Comment les pouvoirs publics peuvent-ils contribuer à la justice sociale ?

            Introduction

Il existe différentes façons de décrire une société juste, les critères retenus peuvent être nombreux.

La justice sociale est l’ensemble des normes qui définissent la répartition des ressources entre les membres d’un groupe dans le but de la rendre plus équitable.

Néanmoins certains auteurs contestent cette définition comme Marx qui estime que la société capitaliste ne peut produire de justice sociale, ou comme Hayek qui estime que seules les décisions individuelles peuvent être justes ou injustes.

Les sociétés démocratiques rechercheraient une société plus juste, dans laquelle les inégalités seraient réduites. Une société plus juste est considérée comme plus égalitaire.

  1. Les différentes formes de l’égalité

Alexis de Tocqueville (1805 – 1859) aristocrate, est parti aux Etats-Unis, en 1831. Il s’interrogeait sur les raisons pour lesquelles les Etats-Unis étaient parvenus à construire une société démocratique, conciliant les valeurs d’égalité et de liberté, tandis que la France éprouvait de grandes difficultés à y parvenir.

Un système égalitaire, est un système dans lequel la situation de l’individu ne dépend pas des capitaux transmis par sa famille ou son entourage, mais de ses seuls talents. Tocqueville définit trois formes d’égalité l’égalité des droits, l’égalité des chances et l’égalités des situations

Égalité des droits :

C’est l’égalité devant la loi, qui est largement garantie dans les sociétés démocratiques. Chaque citoyen doit disposer des mêmes droits quel qu’il soit (riche, pauvre, français ou non, homme, femme …).

On peut garantir le caractère effectif de cette égalité des droits, en luttant contre les discriminations, c’est à dire en traitant de manière différenciée des individus en fonction de leur appartenance à des catégories spécifiques, quand ces traitements conduisent à des inégalités avec les membres d’autres catégories. C’est le rôle de l’Etat. Exemple : l’intégration des handicapés, l’extension des droits de l’enfant, le droit de vote pour les étrangers, citoyenneté européenne

Égalité des chances : elle repose sur le concept de méritocratie.

Dans une société où les positions sont inégales, on peut aussi souhaiter que la distribution de ces positions ne se fasse pas de façon arbitraire mais qu’elle se fasse sur la seule base des mérites individuels : les positions dominantes doivent être réservées à ceux qui les doivent à leur seul mérite individuel, sans que la compétition pour ces places se trouve faussée par des inégalités de départ. Elle doit se faire à armes égales pour que chacun doive sa position à ses talents et à ses efforts et non pas à des privilèges qui viendraient fausser la compétition, par exemple des avantages liés à la famille dans laquelle on est né.

Le degré minimal d’égalité des chances, c’est l’absence de discriminations : toutes les positions sont offertes à tous les individus. Mais les talents et les opportunités d’accès, ne sont pas offerts à tous.

Égalité des situations (des places)

Les inégalités de situations entre différents groupes peuvent être lues en termes de probabilités inégales de se trouver dans une situation donnée en matière de revenus, de patrimoine, de diplôme,… et donc comme le reflet de chances inégales et parfois de droits inégaux ou de discriminations.

Pour corriger les inégalités de situation l’Etat agit dans le domaine de l’éducation (socle commun ou culture commune) ou dans le domaine sanitaire (accès égal aux soins médicaux quel que soit le revenu ou le lieu de résidence). E. Maurin considère que la meilleure façon d’assurer l’égalité des chances de réussite scolaire est d’œuvrer à une plus grande égalité des situations (en matière de logement et de revenu notamment).

L’action de l’Etat va consister à redistribuer des revenus, à pratiquer des politiques de développement des régions défavorisées …

Document 3 p 289

Faut-il privilégié l’égalité des chances ou l’égalité des places ?

https://www.youtube.com/watch?v=UxVgFqauJPg  8’36 Vidéo François Dubet

Resserrer les écarts entre les plus pauvres et les plus riches (égalité des places)

Faire que tous les citoyens ont les mêmes chances d’accès aux différents postes (égalité des chances)

Document 4 p 289

Ces formes d’égalité n’impliquent pas l’égalité réelle (égalité dans la répartition des biens sociaux) mais la possibilité ouverte à chacun d’entrer dans la compétition : tout le monde peut être riche (principe du libéralisme). L’aspiration à l’égalité peut coexister avec le maintien de certaines inégalités.

En fonction du type d’égalité retenu, les politiques menées ne seront pas les mêmes 

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