Consommation toujours en berne, pouvoir d’achat en recul, investissements quasi à l’arrêt tandis que l’inflation et le chômage progressent de concert : rien ne va, ou presque, dans le diagnostic formulé par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), qui présentait, jeudi 10 septembre, sa note de conjoncture de rentrée. Au lieu des 0,7 % de croissance annuelle attendus en juin (et même 0,9 % lors des premières projections), la hausse du produit intérieur brut (PIB) ne dépassera pas 0,4 % fin 2026, deux fois moins qu’en 2025 quand la croissance a atteint 0,9 %.
Comment l’économie française en est-elle arrivée là :
Les conditions climatiques en sont une. L’Insee estime, comme Bercy l’avait annoncé dès le 2 septembre, que la canicule aura coûté 0,1 point de croissance à l’économie sur l’année, principalement au travers de la production agricole. Deuxième explication, le « retournement violent » de l’activité dans les travaux publics, intervenu à l’issue des élections municipales de mars. Troisième explication, le marché du travail est « plus dégradé » dans l’Hexagone qu’ailleurs en Europe : le chômage augmente, les salaires sont peu dynamiques.
Outre ces éléments de décrochage franco-français, la France pâtit, comme les autres, du contexte international, marqué par les conflits, les tensions commerciales et la hausse des prix de l’énergie. En France, l’inflation atteindrait 2,9 % en glissement annuel à la fin de l’année 2026, contre 2,4 % en août
« La surprise inflationniste et la baisse de l’emploi salarié » ont une conséquence que les Français n’ont pas manqué de percevoir depuis des mois déjà dans leur quotidien : leur pouvoir d’achat s’érode.
Difficile d’imaginer qu’avec un pouvoir d’achat dans le rouge, la consommation puisse se montrer dynamique. De fait, elle sera poussive cette année, en progression de 0,3 % seulement
Les entreprises ne viendront pas prendre le relais pour ranimer l’économie. Pénalisées elles aussi par la hausse du coût du crédit et une demande atone, elles vont revoir leurs projets d’investissement à la baisse.
Finalement, le seul moteur capable de tirer un peu la croissance en 2026 est celui du commerce extérieur. Matériels aéronautiques, bateaux civils et militaires font pencher la balance commerciale du côté des exportations, tandis que la faiblesse de la demande intérieure pèse sur les importations.
D’après l’article du Monde du 10 septembre 2026 Béatrice Madeline
