pays européens.

De ce point de vue, les données de la Banque de France ont tendance à minimiser le sujet. Elles indiquent un taux d’endettement des entreprises non financières équivalent à 72,7 % du PIB à fin mars 2018. Mais ce chiffre n’inclut pas les prêts entre entreprises, qu’elles soient d’un même groupe ou étrangères l’une à l’autre. Lorsque l’on inclut cette dette supplémentaire, comme le fait la Banque des règlements internationaux (BRI), on constate un taux d’endettement de 134,1 % du PIB à fin mars. Un niveau bien plus élevé que celui de la dette publique. Mais qui, pourtant, ne fait pas l’occasion d’un débat public. Parlons dette ? D’accord, mais de celle qui est vraiment préoccupante.

CHRISTIAN CHAVAGNEUX17/12/2018  Alternatives économiques

Méthodologie EC2

Étude de document  de nature strictement factuelle, (4 points): une question générale en deux temps (présenter le document puis exploiter les informations).

 Les attentes :

 « Le candidat est évalué sur sa capacité à étudier un document : il faut savoir le présenter et en exploiter les informations en les hiérarchisant.

Le candidat est évalué sur des savoir-faire et sa capacité à répondre à la question en adoptant une démarche méthodologique rigoureuse ».

 

Pour traiter cette partie, vous devez organiser votre réponse en deux parties. Vous devez effectuer :

– une présentation succincte du document (en indiquant la nature du document, l’auteur, la source, la date, le champ) ;

– une étude du document (en réalisant une lecture et une interprétation correctes des données chiffrées, une sélection pertinente des informations pour répondre à la question posée).

 

Conseils :

Il faut répondre à la question posée en exploitant le document factuel. Il faut donc interpréter et sélectionner les informations pertinentes. Attention : Il ne faut  pas paraphraser le document, ni se contenter de le résumer. Il ne faut pas non plus réciter le cours.

  • Quelques règles fondamentales :

Il faut identifier la nature du document (tableau, graphique, table de mobilité, courbe de lorentz,…)

 Il faut établir un lien entre le document et la question posée. Il faut savoir ce que l’on recherche dans un document. Pour cela il faut analyser la question en identifiant :

  • le chapitre et le thème du programme sur lesquels porte la question
  • la nature du travail demandé (le verbe où les adverbes donnent des indications)
  • les notions du programme contenues dans la question et les définir

 Les étapes pour analyser un document statistique 

 Identifier le document et les données

Prendre connaissance du titre et de la source. Le titre donne une clef de compréhension globale du texte. La source permet de situer l’information. Il faut être capable de définir les sigles comme INSEE, OCDE, FMI, PNUD, OFCE, BIT, DARES, etc.

Il faut repérer la nature des données (en volume, en valeur), les unités (en valeurs absolues : centaines, milliers, milliards ; en valeurs relatives ; pourcentages de répartition, pourcentages de variation), et les outils statistiques utilisés (taux de croissance annuel moyen, indices, déciles).

 Il faut traduire correctement les données et en faire une lecture rigoureuse.

Par exemple pour la lecture d’une proportion en identifiant le sous ensemble et l’ensemble total. Pour la lecture d’un taux de croissance : quand le taux de variation est positif, il y a une hausse de la variable observée, quand il diminue, il y a une baisse. Une diminution d’un taux de variation positif ne signifie pas qu’il y a une baisse de la variable observée mais ralentissement de sa progression.

  • Analyser les données et les sélectionner

Il faut dégager une tendance, une rupture, plusieurs périodes, lorsque le document décrit une évolution.

Il faut effectuer un traitement statistique utile en calculant un coefficient multiplicateur, un écart, en traduisant un indice en %.

Il faut selon le document, comparer deux séries de données pour découvrir une éventuelle corrélation, mettre en évidence des disparités.

  • Interpréter les données

Il faut expliquer certaines données : les écarts, les tendances, les accidents conjoncturels. Ce travail suppose une certaine culture économique et générale.

Il faut découvrir un éventuel rapport de causalité entre les données.

 Critiquer les données c’est-à-dire apprécier leur intérêt et leur limite

Cela suppose de ne retenir que les données utiles au sujet posé et éventuellement porter un regard critique sur la pertinence de certaines statistiques. 

Lire et exploiter un texte

PHASE 1 – AVANT de LIRE

  • Situer le texte :
    1. Quoi ? Sujet et Objet du texte
      • Lire Titre et sous-titres éventuels, parties soulignées, en gras
      • Lire questions, notes
    2. Qui ? SOURCE PRECISE
      • Auteur : permet de situer courant de pensée
      • Organisme : crédibilité du document
      • Support (journal, revue…) permet de situer l’info et de la relativiser
      • Date de publication
    3. Quand ? PERIODE de REFERENCE
      • La réalité économique et sociale évolue rapidement…
    4. Où ? Localisation géographique du texte
      • Si cette information n’est pas disponible sans entamer la lecture du texte, répondre à cette question après la phase (II)
  • Préparer la lecture :
    1. Repérer les différents paragraphes
    2. Se préparer à :
      •  souligner  les passages importants
      • entourer le vocabulaire économique et social
      • encadrer les mots d’articulation
  1. Relire les questions s’il y en a. Elles donnent une direction de lecture précieuse

PHASE 2 – La LECTURE OPTIMALE

  • La lecture
    1. Relire le TITRE
    2. 1er Paragraphe, puis autres paragraphes :
      • s’arrêter à la fin de chaque phrase et souligner les idées importantes
      • s’arrêter à la fin du paragraphe, dégager l’idée principale et la noter (Introduction ?). Reformuler l’idée essentielle avec vos propres termes pour éviter la paraphrase
    3. Fin du texte :
      • A l’aide des mots de liaisons, dégager les liens entre les idées :
        • renforcement : de même, ainsi, càd, …
        • opposition : mais, néanmoins, cependant …
        • explication : car, parce que, donc…
      • Retrouver le PLAN du texte (enchaînement des idées principales)

     B – Réflexion

  1. Intentionnalité
    • Pourquoi l’auteur a t-il écrit ce texte ? Pourquoi le professeur l’a-t-il justement sélectionné dans ce chapitre ? (le texte est à replacer dans un contexte plus vaste)
  2. S’agit-il d’un texte descriptif ou théorique ?
    • Descriptif (construit à partir d’exemples) : résumer ou remplacer les exemples puis retrouver l’analyse théorique qui les fonde
    • Théorique: (d’auteur, sur des auteurs, ou sur des mécanismes théoriques) : mettre en évidence les relations entre variables et les hypothèses. Un schéma facilitera alors la compréhension
  3. Apprécier les idées présentées
    • Chaque idée paraît-elle valable en tout temps, en tout lieu ?
    • Mobiliser ses connaissances pour être critique
    • Quels exemples ou contre exemples ; quelles explications théoriques confirment ou infirment ces idées

PHASE 3 – EXPLOITER LE TEXTE

 Une deuxième lecture plus rapide

  1. Se remettre en tête la situation du texte (PHASE 1)
  2. Relire le plan et les idées essentielles relevées
  3. Relire le texte en entier en gardant en tête le plan
    B – Utilisation du texte
  1. Trouver le lien idées principales / autres docs
  2. Trouver une problématique  ou l’intentionnalité du document
  3. Choisir des informations (chiffre, faits significatifs, exemples…)
  4. Construire ses arguments (ARGUMENTER = expliquer en apportant des PREUVES)
  5. Organiser sa réponse dans un PLAN

Rédiger une synthèse de cours

Vous venez de terminer un chapitre du cours. Il  s’agit maintenant d’organiser les connaissances du cours de façon à pouvoir réviser de manière efficace. Les activités sont utilisées pour acquérir des savoirs et des savoir-faire essentiels pour progresser en SES. Pour construire votre synthèse il faudra donc être attentif à ces deux aspects.

1) Relire activement le cours

On ne peut bien synthétiser que ce qui est compris. Il est donc souhaitable de relire le jour même ou le lendemain le cours suivi dans la journée afin de vérifier votre degré de compréhension et la qualité des notes que vous avez prises. Vous pourrez alors interroger votre professeur lors des cours suivants, réécrire certains passages peu clairs à l’aide des notes prises par vos camarades, ou utiliser un dictionnaire économique et social pour compléter certaines notions.

 

2) Sélectionner les connaissances pertinentes

L’objectif d’une synthèse est d’être … synthétique. Parmi tous les savoirs et savoir-faire abordés, vous devez arriver à distinguer l’essentiel de l’accessoire. Plusieurs pistes pour cela :

  • soyez attentifs aux objectifs annoncés en début de chaque activité (dans le manuel ou par votre professeur) : ils vous renseignent sur les points les plus importants.
  • faites le tri dans les données chiffrées des activités : la plupart du temps, lors des évaluations, les professeurs vous communiqueront des documents statistiques qui vous seront d’une aide précieuse. Mais il est utile de noter quelques chiffres clés pour certains indicateurs importants (dernier taux de chômage en France par exemple)
  • repérez les termes qui ont fait l’objet d’une définition

 

Exercice :

Faire la liste de toutes les notions qui ont été définies dans le chapitre

Essayer de lister l’essentiel du chapitre en quelques points

 

 

3) Hiérarchiser les connaissances sélectionnées

Vous devez ensuite organiser les connaissances que vous avez sélectionnées. Pour cela, il faut élaborer le plan du cours, si ce dernier ne vous a pas été transmis par votre professeur ou que vous souhaitez le réorganiser. Il s’agit donc de noter l’architecture du cours en repérant les grandes parties ainsi que les sous parties.

 

Exercice :

Construire un tableau avec les idées principales, secondaires et les exemples

 

4) Formaliser la synthèse du cours

La synthèse doit être un outil de travail et de révision. Pour cela il est nécessaire de soigner la forme et la présentation.  Il est donc recommandé de souligner, faire des retraits, utiliser des couleurs ou écrire plus gros pour distinguer des parties de cours ou mettre en relief des notions.

Une synthèse du cours peut être rédigée, ou présentée sous forme de schéma ou de tableau. L’utilisation de « schémas heuristiques » (ou « cartes mentales ») peut favoriser la mémorisation ou l’esprit de synthèse.

Méthodologie de l’épreuve composée

  1. Le choix du sujet (10’)

Lire les deux sujets

Regarder les documents et les questions de l’épreuve composée

 

  1. Mobilisation de connaissances (50’) 

Analyse de la question posée

Trouver les idées

Organiser la réponse

Rédiger

 

  1. Etude de document (50’)

Lecture du document

Présentation du document (avec lecture d’une donnée)

Analyser la question posée

 

 Raisonnement à partir d’un dossier documentaire (2h) 

Analyse du sujet

Quels sont les mots utilisés, la ponctuation …

Reconnaître le type de sujet

 

Apport des connaissances personnelles

 

Lecture des documents

Travail détaillé sur les documents (sous forme de tableau : N° du document, Idée principale, idées secondaires, idées personnelles ou exemple, partie où le document sera utilisé)

Pas de paraphrase. Si possible établir des relations entre les documents

 

Organisation du raisonnement 

Introduction

Organisation des idées, cohérence dans les enchaînements …

Conclusion

 Relecture (10’)

Orthographe, mots oubliés …

 

 

Réduire le temps de travail pour sauver l’environnement

A l’heure où la fiscalité environnementale monopolise les débats en France, un tout autre sujet anime le cercle des économistes écologiques, notamment aux Etats-Unis : la réduction du temps de travail.

Depuis plus de dix ans maintenant des chercheurs issus de structures aussi diverses que le CEPR de Washington (dont les spécialistes prévenaient d’une crise possible avant 2008) ou du Boston College l’attestent : il existe une corrélation forte entre le temps de travail et la dégradation de l’environnement. En somme, plus on travaille, plus on pollue.

La première étude sur le sujet date de 2005. En étudiant 18 Etats de l’OCDE, la sociologue américaine Juliet Schor (Boston College) conclut que plus les individus travaillent, moins ils disposent de temps pour « faire » : ils consomment donc des biens à forte empreinte écologique en privilégiant, par exemple, pour gagner du temps, l’avion ou les plats préparés. Le lien entre pollution et temps de travail s’explique ici par la « structure » de la consommation.

En 2007, les économistes et modélisateurs, David Rosnick et Mark Weisbrot (CEPR, Washington) démontrent que les différences de niveau de pollution et de consommation d’énergie entre les États-Unis et l’Europe, toutes choses égales par ailleurs, s’expliquent précisément par les différences entre les deux pays en termes de temps de travail. D’après leurs analyses, si les Européens avaient adopté un temps de travail équivalent à celui des Américains, ils consommeraient 30 % d’énergie en plus.

A l’inverse, si les Etats-Unis avaient adopté́ les standards européens de temps de travail, leurs émissions de CO2 en 2000 auraient été́ 7 % moindres que celles de 1990. Et les accords de Kyoto auraient été respectés… Les chercheurs insistent sur un effet volume : un temps de travail élevé entraîne une hausse de la croissance du PIB, et puisque celle-ci est corrélée à l’émission des gaz à effets de serre, un accroissement de facto de la pollution.

Quelques années plus tard, l’économiste suédois Jonas Nässén précise ces recherches. Ses études montrent qu’une réduction de 1 % du temps de travail engendrerait une réduction de la consommation d’énergie et d’émission de gaz à effet de serre de 0,8 % en moyenne. À l’heure où la RTT est sévèrement critiquée en France, Nässén préconise une semaine de travail de 30 heures par semaine pour faciliter l’atteinte des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

D’autres études, menées par Kyle Knight, Eugene Rosa et Juliet Schor, en 2013, portant sur l’ensemble des pays de l’OCDE de 1970 à 2007, le démontrent : non seulement la corrélation entre temps de travail et impact environnemental est forte, mais en plus les pays qui ont réduit leur temps de travail ont vu une amélioration très nette de leurs indicateurs environnementaux.

Lewis King et Jeoren Van de Bergh, en 2017 qui étudient différents scénarios de réduction du temps de travail concluent quant à eux, que les 30 heures hebdomadaire ne sauraient faire l’objet d’une annualisation : la semaine de 4 jours constitue l’option la plus bénéfique à l’environnement.

Pour l’instant, la faiblesse de ces études réside dans le fait qu’elles mettent en lumière une corrélation et non une causalité. Une faiblesse toute relative car le consensus scientifique est aujourd’hui très clair : les activités économiques sont responsables du dérèglement climatique.

Reste à affiner ces recherches pour mieux comprendre les ressorts de ce lien et éviter tout effet rebond en cas de réduction du temps de travail (c’est-à-dire d’éviter qu’elle ne se traduise par plus de voyages en avion par exemple), penser les conséquences en termes de revenu…

La réduction du temps de travail permet de créer des emplois, d’améliorer la qualité de vie et l’état de l’environnement : c’est un triple dividende positif. Mais, surtout, n’en débattons pas, affirment les économistes bien en cours.

Aurore Lalucq codirectrice de l’Institut Veblen pour les réformes économique
Article très intéressant, puisqu’il nous incite à la réduction du temps de travail.
Un temps de travail qui pourrait s’effectuer sur 4 jour serait intéressant à plusieurs égards.
D’une part, comme l’explique cet article, cela permettrait de réduire la consommation d’énergie et donc la pollution, ce qui serait favorable pour la planète
En effet, on peut penser qu’une journée de moins à travailler, limite les déplacements et entraîne des modifications dans notre mode de vie.
Ensuite, réduire le temps de travail, permet à la fois d’améliorer la productivité (moins de fatigue, plus de concentration …) et d’améliorer également la santé (moins malade parce que moins sollicité, moins de stress…) ce qui diminue les dépenses de santé et pourrait avoir des conséquences favorables sur les comptes de la sécurité sociale.
La réduction du temps de travail devrait également permettre le partage du temps de travail (désormais les magasins sont ouverts 6 jours sur 7, les employés ne peuvent plus seuls assumé l’amplitude horaire d’ouverture). ce partage devrait permettre de réduire le chômage et donc le coût des indemnités chômage, les dépenses de santé (l’absence d’emploi est préjudiciable à la bonne santé dans une société où travailler est l’objectif de chacun
Enfin libérer du temps de travail pourrait permettre de renforcer le lien social, grâce à un temps libre accru les échanges avec les voisins, le bénévolat pourrait se développer davantage.
Ainsi la réduction du temps de travail tant décriée par les zélateurs du capitalisme et de la liberté d’entreprendre, ne peut qu’être bénéfique pour la société.
Shukuru