La production de certains biens a beaucoup chuté – celle de charbon a, en gros, diminué de moitié. Les mesures officielles de la croissance essaient également de prendre en compte les changements qualitatifs: nous assemblons moins de voitures qu’en 2007, mais la production réelle mesurée de l’industrie des véhicules à moteur est plus élevée. Surtout, le PIB ne dit rien sur la façon dont les biens sont produits
Un kilowattheure d’électricité est comptabilisé de la même manière qu’il ait été produit en brûlant du charbon ou par une éolienne, alors que l’impact sur l’environnement est totalement différent. Il n’y a donc aucune raison pour qu’une économie en croissance se traduise fatalement par une pression grandissante sur l’environnement.
[…] Par conséquent, il n’existe pas nécessairement de lien entre croissance économique et pression exercée sur l’environnement. Il est vrai que la révolution industrielle a considérablement accru les pollutions de toutes sortes, et que des pays comme l’Inde, qui sont aux premiers stades de leur développement économique, paient un prix environnemental très élevé. Mais à un niveau de développement plus avancé, découpler croissance économique et impacts environnementaux n’est pas quelque chose d’envisageable de façon uniquement théorique, c’est une réalité que l’on peut largement constater en pratique
Paul Krugman, Challenge, 7 mars 2023
