L’innovation est un processus social

L’innovation est au coin de la rue. On la rencontre aussi bien chez cet agent d’assurances qui « se débrouille » avec les procédures pour satisfaire son client, que chez ce professeur qui met en place dans son collège un module de formation à la citoyenneté.

L’innovation est donc une activité banale et quotidienne. Mais elle est en même temps complexe, car éminemment sociale. Elle n’est pas produite uniquement par la technique, la rationalité ou la stratégie : elle résulte d’un processus mêlant de l’incertitude, de la transgression, les interactions et des croyances. L’informatique, Internet, la pilule contraceptive sont issus d’inventions techniques ou scientifiques, mais ils ne constituent des innovations que parce qu’ils ont induit une transformation des usages sociaux. Les travaux des historiens montrent que cette transition ne va pas de soi : au Moyen Age, la charrue à roue ne s’est développée que très lentement, parce que son usage se heurtait  à des obstacles culturels et juridiques. Par exemple, elle exigeait des champs ouverts, ce qui signifiait de toucher à la structure des droits de propriété.

L’innovation est une affaire de croyances. Pourquoi les entreprises décident-elles d’innover, pourquoi investissent-elles des sommes considérables en recherche et développement ? Les dirigeants sont incapables de prévoir la rentabilité des dépenses liées à l’innovation notamment parce que le succès de nouveaux produits ou d’une nouvelle organisation n’est que très faiblement prévisible.

Paradoxalement, l’innovation suppose dans sa phase initiale, des individus qui transgressent les normes en vigueur.

Philippe CABIN, l’innovation : croyances et pratiques, Sciences Humaines, Décembre 2000

 

Effet de levier

La décision et les modalités de l’investissement dépendent de la structure financière de l’entreprise, de ses fonds propres (capitaux dont elle dispose : capital social et mise en réserve) et des fonds empruntés.

Si le taux d’intérêt nominal est faible et le taux de profit élevé, les actionnaires de l’entreprises ont intérêt à s’endetter.

Une entreprise dispose d’un passif de 100 millions de F et de 100 millions de capitaux empruntés au taux de 5%, alors que le taux de profit est de 7% les 200 millions de F rapportent 14 millions de bénéfice. L’entreprise en utilise 5 pour rembourser son emprunt, il reste 9  millions pour rémunérer les fonds propres, (100 millions) dont la rentabilité s’élève à 9 % soit 2 points de plus que le taux de profit. C’est l’effet de levier positif.

Si le taux d’intérêt est plus élevé que le taux de profit, l’effet de levier sera négatif. La rentabilité des fonds propres devient inférieure au taux de profit.

L’inflation va renforcer l’effet de levier positif puisqu’elle diminue le taux d’intérêt réel

Divers liens pour le cours sur l’investissement

Ce sont des éléments évoqués pendant le cours

Le site de l’INSEE avec des exercices de révision sur l’investissement :

http://www.statapprendre.education.fr/insee/invest/default.htm

Des liens pour reprendre le cours :

Le parc de Sophia-antipolis à Nice. Un exemple d’investissement avec une recherche de synergie

http://www.sophia-antipolis.org/sophia-antipolis/sophia-antipolis/presentation-generale/presentation-generale.htm

Le site de l’OCDE  sur lequel on trouve un article permettant de comparer les niveaux de productivité dans les principaux pays industrialisés

http://www.oecd.org/dataoecd/62/28/40505532.pdf

Un exercice sur l’accélérateur d’investissement

http://ses.ac-bordeaux.fr/spip_ses/article.php3?id_article=1

Un exercice sur le lien entre l’investissement et la croissance

http://www.educnet.education.fr/insee/invest/effets/relation.htm

Rappel cours seconde sur l’investissement

Les différentes formes d’investissement

L’investissement productif matériel et immatériel

Dans le langage courant, la notion d’investisse décrit une multitude d’opérations: on investit en bourse, dans l’achat d’une nouvelle voiture, dans l’éducation de ses enfants, dans l’acquisition d’un logement ou dans une nouvelle machine.

La définition économique est plus précise: c’est l’acquisition de biens de production. C’est un flux qui alimente le stock de capital.

Niveau microéconomique, la comptabilité la comptabilité’ privée identifie trois grands types d’investissement: les investissements matériels (terrains, constructions, machines, outillage..), les investissements financiers (prises de participation, achats de titres…) et certains investissements immatériels (brevets, licences, marques, fonds de commerce). La comptabilité nationale privilégie la notion d’accroissement du capital fixe.

La comptabilité nationale française définit l’investissement par la Formation brute de capital fixe (FBCF) : « les actifs fixes sont des actifs produits, corporels ou incorporels, utilisés dans un processus de production pendant au moins un an ». Il s’agit donc de l’acquisition de bâtiments, machines, logiciels, … dont la durée de vie est supérieure à un an.

Certaines dépenses de services peuvent également être assimilées à des investissements dans la mesure où elles accroissent la capacité de production de l’entreprise. Il en est ainsi des dépenses commerciales, de formation, de recherche-développement, que l’on nomme souvent « investissements immatériels ». Ceux-ci, quoique de présents dans les comptes des entreprises, demeurent exclus pour l’essentiel de l’investissement par la comptabilité nationale qui les considère comme des consommations intermédiaires (à l’exception notable des logiciels).

De même, la comptabilité nationale ne prend pas en compte dans la FBCF les investissements «financiers» (nationaux ou étrangers) qui constituent en fait des placements. […]

Pour situer les enjeux, la FBCF des entreprises françaises était de 164,6 milliards d’euros en 2000.

Les investissements immatériels hors FBCF (publicité, formation, recherche-développement) représentaient près de 42 % de ce montant.

Institut Rexecode, «Les déterminants de l’investissement », 29 octobre 2002

L’investissement brut et investissement net

L’investissement est un flux qui, durant une période déterminée, vient s’ajouter à un stock de capital fixe donné au début de la même période. Cet ajout n’aboutit cependant pas nécessaire­ment à un stock de capital fixe plus élevé à la fin de la période. Il faut tenir compte en effet de la consommation (destruction) de ce capital fixe au cours de la période (usure, obsolescence’). L’investissement brut comprend donc l’investis­sement de remplacement (ou de renouvellement) du capital usagé et l’investissement net. C’est ce dernier qui accroît le stock de capital. Lorsque l’investissement net est négatif, on parle de désinvestissement.                                                          Hatier 2004

L’investissement de remplacement, de capacité et de productivité

L’investissement de remplacement représente l’acquisition de machines dans le but de renouveler le capital usé ou obsolète.

L’investissement de capacité correspond à une augmentation de la capacité de production. On installe de nouvelles machines, une nouvelle chaîne de montage, … pour répondre à une augmentation de la demande.

L’investissement de productivité ou de rationalisation a pour objet d’accroître l’efficacité du travail humain. Il peut parfois se traduire par le remplacement des hommes par des machines.

Dans la réalité, les trois formes d’investissement ont souvent tendance à se recouvrir. Il n’est pas toujours possible de séparer, dan une opération donnée, ce qui correspond à l’augmentation de la productivité et ce qui renvoie à une hausse de la capacité productive. Dans une usine par exemple, le remplacement d’une ancienne chaîne de montage par une nouvelle, robotisée et capable de produire plus, constitue à la fois un investissement de remplacement, de capacité et de productivité.

P-A. Corpron, l’investissement, cahiers français, N°315, 2003

Le financement de l’investissement

Il y a plusieurs modes de financement.

Dans le cas d’un financement interne ou autofinancement, les agents financent leurs dépenses à partir de leurs ressources, ce qui revient à dire qu’ils autofinancent leurs investissements grâce à leur épargne. Cependant, au niveau macroéconomique, on observe certains agents ont des ressources supérieures à leurs emplois (ou une épargne supérieure à leurs investissements) : ils dégagent une capacité de financement. C’est le cas des ménages et exceptionnellement des entreprises. D’autres sont dans une situation inverse. Leur épargne est inférieure à leurs investissements: ils ont un besoin de financement. C’est le cas des administrations publiques et, en général, des entreprises. Le financement externe permet la mise en relation des besoins de financement des uns avec les capacités de financement des autres, sous deux formes: directe ou indirecte.

Le financement direct, ou de marché, s’opère sur le marché des capitaux où les agents à besoin de financement émettent des titres: actions, obligations… sur le marché financier, titres de créance négociables sur le marché monétaire, achetés par des agents à capacité de financement.

Le financement indirect, ou intermédié, interpose un intermédiaire financier (essentiellement les banques) entre les agents: les uns effectuent des dépôts, les autres obtiennent des crédits, moyennant le paiement d’un taux d’intérêt. Ce financement est, pour partie non monétaire: les banques transforment des dépôts à court et moyen terme en à long terme; pour partie monétaire: les banques ont le pouvoir de créer la m qu’elles prêtent.                                      Hatier 2005

Déterminants de l’investissement

2.3 Les déterminants de l’investissement

Cette partie a pour objectif de réfléchir à ce qui déclenche la décision d’investir de la part de l’entreprise. C’est une décision qui est réfléchie car elle a un coût important (emprunt par exemple) et doit donc se traduire par un succès (hausse des ventes, augmentation des parts de marché …). Il s’agit donc pour l’entreprise de prendre la bonne décision : investir ou pas.

L’investissement dépend de la demande.
Une entreprise a pour objectif de satisfaire une demande : soit en augmentant les capacités de production si l’offre est trop faible par rapport à la demande, soit en proposant de nouveaux produits ou des innovations sur les produits qu’elle vend.

S’il n’y a pas de demande, il est inutile d’investir (bien entendu l’entreprise avec la publicité et le marketing va « créer » la demande, mais il faut qu’elle préexiste dans une certaine mesure à ces outils de vente.

Donc l’entreprise regarde l’évolution des débouchés et lorsqu’elle anticipe une croissance durable de la demande, alors elle investit. Keynes a formalisé cette notion de demande anticipée sous le vocable « demande effective »

Lire le document 4 p61 et p67 le principe de l’accélérateur (que nous reprendrons en TD)

Deuxième catégorie de déterminants de l’investissement : les variables financières.

L’investissement représentant une dépense, un coût et un pari sur les recettes futures, il est nécessaire de se demander si l’entreprise peut supporter ce coût (même s’il s’agit d’autofinancement, l’entreprise aurait pu décider d’utiliser l’argent pour un autre investissement).

Un élément essentiel est la capacité d’endettement de l’entreprise. On ne peut pas s’endetter sans fin, il y a une limite qui est la fragilisation de l’entreprise. L’entreprise doit donc évaluer le niveau maximum d’endettement qui lui permette de ne pas se fragiliser.

Pour cela, elle dispose de plusieurs indicateurs : le taux de marge (p69) , c’est un indicateur de la répartition de la valeur ajoutée donc de la richesse produite par l’entreprise ; la rentabilité (p69) c’est à dire ce que rapporte un capital investi, le revenu produit par le capital ; la profitabilité (p71) rapport entre la rentabilité financière et le taux d’intérêt réel (on espère obtenir plus en investissant que si l’on plaçait les capitaux. De cette dernière notion découle l’effet de levier (p70) qui montre que la dette peut être plus utile à l’entreprise qu’un autofinancement.

Troisième déterminants : le coût relatif des facteurs de production (cf. document 1p63)

Un investissement peut occasionner une substitution du capital au travail. Il faut dans ce cas que le coût de l’investissement soit inférieur à l’économie réalisée par la disparition de la main d’œuvre.

Enfin, ce n’est pas véritablement un déterminant mais c’est un élément qu’il faut prendre en considération si l’on décide d’investir :

2.4 Le rôle de l’Etat

Il existe deux dimensions principales :

– l’Etat investit par stratégie (pour obtenir l’autosuffisance alimentaire, pour se défendre en fabriquant des avions ou des armes) ou parce qu’il s’agit de situation de monopole naturel. C’est à dire que les coûts fixes sont trop élevés pour être supportés par une entreprise privée (pas de rentabilité), on peut prendre l’exemple des routes.

– l’Etat incite les entreprises à investir : parce que l’investissement génère de la croissance laquelle permet d’enclencher un cercle vertueux qui améliore le bien être de la population. Ainsi l’Etat va mettre en place des politiques d’incitation : zones franche (pas d’impôts, des formalités administratives simplifiées …), des réductions d’impôts, des exonérations de charge (par exemple la réduction de la TVA pour les restaurateurs devaient déboucher sur des créations d’emploi, de la modernisation de l’outil de travail …)

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/baisse-de-la-tva-dans-la-restauration-l-arnaque_203221.html

 

Financement de l’investissement

 

2.2 Le financement de l’investissement

Cette notion renvoie à la capacité ou au besoin de financement.

Il s’agit donc de permettre la rencontre de ces deux types d’agents. Soit directement sur un marché financier par exemple, soit indirectement par l’intermédiaire des banques. Le premier cas s’appelle financement direct ou financement de marché, le second financement indirect ou financement intermédié.

Le financement peut être interne (autofinancement), l’entreprise épargne pour financner son investissement. Elle n’est pas dépendante de l’extérieur, mais elle est limitée dans le montant (petits investissements, sinon nécessite d’épargner beaucoup)

Le financement peut être externe. On obtient des fonds de l’extérieur, soit par l’intermédiaire des banques (couteux taux d’intérêt, et dépendance à la banque) soit directement sur les marchés (il faut être une entreprise d’une certaine taille pour accéder aux marchés financiers). On peut émettre des actions (part de l’entreprise qui peuvent donner des droits de vote et permettre de recevoir des dividendes) ou lancer un emprunt obligataire sur le marché (émission d’obligation pas de propriété de l’entreprise mais risque de ne pas pouvoir lever tous les fonds nécessaires à l’investissement).

 

La situation actuelle

La situation actuelle est intéressante à analyser, sous plusieurs aspects.

Un premier aspect concerne la démocratie : jusqu’où un pouvoir légitimé par les urnes peut il aller ? être élu autorise-t-il à prendre toutes les décisions, y compris celles qui sont impopulaires ?

Un deuxième aspect concerne les conflits sociaux. On peut évoquer la guerre des chiffres des manifestants. Un enjeu important pour les deux parties, pour minimiser la réussite ou pour peser dans les discussions.

Un troisième aspect concerne la responsabilité des jeunes. Un adolescent peut-il prendre des décisions seul ou est-il nécessairement influencé ? Le gouvernement a fixé à 13 ans l’age de la responsabilité pénale, peut on considérer qu’à 15 ou 16 ans, on ne peut pas comprendre un projet comme celui de la réforme des retraites ?

Ensuite, il y a aussi la place des médias et leur rôle dans les conflits.La télévision et la radio ne semblent pas tellement neutres. Il suffit de voir l’interview de la trésorière de l’UNEL sur France 2 pour constater que le présentateur (est-il vraiment journaliste) avait vraiment envie de la mettre en difficulté. Pourtant, il ne fait pas preive d’autant de pugnacité lorsque des hommes politiques répondent à ses questions.

Enfin, on pourrait réfléchir aux raisons d’un mouvement d’une telle ampleur. Pourquoi maintenant et pas quelques mois plus tôt … Quelles serons les conséquences sur le dialogue social dans notre pays …

Bref, beaucoup de questions à se poser pour comprendre ce mouvement et plus largement le fonctionnement de notre société.

Projet de loi de finance 2011

Le projet de loi de finances pour 2011 a été présenté en conseil des ministres. Il prévoit une réduction du déficit public à 6 %, la suppression de 31 638 postes dans la fonction publique d’Etat et une réduction des niches fiscales qui devrait rapporter 9,4 milliards d’euros. (source LeMonde.fr, 29/09/2010

Conformément aux recommandations de la commission européenne, la France décide de réduire son déficit budgétaire dès 2011 pour le ramener à 6% du PIB (Traité de Maastricht 3%) et 3% en 2013. Il s’élèvera à 7,7% en 2010.

Certes la vertu est toujours encouragée en matière de politique économique, mais le moment semble très mal choisi pour limiter le déficit budgétaire. En effet, la France sort tout juste d’une forte crise économique (taux de croissance attendu entre 1,5% et 2%) et pratiquer une politique d’austérité en sortie de crise n’apportera que des problèmes.

Si l’on regarde quelques mesures de réduction des dépenses prévues dans le projet de loi :

– réduction des niches fiscales et sociales. Ce sont des avantages liées à des situations exceptionnelles et qui permettent une réduction de l’impôt ou des cotisations sociales.

Ces mesures feront grimper le taux de prélèvements obligatoire de 41,9% cette année à 42,9% en 2011 puis 43,2% en 2012 (niveau de 2007). Rappelons que le parti au pouvoir dénonce depuis des années le taux de prélèvement obligatoire trop élevé qui bride l’initiative personnelle ! La solution pour réduire le déficit augmenter un taux que l’on prétendait réduire de 4 points durant le mandat présidentiel.

– suppression de 31 638 postes dans la fonction publique d’État (équivalents temps pleins) dont 16 000 pour l’Éducation Nationale. Trop de fonctionnaires, trop de traitements à verser. On ne remplacera pas un fonctionnaire partant à la retraite sur deux. Quelle est la cohérence de cette mesure ? Il ne s’agit pas de rationaliser la fonction publique en supprimant des postes là où il y en a trop, il s’agit de moins dépenser. Pour l’Éducation Nationale, toujours la plus touchée par ces suppressions de postes, peu importe les conséquences sur la qualité de l’enseignement, sur les taux d’encadrement, sur l’accompagnement des élèves … Il faut moins de fonctionnaires. Probablement, les taches effectuées par les fonctionnaires non remplacés seront réalisés par des vacataires, contractuels et autres contrats de droit privé, sans véritable formation. La France n’a pas besoin de former des élites, d’élever le niveau de formation de sa population. Elle a besoin d’équilibrer son budget. Peu importe les conséquences sur l’avenir.

Anecdotique, les services du premier ministre disposeront de 55 fonctionnaires supplémentaires. Les économies de moyens doivent commencer par les autres !

– les crédits d’impôt accordé aux ménages pour l’achat de panneaux solaires vont être réduits de moitié.

Le solaire n’est pas l’avenir de l’énergie. D’ici trente ans, la pénurie de pétrole aura des conséquences sur les économies. Mais pas sur la notre, car nous aurons appris à remplacer le pétrole par des pompes à chaleur, des panneaux photovoltaïques … encouragés par l’Etat !

Ces quelques mesures montrent que le gouvernement se trompe totalement de direction. Le déficit budgétaire se réduira si le pays connaît une croissance forte et durable. Pour cela, il faut consommer, exporter et investir … bref, croire en l’avenir. Les mesures prises sont des économies immédiates qui se traduiront par des coûts futurs beaucoup plus importants.

Il faut impérativement que l’on explique l’économie à nos dirigeants.

Plan de relance ?

Article du journal 20 minutes du 15 septembre 2010

Le grand plan de relance était censé revitaliser l’économie française. Il a finalement coûté bien plus cher aux finances publiques qu’il n’a rapporté en termes de croissance. C’est ce que révèle un rapport de la Cour des comptes, présenté hier à l’Assemblée nationale.
D’abord estimé à 26 milliards d’euros, le plan de relance s’est finalement chiffré à 34 milliards d’euros sur 2009 et 2010. Cette augmentation s’explique par des prêts aux constructeurs automobiles, et des aides ciblées aux ménages les plus touchés par la crise. Le plan de relance a coûté l’équivalent de 1,4 % du produit intérieur brut (PIB). Mais n’a stimulé la croissance qu’à hauteur de… 0,5 %.
Ce plan de relance était très axé sur l’aide aux entreprises. Il a donc permis d’éviter ou de reporter de nombreux dépôts de bilan. Et ses effets sur la croissance viendront peut-être plus tard. Car beaucoup de sociétés ont pu renforcer leur trésorerie et affichent maintenant une meilleure santé.G. W.

Conclusion : la relance n’était peut être pas celle qu’il fallait mettre en place. Privilégier les entreprises qui en profitent pour augmenter leur profit sans investir et sans embaucher n’était sans doute pas la bonne solution pour sortir de la crise. Dans une société individualiste, non solidaire, l’aide ciblée peut n’être avantageuse que pour ceux qui la reçoivent.

Shukuru

Droits de douane et commerce international

Les Etats Unis ont décidé de tripler les droits de douanes imposés aux importations de roquefort.

Il s’agit d’une mesure de rétorsion, prise de manière unilatérale par ce pays. Cette mesure vie à munir la France, qui n’accepte pas les importations de boeuf aux hormones en provenance des Etats Unis.

Cette mesure est donc destinée à faire plier le gouvernement français pour qu’il modifie sa législation et permette à la libre concurrence de s’exercer.

Le processus est assez simple. En choisissant un produit “typique”, connu de tous, et en le taxant très fortement, les Etats-Unis freinent les importations de ce produit dans le pays.

Les producteurs de  roquefort devraient réagir en demandant au gouvernement français de leur permettre d’exporter sans contrainte. Pour cela, il faut lever l’interdiction d’importation de boeuf aux hormones américain.

Les Etats-Unis pensent être dans leur droit en utilisant de telles pratiques. Ils utilisent le protectionnisme pour promouvoir le libre échange !

Le principe de précaution, derrière lequel se réfugie le gouvernement français, consiste à dire qu’un produit pouvant être dangereux pour la population, ne doit pas être commercialisé.

Le principe de libre échange s’oppose à ce principe de précaution : ce serait aux consommateurs de choisir si un produit peut être dangereux ou non à la consommation.

Deux arguments à opposer à cette vision des échanges :

– le consommateur est-il suffisamment informé pour faire un choix objectif

– le consommateur a-t-il un pouvoir d’achat qui lui permet de ne pas acheter un produit potentiellement dangereux pour la santé mais moins couteux qu’un produit “sain” (traçabilité de la viande en France ?)

“En 2007, 3.800 tonnes de roquefort ont été exportées à l’étranger, sur un total de 19.000 tonnes commercialisées cette année-là. Au niveau des exportations françaises, qui concernent une centaine de pays, les Etats-Unis arrivent en troisième position, derrière l’Espagne et l’Allemagne. Cette filière implique 4.500 producteurs de lait de brebis, plus 2.000 salariés qui travaillent pour sept fabricants de roquefort, et concerne l’économie de six départements du Sud-Ouest (Aude, Aveyron, Tarn, Lozère, Hérault, Gard).”

Le nouvel Obs . com   16 01 2009