Bitcoin : tout comprendre à cette monnaie virtuelle

D’un simple petit programme informatique inventé en 2008 est née une monnaie virtuelle qui pèse aujourd’hui 260 milliards de dollars (220 milliards d’euros). Décryptage du phénomène.

Le Bitcoin est-il une vraie monnaie ?
Oui, mais. C’est une monnaie électronique décentralisée. Autrement dit, elle ne passe pas par les banques et elle n’est pas régulée, organisée par des autorités publiques (banques centrales, etc.). Il existe aujourd’hui 16,7 millions de bitcoins en circulation. Un nombre qui ne pourra pas, à terme, dépasser les 21 millions. Le bitcoin est une monnaie très particulière. Il est possible de la diviser jusqu’à 8 chiffres après la virgule. En clair, vous pouvez acheter 0,00000001 bitcoin. Sa valeur d’échange avec les autres monnaies, son cours, fluctue énormément. Aujourd’hui, comptez environ 12 500 euros pour vous offrir un bitcoin.

Les échanges de Bitcoin sont-ils sécurisés ?
Oui, en principe. Créée entre 2008 et 2010 par un informaticien ou un groupe d’ingénieurs prenant le pseudonyme Satoshi Nakamoto, cette monnaie est fabriquée par un réseau d’ordinateurs. Un bitcoin n’est au final qu’une série de lignes de code cryptées. D’où son nom de crypto-monnaie. Le hic, c’est qu’en informatique tout se copie aisément. Un petit malin pourrait par de simples copier-coller multiplier à l’envie ses bitcoins. Un système de vérification des transactions a donc été inventé pour s’assurer que lorsque Marcel donne son bitcoin à Jeanine pour lui acheter une table, il ne refourgue pas, en parallèle, une copie de son bitcoin à Antoine pour lui acheter une voiture. C’est la « chaîne de bloc ». En gros, les transactions, regroupées par blocs de 1 000, sont vérifiées et validées par des ordinateurs. Ils s’assurent que le bitcoin est bien passé d’un porte-monnaie à un autre. Tous les échanges, à tout moment, sont ainsi enregistrés sur un gigantesque registre.

Peut-on les acheter et les revendre facilement ?
Oui. Il existe des bourses d’échange. Pour détenir un bitcoin, il faut au préalable posséder un porte-monnaie électronique. Attention, la notion de prélèvement n’existe pas dans ce monde-là. Il est seulement possible d’effectuer des virements. Vous recevrez alors deux types de clés : l’une, dite publique, est une sorte de RIB (relevé d’identité bancaire) où l’on peut vous envoyer votre argent ; l’autre, privée, est votre code d’accès au bitcoin. Attention de ne pas la perdre…

Est-ce risqué d’investir sur le bitcoin ?
Oui.
 « C’est certainement l’actif le plus risqué qui existe sur le marché. A tout moment, tout peut être perdu », estime Nicolas Houy, chercheur au CNRS. D’ailleurs, de nombreux krachs éclair, de gigantesques dégringolades de cours, ont marqué la jeune histoire de cette monnaie. En cas de pépin, impossible de faire appel aux lois qui protègent habituellement les épargnants (garantie des dépôts, etc.).

Peut-on payer en bitcoins ?
Oui. Mais, les frais de transaction, parfois supérieurs à 15 euros,et le yo-yo incessant de sa valeur en rebutent plus d’un. Ainsi, le site de jeux vidéo Steam a décidé, il y a peu, d’arrêter de les accepter comme moyen de paiement. Le site Bitcoin.fr publie même une liste de commerçants qui acceptent la crypto-monnaie. On y trouve des restaurants, des hôtels, des agences de voyages et des sociétés de services digitaux (création de sites, hébergeurs Web, fournisseurs de logiciels…). Pour l’heure, en France, les grands sites marchands et les banques n’autorisent pas les transactions en bitcoins. Seule la néobanque Revolut a intégré récemment cette option à son appli.

Est-ce la monnaie des mafias ?
Pas forcément. « En anonymisant les transactions, le bitcoin favoriserait les échanges illicites » : une affirmation qui fait rire les connaisseurs du sujet. « Les transactions sont enregistrées à vie. Donc, si vous deviez avoir une activité illégale, surtout n’utilisez pas le bitcoin ! », sourit Nicolas Houy.

Est-ce vrai que les transactions sont extrêmement énergivores ?
Oui. Pour valider les transactions, les échanges de bitcoins, des ordinateurs — les mineurs — tournent à plein régime aux quatre coins de la planète. Selon le site Internet Digiconomist.net, le bitcoin consomme autant d’électricité que 3 millions de ménages américains. Une transaction en bitcoins nécessiterait l’équivalent de huit jours d’électricité pour une famille !

Boris Cassel|26 décembre 2017, Le parisien eco

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